24/11/2016

Pensée dominante

Il faut arrêter avec cette dénonciation systématique de la pensée unique. D’abord c’est quoi exactement la pensée unique ? Je veux bien qu’il y ait eu durant ces dernières années une pensée dominante dite humaniste qui a effectivement influencé un certain nombre de politiciens, d’intellectuels et de médias (en particulier ceux du service publics) mais depuis quand la solidarité et l’ouverture aux autres sont ils répréhensibles ?

Cela semble pourtant être l’avis de ces populistes, nationalistes, identitaires et autres néo conservateurs en tout genre pour qui ces «chimères» seraient parfaitement irresponsables.  Autant dire qu’ils ont le droit d’en être convaincus, mais, dans ce cas, qu'ils acquièrent des sites internet, des chaînes de TV et/ou des journaux pour nous expliquer comment ils comptent, à leur tour, faire rêver notre jeunesse et lui donner le goût d’oser, on verra bien alors s’ils sont capables de séduire la majorité des opinions publiques.

Certes, il apparait que les valeurs morales ne font  plus gagner des élections. Aujourd’hui, la tendance est, au contraire, au nationalisme belliqueux et à ce protectionniste qui semble tant rassurer une classe moyenne, principale victime, il est vrai, d’une mondialisation injuste qu’elle n’a jamais choisie. Sauf que pour lutter contre la globalisation de la planète, il va falloir commencer par revoir notre utilisation d’Internet et notre rapport avec les entreprises qui y prospèrent. Sans parler des choix citoyens consistant, entres autres, à opter pour des produits de consommation fabriqués dans nos propres pays. Pour le fromage, ça devrait le faire mais pour le reste, ça risque d’être un peu plus compliqué. 

Quoi qu’il en soit, tout ceux qui (comme D. Trump et M. Le Pen et… l’UDC) viennent nous expliquer qu’on doit revenir au bon vieux temps du chacun chez (et pour) soi, sont soit des grand naïfs, soit, c’est plus probable, des petits malins qui ont compris comment exister en surfant sur les frustrations bien réelles de celles et ceux qui sont particulièrement touchés par les inévitables retombées d’une mondialisation plus économique, c’est certain, que sociale.

Personne ne dit qu’il n’y a rien à faire et que les délocalisations sont inéluctables, c’est juste qu’il apparait, aujourd'hui,  bien difficile d’imposer un protectionnisme borné à des pays qui n’ont jamais été aussi interdépendants. Sans parler que cette manière d’envisager l’avenir semble particulièrement incompatible avec l’évolution technologique de nos sociétés.

Mais bon, les opposants de la « pensée unique» actuelle ont apparemment une nouvelle pensée dominante à nous vendre, qu’ils se lâchent alors, ils ont le "momentum" pour eux et il ne manque plus que des démonstrations véritablement percutantes du bien fondé de leur compréhension du monde.

Autres que des guerres, bien sûr !

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12/11/2016

Le pire

Après le référendum du 9 février 2014, après le Brexit, voilà encore une votation gagnée grâce à des mensonges. Quoi que pour Trump, ceux-ci sont encore à venir. Parce que si investir de l'argent public dans les infrastructures et baisser drastiquement les impôts constituent deux séduisantes promesses électorales, celles-ci n’en sont pas moins contradictoires et le nouveau président américain devra fatalement en sacrifier une. A moins qu'il décide de payer la réfection du réseau routier des USA avec …sa fortune, sa grande fierté.

Je plaisante mais il est apparemment capable de tout cet homme là, même de l’emporter face à la quasi-totalité des médias de son pays et à l’effroi provoqué par ses discours ô combien simplistes, agressifs et provocateurs.
C’est même une véritable démonstration qu’il a offert aux apprentis populistes de la planète; plus vous êtes grossier et outrancier, plus vous séduisez cet électorat qui se sent abandonné et qui se reconnait donc dans les dénonciations et autres vociférations démagogiques.

Mais bon, tentons d’être positifs en se disant que,finalement, la victoire de Trump est peut être une bonne nouvelle pour les pays aux prises avec leurs propres populistes. Une fois le pouvoir acquit, cette déroutante façon de faire de politique pourrait , en effet, vite démontrer ses cruelles limites. C'est facile de caresser les électeurs dans le sens du poil, de clamer haut et fort des idées toute faites, aujourd’hui cela suffit visiblement pour se faire élire mais de là à savoir gouverner en toute impartialité c’est une toute autre histoire. D’autant que les attentes (de celles et ceux qui ont cru voir un sauveur dans le richissime promoteur immobilier et star de télévision) sont immenses. Il va donc vite devoir livrer la marchandise le Donald, sauf qu’avec tout ce qu'il a promis, il y aura fatalement des frustrés.

A commencer par ceux qui espèrent que, du jour au lendemain, les femmes et les hommes les plus éduqués, instruits et diplômés disparaitront des écrans comme par enchantement. Car si c’est effectivement très tendance de s’en prendre à ceux qui réussissent dans les médias, la finance, l’industrie, la politique et pire les universités, ceux qui forment cette désormais célèbre «élite autoproclamé» qui serait source de tout les maux, encore faudrait-il que ceux qui dénoncent cette caste (tout en en faisant bien souvent partie) nous explique qui va la remplacer. Quelques rednecks racistes et cow-boys belliqueux diplômés en maniement d’armes ? Ou d’autres intellos et entrepreneurs … mais d’extrême droite cette fois-ci ?

Quoi qu’il en soit, pour le moment le seul mot d’ordre qui apparait raisonnable, c’est «Wait and See». Attendons de voir si les agissements du nouveau président des USA seront aussi irresponsables que ses promesses avant de l’accabler. Visiblement M. Trump a été assez malin pour comprendre comment se faire élire, peut-être le sera-t-il aussi pour diriger son pays sans conséquence funeste. C’est tout le mal qu’on souhaite à ces sacrés américains décidément capables du meilleure …comme du pire.

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