Patience et autodiscipline

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La semaine passée, je publiais un blog pour tenter de positiver la situation tout en posant quelques questions par rapport à ce qui allait nous arriver.

Aujourd’hui, non seulement, j’ai l’impression qu’il y a pratiquement un mois qui est passé depuis l’annonce de la fermeture des écoles mais en plus, je me retrouve avec les mêmes questions et plein d'autres aussi....

En même temps, je trouve plutôt rassurant les discours d’experts qui avouent sincèrement la part d’inconnu dans cette crise. C’est beaucoup moins anxiogène que ces délires en tout genre qu’on retrouve sur les réseaux sociaux et qui vous expliquent mauvaise foi et/ou complotisme à l’appui le pourquoi, le comment et même la suite de cette guerre sanitaire sans précédent.

Parce que oui, E. Macron a eu bien raison de le marteler lors de sa dernière allocution, nous sommes bel et bien en guerre contre un virus particulièrement sournois. Le savoir et l’admettre c’est d'abord et surtout prendre conscience de l'ampleur et du caractère inédit et mortel de cette pandémie et donc, idéalement, de la nécessité d'agir en conséquence.

Sauf qu'agir c'est paradoxalement ne rien faire en restant à la maison pour attendre que ça passe. Du coup autant on comprend bien que c'est effectivement (ou en tout cas apparemment) le meilleur moyen pour tenter d'enrayer la contagion, autant, il est difficile pour un grand nombre d'entre nous de se sentir si vulnérable et dans l'incapacité d'agir concrètement pour protéger les nôtres.

Il n'empêche que nous n'avons pas le choix et oui, n'en déplaise à certains milieux, entre la santé physique de la population et la santé économique des entreprises, il n'y a évidemment pas photo.

Ceci dit, bien sûr que cette crise sanitaire va faire des dégâts dans notre économie, bien sûr qu'il faut que notre pays continue à tourner mais aujourd'hui la priorité c'est la santé de nos concitoyens. C'est  pour cela qu'on aimerait être certain que toutes les entreprises qui ont le droit de travailler mais qui n'ont rien à voir avec la santé, le maintien des tâches régaliennes traitées par l'Etat ou encore la distribution de produits alimentaires et pharmaceutiques de base, jouent véritablement le jeu, que la totalité de celles et ceux qui travaillent soit suffisamment protégés.

Parce que des cadres de l'UBS aux manoeuvres d'Orlatti en passant par les étudiants de l'EPFL et les patients d'EMS, personne n'est à l'abri.

Voilà pourquoi, je suis entièrement d'accord avec le rappel de nos responsabilités individuelles tel qu'exposé hier après-midi par Alain Berset. Cette manière d'appréhender le problème ressemble en tout point à l'image (idéalisée?) que j'ai de notre pays et de ses habitants.

Visiblement ce n'est pas du goût de tout le monde, les mesures annoncées ne seraient pas assez contraignantes et donc pas rassurantes.

Pas faux, mais en même temps est-ce que le maintien de nos libertés et de nos responsabilités individuelles même fortement bridées, ne sera pas toujours préférable à des  règles imposées par un Etat qui tout à coup devrait tout prendre en charge, même nos vies privées ?

Ce même Etat qui, il y a quelques semaines encore; était régulièrement dénoncé comme trop gourmand et tentaculaire par ceux là même qui aujourd'hui hantent les plateaux de télévision pour implorer son aide financière.
 
Quoi qu'il en soit, on en est là, cette fin de semaine nous démontrera, ou non, si les Suisses sont effectivement capables de l'autodiscipline sur laquelle compte les autorités.
 
D'ici là, continuons à nous partager ces petites  vidéos très drôles qui circulent sur les réseaux sociaux en nous démontrant que, finalement, dans ces  temps compliqués c'est bien l'humour et l'imagination qui nous permettent de tenir le coup

Participons aussi à toutes les démarches solidaires possibles, ne serait-ce que pour pouvoir nous occuper de manière constructive quelques heures par jour. Obéissons aux injonctions et tentons de profiter de ces moments d'oisiveté forcée pour nous attaquer à ces occupations qu'on repousse continuellement pour "le jour où on en aura le temps".
 
