Gilets Jaunes d’intérieur

Imprimer

Vu que je ne perds plus mon temps à commenter les blogs de la TG, j’en ai profité pour aller voir ce qui se dit ailleurs sur le Web à Genève et en Suisse romande. La plupart des pages des médias qui permettent au public de réagir n’étant pas disponibles gratuitement, c’est par conséquent les commentaires du 20 Minutes que je me suis résolu à scruter.

Du coup voilà que je regrette déjà la petite mais productive « fachosphère » de la TG avec ses exégètes islamophobes, russophiles et/ou climatosceptiques.

En effet, si les convictions de la majorité des intervenants apparaîssent plus ou moins semblables, le niveau des commentaires de 20 minutes, desservi d’entrée par une généralisation pratiquement totale de l’anonymat, y est incontestablement moins érudit et nettement plus fielleux.

Ces commentaires sont pourtant « modérés «, par un modérateur (quel étrange nouveau métier) dont on peut d’ailleurs s’interroger sur ses choix d’articles qu’il est possible, ou pas, de commenter.

En même temps, plus on prend connaissance de ces commentaires plus on réalise que leurs auteurs sont, en fait des gilets jaunes virtuels. On y retrouve en effet les mêmes mantra anti élites et autres slogans simplistes qui tournent en boucle depuis des mois. Visiblement ces «haters » n’aiment rien mais surtout personne (de public en tout cas). Il y en a même pour s’en prendre .... au Roi Federer, c’est dire.

 Mais ce sont surtout - les politic qui on prene plain la gueul - (pour écrire comme nombre de ces courageux commentateurs cachés derrière leur anonymat). C’est vite vu, ceux-ci seraient tous pourris, tous achetés, tous vendus, tous malintentionnés, tous incompétents, tous à jeter au plus vite aux ordures, etc. etc.

Ben voyons !

Il est vrai qu’il n’y a rien de plus facile que de s’en prendre bêtement à ceux qui tentent pourtant, tant bien que mal, de gérer et d’animer ces communes, villes, cantons ou Pays qui, Non, (c’est définitif, désolé !) ne redeviendront plus jamais.... comme avant.

Il n’empêche que, chez nous en tout cas (et Dieu sait si c’est un privilège qui n’est pas partagé par la majorité des internautes de la planète), ces commentateurs aux préjugés irréfutables, ces gilets jaunes d’intérieur et autres juges autoproclamés bien cachés derrière leurs écrans ont, par bonheur, encore (?) le droit d’exprimer librement leurs frustrations. Grand bien leur fasse.

Est-ce bien utile, pour autant, de mépriser et d’insulter systématiquement celles et ceux qui, élus démocratiquement par ailleurs, sont tous quelque part conscients que, quelque soit les décisions qu’ils prendront, à chaque fois ou presque, il y aura certes des citoyens ravis (et plus ou moins... reconnaissants) mais aussi d’autres qui seront nettement moins satisfaits, voir carrément furax avec parfois un véritable sentiment d’injustice ?

Car, n’en déplaise aux donneurs de leçons et autres démagogues simplistes, la politique c’est, en effet, tout sauf si facile. C’est au contraire un art particulièrement complexe et bien souvent insoluble. Il y a beaucoup trop de susceptibilités et d’intérêts contradictoires en jeu et il n’est donc juste pas envisageable de faire tout juste et à fortiori de contenter tout le monde.

 

Quoi qu’il en soit, il est vrai (j’en suis) que parfois ça fait du bien d’exprimer ce que l’on ressent.... comme on le ressent. Et puis, si un commentaire sur internet, aussi haineux et détestable soit-il, peut quelque part se substituer à des déprédations de la voie publique, à des incivilités et autres violences sur des personnes, c’est peut être un moindre mal. Non ?

 

 

Lien permanent Catégories : Air du temps 4 commentaires

Commentaires

  • Mon hypothèse qui est basé que sur mon intuition.

