Ça y est, c’est parti !

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Naïvement, j’espérais que les donneurs de leçons, les complotistes et autres «je sais tout mieux que tout le monde», attendraient quelques jours pour se défouler. Je pensais que nous serions capables d’effectuer un débriefing sans complaisance certes mais avec tout le respect que nous devons à celles et ceux qui, du jour au lendemain, ont dû gérer cette crise ô combien inédite.

Mais non, la chasse aux boucs émissaires sur lesquels la population va pouvoir passer ses frustrations est visiblement ouverte.

On aurait pu, pourtant, espérer que tous ces gens qui se sentent en mesure de décerner des bons, et surtout des mauvais points, seraient capable d’attendre un tant soit peu avant de s’en prendre, avec une virulence particulièrement infecte à celles et ceux dont la tâche consiste à guérir, encadrer, prévenir, expliquer soigner et exiger des mesures exceptionnelles pour lutter contre le coronavirus.

J’imaginais qu’on serait d’abord reconnaissant aux milieux politiques et médicaux pour avoir pris les choses en main, mais non, avec les premières mesures de déconfinement, voilà venu, au contraire, le temps des invectives.

Chacun y va donc de ses accusations, et de ses critiques envers celles et ceux qui, les «incapables», ont eu le mauvais goût de ne pas faire tout juste dans le traitement de cette pandémie.

Que celle-ci soit inédite, sournoise et particulièrement compliquée à maitriser ne semble pas le moins du monde retenir nos commentateurs. Au contraire, ceux-ci savent mieux que quiconque ce qui aurait dû être fait, ce qui ne l’a pas été et ce qu’il faut désormais entreprendre pour sortir notre pays de la crise au plus vite. Ça en fait des virologues autoproclamés.

Ceci dit, il est clair qu’il vaut mieux vivre dans un pays où nous avons tous le droit de nous exprimer librement sur les faits et gestes de celles et ceux que nous avons choisis pour nous gouverner plutôt que, comme en Chine par exemple, devoir choisir entre être le plus inaudible possible ou …la prison.

Les critiques et les remises en question sont nécessaires voir même constructives, c’est juste qu’il y a un délai de décence qu’il aurait été bon de respecter. Mais non, on dirait un match de foot, lorsque le public s’en prend aux joueurs avant même de connaitre le résultat final.

Bref, l’objectivité, semble, elle aussi, avoir succombé au Covid19 et, ces prochains jours, on peut donc s’attendre à lire et entendre un certain nombre de critiques et même d’insultes (si, si, on en est là sur les réseaux sociaux) en tout genre envers celles et ceux qui, pour beaucoup d’entre nous, resteront, au contraire, des héros ou tout au moins des acteurs pragmatiques et, à priori, efficaces.

Moi qui pensais que les difficultés nous rapprochaient en nous rendant plus solidaires, une fois encore, il me faut déchanter. L’état de grâce aura à peine duré quinze jours. C’est déjà ça, vous me direz....

Lien permanent Catégories : Air du temps 8 commentaires

Commentaires

  • Allez marcher dans la campagne ça calme l'esprit et ça fait du bien au corps!! On ne va pas changer les gens, je les vois masqués/gantés avec leurs iphone sur les oreilles partout dans la nature, où les oiseaux chantent quant même!!!

  • D`accord avec vous. A lire certains commentaires, la Suisse est un endroit horrible a vivre. Ayant un peu roulé ma bosse dans des bleds plus ou moins démocratiques, je recommanderais a ces scrogneugneus de reconsidérer la question apres en avoir fait autant et surtout d`avoir la décence de ne pas cracher dans la soupe.

  • Je viens de faire un petit tour de Suisse pour voir présisément comment ça se passe, en effet face au "gouvernement franquiste" de la France on est en liberté! Des frontaliers dans la presse française s'indignent de voir que des gens en Suisse se balader librement! ref "France Info Franche Comté" et "le courrier de l'Expat"! Ce printemps 2020 est magnifique!

  • Vous pensiez que, espériez que, vous constatez que la chasse au bouc émissaire est "visiblement" ouverte.
    Puis je vous demander de quoi vous parlez factuellement ? Où et comment vous avez fait ces constats, et qui persécuterait qui ?
    Parce que de mon point de vu, je vous vois crier au loup, mais du loup lui même pas l'ombre.

  • Boris le Rouge a raison : où ça, "la chasse aux boucs émissaires sur lesquels la population va pouvoir passer ses frustrations est visiblement ouverte.", à part contre les >65 ans ?
    Parce que là, il y a un problème et d'ailleurs une commission du National l'a relevé. Personnellement, j'ai 68 ans et je suis quasiment certain que j'ai un état de santé supérieur à 80% de l'ensemble des < 65... Un peu normal, j'ai plus de temps pour faire des activités bonnes pour la santé. Donc, de mon point de vue, je n'ai absolument pas de quoi me plaindre pour le moment. Pour la suite, vu les atteintes à l'économie, on verra...
    Habitant un village, je peux absolument tout faire. Mais les habitants des villes ? Pourquoi avoir fermer les parcs ? Pour emm.rder les pauvres qui n'ont pas de jardin ? On n'est pas dans le cas de Paris où la maire a interdit le sport de 10h à 19h, histoire qu'il y ait plus de monde en même temps sur les boulevards, mais tout de même...
    Donc, la ségrégation des >65 ans, des fermetures aberrantes, il y a quelques critiques à faire sur ces points.
    J'ai vraiment peur pour le sort économique de millions de personnes en Suisse même. Pourquoi avoir suivi (pas tout à fait, heureusement...) la France et pas la Suède, la Corée du sud et autres pays qui n'ont pas stoppé leur économie ?

  • En réalité vous ne voulez pas qu'il y ait d'enquêtes sur les failles de notre système. C'est bien pratique comme façon de procéder pour cacher la m**** au chat (ou du chat). En France, on veut faire avaler cette foutaise de l'unité nationale.

  • @Boris, G. Vuilliomenet vient de répondre à votre question.
    Lui et d’autres se répandent, en effet, sur ces blogs en insultant messieurs Berset et Koch.
    Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres bien entendu.

  • Dites-moi Vincent, où avez-vous vu les masques, les gants, le gel pour la population qui étaient mentionnés dans le plan suisse de pandémie influenza ?
    Personnellement, j'en ai pas vu la couleur ! Je pendonc que oui, il faudra bien demander des comptes aux responsables qui devaient s'assurer que ce plan allait être appliqué en cas de pandémie. Vous faites une connerie au boulot, au mieux c'est un blâme, au pire c'est le licenciement.

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