Changement de paradigme

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Ça en jette toujours d’écrire ou de prononcer cette expression, pourtant pour celles et ceux qui sont nés après la fin de la deuxième guerre mondiale, c’est la première fois qu’un véritable « changement de paradigme » pourrait être à l’ordre du jour.

En effet selon sa définition le mot paradigme signifie : représentation, vision du monde, courant de pensée.

Rien à voir donc avec les surprises politiques, ou pire, sportives. C’est pourtant pour décrire les conséquences de ces évènements éphémères que certains journalistes, politiciens et/ou dirigeants sportifs nous servent régulièrement des “changements” voir même des “bouleversements de paradigme”.

Non, pour que notre représentation du monde change réellement, il en faut beaucoup plus que ça.

Et là, à priori, nous y sommes. En quelques semaines, notre économie qu’on croyait en béton armé se révèle finalement n’être que de paille ou éventuellement de briques mais en tout cas pas aussi inébranlable que ce que l’opulence de notre pays aurait pu le laisser imaginer.

 

Du coup, je ne peux m’empêcher de me remémorer les attentats du 11 septembre 2001. Je vivais en Amérique de Nord à l’époque et, en dehors de l’aspect barbare de cette attaque terroriste pour le moins spectaculaires, c’est le discours à la nation de Georges W. Bush le lendemain des attentats que je n’oublierais jamais. Le président des Etats-Unis n’a eu cesse, en effet, d’implorer les américains à certes prier pour les victimes mais surtout, surtout à ne pas s’arrêter de ....consommer.

L’économie, soi-disant la plus puissante du monde, fonctionnant en flux tendus, toute pause dans la consommation frénétique des étasuniens aurait eu comme effet de provoquer en quelques jours, une catastrophe économique pire que la chute des tours du WTC.

Patriotes et disciplinés les étasuniens ont, dans l’ensemble, joué le jeu et si, crise économique il y quand même eu, elle n’a pas fait, contrairement au Covid 19, exploser les statistiques du chômage.

 

Car en ce printemps 2020, c’est Genève, la Suisse, l’Europe, le Monde qui traversent une crise sanitaire, économique et donc bientôt sociale sans précédent. Face à l’ampleur de celle-ci, on commence à entendre des critiques, des observations, des chiffres, des remises en question, des propositions et des utopies qui nous font penser que, oui cette fois, nous sommes confrontés à véritable changement de paradigme.

Aussi déroutant que celui-ci puisse devenir, il apparait, toutefois, pour l’instant, nettement moins redoutable que la pandémie qui l’a provoqué et qui coure toujours.

Quoi qu’il en soit, l’avenir s’annonce assurément incertain, différent, compliqué, périlleux, bourré d’inconnues mais aussi semble-t-il, de promesses....

Une autre représentation du monde serait donc imaginable, reste à savoir si, à terme, ce changement de paradigme nous apportera le pire ou... le meilleur ?

 

Lien permanent Catégories : Air du temps 12 commentaires

Commentaires

  • Renaud se la jouait bande de jeunes à lui tout seul, Vous c'est Foule sentimentale tout craché.
    Que de naïveté !
    https://www.youtube.com/watch?v=7k9j7TQbNlg

  • D`accord avec vous, il y a du changement de paradigme dans l`air, mais -a mon avis- pas forcément au niveau de la con-sommation, du-moins pas tout de suite. Je pense plutot que la réaction des gouvernements -surtout européens- est elle-meme partie du changement. Jamais encore, dans le passé, on n`a sacrifié volontairement de l`économique pour sauver de l`humain. Ici, on a sacrifié un gros bout de cette sacro-sainte "croissance" économique pour sauver la vie de gens agés et/ou malades qui seraient morts en masse sans le confinement de populations entieres dont les neuf dixiemes au-moins n`ont rien a cdraindre du virus. Je pense que le changement de paradigme en question c`est l`augmentation de l`empathie et ce changement va probablement induire lui-meme d`autres changements positifs que nous ne percevons pas encore.

  • "ce changement va probablement induire lui-meme d`autres changements positifs que nous ne percevons pas encore." Ou un sérieux retour de manivelle. Quand tout va mal, on ne rigole plus avec des salades telles que l'empathie...
    L'empathie, c'est un truc de riches gavés jusqu'à plus pouvoir. Quand les riches commencent à manquer, ils se comportent comme tous les autres chiens...

  • Si l`empathie était un truc de riches Géo, vous seriez a coup sur tres misérable. Heureusement pour votre bien-etre matériel qu il n`en est rien car on sait qu`en général les riches partagent bien moins facilement que les pauvres.

