03/12/2017

16) La Suisse

En cette fin d’automne permets moi, ma chérie, de te parler du pays où tu es née ! Cette Suisse magnifique et opulente que je me plais de temps en temps à sillonner en train, confortablement assis en face d’un vieil oncle.

Grâce à ses connaissances impressionnantes du réseau de chemins de fer de notre pays, à chaque fois je découvre des paysages nouveaux, à chaque voyage je suis épaté par cette surprenante contradiction entre une apparente quiétude et un dynamisme économique qui s’exprime, entre autre, par la modernité et la technologie des centaines de nouvelles constructions qui apparaissent ici et là.

Je sais que ce n’est pas cloîtré dans un wagon qu’on peut véritablement saisir la réalité d’un pays, n’empêche que les régions traversées semblent toutes liées par une sorte de fil rouge qui prescrirait des paysages typisch «tip-top, propre en ordre».

En plus des champs, des prés, des vallées, des rivières, des lacs et autres forêts parfaitement ordonnées qui surgissent aux pieds des montagnes, c’est les villages et les petites villes traversées qui m’impressionnent. Située généralement le long des voies, chaque patelin possède qui sa fabrique, qui son centre routier, qui son usine, sa scierie, son imprimerie, sa centrale d’achat, ses remontées mécaniques, etc. etc. Parfois imposantes, parfois moins, toujours bien entretenues ces entreprises possèdent (et c’est ça qui m’interpelle) presque toutes un nom et/ou un logo connu.

On comprends alors que si notre pays est si florissant, c’est d’abord parce qu’on y travaille beaucoup et très bien. En misant en effet sur des produits à forte valeur ajoutée et sur une qualité hors du commun (plutôt que sur la quantité), notre industrie apparaît plus que jamais dans le vrai.

Bref tout va bien mais pourrait aller encore mieux si un petit tiers des Suisses plébiscitait un peu moins souvent ceux qui s’échinent à alimenter nos peurs pour tenter de nous faire revenir au pseudo bon vieux temps, lorsque la misère du monde avait la décence de ne pas venir s’échouer sous nos fenêtres.

Ceci dit, bien sûr que, comme partout, il y a des problèmes complexes et irrésolus, à commencer par les coûts vertigineux de la santé dans une société toujours plus vieillissante. Mais que cela soit à cause de notre sytème politique exemplaire ou encore par rapport à l’efficacité enviée de nos services publics et même si, étrangement, c’est être à contre courant que de l’affirmer, il est indéniable que notre pays demeure, quoi qu’on en dise, un exceptionnel petit paradis aussi paisible que cossu où il fait donc particulièrement bon vivre.

 

Ok, oui je sais, ce chauvinisme prétentieux et subjectif fait très français. En fait j’aimerais juste que tu comprennes que lorsqu’on a eu la chance de grandir en Suisse, d’avoir aimé ça et suffisamment voyagé pour se savoir privilégié, il est sincèrement très ardu de ressentir une telle perspective.... ailleurs.


Bon hiver québécois ma chérie !

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Commentaires

Cette Suisse opulente ne 'est pas pour tout le monde. Allez voir aux Libellules ou aux Avanchets. Une petite guerre mettrait à genou notre pays en matière désapprovisionnement énergétique et alimentaire. Savez vous que la Suisse ne peut nourrir sa population que pendant 6 mois ? C'est de l'inconscience de faire venir toujours plus de gens chez nous sans savoir comment assurer leur survie et la notre en cas de conflit.

Écrit par : Maendly Norbert | 07/12/2017

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