Bises ou vent ?

  • La maison brûle

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    Mais de quoi ils parlent exactement ceux qui invoquent l’air du temps pour expliquer les résultats des Verts lors des dernières élections fédérales ?

    Comme si les préoccupations environnementales des écologistes et de notre belle jeunesse étaient juste un thème populiste de campagne comme un autre. Hier les immigrants et l’insécurité, aujourd’hui l’environnement….

    Ben voyons !

    On aimerait bien que les dérèglements climatiques qui impactent quasi chaque semaine une autre région de la planète ne soient qu’une mode aussi éphémère qu’insignifiante. Sauf que ce n’est pas le cas.

    Alors oui, pour autant qu’il ne soit pas déjà trop tard, la survie de notre planète doit absolument être LA priorité de l’ensemble de la classe politique mondiale pour les années à venir.

    N’en déplaise à ceux qui semblent vouloir contester l’urgence de la situation en arguant que les populations auraient d’autres problèmes plus contrariants à régler.

    C’est peut-être effectivement le cas, mais cela change quoi à l’urgence climatique ?

    Parce que les primes maladies sont un fardeau toujours plus lourd pour un trop grand nombre de nos concitoyens, parce qu’il faut veiller à perpétuer cette justice sociale et fiscale qui a fait la force de notre beau pays, parce que les paysans sont, il est vrai, les principales victimes de la mondialisation, etc., il faudrait, du coup, que la si nécessaire et urgente remise en question de nos modes de fonctionnement soit encore repoussée.

    C’est vrai ça, pourquoi se compliquer un mandat politique en prenant le risque de se faire détester avec des incitations, des normes, des taxes et autres contraintes environnementales forcément impopulaires, alors qu’il serait tellement plus simple de nier le problème.

    C’est juste qu’il est désormais trop tard pour se poser ce genre de questions. La maison brûle et c’est donc au niveau mondial qu’il faut agir vite et surtout concrètement, avec tout ce que cela peut signifier quant à nos priorités.

    D’autant que même en admettant que les climato-négationnistes (dont on peine d’ailleurs à comprendre les motivations) aient finalement raison en affirmant que l’homme n’a rien à voir avec ces dérèglements climatiques dont nous commençons à entrevoir les terribles conséquences, n’en demeurerait-il pas moins rationnel de commencer par juguler les pollutions dont nous sommes à coup sûr responsables ?

    Que cela soit les déchets plastiques dans nos mers et océans, les émanations toxiques en provenance d’usines en tout genre, la qualité de l’air dans les mégapoles, les dérives de la production industrielle dans l’agroalimentaire, les particules fines induites par la majorité des moyens de transport mais en particulier par ces énormes pollueurs flottants que sont les navires marchands qui sillonnent (toujours plus nombreux, mondialisation oblige) la planète, etc., personne ne peut aujourd’hui nier que nous atteignons la limite de ce qui est tolérable pour l’homme et pour la planète et qu’il est donc grand temps de changer de paradigme.

    On se demande pourquoi, dans ces conditions, nombreux sont ceux qui estiment plus malin de s’en prendre (si méchamment) à une messagère comme Greta Thunberg plutôt que d’écouter ses appels aux secours pourtant ô combien pertinents.

    Le moment n’est-il pas venu, au contraire, d’admettre cette effrayante réalité environnementale décrite autant par les scientifiques, les intellectuels de tout poil et quelques femmes et des hommes politiques responsables que par une jeunesse qui, c’est inédit, a bien compris que si, en tant que victime potentielle future du dérèglement climatique, elle ne se mobilisait pas au niveau mondial, rien ne bougerait jamais.

    Alors oui, on veut bien admettre que pour les plus anciens en particulier, il soit difficile d’admettre que ces babas chevelus avec leurs chemises à fleurs et leurs sabots qui se revendiquaient déjà écolos il y a plus de 30 ans, soient ceux qui, en fait, avaient raisons avant tout le monde.

    Il n’empêche qu’à moins de vouloir rester dans l’histoire comme des générations trop égoïstes pour avoir osé prendre les décisions qui s’imposaient pour sauver notre planète alors qu’il était encore temps, on peut penser qu’il va y avoir beaucoup d’autres élections dont le principal enjeu sera l’écologie.

    Sauf que demain, c’est pour ce qu’ils n’ont pas (encore) fait pour l’environnement que nos élus pourraient bien être sanctionnés

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  • Allez les... jeunes !

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    J’en pleurais, un mélange inédit de fierté, d’émotion mais aussi de soulagement en découvrant une aussi valeureuse et lucide jeunesse suisse.

     

    L’avenir de notre pays est en bonnes main; les jeunes suivis par Temps Présent - Avec les jeunes, au cœur de la bataille du climat (05/09/19) - https://pages.rts.ch/emissions/temps-present/10587908-avec-les-jeunes-au-coeur-de-la-bataille-du-climat.html#10634543 - me sont, en effet, apparus aussi concernés, touchants, vrais et brillants que rationnellement anxieux par rapport à l’avenir que nous sommes en train de leur préparer.