    Ce qui est général, est que pour la personne qui vote à gauche ou à droite, l'immigration massive est de plus en plus mal acceptée. Les trains, les autoroutes sont proche de la saturation, (...), et tous ces inconvénients sont à supporter sans contrepartie.
    L'impression que la société est hors de contrôle apporte l'anxiété, frustrations et colères.

    Des dizaines d'années de libéralisme pour rendre les riches plus riches et pour les autres c'est une baisse de pouvoir d'achat. Aucune politiques ne semblent vouloir corriger le tir. Cette agressivité continue (travail le dimanche,...). Le libéralisme est ainsi de plus en plus rejeté, la confiance s'est évaporée. Faute de repère, l'avenir est incertain, accentué par la menace de l'IA.

    Cela s'ajoute des contraintes écologiques, c'est la cerise sur le gâteau.

    Si la qualité de vie était très bonne, beaucoup de ces problèmes n'auraient pas autant d'importances.
    Pour moi, à défaut d'un monde idéal, il est impératif d' améliorer la qualité de vie dans les villes. La voiture est un fléau, mais un mal nécessaire avec des conséquences : pollution, bruit, maître de l'espace qui isole chacun de nous sur son trottoir. L'architecture dans les ville est horrible, un scandale qui participe à l'anxiété, la dépression.
    Comme solutions, la voiture électrique, les zones résidentielles 30km/h sont un début. L'urbanisme architecturale est le plus grand fléau, il faut une révolution, et ne plus laisser des techniciens imposer leurs manques d'imagination grisâtre. Jamais l'humain n'a produit autant de laideurs dans un lieu de vie

    Aznavour chantait : il semble que la misère serait moins pénible au soleil.
    Pour moi le soleil, c'est notre environnement direct qui devrait être la priorité n°1. Il faut réinventer la ville pour aider à oublier que la vie est injuste.

    Les forums expriment des malaises, constater est insuffisant, il faut agir. Il est impératif que les partis mettent entre parenthèses leurs idéologies, et se mettent à l'écoute des gens, pas de leurs militants.

  • Cher Vincent ,

    "Est-ce bien utile, pour autant, de mépriser et d’insulter systématiquement celles et ceux qui, élus démocratiquement par ailleurs, ... ?"

    Certains les appellent "mépris", d'autres "insultes".

    Les mots et les paroles, c'est comme de l'eau. Ca se filtre, ça s'épure, ça se boit, et ça se ...

    http://blog.uniterre.com/uploads/a/arumbase/811471.jpg


    Bref, ça se recycle. Dans un cycle de valorisation.

    C'est un processus.

    C'est aussi beaucoup comme le bruit que font les oiseaux.

    Des fois j'ai l'impression qu'ils me traitent de "gros con". Tenez, par exemple, cet après-midi. Y'en a tout un tas là dehors qui n'arrêtent pas de piailler et de m'insulter.

    De la bouse de vache au fumier fertilisant.

    Avant le tri du bon grain de l'ivraie.

    Hardi Vincent ! Crénom tudjûûûh !

  • les commentaires haineux ne se substituent pas à la violence, ils s'y ajoutent hélas

  • Un commentaire est-ce un cours, un exposé, une conférence écrite?

    On ne comprend pas que les insultes, offenses, calomnies, et j'en passe... soient publiées au vu des attentes de courtoisie et pertinence attendues.

    Faut-il, en l'occurrence, s'en prendre aux commentateurs?


    Le soleil, scoutes, nous chantions Salut Soleil notre frère

    Soleil qui un jour grillera notre planète

    de même que par temps radieux un massacre odieux n'assombrira pas notre frère soleil et que la pluie ne viendra pas pleurer sur les morts…


    En revanche glané en cours de route

    Tous unis dans un même élan (conscience universelle)
    "sous le soleil de l'amitié" Emile Gardaz

    Lacan nous a appris que derrière un langage s'en tient un ou plusieurs autres.

    Françoise Dolto recommandait aux futurs psychanalystes de ne jamais critiquer les personnes en cure y compris "mentalement".

    Toutefois refuser de publier un commentaire hargneux, par exemple, est rendre service au commentateur en attirant son attention sur le refus: pourquoi?

Les commentaires sont fermés.