28/10/2016

Sortir du nucléaire et vite !

Je ne sais pas si vous vous rappelez de Deepwater, cette plate-forme pétrolière située dans le golfe du Mexique qui avait explosé en avril 2010.

Pendant plus de 5 mois on avait assisté à un nombre incalculable de tentatives pour colmater une extraordinaire fuite de pétrole (780 millions de litre)  dans l’océan. Ce qui frappait à l’époque c’est que personne ne semblait avoir prévu qu’une telle catastrophe pouvait arriver et il n’y avait donc aucun plan de secours prévu. Les meilleurs ingénieurs de la planète ont donc été envoyés sur place et chaque semaine on assistait à une nouvelle tentative pour remédier à ce désastre écologique.  

C’est durant ces mois là, que j’ai (enfin) pris conscience de la totale immaturité de ces industries toutes puissantes qui engendrent visiblement trop d’argent pour perdre leur temps à prévoir un éventuel accident, aussi catastrophique qu'il puisse être. 

On avait pourtant déjà eu quelques doutes avec la catastrophe de Tchernobyl  en  1986 mais à l’époque tout le monde avait reporté la faute sur un régime soviétique en bout de course. Et puis il y a eu Fukushima. Une fois encore, ce qui était frappant, c'était l’absence totale de plans de secours, l’incompétence affichée des responsables et l’improvisation qui en avait suivi.

Sauf que visiblement cela n’a pas suffit pour nous dégouter de cette industrie. Aujourd'hui, 5 ans après Fukushima, il apparait que les milieux écologiques suisses qui ont la clairvoyance de réclamer la sortie du nucléaire pourraient, contre toute logique, ne pas convaincre la majorité des Suisses de les suivre dans ce qui apparaissait pourtant comme une évidence en 2011. 

C’est qu’entre temps, on a eu d’autres préoccupations et l’industrie nucléaire et ceux qui  la soutiennent ont donc repris la main. Tu penses, il y a tellement d’argent en jeu que rien, ni personne n’est trop cher pour persuader la population que non, il n’y a aucun danger et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Autant dire que personne ne souhaite qu’une nouvelle catastrophe nucléaire survienne  sur la planète et encore moins chez nous où nous exploitons pourtant la plus vieilles centrale nucléaire en activité du monde. N’empêche qu’advenant des problèmes, il y en a certains qui devront assumer leur myopie. 

En soit, je n’ai pourtant rien contre l’industrie nucléaire, j’y serais même favorable le jour où cette technologie sera enfin ... parfaitement maitrisée. Lorsque que cette industrie  sera capable de combattre efficacement les accidents majeurs mais aussi d'éliminer les tonnes de déchets produits par ses centrales. Sauf qu'on n'en est visiblement pas là, même démanteler semble problématique…

Voilà pourquoi, dans l’attente d'hypothétiques progrès significatifs, il me parait urgent de dire haut et fort STOP à cette énergie ô combien dangereuse en votant OUI à la sortie du nucléaire le 27 novembre prochain.

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23/10/2016

Retour vers le passé

Deux faits marquants m’ont interpellé suite à la dernière dispute publique (un débat c’est quand même autre chose, non ?) entre H. Clinton et D. Trump.

D’abord, il apparaît qu’aux Etats-Unis, pays qui se veut pourtant exemplaire en terme de modernité et de Liberté, il y a encore des débats d’un autre siècle. Les citoyens étasuniens ont, pourtant, le droit d’avoir chacun une arme à la maison, d’assumer publiquement leur religion (que cela soit par rapport au choix d’école ou de signes ostentatoires), de produire et fumer librement de la marijuana dans certains états, de rendre des enfant adoptés ou d’être euthanasiés dans d’autres, de gagner de l’argent sans être entravés par des centaines de contraintes étatiques, d’avoir des comportements et autres hobbys aussi décadents que parfaitement débiles, etc. etc.

Et pourtant, parallèlement à ces réalités, on assiste à chaque élection présidentielle au retour du sempiternel débat sur … l’avortement. Leçons de morale (?) à l’appui, on peut, en effet, compter sur la constance du parti républicain pour remettre systématiquement en cause le droit des femmes à disposer de leur propre corps. Oui, oui, en 2016 encore, comme dans le… Califat !

 

Quoi qu’il en soit, l’autre point qui m’a frappé c’est le refus annoncé de Donald Trump de reconnaître sa possible défaite le 8 novembre prochain. Oh, ce n’est pas tant lui le problème, certes c’est une grande gueule imbu de lui-même qui supporte sûrement très difficilement d’être un looser mais bon, si simplistes que soient ses propos, il reste relativement inoffensif.

