06/01/2019

Complètement à... l’Est

Il est visiblement devenu de bon ton de s’en prendre à l’Europe pour symboliser tout ce qui ne tourne pas rond. Même ici, chez nous, alors que nous n’en faisons pas partie, la communauté Européenne semble susciter autant de méfiance que de rejet quand ce n’est pas simplement une haine aussi excessive qu’incohérente.

Du coup, j’ai profité de quelques jours de congé pour aller faire un (tout petit) tour dans trois pays européens qui faisaient partie du bloc de l’Est il y a encore 30 ans et qui ont choisi depuis une quinzaine d’années d’adhérer, librement, à la communauté européenne. La République Slovaque, la Pologne et la Lituanie.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le drapeau européen y est partout, que cela soit sur les panneaux de chantier qui annoncent des nouvelles infrastructures et autres constructions de bâtiments officiels ou encore devant des administrations et autres organisations culturelles diverses.

Visiblement la communauté européenne a mis plus souvent qu’à son tour la main à la poche pour financer un nombre certain de projets qui ont permis en quelques années à des pays qui sortaient du chaos post-communiste de quasiment rattraper leur retard (aussi bien démocratique qu’économique) sur leurs voisins occidentaux.

C’est en effet à l’Europe qu’il faut, par exemple, imputer cette transition écologique qui saute aux yeux lorsque, depuis le château de Bratislava, on peut distinguer d’un côté des vieilles usines toutes décrépies et rouillées d’où s’échappent des tristes fumées grises qui semblent être les derniers vestiges de la période communiste. Alors que de l’autre côté du paysage, plusieurs dizaines d’éoliennes semblent avoir poussé comme des champignons sur toutes les collines environnantes.

 On peut donc se poser des questions sur ce que seraient les conditions de vie des habitants de ces pays aujourd’hui, si l’Europe ne leur avait pas ouvert ses portes. On imagine qu’encore plus nombreux seraient alors ces réfugiés économiques qui viennent frapper à la porte des pays les plus riches pour grappiller les quelques miettes qui pourraient tomber sous la table...

 

Sauf qu’il est apparemment très tendance d’expliquer que même face à une mondialisation où les acteurs qui comptent y sont toujours moins nombreux, plus regroupés et donc plus puissants, il n’y aurait aucun problème majeur à s’extraire du grand marché européen pour affronter seul et fièrement la Chine, les Etats-Unis, la Russie ou encore le Japon, l’Inde ou le Brésil sur ce marché mondial globalisé dont on peine, pourtant, à croire qu’il puisse être un jour...régulé et/ou sérieusement remis en question.

Voilà pourquoi ceux, toujours plus nombreux, qui nous expliquent pourquoi ça va mal mais qui n’ont aucune alternative raisonnable à proposer devraient peut-être se poser la question (plutôt que de transformer bêtement la communauté européenne en un bouc émissaire un peu trop évident) sur ce qu’était l’Europe juste après la chute du mur en 1989, sur ce qu’elle est aujourd’hui et sur ce qu’elle serait sans doute devenue sans cette solidarité européenne, certes imparfaite, mais ô combien, concrète pour tant de neo-européens.

Bien sûr, tout n’y est pas idyllique, loin s’en faut mais de là à jeter le bébé avec l’eau du bain, il y a un pas que seuls les porteurs d’un véritable nouveau projet européen aussi viable que responsable seraient éventuellement en droit de franchir.

Ceux-ci (pour autant qu’ils existent) ne s’étant pas encore fait entendre, il apparaît pour le moins prématuré de vouloir démanteler l’Europe actuelle au plus vite... juste pour caresser une fraction de l’opinion publique dans le sens du poil, non ?

 

 

11:41 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Du coup, on comprend mieux l'enthousiasme pro-européen : c'est la Suisse qui va financer la suite de toutes ces merveilles. Elle n'est pas belle, la vie ?

Écrit par : Géo | 06/01/2019

Très bel exemple de cette solidarité intra-européenne... J'en suis fort aise

Seulement, il suffit de taper "délocalisation Pologne" pour se rendre compte que cela ne coute pas seulement aux fonds de solidarité, mais aussi à l'ouest plus de chômage (même en Suisse), de la concurrence déloyale avec les travailleurs détachés.
D'un côté ce regard satisfaits des progrès économique et démocratique à l'est; et en France vous avez les gilets jaunes ...
Qui se font plus contenir, détenir et surveiller que n'importe quel fichier S multirécidiviste à Strasbourg par exemple (ça c'est pour l'aspect perte de la démocratie à l'ouest). Parce qu'ils se rebellent pour survivre, ils subissent de surcroît, l'outrage de se faire traiter de crypto-fascistes ou de conglomérat rouge-brun.

Ces vases communicants seraient pour le bien commun ?
Que nenni, juste des territoires en friches qui améliore le rendements financier des actionnaires. C'est pour cela et rien que pour cela.
Au fait que fait l'Europe pour les "laissé pour compte" dans les régions à l'ouest ? Ils sont obligé de s'insurger pour exister afin que des euro-béat sortent de leurs rêves passéistes et ouvrent les yeux sur cette technocratie économique européenne sans âme qui hache menu une partie de la population.

Il n'y a qu'une Europe qui ne peut exister, celle qui reçoit l'assentiment des peuples européens, parce qu'elle inspire, parce qu'elle sert de processeur dans la créativité économique, et non pas ce soviétisme européen qui doit absolument mourir.

