22/12/2016

Le meilleur

Oui je sais il se passe plein de choses plus graves mais il n'empêche qu'en ce qui me concerne la nouvelle la plus triste de la semaine est quand même le départ pour toujours du prodigieux Mix & Remix.

Avant mardi matin, je ne savais même pas qu'il était malade, son décès m'a sacrément surpris. Comment ça il est parti ? Ce n'est pas possible, pas maintenant, pas juste au moment où les réacs  contre-attaquent alors qu'on a plus que jamais besoin de son regard.... 

Qui va se moquer des égos de Trump, Poutine et ... Decaillet ? Qui  saura ridiculiser les xénophobes ? Qui apportera d'un mot et d'un coup de crayon la pointe d'humour nécessaire aux rébarbatives brochures officielles et autres ouvrages pédagogiques en tout genre ? 

C'est bizarre, il était partout mais au lieu de lasser, ses dessins apparaissaient au contraire comme des évidences. Sa seule présence apportait  une véritable plus-value aux médias qui l'employaient. C'est bien simple, j'ai arrêté l'Hebdo le jour où je n'y ai plus trouvé sa page. Quant à sa participation à Infrarouge, elle permettait de tout faire passer, même les immuables présences de Freysinger dont on savait, alors, qu'il n'échapperait pas au coup de crayon caustique du génial dessinateur romand. 

Bref, l'absence de cet extraordinaire dialoguiste m'est déjà insupportable et la seule chose qui me console c'est de savoir qu'il a rejoint le Paradis des dessinateurs et qu'avec Cabu, Wolinski et tous les autres, il devrait bien se marrer.

Merci pour tout et À Dieu donc Mix, tu étais le meilleur ! 

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12/12/2016

Révolution ou recommencement ?

Pour cette fin d'année, je crois qu'en dehors du foot anglais, je vais éviter de regarder la TV, histoire de m'épargner les traditionnelles revues de l'année et autres meilleurs moments de 2016.

On a déjà que trop vu et entendu ce qui s'est passé depuis 12 mois; de la victoire de Duterte aux Philippines à celle de Trump aux Etats-Unis en passant par le Brexit et les représailles d'Erdogan, sans parler de Nice, d'Alep, d'Orlando et de partout ailleurs où des innocents ont payé le prix fort de la barbarie....

C’est d’ailleurs cette barbarie qui semble le mieux incarner l’air du temps. Cette haine tenace qui efface tout les repères pour s'exprimer avec une férocité indigne de notre pseudo évolution. Malheureusement, aujourd’hui comme hier, il suffit apparemment de quelques étincelles pour voir des agneaux se transformer en loups.

Quoi qu'il en soit, si certains commentateurs estiment candidement que nous amorçons une banale révolution conservatrice parfaitement démocratique, il apparaît en fait que nous devons faire face au grand retour d'un nationalisme populiste belliqueux tristement célèbre. Heureusement, Poutine mis à part, personne ne parle encore d'expansion, mais on connaît les effets de la surenchère nationaliste et rien ne semble donc impossible. Et ce n'est pas les étasuniens qui diront le contraire…

Dieu soit loué qu'il y a quand même eu cette année quelques nouvelles rassurantes, à commencer par le "sursaut républicain" autrichien. Même si celui-ci est surtout une nouvelle démonstration que les populations sont plus que jamais divisées. D'un côté ceux qui veulent croire que la relative stabilité géopolitique que nous avons connu depuis la fin de la deuxième guerre mondiale n'était pas qu'une parenthèse enchantée, de l’autre ceux qui sont convaincus que la célèbre affirmation de F. Mitterrand comme quoi "Le nationalisme c'est la guerre" n'est qu'une autre manifestation de l’imbécillité naïve de ces bobos, utopistes, bisounours et autres "sales gauchistes" en tout genre.

Toujours est-il que même si elles sont encore partagées par quelques médias et autres (si décriées) élites, les fameuses convictions humanistes et pacifiques auxquelles nous nous sommes accrochés ces dernières années apparaissent aujourd'hui comme désuètes voir irresponsables. C'est en tout cas la conviction d'un nombre grandissant de citoyens persuadés que le chacun chez soit, l'intolérance, le protectionnisme et l'égoïsme sont les nouvelles "valeurs" sur lesquelles il faut, désormais, juger et élire nos politiciens.

Oui, je sais, ça fait peur et c'est pourquoi je m'accroche à l'idée que, quelques soient les conclusions désespérantes qu'on peut tirer des événements que nous avons connu durant l'année qui s'achève, rien n’est perdu, la petite moitié des citoyens qui ose (encore) dire non à l’extrême droite va finir par se rebiffer....

En ces temps de Noël, un peu d'espérance ne peut pas nuire, non ?

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