15/09/2017

14) Végane antispeciste

Bonjour ma chérie,

C'est avec un certain soulagement que j’observe ton désir de te battre pour améliorer les conditions d'accueil et donc de vie de ces milliers de réfugiés qui tentent d’échapper à leur terrible réalité. C'est très courageux de ta part et tu m'en vois d'autant plus fier que te sachant végétarienne depuis l'âge où tu as été en capacité de le décider, j'ai longtemps eu peur que tu deviennes plutôt une de ces végane antispeciste qui, aujourd'hui, cherchent à culpabiliser les mangeurs de viande pour, demain, tenter purement et simplement de les….  interdire.

 

Car tu vois, en dehors de l'aspect parfaitement illusoire de ce combat, je trouve que celui-ci est limite indécent parce qu’en décalage total avec la réalité d'une planète où, loin s'en faut, tous les êtres humains ne mangent pas (encore !) à leur faim. 

 

Expliquer que les cochons, les vaches et les poulets auraient aussi une âme et qu'ils seraient par conséquent nos égaux, c'est peut-être un discours très contemporain à tenir devant une assemblée de citadins en mal de sens mais, pour des parents du tiers monde qui se battent quotidiennement pour assurer une maigre pitance à leurs enfants, ce genre de théories apparait, à juste titre, comme une incompréhensible et ô combien irrespectueuse …provocation.

 

Que les amoureux des animaux se préoccupent des conditions de vie et d'abattage de leurs amis les bêtes cela me paraît légitime et même salutaire. C'est vrai qu'il y a beaucoup à dire sur celles-ci et, aujourd’hui plus que jamais, le combat contre la malbouffe apparait comme une véritable nécessité en terme de santé publique mais aussi (c’est vrai) d’éthique.

 

Et même si je trouve que certaines indignations sont un peu ridicules, je serais toujours du côté de ceux qui refusent l’industrialisation croissante de la production alimentaire et qui se battent pour améliorer les conditions sanitaires des animaux destinés à finir dans nos assiettes.

 

Sauf que je persiste à croire que tel est bien le destin ultime de ces animaux d’élevage dont je ne sais pas trop ce que deviendrait leur descendance advenant qu’un jour nos amis antispécistes parviennent, à force de propagande aussi spectaculaire qu'émotionnelle, à convaincre la génération de tes futurs petits-enfants (Dieu soit loué, je devrais échapper à ça !) que l’évolution de l’homme passerait par une reconnaissance de notre pseudo égalité avec le monde animal…

 

Quoi qu’il en soit, une chose me parait évidente, tant que les êtres humains ne seront pas capables d’assurer une subsistance quotidienne à la totalité de leur espèce, il n’y a que cet objectif qui mérite (et nécessite...) une véritable mobilisation.

 

 

Voilà ma chérie, sur ce bon appétit, n’abuse pas trop des produits à base de soja vu que je te rappelle que cette denrée de substitution sans goût ni saveur est une production quasi exclusive des laboratoires…. Monsanto !

07:19 Publié dans Lettres à ma fille | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | | |