23/10/2016

Retour vers le passé

Deux faits marquants m’ont interpellé suite à la dernière dispute publique (un débat c’est quand même autre chose, non ?) entre H. Clinton et D. Trump.

D’abord, il apparaît qu’aux Etats-Unis, pays qui se veut pourtant exemplaire en terme de modernité et de Liberté, il y a encore des débats d’un autre siècle. Les citoyens étasuniens ont, pourtant, le droit d’avoir chacun une arme à la maison, d’assumer publiquement leur religion (que cela soit par rapport au choix d’école ou de signes ostentatoires), de produire et fumer librement de la marijuana dans certains états, de rendre des enfant adoptés ou d’être euthanasiés dans d’autres, de gagner de l’argent sans être entravés par des centaines de contraintes étatiques, d’avoir des comportements et autres hobbys aussi décadents que parfaitement débiles, etc. etc.

Et pourtant, parallèlement à ces réalités, on assiste à chaque élection présidentielle au retour du sempiternel débat sur … l’avortement. Leçons de morale (?) à l’appui, on peut, en effet, compter sur la constance du parti républicain pour remettre systématiquement en cause le droit des femmes à disposer de leur propre corps. Oui, oui, en 2016 encore, comme dans le… Califat !

 

Quoi qu’il en soit, l’autre point qui m’a frappé c’est le refus annoncé de Donald Trump de reconnaître sa possible défaite le 8 novembre prochain. Oh, ce n’est pas tant lui le problème, certes c’est une grande gueule imbu de lui-même qui supporte sûrement très difficilement d’être un looser mais bon, si simplistes que soient ses propos, il reste relativement inoffensif.

Non la vraie question c’est bien de savoir si ses électeurs et autres fans inconditionnels, rendus aussi frustrés que vengeurs par une défaite qui leur serait présentée comme frauduleuse, seront capables de ne pas sombrer dans la violence. En général c’est plutôt dans les pays africains à la démocratie chancelante que le refus (légitime ou non d’ailleurs) de concéder la victoire à son adversaire fini par provoquer de féroces guerres civiles. Jusqu’à jeudi matin, je croyais (naïvement) les USA à l’abri de ce genre de dérive, mais là…

Lorsque qu’on sait les impasses financières de cette classe moyenne étasunienne si incitée à consommer pour exister (et donc à dépenser beaucoup plus qu’elle ne gagne), lorsqu’on prend conscience que  celle-ci est convaincue que c’est autant à cause de la mondialisation que de l’influence perverse des élites financières et… des abus des communautés minoritaires que leur sacro-sainte « American way of life » n’est plus, aujourd’hui, qu’un glorieux souvenir, on peut légitimement craindre les réactions virulentes de certains rednecks, advenant que leur pseudo sauveur soit sèchement renvoyé à ses affaires immobilières.  

Pour prévenir cela, il serait bon que notre populiste de service fasse donc, exceptionnellement, preuve d’un minimum de sagesse mais, apparemment, c’est trop lui demander.

Prions donc pour que son irresponsabilité vaniteuse ne finisse pas par se retourner contre son pays… qui ne serait plus « Great » du tout, pour le coup !

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