• Les supporters

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    Le problème ce n’est pas les gilets jaunes mais bien ceux, toujours plus nombreux et virulents qui se sentent investis du devoir de les supporter voir de les .... assujettir. 

    Autant on peut tous être d’accord sur le constat des GJ, autant les entendre  réclamer la démission de Macron sans n’avoir rien à proposer (mais tout et son contraire à dénoncer) apparaît pour le moins inconsistant. 

    Et pourtant, comme prévu, ce mouvement est en train d’être porté aux nues par ceux qui, non sans mépris d’ailleurs, préfèrent miser sur les plus bas instincts et les émotions des individus plutôt que sur leur l’intelligence et leur sagesse . 

    Ces démagogues (que l’on nomme aussi faussement  populistes) trop contents de pouvoir reprendre en chœur avec  les gilets jaunes leur éternel mantra  « Ah bas, les élites déconnectées du peuple, vive la dictature de l’opinion ». 

     

    D’abord  il faudrait s’entendre sur qui sont ces fameuses élites déconnectées; Est-ce les riches ? Les universitaires ? Les professions libérales ? Les médias ? Les intellectuels ? Les patrons ?  Les politiques ? 

    Ben non, pas les politiques, ceux-ci sont par nature connectés aux électeurs vu qu’ils dépendent d’eux pour exister. 

    Et puis ca veut dire quoi, exactement, être proche du peuple ? Fréquenter les milieux associatifs, culturels, sportifs, syndicaux, idéologiques, spirituels, alternatifs, environnementaux, professionnels, etc. ? Voilà qui ressemble pourtant aux CV de nos élus; non ? Chacun son milieu, chacun son parti, ils sont où les déconnectés ?

    Ni élites, ni déconnectés, les femmes et les hommes politiques ne sont-ils pas simplement une image grossissante des populations qui les élisent ? Ne nous renvoient ils pas, tel un miroir, le reflet d’un monde, où, si trop de pouvoir rend assurément un peu fou, s’efforcer d’en disposer semble également justifier coups bas, mensonges et autres ... fake news ?

    Quant à la dictature de l’opinion, elle est illustrée par cette réponse  d’un élu UDC qui, l’autre soir à Forum, avouait un peu candidement que puisque la sauvegarde de l’Environnement n’était pas dans le Top 5 des préoccupations des Suisses, cela n’était pas un souci pour lui non plus.... 

    Quoi qu’il en soit, oui tout n’est évidemment pas à rejeter dans les cris de révoltes sincères de nombreux gilets jaunes. De là à en voir le début d’un pseudo et énigmatique « nouveau monde » ,  je ne suis pas certain que cela soit si ... manifeste, ni surtout que cela augure vraiment des temps meilleurs.

    Sauf, bien sûr, pour ceux qui parviendront à surfer sur le chaos qu’ils s’efforcent aujourd’hui d’attiser 

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  • Complètement à... l’Est

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    Il est visiblement devenu de bon ton de s’en prendre à l’Europe pour symboliser tout ce qui ne tourne pas rond. Même ici, chez nous, alors que nous n’en faisons pas partie, la communauté Européenne semble susciter autant de méfiance que de rejet quand ce n’est pas simplement une haine aussi excessive qu’incohérente.

    Du coup, j’ai profité de quelques jours de congé pour aller faire un (tout petit) tour dans trois pays européens qui faisaient partie du bloc de l’Est il y a encore 30 ans et qui ont choisi depuis une quinzaine d’années d’adhérer, librement, à la communauté européenne. La République Slovaque, la Pologne et la Lituanie.

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que le drapeau européen y est partout, que cela soit sur les panneaux de chantier qui annoncent des nouvelles infrastructures et autres constructions de bâtiments officiels ou encore devant des administrations et autres organisations culturelles diverses.

    Visiblement la communauté européenne a mis plus souvent qu’à son tour la main à la poche pour financer un nombre certain de projets qui ont permis en quelques années à des pays qui sortaient du chaos post-communiste de quasiment rattraper leur retard (aussi bien démocratique qu’économique) sur leurs voisins occidentaux.

    C’est en effet à l’Europe qu’il faut, par exemple, imputer cette transition écologique qui saute aux yeux lorsque, depuis le château de Bratislava, on peut distinguer d’un côté des vieilles usines toutes décrépies et rouillées d’où s’échappent des tristes fumées grises qui semblent être les derniers vestiges de la période communiste. Alors que de l’autre côté du paysage, plusieurs dizaines d’éoliennes semblent avoir poussé comme des champignons sur toutes les collines environnantes.

     On peut donc se poser des questions sur ce que seraient les conditions de vie des habitants de ces pays aujourd’hui, si l’Europe ne leur avait pas ouvert ses portes. On imagine qu’encore plus nombreux seraient alors ces réfugiés économiques qui viennent frapper à la porte des pays les plus riches pour grappiller les quelques miettes qui pourraient tomber sous la table...

     

    Sauf qu’il est apparemment très tendance d’expliquer que même face à une mondialisation où les acteurs qui comptent y sont toujours moins nombreux, plus regroupés et donc plus puissants, il n’y aurait aucun problème majeur à s’extraire du grand marché européen pour affronter seul et fièrement la Chine, les Etats-Unis, la Russie ou encore le Japon, l’Inde ou le Brésil sur ce marché mondial globalisé dont on peine, pourtant, à croire qu’il puisse être un jour...régulé et/ou sérieusement remis en question.

    Voilà pourquoi ceux, toujours plus nombreux, qui nous expliquent pourquoi ça va mal mais qui n’ont aucune alternative raisonnable à proposer devraient peut-être se poser la question (plutôt que de transformer bêtement la communauté européenne en un bouc émissaire un peu trop évident) sur ce qu’était l’Europe juste après la chute du mur en 1989, sur ce qu’elle est aujourd’hui et sur ce qu’elle serait sans doute devenue sans cette solidarité européenne, certes imparfaite, mais ô combien, concrète pour tant de neo-européens.

    Bien sûr, tout n’y est pas idyllique, loin s’en faut mais de là à jeter le bébé avec l’eau du bain, il y a un pas que seuls les porteurs d’un véritable nouveau projet européen aussi viable que responsable seraient éventuellement en droit de franchir.

    Ceux-ci (pour autant qu’ils existent) ne s’étant pas encore fait entendre, il apparaît pour le moins prématuré de vouloir démanteler l’Europe actuelle au plus vite... juste pour caresser une fraction de l’opinion publique dans le sens du poil, non ?

     

     

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