Non la vraie question c’est bien de savoir si ses électeurs et autres fans inconditionnels, rendus aussi frustrés que vengeurs par une défaite qui leur serait présentée comme frauduleuse, seront capables de ne pas sombrer dans la violence. En général c’est plutôt dans les pays africains à la démocratie chancelante que le refus (légitime ou non d’ailleurs) de concéder la victoire à son adversaire fini par provoquer de féroces guerres civiles. Jusqu’à jeudi matin, je croyais (naïvement) les USA à l’abri de ce genre de dérive, mais là…

Lorsque qu’on sait les impasses financières de cette classe moyenne étasunienne si incitée à consommer pour exister (et donc à dépenser beaucoup plus qu’elle ne gagne), lorsqu’on prend conscience que  celle-ci est convaincue que c’est autant à cause de la mondialisation que de l’influence perverse des élites financières et… des abus des communautés minoritaires que leur sacro-sainte « American way of life » n’est plus, aujourd’hui, qu’un glorieux souvenir, on peut légitimement craindre les réactions virulentes de certains rednecks, advenant que leur pseudo sauveur soit sèchement renvoyé à ses affaires immobilières.  

Pour prévenir cela, il serait bon que notre populiste de service fasse donc, exceptionnellement, preuve d’un minimum de sagesse mais, apparemment, c’est trop lui demander.

Prions donc pour que son irresponsabilité vaniteuse ne finisse pas par se retourner contre son pays… qui ne serait plus « Great » du tout, pour le coup !

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18/10/2016

Gare au populisme !

C'est clair qu'à force d'être effrayés par le simplisme des promesses de D. Trump, on a tendance à oublier que face à n'importe quel politicien un peu moins charlatan, Mme Clinton serait battue. Son programme est tout sauf sexy et quant à elle, je veux bien qu'elle ait été la cocue la plus célèbre de la planète mais elle n'en est pas devenue plus charismatique pour autant. Bref, c'est vraiment par défaut qu'elle risque d’être élue.

Parce que le problème avec Donald Trump, c'est non seulement son inexpérience politique liée à sa conviction d'être plus malin que tout le monde qui pourrait vite coûter très cher à son pays, mais c'est aussi parce que l’éventuelle victoire de celui qui est une caricature vivante du populisme ambiant pourrait bien faire tâche d'huile. 

Après Duterte, Trump et Marine Le Pen, on pourrait alors assister à la prise du pouvoir par d’autres pourfendeurs des élites en place qui ont compris à quel point il est aisé de surfer sur les frustrations, les peurs et les difficultés financières des classes laborieuses...de souche.

Bien entendu celles-ci ont le droit de choisir qui elles veulent pour les représenter sauf que croire, par exemple, que les entreprises de charbon et/ou de métallurgie qui ont quitté nombre d'états américains ou encore le nord de la France vont revenir pour investir des millions juste parce que des accords internationaux seront dénoncés par celui ou celle qu'ils auront élu me semble pour le moins relever d'une coupable crédulité.

Car c'est bien ça le souci, bien sûr que personne ne peut être contre et si on peut compter sur l'autodiscipline des toujours plus nombreux abstentionnistes qui assument leur désintérêt (ou leur désenchantement ?) de la politique, il reste qu'en ces temps du « trop d’information tue l’information », de surconsommation pathologique, d'individualisme effréné, de risque zéro, d'immigration massive et de crise identitaire, etc. je ne suis pas certain que les choix égoïstes de populations toujours plus flattées, voir dupées, renforcent vraiment la démocratie. 

En osant affirmer cela, je vais me faire reprocher un certain élitisme. Et bien soit, j’assume, je ne fais pas de politique, je ne suis pas journaliste, je n’ai rien à vendre et donc aucune raison de caresser la population dans le sens du poil en lui faisant croire qu’elle a et qu’elle aura toujours raison. Au risque de choquer, je persiste donc à penser qu’en ces temps difficiles tout particulièrement, ce sont les plus brillants et les mieux formés d’entre les politiciens, ceux qui sont capable d’avoir un certain recul et une hauteur de vue qui demeurent les plus à même de guider leurs pays vers l’avenir.

