09/09/2018

Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première... Pierre !

Au début je ne l’aimais pas, peut-être parce que j’avais l’impression d’avoir à faire à une marionnette déguisée en «premier de classe»  dont les «Geppetto » étaient les deux Pascal (Couchepin & Decaillet) Ceux-ci n’avaient, en effet, de cesse d’exhiber, d’encenser et de mettre en avant cette bête politique qu’ils nous annonçaient comme hors du commun.

Il m’a fallu attendre que Pierre Maudet siège dans un premier exécutif (où en tant que seul conseiller administratif de droite dans un collège de gauche il a dû rapidement mettre de l’eau dans son vin) pour que peu à peu, je veuille bien admettre que sur ce coup là, le journaliste le plus prétentieux du... monde et l’ancien conseiller fédéral avaient fait preuve de perspicacité.

Le (toujours) Président du Conseil d’Etat est en effet le premier (et j’en ai bien peur, le dernier avant longtemps) politicien à avoir réussi à mater le tout-puissant et ô combien arrogant syndicat de la police. Ensuite avec l’opération Papyrus, le prodige de la politique genevoise a fait preuve d’un pragmatisme et d’un humanisme visionnaire qui personnellement (mais contrairement à beaucoup d’autres...) m’ont  convaincu de sa sagacité.

Quoi qu’il en soit, si je peux comprendre celles et ceux qui lui reprochent une ambition et une assurance telles que certaines de ces décisions ont pu apparaître comme de l’abus de pouvoir, j’ai beaucoup plus de peine par contre a tolérer ceux qui depuis quelques jours se complaisent dans l’insulte, le jugement, la condamnation et l’appel à la démission.

Certes de la part de ses adversaires politiques et de ces journalistes (et autres blogueurs) donneurs de leçons (tous vraisemblablement parfaits !?) il n’y a évidement rien de plus constructif à attendre. 

Mais la population ?  Les genevois ont pourtant bien compris qu’en tant que contribuables, les surprenants errements et les fâcheuses omissions de celui qu’ils viennent pourtant de réélire triomphalement au Conseil d’Etat ne nous ont rien couté. 

Sauf que voilà, il apparaît que si les citoyens éprouvent le besoin d’avoir une confiance quasi  totale (et donc un peu naïve) dans ceux qu’ils ont décidé de porter au pouvoir, fort nombreux sont celles et ceux qui, parallèlement ressentent une satisfaction, aussi bizarre que malsaine, à se délecter de la débâcle de ceux-ci. Plus haute étant la chute, plus jouissif étant visiblement l’épanchement collectif ...  

Voilà pourquoi, il semblerait que la carrière politique d’un des meilleurs homme d’état genevois de ces dernières années soit  (malheureusement pour notre canton et même notre pays) bel et bien derrière lui. 

Autant dire que je ne suis pas certain que ce véritable gâchis suscite des vocations politiques parmi les jeunes esprits les plus brillants de la République.  Avec raison, ceux-ci pourraient préférer opter pour une carrière dans le privé, là où il est encore acceptable d’entretenir des nécessaires, mais parfois compliquées, relations professionnelles sans pour autant être  automatiquement jugé et condamné sans autres formes de procès. 

 

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13/04/2018

Campagne tronquée

S’il y a un sujet sur lequel les différents candidats au Conseil d’Etat et même au Grand Conseil (dont certains se paient des encarts et des affiches personnelles) sont visiblement tous d’accord, c’est qu’il faut absolument afficher sa gueule (plus ou moins belle ou grande) un peu partout pour tenter de séduire les électeurs.

Au diable ceux qui s’escriment à réfléchir aux programmes et autres propositions constructives, c’est désormais sur le photographe qu’il faut compter pour se faire élire.

C’est vite vu, les portraits de nos candidats sont absolument partout; au cul des bus, sur des trams entiers, sur tous les panneaux publicitaires à disposition, en pages entières dans les journaux. Vous ne pouvez plus cliquer sur vos sites favoris sans que le visage d’un ou d’une candidate vous saute au visage.

C’est bien simple, les candidats au conseil d’Etat, et en particulier les plus populistes d’entre eux, ont carrément envahi l’espace public genevois. Pour ceux qui circulent toute la journée dans le canton, ça commence à tourner à l’écœurement.

 

Dieu soit loué, cette débauche de moyens devrait bientôt se terminer...avant que cela ne recommence.

Parce que sauf si un candidat au Conseil d’Etat, parvenait à obtenir 50 % et donc à être élu dès le premier tour, ce dernier n’aura servi pratiquement à rien. Et c’est donc bien une nouvelle campagne, avec des candidats qui n’auront même pas eu l’obligation de passer par le premier tour, qui débutera dès le lundi 16 avril prochain.

Il apparaît, par conséquent, que l’assemblée constituante a erré lorsqu’elle a décidé d’instaurer une élection au conseil d’Etat à deux tours. En effet, non seulement nous nous retrouvons avec un premier tour qui ne sert pas à grand-chose mais en plus, celui-ci occulte totalement l’élection pour le Grand Conseil.

Les médias traditionnels semblent, en effet, avoir décrété que la campagne pour le Grand Conseil n’était pas suffisamment vendeuse et que, par conséquent, seule l’élection des futurs conseillers d’Etat mérite une couverture médiatique digne de ce nom.

Du coup, la plupart des partis et autres mouvements politiques n’ont pas d’autre choix que d’être présents sur les deux élections afin que leurs candidats au Conseil D’Etat servent de... produit d’appel. Peu importe si majorité d’entre eux n’ont ni les compétences, ni même le souhait de siéger au sein du collège exécutif, le but n’est pas de les faire élire mais juste d’assurer une visibilité minimum. C’est donc bien par rapport aux intérêts des médias que les partis politiques doivent aujourd’hui aménager leur campagne politique. Cela démontre, si besoin est, qui détient du pouvoir sur qui.

Cette réalité apparaît d’autant plus regrettable que rien ni personne ne semble être en mesure de remettre en cause ce manque d’intérêt flagrant pour une élection pourtant ô combien essentielle. Car il ne s’agit, rien de moins, que de designer qui nous voulons avoir comme représentants pour voter des lois, des budgets et autres projets destinés à améliorer notre quotidien et à organiser au mieux notre futur….

Ne serait-ce qu’en fonction de la complexité de cette tâche, les 623 candidats au Grand Conseil auraient mérité plus de respect !

 

Bravo à eux d’avoir... fait avec !

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