Écrit par : aoki | 06/01/2019

Vous avez raison, Vincent. Mais vous savez qu'à l'heure actuelle, il est de bon ton de cracher sur l'Europe. Même oser demander des réformes de cette Europe imparfaite paraît être une grossièreté, c'est tout dire ! Alors comme ses adversaires n'ont absolument aucune idée de ce qui pourrait la remplacer - sauf peut-être Pascal Décaillet qui se prévaut d'un ordre ancien et immuable - ils préfèrent la promettre à la casse parce que cela leur évite de s'interroger. Chez nous, Monsieur, on ne pense pas, non, Monsieur on ne pense pas, on détruit...(Merci J. Brel).

Pauvres gilets jaunes qui s'illusionnent en pensant qu'un RIC - référendum d'initiative citoyenne - leur permettra automatiquement d'obtenir ce qu'ils demandent. Pour que la France devienne véritablement une démocratie participative, il faudra que la "France d'en-bas" consente à élever le niveau de ses analyses et comprenne qu'on ne construit pas un pays avec des "yaka" et "des ifocon" et que la "France d'en-haut" comprenne qu'elle n'a pas le monopole des idées.

Chez nos voisins, le mot consensus, d'origine latine, n'a apparemment aucune signification, à quelque échelon social que ce soit.

Il est urgent que le ministre de l'éducation nationale (re)introduise l'enseignement obligatoire du latin dans toutes les écoles de l'Hexagone.

Écrit par : Michel Sommer | 06/01/2019

"sur ce marché mondial globalisé dont on peine, pourtant, à croire qu’il puisse être un jour...régulé et/ou sérieusement remis en question."
Il le sera le jour où le litre de pétrole coûtera 10 CHF le litre ou davantage.

Dédié à ms:
https://www.youtube.com/watch?v=dCHi5apc1lQ

Écrit par : Daniel | 06/01/2019

avec des yakuzas et des faucons -

Écrit par : anto | 06/01/2019

@M Sommer,

Et vous, c'est quoi vos pensées ? Chercher le consensus ?
C'est une qualité plutôt helvétique que j'apprécie la plupart du temps, il est vrai. Précisément en Suisse la population est encore entendue et c'est pour cela que la Suisse, ô bonheur, n'est jamais vraiment entrée dans l'UE.
Vous êtes contre cette démocratie directe en Suisse M.Sommer ?

Car voyez-vous M Sommer pour trouver des consensus il faut que toutes les parties soient entendues. En ce sens les gilets jaunes ont parfaitement raisons de demander le RIC, ainsi ils pourront enfin accéder à la vraie démocratie.
Ce qui fait que votre commentaire vide de pensées et d'arguments que le ton du sarcasme n'arrive pas à en cacher l'infatuation, n'a aucune crédibilité.

Écrit par : aoki | 07/01/2019

Non, Géo, je ne suis pas plus pro-européen que ça, si ce n’est que je suis convaincu que c’est uniquement unis que notre continent a peut être une chance de faire le poids face aux mastodontes qui dominent économiquement la planète.

Par ailleurs, j’ai juste partagé un constat et peu importe si c’est l’Allemagne, (comme me le rétorque si gentiment P.Decaillet sur ... son blog !?) qui serait effectivement derrière l’aide européenne. Tant que les pays concernés en profitent.... eux aussi.

Ce que j’ai observé en effet, c’est des villes (Bratislava, Gdansk, Vilnius) en pleine expansions, suffisamment attrayantes pour recevoir des touristes du monde entier, des jeunes au boulot et un dynamisme (en particulier à Vilnius) assez impressionnant.

Pour le surplus, je vous renvoie aux soliloques vaniteux de l’idéologue du nouveau monde....

Écrit par : Vincent | 07/01/2019

A Aoki

Si vous aviez lu mon commentaire avec attention, vous auriez remarqué que mon commentaire n'excluait pas, bien au contraire, la mise en oeuvre d'un RIC en France.Je parlais de l'illusion que peut représenter le RIC pour certains gilets jaunes, à savoir qu'il suffit de récolter un certain nombre de paraphes pour qu'automatiquement la revendication soit acceptée Aussi bien avant de prendre vos erreurs de lecture pour des certitudes, vous seriez bien inspiré d'argumenter davantage et de ne pas chercher de sarcasme là où il n'y en n'a pas.

Mon deuxième paragraphe aurait dû vous mettre sur la voie ! Et le consensus ne peut se construire que sur...le consensus et non sur la révolution qui ne peut conduire qu'à des excès pires que ceux qu'on voulait dénoncer.

J'ajoute enfin que comme dans tout groupe social, organisé ou non, il y a parmi les "ifocon" quelques vrais...

Écrit par : Michel Sommer | 09/01/2019

Pour ma part j'ai rien contre l'Europe, c'est l'Europe de Bruxelles ou plutôt de Berlin, et de goldman sachs qui me pose problème! Une Europe autiste qui permet aux multinationale de frauder librement et de ne pas payer d'impôts! En mettant junker à la présidence de la communauté européenne, on savait ce que l'on faisait, on favoriserait tous ses anciens clients et ces amis de goldman sachs! Le projet européen est une vieille histoire qui date de l'Allemagne nazi! (walter hallstein) était l'un d'eux, ex-filté par les américains, il est revenu en Allemagne 3/4 ans plus tard en douce pour les américains!!! Je vous laisse voir son cv sur wikipédia! Il est ensuite devenu le premier président de cette Europe allemande actuelle qui fini de ruiner les plus pauvres d'entre nous!

Écrit par : Dominique Degoumois | 10/01/2019

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.