13/04/2018

Campagne tronquée

S’il y a un sujet sur lequel les différents candidats au Conseil d’Etat et même au Grand Conseil (dont certains se paient des encarts et des affiches personnelles) sont visiblement tous d’accord, c’est qu’il faut absolument afficher sa gueule (plus ou moins belle ou grande) un peu partout pour tenter de séduire les électeurs.

Au diable ceux qui s’escriment à réfléchir aux programmes et autres propositions constructives, c’est désormais sur le photographe qu’il faut compter pour se faire élire.

C’est vite vu, les portraits de nos candidats sont absolument partout; au cul des bus, sur des trams entiers, sur tous les panneaux publicitaires à disposition, en pages entières dans les journaux. Vous ne pouvez plus cliquer sur vos sites favoris sans que le visage d’un ou d’une candidate vous saute au visage.

C’est bien simple, les candidats au conseil d’Etat, et en particulier les plus populistes d’entre eux, ont carrément envahi l’espace public genevois. Pour ceux qui circulent toute la journée dans le canton, ça commence à tourner à l’écœurement.

 

Dieu soit loué, cette débauche de moyens devrait bientôt se terminer...avant que cela ne recommence.

Parce que sauf si un candidat au Conseil d’Etat, parvenait à obtenir 50 % et donc à être élu dès le premier tour, ce dernier n’aura servi pratiquement à rien. Et c’est donc bien une nouvelle campagne, avec des candidats qui n’auront même pas eu l’obligation de passer par le premier tour, qui débutera dès le lundi 16 avril prochain.

Il apparaît, par conséquent, que l’assemblée constituante a erré lorsqu’elle a décidé d’instaurer une élection au conseil d’Etat à deux tours. En effet, non seulement nous nous retrouvons avec un premier tour qui ne sert pas à grand-chose mais en plus, celui-ci occulte totalement l’élection pour le Grand Conseil.

Les médias traditionnels semblent, en effet, avoir décrété que la campagne pour le Grand Conseil n’était pas suffisamment vendeuse et que, par conséquent, seule l’élection des futurs conseillers d’Etat mérite une couverture médiatique digne de ce nom.

Du coup, la plupart des partis et autres mouvements politiques n’ont pas d’autre choix que d’être présents sur les deux élections afin que leurs candidats au Conseil D’Etat servent de... produit d’appel. Peu importe si majorité d’entre eux n’ont ni les compétences, ni même le souhait de siéger au sein du collège exécutif, le but n’est pas de les faire élire mais juste d’assurer une visibilité minimum. C’est donc bien par rapport aux intérêts des médias que les partis politiques doivent aujourd’hui aménager leur campagne politique. Cela démontre, si besoin est, qui détient du pouvoir sur qui.

Cette réalité apparaît d’autant plus regrettable que rien ni personne ne semble être en mesure de remettre en cause ce manque d’intérêt flagrant pour une élection pourtant ô combien essentielle. Car il ne s’agit, rien de moins, que de designer qui nous voulons avoir comme représentants pour voter des lois, des budgets et autres projets destinés à améliorer notre quotidien et à organiser au mieux notre futur….

Ne serait-ce qu’en fonction de la complexité de cette tâche, les 623 candidats au Grand Conseil auraient mérité plus de respect !

 

Bravo à eux d’avoir... fait avec !

07:41 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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