     

    Comment ne pas les comprendre ? En plus le leur léguer nos dettes, voilà qu’en les regardant droit dans les yeux, on continue à creuser leur tombe en préférant ricaner des petits travers de Greta Thunberg plutôt que de remettre en question nos priorités.

     

    Allez expliquer à ceux qui ont plus ou moins l’âge du siècle qu’il y aurait plus urgent et important que de se préoccuper de la planète, alors qu’on annonce des perturbations environnementales particulièrement déstabilisantes à partir de ... 2030 déjà !

     

    Comment dans ces conditions ne pas comprendre l’impatience et donc la colère de ces jeunes activistes environnementaux condamnés à faire régulièrement le buzz pour exister quelques heures sur les réseaux sociaux et dans les médias.

     

    D’autant que, toutes idéologies confondues, les politiques ne cessent de leur répéter (à juste titre d’ailleurs), qu’en Suisse en tout cas, tout changement passe par la démocratie directe avec tout ce qu’elle a d’exemplaire mais aussi de désespérément lent pour la génération du click.

     

    Alors oui, notre jeunesse a besoin d’une voir même de plusieurs Greta, oui elle doit absolument se mobiliser pour se faire entendre par le plus grand nombre, oui elle doit savoir que celles et ceux qu’elle va élire dans quelques jours auront la terrible responsabilité de prendre des décisions qui, demain, lui permettront, ou non, à d’avoir également l’opportunité de ... se reproduire.

     

    Quant à nous, les baby-boomers, il va falloir choisir entre rester dans l’histoire comme une génération qui aura contribué à l’évolution de l’humanité en sachant relever ce terrible défi environnemental auquel nous sommes confrontés ou, au contraire, marquer ce 21ème siècle (et probablement dernier du coup) par une passivité fatale aussi égoïste qu’irresponsable.

     

    D’autant, qu’en fonction des appels aux secours toujours plus audibles de notre jeunesse, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

     

    Allez les jeunes l’avenir vous appartient, ne laissez personne se mettre au travers de votre route, c’est rien de moins que votre survie et donc celle de l’humanité qui est en jeux...

     

    Ne lâchez rien !

     

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  • Bises ou vent ?

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    Voilà que ce 21eme siècle m’amène un nouveau stress, comment saluer, comment dire bonjour ou au revoir ?

     

    Aux femmes d’abord :

    En principe je leur tends respectueusement la main. Sauf que parfois, avec les plus jeunes en particulier, et dans un contexte privé bien sûr, certaines s’avancent pour me faire la bise. Ça me surprend et me ravi à chaque fois, mais je ne comprends pas trop pourquoi elles font ça....

    Une autre interrogation concerne celles qu’on fréquentaient lorsqu’on était jeunes. Doit-on continuer à s’embrasser comme on le faisait alors ? Bon peut-être plus sur la bouche (quoi que) mais on fait quoi ? On se serre la main comme les deux vieux qu’on est devenu ou on est simplement des jeunes qui ont vieilli et à qui ça fait du bien d’embrasser une connaissance qui nous rappelle notre folle jeunesse !

    Toujours est-il que si je ne sais pas trop comment les autres hommes gèrent ça, de mon côté cela me parait toujours plus compliqué de savoir comment bien me comporter face aux femmes que la vie m’amène à croiser.

     

    Mais avec les mecs, c’est pire. Alors que pendant des années on s’est contenté de se donner la main, avec éventuellement une tape dans le dos pour les cultures plus latines, voilà maintenant qu’on se tape la main, le poing, les doigts, le cœur, les épaules, les bras, à quand les genoux, les pieds, la tête ?

    Ceci dit, c’est plutôt amusant d’observer ces groupes qui, désormais, se distinguent par leur gestuelle amicale.

     Mais du coup quand je rencontre un jeune, je dois faire comment ? Je lui tend le poing pour faire jeune ? Je lui tend la main pour faire vieux ? Ou je lui tape dans la main pour faire celui qui veut faire jeune mais qui est quand même vieux ?

    Une chose est certaine (et c’est un appel public à toutes mes connaissances à qui je n’ai pas encore osé le dire) je déteste faire la bise à un homme; ça pique, ça gratte et même des fois, ça suinte la transpiration. Bref, ça me dégoûte !

    Maintenant j’ai bien compris que c’est en train de devenir la norme même chez ceux de mon âge. Pourquoi pas ? Chacun salue ou dit au revoir comme il l’entend mais pour les frottages joues contre joues entre mâles, ça sera sans moi !

    Du coup à chaque fois que je le peux, avec les hommes surtout mais aussi, de plus en plus, avec les femmes, je salue uniquement d’un sourire et du regard que je tente d’accrocher, sans aucun contact corporel.

    Ça résout mes tracas même si, il est vrai, ce n’est ni caliente, ni friendly.

    Mais bon, ça doit être mes racines protestantes qui me retiennent aussi fort que je m’y accroche....

     

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