13/01/2019

Les supporters

Le problème ce n’est pas les gilets jaunes mais bien ceux, toujours plus nombreux et virulents qui se sentent investis du devoir de les supporter voir de les .... assujettir. 

Autant on peut tous être d’accord sur le constat des GJ, autant les entendre  réclamer la démission de Macron sans n’avoir rien à proposer (mais tout et son contraire à dénoncer) apparaît pour le moins inconsistant. 

Et pourtant, comme prévu, ce mouvement est en train d’être porté aux nues par ceux qui, non sans mépris d’ailleurs, préfèrent miser sur les plus bas instincts et les émotions des individus plutôt que sur leur l’intelligence et leur sagesse . 

Ces démagogues (que l’on nomme aussi faussement  populistes) trop contents de pouvoir reprendre en chœur avec  les gilets jaunes leur éternel mantra  « Ah bas, les élites déconnectées du peuple, vive la dictature de l’opinion ». 

 

D’abord  il faudrait s’entendre sur qui sont ces fameuses élites déconnectées; Est-ce les riches ? Les universitaires ? Les professions libérales ? Les médias ? Les intellectuels ? Les patrons ?  Les politiques ? 

Ben non, pas les politiques, ceux-ci sont par nature connectés aux électeurs vu qu’ils dépendent d’eux pour exister. 

Et puis ca veut dire quoi, exactement, être proche du peuple ? Fréquenter les milieux associatifs, culturels, sportifs, syndicaux, idéologiques, spirituels, alternatifs, environnementaux, professionnels, etc. ? Voilà qui ressemble pourtant aux CV de nos élus; non ? Chacun son milieu, chacun son parti, ils sont où les déconnectés ?

Ni élites, ni déconnectés, les femmes et les hommes politiques ne sont-ils pas simplement une image grossissante des populations qui les élisent ? Ne nous renvoient ils pas, tel un miroir, le reflet d’un monde, où, si trop de pouvoir rend assurément un peu fou, s’efforcer d’en disposer semble également justifier coups bas, mensonges et autres ... fake news ?

Quant à la dictature de l’opinion, elle est illustrée par cette réponse  d’un élu UDC qui, l’autre soir à Forum, avouait un peu candidement que puisque la sauvegarde de l’Environnement n’était pas dans le Top 5 des préoccupations des Suisses, cela n’était pas un souci pour lui non plus.... 

Quoi qu’il en soit, oui tout n’est évidemment pas à rejeter dans les cris de révoltes sincères de nombreux gilets jaunes. De là à en voir le début d’un pseudo et énigmatique « nouveau monde » ,  je ne suis pas certain que cela soit si ... manifeste, ni surtout que cela augure vraiment des temps meilleurs.

Sauf, bien sûr, pour ceux qui parviendront à surfer sur le chaos qu’ils s’efforcent aujourd’hui d’attiser 

11:23 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Les gilets jaunes ne veulent pas être représentés et en ce moment, ils se font instrumentalisés par l'extrême-droite (les vrais, pas le RN ex FN que les journalistes appellent extrême-droite) et par l'extrême-gauche. Il n'y a pas de bons fascistes, qu'ils soient bruns, rouges ou noirs (black-block). Malheureusement, le gilet jaune de base n'a pas les moyens d'analyse pour le voir.
Au bout du bout, je pense que le gouvernement macronien réagit au mieux de ce qui peut se faire, sauf que le patron ne peut s'empêcher de dire des conneries et ça, c'est vraiment très con. Une histoire d'efforts...
On est d'accord, Vincent Strohbach. C'est assez rare pour être relevé !

Écrit par : Géo | 13/01/2019

Bien sûr que les élus et l'élite ne sont pas déconnectés, ils savent très bien ce qu'ils font héhé.
Raison de plus pour ne pas excuser les injustices. Double peine, non mais.

Écrit par : BR | 13/01/2019

« On est d'accord, Vincent Strohbach. C'est assez rare pour être relevé ! « 

Ça doit être parce qu’on est en train de lire, en même temps, le même livre.

Moi aussi, je m’amuse (et j’apprends également) en lisant le dernier Houellebecq.

D’ailleurs, j’y retourne illico.

Bon dimanche pluvieux !

