21/10/2017

15) L’Indépendance

Coucou ma chérie
 
En tant que québécoise, j’imagine que ce qui se passe ces jours en Catalogne ne peut pas te laisser complètement indifférente.
 
Il est vrai que le dernier référendum sur la souveraineté de ta « belle province » date de l’année de ta naissance et aujourd’hui, il semblerait (tu me corrigeras si je me trompe) que le sujet ne soit plus trop tendance....
 
Il n’empêche que, que cela soit pour les catalans, les écossais, les québécois, les basques, les corses, les flamands et d’autres, j’ai bien peur qu’un ou deux référendums perdus de peu ou jugés illégaux ne suffisent à régler le problème une fois pour toutes.
 
Il y a en effet une réalité historique et donc culturelle qui semble échapper à celles et ceux qui ne voient que de l’égoïsme déconnecté de la réalité dans ces multiples velléités indépendantistes.
 
C’est notre ami Jean qui m’expliquait qu’en tant qu’arrière-petit-fils, petit fils, fils, neveu, filleul, cousin, ami et sûrement père de souverainistes pure sucre (d’érable), il ne peut, lui aussi, s’empêcher de rêver du jour où, comme l’ont fait tant de pays au cours des siècles précédents, le Québec proclamera enfin son indépendance.
 
Alors oui, c’est compliqué, oui ça ne fait pas que des heureux et oui vu de l’extérieur cela ressemble à une crise d’adolescents, sauf que si la majorité d’entre nous a la chance d’être fier de son pays, d’autres n’ont tout simplement pas de pays à aimer, ils ont juste une ancestrale aspiration séparatiste enracinée (parfois contre leur gré) là, dans leurs tripes...
 
Et ça, visiblement, génération après génération, ça ne se guérit pas....
 
 
 
 
NB : Je te rappelle, du coup, que c’est bien pour diluer les souverainistes québécois dans une immigration parfaitement sourde à la cause indépendantiste que tu as été accueillie avec tant de bienveillance par... le Canada.
 
Ce très grand pays (grâce auquel tu es devenue sujette de la Reine !?) a, en effet, décidé d’imposer son unité par tous les moyens à sa disposition.
 
Ta venue ainsi que celle de ton frère, de ta maman et des dizaines de milliers d’immigrants (francophones... ou non) qui ne cessent d’arriver dans ce Québec qui ne manque, ni de place, ni de perspectives en est une démonstration….parmi d’autres.
 
Tant mieux pour toi, tant mieux pour vous, tant mieux pour le Canada et tant pis pour les indépendantistes québécois.
 

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15/09/2017

14) Végane antispeciste

Bonjour ma chérie,

C'est avec un certain soulagement que j’observe ton désir de te battre pour améliorer les conditions d'accueil et donc de vie de ces milliers de réfugiés qui tentent d’échapper à leur terrible réalité. C'est très courageux de ta part et tu m'en vois d'autant plus fier que te sachant végétarienne depuis l'âge où tu as été en capacité de le décider, j'ai longtemps eu peur que tu deviennes plutôt une de ces végane antispeciste qui, aujourd'hui, cherchent à culpabiliser les mangeurs de viande pour, demain, tenter purement et simplement de les….  interdire.

 

Car tu vois, en dehors de l'aspect parfaitement illusoire de ce combat, je trouve que celui-ci est limite indécent parce qu’en décalage total avec la réalité d'une planète où, loin s'en faut, tous les êtres humains ne mangent pas (encore !) à leur faim. 

 

Expliquer que les cochons, les vaches et les poulets auraient aussi une âme et qu'ils seraient par conséquent nos égaux, c'est peut-être un discours très contemporain à tenir devant une assemblée de citadins en mal de sens mais, pour des parents du tiers monde qui se battent quotidiennement pour assurer une maigre pitance à leurs enfants, ce genre de théories apparait, à juste titre, comme une incompréhensible et ô combien irrespectueuse …provocation.

 

Que les amoureux des animaux se préoccupent des conditions de vie et d'abattage de leurs amis les bêtes cela me paraît légitime et même salutaire. C'est vrai qu'il y a beaucoup à dire sur celles-ci et, aujourd’hui plus que jamais, le combat contre la malbouffe apparait comme une véritable nécessité en terme de santé publique mais aussi (c’est vrai) d’éthique.

 

Et même si je trouve que certaines indignations sont un peu ridicules, je serais toujours du côté de ceux qui refusent l’industrialisation croissante de la production alimentaire et qui se battent pour améliorer les conditions sanitaires des animaux destinés à finir dans nos assiettes.

 

Sauf que je persiste à croire que tel est bien le destin ultime de ces animaux d’élevage dont je ne sais pas trop ce que deviendrait leur descendance advenant qu’un jour nos amis antispécistes parviennent, à force de propagande aussi spectaculaire qu'émotionnelle, à convaincre la génération de tes futurs petits-enfants (Dieu soit loué, je devrais échapper à ça !) que l’évolution de l’homme passerait par une reconnaissance de notre pseudo égalité avec le monde animal…

 

Quoi qu’il en soit, une chose me parait évidente, tant que les êtres humains ne seront pas capables d’assurer une subsistance quotidienne à la totalité de leur espèce, il n’y a que cet objectif qui mérite (et nécessite...) une véritable mobilisation.

 

 

Voilà ma chérie, sur ce bon appétit, n’abuse pas trop des produits à base de soja vu que je te rappelle que cette denrée de substitution sans goût ni saveur est une production quasi exclusive des laboratoires…. Monsanto !

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27/07/2017

13) Les vacances

Tu vois ma chérie, l'autre jour je lisais l'éditorial de Riss dans le Charlie Hebdo et celui-ci pensait utile de rappeler aux vacanciers que pendant qu'ils bronzent, dansent, exultent , (se) photographient et profitent comme ils l'entendent de leurs congés payés, là-bas en Syrie, en Libye, en Afrique, en Amériques centrale d'autres continuent, sans interruptions, à s'entretuer, à violer, à s'armer et à entretenir la haine et le mépris.

Ok, sauf q'une fois qu'on a dit ça, on fait quoi ?

On fait signer des pétitions ? On s'insurge sur les réseaux sociaux ? On sort dans la rue ? On offre ses jours de vacances à une ONG ou on ... commande une autre tournée de "Cuba libre" ?

Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que pour vous les jeunes, ces choix sont plus sincères. Tu me diras que quelque soit l'âge, il existe partout cette même incompréhension entre celles et ceux qui ont des préoccupations et une vision mondialisée et celles et ceux qui sont, au contraire, convaincus que charité bien ordonnée commence et ..... s'arrête à soi même.

Quoi qu'il en soit, il ne faut pas, pour autant perdre de vue que les vacances ça sert aussi, voir surtout, à oublier l'espace de quelques jours que le monde qui nous entoure est effectivement anxiogène, injuste et infesté de barbares en tout genre.

Encore faut-il être capable de se déconnecter du brouhaha mediatico-virtuel ambiant et de lâcher suffisamment prise pour pouvoir en revenir à ces fondamentaux (famille, amis, bouffes, détente, échanges, découvertes, etc.) qui déterminent, selon moi, notre véritable qualité de vie.

Parce que c'est ça les vacances donc; une autre manière de vivre, plus décontractée parce qu'éphémère.
D'ailleurs c'est bien pour qu'on en revienne frais, dispos et plus énergiques qu'elles existent, non ?

Et puis, il sera toujours assez tôt de revenir à la réalité. Chacun l'abordera alors comme il veut ou comme il peut plutôt, afin de tenter de vivre en adéquation avec ses convictions, avec ses angoisses mais avec ses espoirs aussi ....

Vive les vacances, profites en bien !

 

 

 

 

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11/06/2017

12. Les Anges

Comme tu le sais ma chérie, je crois en Dieu et par conséquent, j'aime voir des signes de son existence un peu partout.

Que cela soit, par exemple, dans les beautés de la nature ou encore en admirant la perfection de son œuvre personnifiée (selon moi) par la beauté de ces belles femmes qu'on croise ici ou là et qu'il m'est même arrivé, en son temps, de séduire. Certaines demeureront des souvenirs fugaces, d'autres laisseront de véritables traces (à commencer par ta maman et celle qui adoucit ma vie depuis plus de onze ans) mais toutes resteront dans ma mémoire comme le souvenir d'Anges qui auront traversé, de façon plus ou moins déterminante, mon existence en y laissant un délicieux goût sucré.

Mais un Ange c'est aussi ce petit bonhomme de 3 ans qui, mardi matin, a insisté pour être celui qui me ferait visiter son appartement et en particulier sa chambre où j'ai eu droit à une description détaillée de ses jouets. Il était si nature, si innocent et si pur que sa vitalité m'a donné la pêche pour toute la semaine.

Et puis, Il y a eu aussi cet homme (ou était-ce une femme ?) à l'allure improbable qui m'a entendu maugréer contre mon destin alors que par un sombre et pluvieux matin d'automne québécois, je tentais laborieusement, au moyen de grandes lettres en plastique détrempées, d'afficher les événements musicaux à venir sur la face éclairée de la marquise du Medley, la salle de spectacle qui m'employait alors.
Il (ou elle) a attendu que je descende de l'échelle pour m'apaiser avec les mots que j'avais justement besoin d'entendre à ce moment précis de mon parcours d'immigrant, avant de, tel un Ange, disparaître comme il/elle était apparu....

Voilà pourquoi, si je ne crois pas à un bonheur béât et égoïste, je sais par contre que la vie est parsemée de petits bonheurs et que ceux-ci sont bien souvent occasionnés par des rencontres, même furtives, avec des femmes ou des hommes qui parviennent à nous toucher au plus profond de nous même avec un simple sourire, une remarque bien sentie, une attitude bienveillante ou encore par des agissements particulièrement édifiants.