La patience est (paraît-il) une vertu rare, essayons de lui trouver quelques bons côtés. C'est loin d'être simple, c'est vrai mais on n'a pas vraiment le choix, il en va de nos vies et de celles de nos concitoyens.
 
 
Bon confinement à tous !

Lien permanent 3 commentaires

Commentaires

  • Je vais me balader le nuit au bord du lac avec mon chien où je fais ma gymnastique, je ne vois pas en quoi je mets en danger la vie d'autrui??? Et je vois que je ne suis pas seul, d'autre ont comme moi compris que l'air est plus pur en ce moment! Gardons la raison! On finira par être tous porteur sain de ce virus, alors!!! La grippe annuelle a fait combien de morts cette année, mystère!!! Sur youtube un médecin qui parle des morts dû à la grippe explique qu'en hivers on est trop confiné chez soi, que l'on ne change pas assez l'air, et que l'on ne fait pas assez d'exercices!!! Je suis tout à fais d'accord avec lui! Combien d'entre nous seraient encore là sans les antibiotiques? Moi je serais mort à l'âge de 17 ans d'une grosse infection! Et combien de fois depuis j'ai eu recours aux antibiotiques???

  • Moustapha Dahleb la plus belle plume tchadienne, a écrit:

    L'HUMANITÉ ÉBRANLÉE ET LA SOCIÉTÉ EFFONDRÉE PAR UN PETIT MACHIN.

    Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète. Quelque chose d'invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l'ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment.

    Ce que les grandes puissances occidentales n'ont pu obtenir en Syrie, en Lybie, au Yemen, ...ce petit machin l'a obtenu (cessez-le-feu, trêve...).

    Ce que l'armée algérienne n'a pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (le Hirak à pris fin).

    Ce que les opposants politiques n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (report des échéances électorales. ..).

    Ce que les entreprises n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (remise d'impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d'investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques. ..).

    Ce que les gilets jaunes et les syndicats n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu ( baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée...).

    Soudain, on observe dans le monde occidental le carburant a baissé, la pollution a baissé, les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu'ils ne savent même pas quoi en faire. Les parents apprennent à connaître leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n'est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d'une vie réussie.

    Soudain, en silence, nous nous retournons en nous-mêmes et comprenons la valeur des mots solidarité et vulnérabilité.

    Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres. Nous réalisons que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l'argent n'a aucune importance. Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus.

    Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.

    Quelques jours seulement ont suffi à l'univers pour établir l'égalité sociale qui était impossible à imaginer.

    La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.

    Puisse cela servir à réaliser la vulnérabilité des êtres humains qui cherchent à aller habiter sur la planète mars et qui se croient forts pour clôner des êtres humains pour espérer vivre éternellement.

    Puisse cela servir à réaliser la limite de l'intelligence humaine face à la force du ciel.

    Il a suffi de quelques jours pour que la certitude devienne incertitude, que la force devienne faiblesse, que le pouvoir devienne solidarité et concertation.

    Il a suffi de quelques jours pour que l'Afrique devienne un continent sûr. Que le songe devienne mensonge.

    Il a suffi de quelques jours pour que l'humanité prenne conscience qu'elle n'est que souffle et poussière.

    Qui sommes-nous ? Que valons-nous ? Que pouvons-nous face à ce coronavirus ?

    Rendons-nous à l'évidence en attendant la providence.

    Interrogeons notre "humanité" dans cette "mondialité" à l'épreuve du coronavirus.

    Restons chez nous et meditons sur cette pandémie.

    Aimons-nous vivants !

  • Le message écrit par Moustapha Dahleb est le message de paix le plus intéressant et le plus expressif que j'ai lu durant cette période.
    La sensibilité de Moustapha Dahleb représente une voix d'espoir et une invitation à évaluer l'intériorité de l'homme avec plus d'attention.
    Nous vivons aujourd'hui dans un matérialisme sans limites et seule cette grande tragédie mondiale pourra raviver notre conscience humaine. Bravo Moustapha.
    Une salutation chaleureuse de ma terre bien-aimée: la Sicile

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