  • C'est ça, JJ. On sent chez vous un grand observateur de la nature humaine. J'ai vu par deux fois, la première en Angola me rappelle plus où et à Bobo-Dioulasso au Burkina, un gamin poursuivi par la foule et mis à mort parce qu'ils avaient volé un pain ou équivalent. J'ai vu la tête d'un couple de seniors coopérants canadiens au Burkina après leur première nuit dans leur villa à Ouagadougou : au petit matin, le corps démembré d'un voleur devant leur porte...
    Plus la misère est grande, plus la lutte pour la survie est dure.
    "les riches partagent bien moins facilement que les pauvres." Ceux qui ont qqch à partager ne sont pas pauvres.

  • Je vous plains Géo. Le sort vous a comblé en vous faisant naitre dans un pays en paix, riche et libre, avec un capital-santé cinq étoiles et la chance de pouvoir voyager avec la Cooperation Suisse pour connaitre le monde en aidant vos semblables tout en étant bien rémunéré. A l`automne de votre vie, vous bénéficiez d`un systeme de retraite et de santé que la planete nous envie. Vous avez été gaté par le destin et vous n`arretez pourtant pas de tout paindre en noir comme si vous aviez a coeur de dégouter les autres de la vie. Quel gachis !

  • Et à propos de changement de paradigme : Si Micheline Calmy-Rey, Carla del Ponte et l'ineffable Jacques Dubochet manifestaient aujourd'hui leur soutien à l'attribution d'un pavillon suisse aux bateaux des ONG collaborant avec les pires mafias de trafiquants d'êtres humains, je pense que leur sécurité ne pourrait en aucun cas être assurée sur sol suisse...
    Mais je suis bien sûr qu'ils n'oseraient pas !

  • L'empathie c'est comme l'odorat tu en es plus ou moins pourvu, voire pas du tout.

  • "un systeme de retraite et de santé que la planete nous envie." Ouais. Dans mon cas, pas de 2ème pilier. Travailler pour les Européens, les Français ou les Allemands : pas besoin d'explications... Donc j'ai du faire par moi-même. Ma retraite n'est pas volée, croyez-moi...
    Cela étant dit, je ne me plains absolument pas. Je constate. La vie a fait que je n'ai pas eu d'enfants, donc je pourrais m'en fiche complétement de l'avenir de l'humanité et d'ailleurs, je n'en suis pas loin. J'essaie d'apporter un point de vue de géologue, qui voit les choses de très loin. Nous en sommes au Quaternaire, et ce n'est pas pour rien. Il y a eu des extinctions de masse avant nous...
    Ici en Suisse, nous sommes assez rationnels. Mais nous ne sommes que le 1/1000ème de l'humanité. Nous n'avons pas intérêt à nous aligner sur les plus mauvais : c'est en fait mon seul message. Égoïste ? Je n'ai pas d'enfants. Ceux qui en ont ont-ils envie de leur pourrir la vie ?

  • « Lieu, date, famille, milieu, caractère, je nais avec une situation dans le monde, à nulle autre pareille. Je n'ai pas choisi ma place au combat. Je ne sais même pas au juste la signification du combat. Et cependant cette situation est mienne, elle est ma situation. Le monde où elle m'insère n'est pas le monde, mais mon monde, à la fois monde perçu et monde agi.
    Il y a bien, pour le savant, un monde objet. Mais ce n'est pas le monde de l'expérience. Il est impossible à l'existant de se mettre comme hors du monde pour l'embrasser dans sa totalité, comme un donné extérieur. Ce que je prends pour le monde objectif n'est qu'un compromis entre différentes visions du monde (dont la scientifique) et la mienne.
    Mon monde est toujours solidaire de mon point de vue. Je le découvre en m'orientant en lui. Ce qui est vrai du monde dans son ensemble l'est de ma situation particulière, qui n'est autre que le monde pour moi. Je n'en suis pas le spectateur. »

    Emmanuel Mounier, "Introduction aux existentialismes", République des Lettres.

  • "Il est impossible à l'existant de se mettre comme hors du monde pour l'embrasser dans sa totalité, comme un donné extérieur."
    Ah bon, nous n'en serions pas au Quaternaire ?

  • Non, c'est juste un témoignage de l'époque existentialiste aujourd'hui éteinte. Une sorte de confinement hors de soi-même, pour mieux surveiller ses attitudes et ses comportements. Vous vous souvenez certainement de Jean-Sol Partre, le dinosaure en chef ?

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