C'est donc ce genre de rencontres que je te souhaite ma chérie, pour cela, tu n'as pas besoin d'être croyante, il te faut juste être apte à reconnaître et à apprécier à leur juste valeurs ces rares mais épatants petits moments de bonheur que la vie nous réserve.

Je ne te cacherai pas, toutefois, qu'à l'heure où des "Anges de la mort" prennent nos grandes villes en otage en y semant la haine, la peur et la désolation, il est rassurant de croire qu'il y aura toujours des Anges gardiens pour veiller sur nous et qu'il nous suffit d'être un tant soit peu ouverts et clairvoyants pour parvenir à .... les distinguer.

 

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28/05/2017

11) La discipline

 

Les Québécois ont les yeux tellement fixés sur la France que j'imagine que, là-bas non plus, tu ne peux pas échapper aux commentaires sur le gouvernement mis en place par le président français Emmanuel Macron. Ce n'est pas le premier à y penser et c'est vrai que dans l'idéal, l'intention est bonne, en choisissant des personnalités issues de la société civile et donc sans antécédents politiques, le jeune président français mise sur des approches différentes et pragmatiques pour aider son pays à sortir de l'ornière dans lequel il végète depuis si longtemps.

Sauf qu'à ce jour, les quelques ministres issus de la société civile ont très vite été confrontés à un problème essentiel visiblement difficilement surmontable; La discipline.

Parce que si les politiciens professionnels ont toujours entendu invoquer (à défaut d'en observer des démonstrations probantes!) la nécessité d'une discipline qui serait "l'ensemble des règles de conduite imposées aux membres d'un parti afin d'y faire régner l'ordre et de garantir son bon fonctionnement", le moins que l'on puisse dire que ce n'est pas exactement la même doctrine qui a permis la réussite des personnalités issues de la société civile qui sont aujourd’hui jugées aptes à faire partie du gouvernement français.

C'est, à l'inverse, en fonction de leur liberté, de leur individualisme et de leur faculté à remettre en question l'ordre établi que ces femmes et ces hommes sont parvenus à sortir du lot. Malheureusement, n'en déplaise à ceux-ci, il se trouve que la politique est un métier particulièrement réglementé et formel où l'élu ne devrait, en aucun cas, invoquer des intérêts particuliers (ou même de sa circonscription) contre ceux, collectifs, de sa famille politique....

Va essayer d'expliquer ça à un lobbyiste ou à un entrepreneur !

Quoi qu'il en soit, on ne peut qu'espérer que, demain, les français auront enfin droit à un gouvernement qui fasse preuve d'une véritable et inédite... discipline. D'autant qu'en observant les raccourcis simplistes, le suivisme et la démagogie des médias, il apparaît en effet que pour pouvoir gouverner à l'abri de l'influence de ces derniers, une certaine réserve s'impose.

Au président Macron donc de convaincre ses ministres et autres députés que la discipline exigée n'est pas que synonyme de soumission mais bien aussi, voir surtout .... d'efficacité.


Voilà, ma chérie, ce que je voulais te partager sur le thème de la discipline. Même si, comme tu l'as éprouvé, dans notre famille, ça fait des générations que nous sommes allergiques à ce précepte qui apparaît comme l'inverse de la Liberté.

Mais bon, je m'en voudrais pour autant de te dégoûter de t'essayer un jour à la politique. Il te suffit juste de te rappeler que même si elle n'est pas forcément innée, la discipline aussi... ça s'apprend !

 

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14/05/2017

10) Les segundos

Tu vois ma chérie, vendredi soir je suis tombé sur la version québécoise de l'émission "Un diner à la ferme". Le concept c'est l'accueil à tour de rôle de 6 autres candidats dans sa ferme et le jugement, notes à l'appui, de ceux-ci sur l'accueil et la qualité du repas servi. Après les premières saisons avec les paysans suisses romands, c'est parmi les paysans suisses émigrés au Québec que se déroule la saison 2017.

Tu comprendras par conséquent que cette émission me touche tout particulièrement. Mais le but de cette lettre n'est pas de revenir sur les aléas notre propre immigration mais bien d'essayer d'en tirer quelques généralités particulièrement frappantes.

La première, et je ne dis pas ça pour me dédouaner, c'est que des parents italiens et espagnols de mes amis d'enfance, aux portugais et autres kosovars que je fréquente professionnellement en passant par les parents asiatiques ou sud américains des enfants qui mangent aux cuisines scolaires dont je m'occupe, il apparaît que pour ceux qui ont quitté leurs pays une fois adulte, indépendamment de leur propres succès ou de ceux de leurs enfants, ce changement drastique de vie restera toujours une douloureuse déchirure. Seuls les plus motivés (ou les plus mal pris), les plus sociables et les plus courageux parviennent à l'endurer.

Il est vrai aussi que dans la grande majorité des cas, c'est d'abord et surtout pour des raisons économiques et/ou de sécurité que des familles fuient leurs pays pour tenter leur chance loin de leurs racines. Les exceptions qui, comme ta maman et moi, ont choisis l'aventure pour l'aventure, sont d'autant plus rares qu'il apparaît bien vite que cette expérience est particulièrement déstabilisante.