Voilà pourquoi, afin de prévenir les inévitables dégâts provoqués par des grandes gueules qui se contentent, au contraire, de suivre bêtement le peuple dans ses élucubrations, il serait préférable qu’un certain populisme nationaliste, démagogique, simpliste et mensonger ne triomphe pas le 8 novembre prochain.

Histoire d’avoir quelques mois de répit….

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16/10/2016

Accro

C’est bizarre la politique, c’est de moins en moins sérieux et de plus en plus people, toujours moins rationnel et toujours plus émotionnel, des journalistes qui la couvrent aux politiciens qui en font une fin en soi, aucun ne semble disposé à être un tant soit peu objectif, chacun prêche pour sa paroisse, personne ne semble avoir le temps de prendre un peu de hauteur et de recul, tout est dans l'instant, dans la petite phrase percutante, dans les tweets innombrables et autre "punchline". Bref, c'est bien difficile d'y croire encore et pourtant cela continue à me fasciner.

Combien de fois, je me suis pourtant dit, laisse tomber, contente toi de te tenir informé pour ne pas voter n’importe comment mais concentre toi sur ce que tu aimes vraiment ! Pendant quelques temps alors, j’arrête d'espionner les pages Facebook ou les sites internet de mes ennemis jurés et je me lance plutôt à l’assaut d'énormes romans, je me passionne (encore plus) pour le sport et je me contente de refaire le monde avec avec mes amis et ma famille autour de bons repas et je me dis que, finalement, c’est ça la vie.

Sauf qu'en bon accro, à chaque fois je rechute. Il suffit d'élections dans des pays qui comptent, d’une campagne référendaire contre le nucléaire, d’un nouveau délire xénophobe, du retour des nationalistes et me voilà à nouveau passionné, énervé, motivé, désireux de comprendre, de disséquer et, pire....de partager mon avis grâce à ce blog.

Bien sûr, je suis conscient des limites de l’exercice, de l’influence forcément limitée que mes réflexions subjectives peuvent avoir sur les quelques amis et connaissances qui me font l’honneur de me lire. Mais voilà, c’est plus fort que moi, en tant que père, beau-père, oncle, grand cousin, copain, voisin et collègue d'une si belle jeunesse, j'ai bizarrement l'impression que mon le devoir consiste à prévenir et à dénoncer des partis, des situations ou des choix qui, selon moi, finiront par péjorer leur avenir.

J'aimerais tellement que leur génération puisse (elle aussi) se battre pour plutôt que contre !

 

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01/10/2016

Mouvement perpétuel

Dimanche passé les genevois ont eu la mauvaise idée de se voter une augmentation d'impôts juste pour bêtement agacer les frontaliers. Ok, ma foi ! 

Au moins personne ne peut se poser la question de savoir où passe notre argent. Il n'y a qu'à tenter de circuler en ville pour le constater ou plutôt le subir. C'est vite vu; il y a des trous, des machines, des ouvriers, des barrières, des feux provisoires (c'est vrai qu'on n'en a déjà pas assez), des bouchons, des rues barrées ou défoncées partout, partout et ... partout. Voilà qu'on nous annonce maintenant qu'on va fermer l'avenue de Frontenex jusqu'à Noël après s'être déjà attaqué à la rue du Grand-Pré... Allons !! 

Du coup, nous assistons à une véritable ruée vers l'or des entreprises de génie civil, celles-ci nous arrivant de tout le pays  pour défoncer nos routes puis... les reconstruire plus belles qu'avant ! 

Car, en effet, comment n'être pas, quelque part, rassuré d'observer que nos impôts servent aussi à nous permettre d'être fiers de la qualité de nos infrastructures ? C'est clair que ça coûte cher d'être belle et riche mais notre ville a un certain rang à tenir, non ? 

Voilà pourquoi, entre ma réalité de scootériste quotidiennement retardé, détourné, empêché et donc passablement irrité et ma conviction d'être privilégié de bosser pour cette Genève si cossue (et si enviée et admirée...  par les autres) mon cœur ne cesse de balancer, une sorte de mouvement perpétuel genre ... montre suisse. 

 

 

NB : Je tiens à m'excuser auprès des enfants qui jouaient angle Charles Galland et François Lefort hier (30/09) vers 16h40. J'ai cru, en effet, avoir roulé sur un gros carton mais en arrivant chez moi à Meyrin, j'ai constaté que le bruit entendu correspondait en fait au moment où les deux roues avant de mon scooter ont proprement aspiré un ballon de volley aux couleurs italiennes… que je tiens donc à la disposition de son propriétaire. 

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