Bobo et fier de l'être

  • Une branlée

    Imprimer

    En fait, je pense que cela sera mon dernier blog, en tout cas sous sa forme actuelle, celle qui a consisté depuis 23 ans à faire part de mes inquiétudes face à la montée inexorable des forces .... «malpensantes». 

    Car j’ai perdu et bien perdu, on peut même dire en bon genevois que je me suis pris une « branlée ».

    En effet, avant de profiter de cet espace de liberté mise à disposition par la Tribune de Genève que sont ces blogs, c’est au travers de lettres de lecteur (à la merci des humeurs de celui ou celle qui est en charge de publier ou non les courriers) dans des journaux montréalais et de ce qui s’appelait alors au Québec des forums de discussion, que j’ai tenté de prévenir des dangers d’une planète dont les populations seraient suffisamment abruties (par une surconsommation compulsive, par des médias qui misent sur le nivellement par le bas en exploitant nos plus bas instincts, par des coupures budgétaires et/ou des mauvais choix dans l’éducation, par un désœuvrement quasi structurel, etc. etc.) pour en arriver à porter au pouvoir des démagogues qui, au nom du nationalisme, du protectionnisme, de la xénophobie et de l’intolérance, promettent sécurité et pouvoir d’achat, 

    Résultat, j’ai tellement bien su tirer la sonnette d’alarme, que, depuis 1996 que je m’inquiète publiquement de leur possible avènement; Bush Jr., Poutine, Duterte, Orban, Erdogan, Maduro, Trump, Salvini, Bolsonaro et consorts ont été brillamment élus et même réélus pour certains... 

    Quant aux réseaux sociaux, si on est encore quelques-uns de ces vilains « bienpensants » humanistes à nous faire insulter à chaque fois qu’on ose témoigner notre écœurement face à des délires sectaires, individualistes, liberticides et/ou passéistes, il est clair que nous ne sommes pas dans l’air du temps. 

    Bref, j’ai bien peur d’avoir surtout été un prophète de malheurs et vu mes inquiétudes du moment, il me semble désormais préférable de m’abstenir.

      

    Reste à voir si les citoyens des pays qui ont choisis d’être gouvernés par ces populistes soit disant proches du peuple plutôt que par des « élites » universitaires progressistes vont effectivement pouvoir vivre plus sereinement et confortablement ... sur le long terme ? 

    Quoi qu’il en soit, c’est, en tout cas et sincèrement, tout le mal que je vous, que je nous souhaite !

     

    Lien permanent Catégories : Bobo et fier de l'être 13 commentaires
  • L'Europe de demain

    Imprimer

    Même si, j’ai de moins en moins le temps de m’y consacrer, j’ai décidé que ce blog sera désormais celui d’un bobo « bien-pensant » assumé et fier de l’être. Il me parait, en effet, urgent de me secouer face à la xénophobie, au racisme, au simplisme, à la démagogie, à la propagande et à l’intolérance belliqueuse ambiante. Observer sans réagir ceux qui ont décidé que leur refus obtus du multiculturalisme et de l’ouverture aux autres les transformaient en citoyens plus lucides et qualifiés que la moyenne m’apparaît, en effet, chaque jour un peu plus déraisonnable.

     

    En remettant (entres autres) en question, l’avenir des organisations internationales et de la construction européenne, en dressant les peuples, les religions et même les classes sociales les uns contre les autres, les démagogues en vogue du moment tentent de revenir au « bon vieux temps » du protectionnisme … patriotique.

    Sauf qu’à « l’époque » (laquelle exactement ?) les bienfaits (si, si) de la mondialisation n’avaient pas encore permis l’éclosion des surpuissances économiques et démographiques que sont par exemple aujourd’hui la Chine, l’Inde et le Brésil, ni favorisé la renaissance de ces malheureux pays qui ont vu leur évolution (et leur production) caler alors qu’ils enduraient la terrible mainmise idéologique et militaire de l’URSS.

    Voilà pourquoi, aujourd’hui, toute tentative de retour en arrière apparait juste impossible. L’Europe doit choisir entre se saborder bêtement en rétablissant ses frontières internes ou redevenir une véritable puissance respectée et respectable en affrontant (la plus unie possible) le reste du monde qui, pour le moment, ri et profite de ses atermoiements nostalgiques

    De la régulation (certes compliquée) de la mondialisation, à la solidarité internationale en passant par l’émergence de véritables moyens d’action à disposition des organisations transnationales, tout doit, bien entendu, être revu, repensé, organisé et expliqué différemment.

    Pour cela, il faut tenir compte des erreurs du passé, des impasses constatées ci et là et bien sûr des réalités sociales et... climatiques qui nous ont rattrapés.

    Il me semble, par exemple, moins difficile de croire, demain, en une Europe qui soit d’abord celle des régions (plus proches des citoyens) plutôt qu’en un rassemblement contraint de pays minés d’avance par leur propre nationalisme égoïste si peu propice aux compromis et à la fraternité.

    Quoi qu’il en soit, les semaines à venir devraient nous permettre d’observer (non sans angoisse) quel voie l’Europe prendra pour ces prochaines années.

    N’empêche que vu l’ambiance du moment, il est, peut-être, plus impérieux que jamais de savourer à sa juste valeur chaque bon moment partagé avec ceux qu’on aime alors que nous sommes... encore ... en Paix.

    Lien permanent Catégories : Bobo et fier de l'être 22 commentaires