La bonne nouvelle et l'émission de l'autre soir en était une démonstration probante, c'est que la deuxième génération semble posséder d'un maximum d'atouts pour réaliser les rêves .... de leurs parents.

Armés d'une volonté hors du commun (voir, suivant les cas, d'un esprit de revanche), riches de leur double culture et d'une conscience aiguë du monde qui les entoure, les segundos (comme on les appelle ici) connaissent selon toutes les statistiques des succès bien supérieurs à leurs camarades "pure laine" (comme vous dites là-bas).

Voilà pourquoi, à part en France qui est l'exemple parfait de ce qu'il ne faut pas faire en terme d'intégration, il apparaît que l'immigration est un véritable tremplin pour les enfants de celles et ceux qui ont décidé (plus ou moins librement) d'aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs.

Autant dire qu'avec le retour en force d'une certaine xénophobie nationaliste, cette réalité ne plait pas à tout le monde et ça aussi, ton frère et toi, vous devez le savoir....

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30/04/2017

9) La mémoire

Tu vois ma chérie, il semblerait que l'homme est ainsi fait que ses sentiments mais surtout ses ressentiments lui font perdre toute objectivité et même (et c'est ce qui m'inquiète) la mémoire.

J'en veux pour preuve ce qui se passe autour du deuxième tour des élections françaises ces derniers jours.

On peut comprendre que nos voisins se méfient d'un blanc bec qui étaient encore banquiers il y a 5 ans, l'homme est certes particulièrement instruit, cultivé et brillant mais a-t-il pour autant la carrure d'un chef d'état ? Les doutes sont légitimes

Sauf que, vois-tu, certains commentateurs détestent tellement Macron (où en tout cas, ce qu'il représente) qu'ils semblent avoir perdu la mémoire.

Ils ne se rappellent pas d'où vient la sorcière qui fait face au jeune loup aux dent longues. Une sorcière déguisée en princesse à la pêche aux voix et qui, advenant qu'elle en récolte suffisamment, pourrait bien, dès le 7 mai... à minuit, se transformer en méchante harpie.

Dire que cette sorcière est entourée depuis toujours d'esprits maléfiques, de diablotins et autres démons venimeux, c'est juste évoquer une réalité que beaucoup refusent d'admettre. Il suffit pourtant de se renseigner un tant soit peu sur l'entourage de la candidate d'extrême droite pour frissonner en imaginant qu'une once de pouvoir puisse échouer dans leurs mains.

Mais non, ça serait les soit disants marionnettistes qui se cacheraient derrière la révélation politique du moment les mal intentionnés. Ah bon ?

Sauf que, contrairement à la garde plus ou moins rapprochée de la fille Le Pen, ils ne sont pas xénophobes, identitaires, islamophobes, neo-nazis, paranos, antisémites, complotistes, belliqueux, négationnistes, racistes, ... eux.


Ce type de personnes convertis en partisans revanchards unis derrière un leader nationaliste qu'ils acclament en insultant ses opposants, ça ne te rappelle pas tes cours d'histoires ?

Les gens perdent la mémoire, je te dis !

 

Allez bonne anniversaire pareil et vive le printemps !

 

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23/04/2017

8) Lectures

Tu vois ma chérie, j'ai profité des congés de Pâques pour aller prendre l'air marin en Espagne et donc pour lire au soleil, rien de tel, en effet, que le bruit des vagues pour nous accompagner dans des univers différents. D'autant que de Sepulveda l'auteur chilien à Salman Rushdie qui raconte l'Inde en passant par le génie italien d'Umberto Eco et la culture de Michel Houellebecq, je n'ai cessé de changer d'horizon.

Et si, à chaque fois, j'ai été édifié par la sagacité exceptionnelle de ces auteurs, c'est le surprenant roman français "Soumission" qui m'a le plus particulièrement touché.

Ne serait ce que parce que j'y ai retrouvé la majeure partie des grandes (et moins grandes...) interrogations de ma génération. Et puis, la première partie du bouquin se déroulant durant les derniers jours de la campagne présidentielle française de.... 2022, cette dernière semaine était donc parfaite pour savourer dans toute son acuité ce roman d'anticipation plus drôle et cynique que prophétique d'ailleurs.

Car je te rappelle que le malheur (pour ce livre mais d'abord bien entendu pour les victimes) c'est que cette histoire d'élection d'un représentant de la fraternité musulmane à la présidence de la France est sortie... le jour même du massacre, au nom de l'islamisme, de l'équipe rédactionnelle de Charlie Hebdo.

Dans le genre, mauvais timing, difficile de faire pire. Résultat, les esprits des critiques et du public étaient visiblement (et logiquement) trop bouleversés pour réagir avec le recul nécessaire à la dernière provocation de Houellebecq.

Et si je te raconte tout ça, c'est pas forcément pour t'encourager à lire un livre qui m'apparaît comme particulièrement masculin mais bien pour te démontrer les risques que nous courrons à réagir à chaud face à des situations qui, comme le disait Mme Le Pen hier (lors d'une énième instrumentalisation du terrorisme), nous provoquent des "boules dans le ventre".