Écrit par : Vincent | 13/01/2019

Quand je vous lis, quelque soit le sujet, il y a toujours un paragraphe dédié à l'UDC. C'est dommage car jusque là on pourrai penser que vos billets sont le fruit d'une vraie réflexion et pas un acte d'accusation contre ce parti qui en l’occurrence ne dirige ni la France et toujours pas la Suisse non plus.

Écrit par : norbert maendly | 13/01/2019

Cela dit, VS, je suis interdit de communication chez pascal décaillet et je trouve très, très inquiétant ce qu'on y lit. Ces messieurs veulent de la guerre civile. Quelle niaiserie et quelle bassesse chez ces vieux qui ne sont même plus capables de rien dans la vraie vie. Et ils appellent à la bagarre, la vraie. C'est probablement l'aspect positif de ce mouvement, il permet d'y voir clair parmi tous ceux qui interviennent dans ces blogs et de faire le tri. Il y a décidément beaucoup de débiles...

Écrit par : Géo | 13/01/2019

"(...) je suis interdit de communication chez pascal décaillet (...)"

Z'êtes sûr de ne pas fantasmer, de pas nous faire un persecution syndrom ? Cette discrimination serait vraiment étrange pour un farouche prosélyte de la démocratie horizontale et participative...

Écrit par : Gislebert | 13/01/2019

Nous avons entendu des porte-paroles des gilets jaunes intellectuels, pacifiques et compétents qui, précisément, n'appellent pas à la bagarre mais au changement.

Qui, des détracteurs présents, serait enchanté de travailler à plein temps sans avoir les moyens de vivre jusqu'à la fin du mois?

De ne plus rien être en mesure d'offrir à leurs enfants ou petits-enfants?

Qui accepterait l'arrogance de Monsieur Macron traitant les modestes salariés de moins que rien?

Que le Parlement ne soit plus qu'une chambre d'enregistrement?

La dégradation de l'école, de la santé, de la sécurité?

La fin des transports ferroviaires là où le besoin est évident?

Il ne s'agit que d'un premier pas.

Les porte-parole des gilets jaunes assurent que s'ils ne sont pas entendus il y aura forcément révolution.

Que peuvent-ils envisager d'autre?

Des débats qui ne répondent ou ne répondront pas aux problèmes qui doivent être réglés aujourd'hui?

comment ne pas comprendre leur point de vue qui est aussi celui de leurs très nombreux soutiens solidaires sans être eux-mêmes en situation de précarisation?

Retour de la parole au peuple comme il se doit en démocratie.

Le pouvoir par et pour le peuple: non les uns sans ou contre les autres mais les uns avec les autres.

Et qui est le peuple sinon les citoyens d'un pays!?

Pays qui ne comptent pas sur leurs "premiers de cordée" pour étouffer, étrangler voire mettre à mal les autres mais pour guider ces forces vives que sont les véritables "ressources humaines"!

Jusqu'à ces derniers jours la démarche de résistance des gilets jaunes pacifiques évoquait l'enseignement du Dalaï lama qui, en cas de conflits durs, appelait à la résistance non violente.

Résistance non violente, selon lui, en aucun cas signe de démission ou d'impuissance.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 13/01/2019

" "je suis interdit de communication chez pascal décaillet (...)"

Z'êtes sûr de ne pas fantasmer, de pas nous faire un persecution syndrom ? Cette discrimination serait vraiment étrange pour un farouche prosélyte de la démocratie horizontale et participative..." "

Non, non, Gislebert moi aussi je suis interdit chez pascal décaillet, comme tout ceux dont les commentaires n'encensent pas le néo-idéologue du fameux nouveau monde, j'imagine.

Quant à Norbert Maendly; chacun sa marotte non ? Bizzare pour la première fois, votre commentaire n'aborde pas la votre....¨
Bonne journée pareil !

Écrit par : Vincent | 14/01/2019

Gislebert@ A force de voir mes commentaires critiques refusés - soulignant la contradiction qu'il y a d'être un ardent défenseur de la Vème république, et donc un partisan de la monarchie républicaine où les formes démocratiques sont réduites au plus strict minimum, et s'enthousiasmer d'autre part pour le pouvoir de la rue -, j'ai envoyé mes quatre vérités à Pascal Décaillet, entre autres que maintenant je comprenais parfaitement pourquoi il avait été jeté de la radio nationale...
Et depuis, bon, je suis banni. Et je m'en fous.

