• Les nostalgiques

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    On les voyait venir depuis longtemps mais  là plus personne ne peut faire comme s’ils n’existaient pas; les démagogues, nationalistes, anti-européens, anti-mondialisation, anti organisations internationales, bref anti-progrès font bien partie désormais de la réalité politique de la planète entière (ou presque).

    Qui n’a pas lu ou entendu leurs diatribes méprisantes comme quoi les ennemis à abattre seraient, sans nuance aucune, autant les « muslims » que les élites, les «merdias», les partis politiques, l’Allemagne, les bobos, les politiciens, les juifs, les  «gauchiasses», l’Euro, les multinationales, le pape François, les pays voisins, les  «bisounours», les riches, les Verts, les réfugiés, les  «bien-pensants», etc. etc. 

     Le hic, c’est que, même si leurs valeurs sont opposées, je ne peux pas m’empêcher de rapprocher ces ... mal pensants (du coup ?) avec les altermondialistes, indignés et autres pourfendeurs révoltés de l’ordre établi.

     En effet, si sur les constats et l’injustice sociale inhérente (entres autres) à la mondialisation, on est à peu près tous d’accords, c’est au niveau des propositions alternatives, responsables et collectivement viables qu’on y déplore  encore et toujours ce même vide aussi abyssal que consternant.

     Cela n’empêche pas pour autant les gilets jaunes, les mouvements Cinque Stelle, Podemos, Syryza et des dizaines d’autres regroupements et partis démagogiques disséminés un peu partout sur la planète d’avoir le vent en poupe. Aujourd’hui, Il est, visiblement, possible d’exister, de se faire mousser, apprécier et même élire rien qu’en dénonçant haut et fort tout et son contraire.

     

    Sauf qu’en ce début du 21eme siècle, gouverner c’est d’abord et avant tout être pragmatique et donc gérer tant bien que mal les différents (et si complexes)  rapports de force et en particulier ceux qui opposent les États aux acteurs (trop souvent  inconséquents, il est vrai) de la mondialisation.  

    Car, que cela plaise ou non, cette dernière apparaît bel et bien comme définitivement ancrée dans les modes de vie de la population et en particulier de sa jeunesse.  ´

    Le véritable défi pour celle-ci n’est donc  pas d’envisager bêtement de pouvoir la tuer mais bien de comprendre comment dompter la bête. 

     Cela semble passablement plus constructif que d’opter pour ces mouvements protectionnistes qui parviennent pourtant à convaincre un plus ou moins gros tiers de leurs concitoyens, que non, ce n’est pas vrai, il n’est pas trop tard pour revenir au bon vieux temps des ... châteaux forts. 

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