Dans ces moments là, c'est un silence respectueux voir même le recueillement qui devrait, en effet, accompagner nos efforts pour assimiler la réalité, puis (pour autant que nous ne soyons pas directement impliqués) pour parvenir peu à peu à dépassionner nos peurs.

Rien ne presse toutefois, mieux vaut une longue et parfois douloureuse (mais nécessaire) période d'affliction et de doutes plutôt que de sombrer bêtement dans cet état d'esprit (très tendance ces temps) de frustration rancunière et complotiste qui nous pousse, trop souvent, à commettre des fâcheuses erreurs de jugement.

C'est sans doute de celles-ci dont a été victime le livre de M.Houellebecq à sa sortie mais, Dieu soit loué, les œuvres d'art seront toujours plus durables que l'air du temps et gageons qu'à l'avenir d'autres trouveront également dans dans ce roman clairvoyant, cette subtilité qui m'a tellement séduit.

Allez, je te laisse à tes essais et autres thèses universitaires mais n'oublie pas de t'offrir un bon roman de temps en temps ! Ca fait tellement du bien de se laisser embarquer dans des histoires autres que les nôtres....

 

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09/04/2017

7) L'ONU

Alors cette "Modélisation des Nations Unies" (NMUN - 2017) comment ça se passe ? Tu crois que ta génération parviendra à redonner ses lettres de noblesse à cette vénérable institution ?

En tout cas, je suis rassuré de savoir que toi et les centaines d'autres étudiants en relation internationales venus du monde entier pour vous confronter au siège de l'ONU à New-York, vous apprenez d'abord et avant tout à ....négocier.

Après des années de quasi paix entre les grandes puissances détentrices de l'arme nucléaire, on a en effet la désagréable impression d'assister à une nouvelle surenchère entre dirigeants mégalomanes pour s'imposer comme étant celui qui a la plus grosse et imposante.... puissance militaire.

C'est d'ailleurs justement pour tenter d'anticiper ce type de réalité que l'ONU a été créée en 1945. C'était une belle utopie et pendant quelques années on a même pu y voire une démonstration probante de notre évolution, enfin les nations possédaient un outil permettant de prévenir les guerres plutôt que de les subir.

Sauf que, chassez le naturel, il revient au galop.

Il est vrai que si, depuis plus de 70 ans, les organisations internationales ont permis d'éviter et de résoudre de nombreux conflits, les opinions publiques retiennent surtout leurs échecs et, en particulier, les impasses inhérentes au droit de veto des états membres du conseil de sécurité.

Résultat, à force de gesticulations et autres errements de quelques pays, leaders autoproclamés, nous en sommes arrivés à cette situation où non seulement plus personne ne croit en l'efficience des organisations internationales mais, désormais, c'est leur financement et donc leur existence qui sont remis en question par l'arrivée au pouvoir de ces satanés populistes nationalistes.

Comme si supprimer les rares arbitres allait pousser les différents pays protagonistes à mieux respecter les quelques règles de cohabitation de base sur lesquelles ils sont, tant bien que mal, parvenus à s'entendre.

A moins, bien entendu, de vouloir imposer ses propres règles par la force (militaire et/ou financière)....

Alors certes tout n'est de loin pas parfait dans ces organisations de nations pas vraiment unies mais entre ces "machins" (De Gaulle) et la bonne vieille loi de la jungle, il me semble qu'il n'y a pas photo, non ?

À toi et à ta génération donc de nous démontrer que nous avons quand même un tant soit peu appris de nos erreurs passées et que les compromis et le discernement seront, demain, plus constructifs que les menaces et autres démonstrations de force.

Pour cela, il est certainement nécessaire d'inventer rapidement un nouveau mode de fonctionnement des organisations internationales. C'est le job que tu sembles t'être choisi, bravo mais autant dire qu'il y a du pain sur la planche....

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25/03/2017

6) Les islamophobes

Tu vois ma chérie l’autre soir, j’étais invité pour une bouffe de gars chez un de mes vieux copains et sur la route je réfléchissais aux arguments que je pourrais apporter en réponse aux thèses islamophobes qu’un des invités ne manquerait sûrement pas de nous asséner.
D'habitude c’est de manière virtuelle que je m’engueule avec ces gens là, pour une fois que je pouvais le faire lors d’un véritable échange, je voulais en profiter pour essayer de comprendre.

Car tu vois ce que je ne capte pas aujourd'hui c'est les raisons qui poussent les islamophobes à faire exactement ce que les islamistes attendent d’eux ?

Par la diffusion toujours plus décomplexée de leurs convictions, ceux-ci contribuent, en effet, à favoriser l’émergence d’un véritable sentiment anti-musulman dans l'opinion publique et, ce faisant, à jeter de l'huile sur un feu pourtant bouté par leurs ennemis jurés.