Écrit par : Géo | 14/01/2019

Vincent S@ "Moi aussi, je m’amuse (et j’apprends également) en lisant le dernier Houellebecq." Ouais, moi aussi. Et j'apprends que Houellebecq peut écrire de grosses bêtises. Quand il va trouver son copain d'études Aymeric, qui a trois cent vaches laitières, qu'il trait à la main. Disons que comme il est écolo, ses vaches produisent la moitié des vaches des méchants pas écolos : donc 14 l par jour. Pour traire 14 l à la main, combien de temps par vache ? Je ne l'ai jamais fait, mais pas moins de 5 minutes, jusqu'à 10.
Donc, option basse : 300 x 5 = 1500, soit 25 heures...
Aymeric a beau se lever à 5h, il n'est pas prêt de s'en sortir...
Et donc Houellebecq est ingénieur agronome, à la base...

Écrit par : Géo | 15/01/2019

Géo : Bien vu, bonne remarque, j'était passé à côté.

En même tant c'est tout vous ça, toujours à chercher la petite bête pour avoir quelque chose où quelqu'un sur qui râler....

Vous l'avez fini ?

Je l'ai terminé dimanche soir et comme toujours avec Houellebecq, j'ai passé un excellent moment et, comme à chaque bouquin, j'ai bien ri.

Ce type est assez génial en fait, l'air de ne pas y toucher, il aborde de façon quasi visionnaire un maximum de thèmes qui sont dans l'air du temps.

D'ailleurs, je ne sais pas quand il a écrit son livre, mais la manif des paysans (et ce qui les motive) ressemble méchamment aux gilets jaune....(bon vous me direz qu'en France, les manifs ça fait partie de leur culture depuis toujours....)


Bonne soirée !

Écrit par : Vincent | 15/01/2019

Une fois enregistrées vos critiques sur le dernier opus houellebecqien (merci pour lui, le livre à Paris se vend comme les croissants !) et pour en revenir au sujet, à savoir l’ictère hexagonal : marre des Gilets jaunes, ras le caquelon, y en a que pour eux, rien que des discours logorrhéiques et démagos sur les travailleurs pauvres et les retraités aux abois…

Et les riches, vous y avez pensé ? Personne ne s’occupe d’eux, nulle attention portée à leurs affres lorsqu’ils consultent les fluctuations des indices boursiers, aucune compassion sur la fonte de leur capital lorsqu’ils doivent entretenir leurs triplex et leurs résidences secondaires, refaire les toitures et ravaler les façades de leurs châteaux, rien non plus sur leurs soucis pour recruter du personnel de maison qualifié et raisonnablement indélicat, sur leur lutte pour échapper à l’inquisition fiscale qui ne leur laisse aucun répit...Et l’on ne citera que pour le mentionner en passant leur combat acharné contre le surplus de calories dû à la fréquentation obligée des estaminets trois-étoiles, combat qui leur impose les rigueurs de régimes drastiques.

Cerise sur le saint-honoré, la mauvaise conscience distillée par tous les prêcheurs de la bien-pensance, qui ne disposent jamais d’assez de médias pour les stigmatiser et prôner la saignée à blanc de leurs avoirs et excitent la rogne et la grogne furieuses de tous ces envieux, toujours quémandeurs et jamais rassasiés. Déjà qu’il leur faut vivre depuis deux millénaires avec cette fichue parabole, où il est question de chameau amoureux de chas d’aiguille à enfiler et de leur difficulté à entrer au sein du Cac 40. Non vraiment, jamais, au grand jamais, l’aphorisme « les conseilleurs ne sont pas les payeurs » n’aura paru aussi avéré. En vérité, en vérité je vous le dis : les nantis ne sont pas à la noce. Salauds de pauvres, pour reprendre Audiard cité par Gabin dans la « Traversée de Paris ».

Écrit par : Gislebert | 15/01/2019

" toujours à chercher la petite bête" 300 vaches laitières, petite bête ?
Bref, j'ai trouvé curieux qu'il écrive ça et j'en déduis qu'il pintoille beaucoup en écrivant...
Mais oui, on passe un bon moment. Et je me reconnais pas mal dans le personnage et son rapport aux dames...
J'ai du retard sur vous parce que j'ai bricolé hier et lu les journaux...

Écrit par : Géo | 15/01/2019

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