Sauf qu’à force de semer le vent, ils pourraient bien récolter la tempête. Et c’est là, que la finalité de leur combat m’échappe. Que les islamistes les plus radicaux répandent la terreur dans l'espoir que cela dérape suffisamment pour finir par provoquer une guerre civile entre des citoyens dit "de souche" et les musulmans cela semble désormais avéré mais que les islamophobes entrent dans leur jeux sans plus de réflexion, cela m'apparaît aussi désolant que périlleux.

D'autant que depuis un certain 11 septembre, où qu'ils résident sur la planète, il ne fait pas bon être musulman. A commencer, paradoxalement, par les pays dit musulmans où des partis islamistes profitent des tensions pour mettre en place des dictatures islamistes aussi liberticides que misogynes.
Quant aux musulmans qui demeurent chez nous, on peut sérieusement craindre que sous les coups de boutoir des actes terroristes monstrueux à répétition et des terribles amalgames qui en découlent, si personne n'arrive à détendre un chouïa l'ambiance, demain ils pourraient être de plus en plus nombreux à répondre au mépris dont on les abreuve par une forme ou une autre de radicalisation.

Voilà pourquoi, alors qu’il faut bien évidemment continuer à lutter avec toutes les armes possibles contre ceux qui ont décidé de nous terroriser en s’en prenant (les lâches) à des pauvres victimes innocentes, il me semble aussi que, les islamophobes, qui s’affirment pourtant tellement plus lucides et perspicaces que la moyenne, devraient finir par réaliser que plus ils parviendront à diaboliser la religion musulmane, plus ils seront entendus et suivis, plus les "stratèges" de Daech et autres mouvances islamistes verront leurs machiavéliques prières exaucées.

Le piège est pourtant grossier mais une fois de plus, comme si l’histoire n’avait servi à rien, en stigmatisant, en méprisant et en insultants une religion (qui représente le quart de la population mondiale) la fachosphère est bêtement en train de nous tirer une fichue balle dans le pied.

 


Finalement avec mes vieux potes, on a parlé de Federer, de vin, de maladies, de foot, de voitures, de bouffe mais aussi des soucis que nous causent nos.... parents. Même l’attentat de Londres qui s’était pourtant déroulé durant la journée n’a pas été évoqué. Visiblement tout le monde voulait passer une belle soirée...

Allez, porte toi bien ma chérie, sois prudente lors de ton séjour aux États-Unis car comme les islamophobes ici, ils sont un peu tous à cran en ce moment, là-bas....

 

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12/03/2017

5) Utopies

"Une utopie est un projet réalisable qui n’a pas encore été réalisé " T. Monod

Je sais que tu es très prise par tes études mais si tu en trouves le temps, je ne saurais que trop t'encourager à t'intéresser à celui qui est, selon moi, le plus extraordinaire candidat à l'élection à la présidence de la "Froonnce" depuis longtemps.

Extraordinaire dans le sens si différent des ordinaires hommes et femmes politiques que j'observe depuis des années.

Bon, comme toujours avec la gauche, j'ai pas mal de peine avec un certain dogmatisme économique et autant dire que sur ce sujet au moins, j'ai des doutes.

Mais sur l´avenir et ses nouveaux défis, quelle lucidité, quelle capacité à voir plus loin que .... la prochaine échéance électorale.

Trop loin d'ailleurs, ses propositions ont juste 20 ans d'avance et du coup j'ai bien peur que celles-ci n'atteignent finalement que ta génération et quelques indécrottables utopistes optimistes dans mon genre.

Toujours est- il, qu'à condition que le malheureux épisode de conservatisme nationaliste qui s'en vient ne provoque pas (trop) de guerres dont nous mettrions des années à nous relever (ou pas), je pense sincèrement que dans 30 ans, lorsque tu auras mon âge, l'allocation universelle sera devenue une évidence et votre relation à l'autre, au travail et à la planète sera totalement différente.

Car rassure-toi toi la période Orban, Duterte, Trump & Friends ne devrait être qu'un regrettable...feu de paille. À condition bien entendu que le vent de l'histoire ne le disperse pas trop....
Une fois arrivé au pouvoir, nos démagogues se révèlent, en effet, si lamentables qu'il apparaît très vite qu'ils ne sont, en fait, capables que de dénoncer, stigmatiser et mépriser... Ça peut servir à les rendre populaires certes, sauf que ça fait quand même un peu court pour diriger l'exécutif d'une ville, d'une région ou pire d'un pays, non ?

Quoi qu'il en soit, l'espoir (pour les Français en tout cas) c'est donc pour ... après demain, lorsque les ambitions démocratiques, environnementales et sociétales de .... Benoît Hamon pourront alors être mises au service d'une population consciente que sa qualité de vie dépend de sa capacité à maîtriser suffisamment la technologie pour en faire un merveilleux outil d'émancipation personnelle et collective.

C'est, en tout cas, ce que vise (entre autre...) ce candidat aussi charismatique qu'humble et brillant, mais qui, encore une fois, arrive beaucoup trop tôt pour être élu par une population gauloise visiblement peu disposée à le suivre dans ses utopies.

N'empêche que c'est le seul qui a une vision réaliste (et... humaniste !) pour ta génération !

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01/03/2017

4) Changement de paradigme ?

Tu vois ma chérie,  l’autre soir j’entendais Marine Le Pen nous expliquer que nous étions en train de changer de paradigme, nous serions en train de passer du mondialisme au patriotisme.

 

Bon d’abord, selon moi, le mondialisme ça ne veut rien dire, il y a en effet d'un côté ces mondialistes néolibéraux impatients de voir des sociétés comme Google, UBS, Goldman Sachs, Apple ou encore l'Industrial and Commercial Bank of China, Shell ou Volkswagen imposer à la planète leur vision globalisée (et ô combien intéressée) d'une gouvernance mondiale. De l'autre côté de la rue, il y a ceux qui les combattent, ces altermondialistes  convaincus que l'avenir est dans une plus juste répartition des richesses au nom d'une solidarité internationale (encore à bâtir) dépendant de la capacité du plus grand nombre à prendre conscience des inégalités  grandissantes entre les pays riches et les pays pauvres, entre les villes et les campagne ou encore entre les vainqueurs et les perdants de nos sociétés.... néolibérales.

 

Pour le patriotisme c’est plus simple et si aujourd’hui celui-ci est pris en otage par les populistes au nom d'un protectionnisme simpliste car totalement déconnecté d'une globalisation pourtant difficile à ignorer, il est vrai aussi que, mondialisation ou pas, stigmatiser les différences afin d'attiser un patriotisme belliqueux a toujours été une stratégie pour le moins efficace, particulièrement en temps de crise...

 

Quoi qu’il en soit, le vent semble bel et bien en train de tourner et on pourrait donc assister ce printemps à la confirmation de ce changement de paradigme avec l’élection à la présidence française de celle qui se plaît à l’annoncer.

 

En même temps, je ne peux croire qu'après avoir goûté à cette liberté extraordinaire que signifie aussi la mondialisation, après avoir, depuis Montréal, échangé des recettes japonaises avec ta cousine de Plan-les-Ouates  (au moyen du portable Apple  fabriqué en Chine que tu as posé sur un meuble suédois pour boire un café italien), puis envoyé un lien de musique colombienne à cette amie de Mumbai, que tu as connue à Liverpool et que tu rejoindras bientôt  à Riga, ... tu puisses, un jour, te retrouver confinée dans les limites géographiques, virtuelles, intellectuelles et culturelles de ton pays, aussi grand et multiculturel soit-il. 

 

Oui je sais cela ne semble absolument pas envisageable, sauf que protectionnisme contre protectionnisme ça aboutit fatalement à des mesures de rétorsion, puis aux boycotts, puis à la disparition de certains produits des rayons, puis à la pénurie, puis à ... la guerre.

 

Mais ne t'inquiète pas ma chérie, on n’en arrivera pas là, on n'est pas si irresponsables.... du moins je l'espère  ! 

13:48 Publié dans Lettres à ma fille | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

11/02/2017

3) Le dernier des Mohicans ?

Tu vois, ma chérie, en te consacrant ce blog cela me permet de lever le nez du guidon et d'élargir mon horizon plutôt que de me focaliser sur une actualité locale qui finit d'ailleurs par être un peu partout la même. Les différences étant juste une question de temps mais aussi d'un traitement toujours plus influencé par les attentes de l'opinion publique.

Par exemple, si tu demandes aux gens d'ici ce qu'ils pensent de l'attaque de la mosquée de Québec c'est, dans leur grande majorité, un nouvel attentat implicant l'Islam qu'ils ont retenu. Que cela soit, en fait, l'histoire d'un petit con de facho virtuel qui a testé le réel en buttant des musulmans innocents; personne (ou presque) ne semble vouloir l'entendre.

Pendant ce temps, chez toi, il semblerait que cela soit, au contraire, contre les radios et autres éditorialistes qui attisent la haine et le rejet de l'autre (et en particulier des musulmans) que se sont concentrées les critiques ces derniers jours. Dieu soit loué, en Suisse nos médias "mainstream" ne sont pas encore tout à fait tombés si bas mais à partir du moment où la fachosphère a déjà envahi les réseaux sociaux, cela ne devrait pas trop tarder.

Quoi qu'il en soit, tu peux, paradoxalement, t'estimer "ben" chanceuse de vivre dans ce qui semble être désormais le dernier pays où (grâce entre autre à ce premier ministre si différent que vous avez eu la sagesse d'élire) les réfugiés de guerre ne sont pas systématiquement perçus comme des profiteurs ingrats, des terroristes potentiels ou encore des violeurs en puissance.

Bon, il est vrai aussi que vous avez nettement plus de place que la moyenne pour accueillir les victimes des conflits du moyen orient et que l'immigration (ô combien variée) constituera toujours le socle du génie nord américain.

N'empêche que la question qui se pose c'est de savoir si Justin Trudeau, homme politique humaniste par excellence (depuis quand c'est un défaut ?), va pouvoir faire face au protectionnisme archaïque dicté par le nouveau shérif de son tout puissant (et unique) voisin tout en résistant aux pressions de tout ceux qui le traitent sans vergogne de "collabo islamiste".

Autant te dire que je n'en suis pas certain, c'est pourquoi je prie pour que, dans quelques années, tu ne réalises pas que le premier premier ministre que tu as élu était en fait ... le dernier des Mohicans.

 

10:20 Publié dans Lettres à ma fille | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

28/01/2017

2) Femme du 21ème siècle

N'oubliez jamais qu'il suffit d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devez rester vigilantes votre vie durant. Simone de Beauvoir

 

Tu sais ma chérie mon gros souci, c'est toi. Toi qui débute ta vie de femme sur une planète où des hommes continuent à penser qu'en tant que mâles, ils auront toujours des droits sur vous.

On connaissait déjà ces extrémistes en tout genre qui utilisent leur religion ou leurs traditions antiques pour légitimer leur emprise sur leurs femmes sauf que, cette fois ci, c'est (à nouveau) au niveau politique que des hommes semblent vouloir asseoir leur domination.

Par exemple, la semaine passée à Paris se tenait une monstre manifestation contre, tiens-toi bien,… l'avortement. Oui, oui, en France en 2017 !?

Mercredi, c'est l'ineffable Donald qui nous a signé un décret sur le même sujet en interdisant et stoppant tout financement d'associations en lien avec le contrôle des naissances.

Quant à la fachosphère depuis une semaine, elle se déchaîne en publiant des textes d'une misogynie digne des pires islamistes en réaction à la spectaculaire marche mondiale des femmes (as-tu participé à celle de Montréal ?) du lendemain de l'investiture étasunienne.

Bref, j'aimerais me tromper mais j'ai bien peur que pour les femmes de ta génération aussi (la première du 21ème siècle) rien ne soit jamais vraiment acquis. Visiblement vous n'êtes toujours pas, culturellement et majoritairement, considérées comme les égales de l'homme.

Certes, ça se passe mieux chez toi, ne serait-ce qu'en fonction de votre fameux premier ministre pour qui, comme pour tant d'hommes (Dieu soit loué !), la question de l'égalité ne se pose même pas.

Mais tes copines et toi vous devez faire gaffe pareil aux gros cons imbus de leur pseudo supériorité, ils grouillent, ils grondent et ils méprisent tout ce que vous êtes... ou presque.

D'autant qu'ils ont désormais un guide particulièrement visible pour leur montrer la voie.

 

09:06 Publié dans Lettres à ma fille | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

17/01/2017

1) La vérité

Tu sais c’est d’abord pour toi et pour ton frère, tes sœurs, tes cousins et tout vos amis que je tiens ce blog. En effet, j'ai tellement honte des dettes et de l’état de la planète que ma génération va laisser à la vôtre que je me sens le devoir d’exprimer publiquement mes indignations, mes coups de cœur et surtout mes préoccupations quant à l’évolution de nos pays dits civilisés. Et si je suis parfaitement conscient des limites de l’exercice, celui-ci me permet toutefois d’avoir un peu moins mauvaise conscience.

Contrairement à certaines accusations, je n’ai, cependant, aucune doctrine ou autre morale à défendre, ni rien à vendre. Je sais juste que rien n’est jamais tout noir ou tout blanc et que plus les avis sont tranchés, plus le doute est absent, plus on est face à la bêtise.

Il est vrai aussi que je me battrai toujours pour la paix. Cela semble être une évidence mais apparement, ça l'est de moins en moins. Cette paix dont nous bénéficions depuis plus de 60 ans serait, à en croire la fachosphère, qu'une autre de ces chimères de bobos.

Quoi qu'il en soit, il apparaît que suite à la crise migratoire sans précédent que nous traversons et à l'apparition d’un "état" islamiste et de ses monstrueux ambassadeurs qui sèment la mort et la peur, les populations ont de plus en plus tendance à se diviser en deux camps visiblement inconciliables.

Pour simplifier, je dirais qu'il y a d’un côté ceux qui sont convaincus que derrière chaque réfugié se cache un terroriste potentiel et de l’autre ceux qui continuent à croire que le niveau de notre évolution dépend de la réalité de l’ensemble des peuples de notre planète.

Dois-je te préciser que les premiers sont les plus véhéments ? Et même si l'accueil des migrants se déroule un peu mieux dans ton immense pays, tu seras d'accord d'admettre que chez toi aussi, ça pue les prémices d'une affreuse guerre idéologique, non ?

Je ne sais pas trop comment celle-ci va évoluer ni où elle va nous mener mais je ne te cacherais pas mon inquiétude car il est malheureusement certain (et il suffit de surfer quelques minutes sur Internet pour que cela saute aux yeux) que la première victime d'un conflit est encore et toujours ...la vérité.

 

 

Voilà, ma chérie, en ce début 2017, on en est là donc.
Mais bon tu connais la devise de la ville où tu es née, ou bien ?
Elle dit "Post Tenebras Lux" ....

 

 

 

 

18:32 Publié dans Lettres à ma fille | Tags : lettres à ma fille | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |