18/10/2016

Gare au populisme !

C'est clair qu'à force d'être effrayés par le simplisme des promesses de D. Trump, on a tendance à oublier que face à n'importe quel politicien un peu moins charlatan, Mme Clinton serait battue. Son programme est tout sauf sexy et quant à elle, je veux bien qu'elle ait été la cocue la plus célèbre de la planète mais elle n'en est pas devenue plus charismatique pour autant. Bref, c'est vraiment par défaut qu'elle risque d’être élue.

Parce que le problème avec Donald Trump, c'est non seulement son inexpérience politique liée à sa conviction d'être plus malin que tout le monde qui pourrait vite coûter très cher à son pays, mais c'est aussi parce que l’éventuelle victoire de celui qui est une caricature vivante du populisme ambiant pourrait bien faire tâche d'huile. 

Après Duterte, Trump et Marine Le Pen, on pourrait alors assister à la prise du pouvoir par d’autres pourfendeurs des élites en place qui ont compris à quel point il est aisé de surfer sur les frustrations, les peurs et les difficultés financières des classes laborieuses...de souche.

Bien entendu celles-ci ont le droit de choisir qui elles veulent pour les représenter sauf que croire, par exemple, que les entreprises de charbon et/ou de métallurgie qui ont quitté nombre d'états américains ou encore le nord de la France vont revenir pour investir des millions juste parce que des accords internationaux seront dénoncés par celui ou celle qu'ils auront élu me semble pour le moins relever d'une coupable crédulité.

Car c'est bien ça le souci, bien sûr que personne ne peut être contre et si on peut compter sur l'autodiscipline des toujours plus nombreux abstentionnistes qui assument leur désintérêt (ou leur désenchantement ?) de la politique, il reste qu'en ces temps du « trop d’information tue l’information », de surconsommation pathologique, d'individualisme effréné, de risque zéro, d'immigration massive et de crise identitaire, etc. je ne suis pas certain que les choix égoïstes de populations toujours plus flattées, voir dupées, renforcent vraiment la démocratie. 

En osant affirmer cela, je vais me faire reprocher un certain élitisme. Et bien soit, j’assume, je ne fais pas de politique, je ne suis pas journaliste, je n’ai rien à vendre et donc aucune raison de caresser la population dans le sens du poil en lui faisant croire qu’elle a et qu’elle aura toujours raison. Au risque de choquer, je persiste donc à penser qu’en ces temps difficiles tout particulièrement, ce sont les plus brillants et les mieux formés d’entre les politiciens, ceux qui sont capable d’avoir un certain recul et une hauteur de vue qui demeurent les plus à même de guider leurs pays vers l’avenir.

Voilà pourquoi, afin de prévenir les inévitables dégâts provoqués par des grandes gueules qui se contentent, au contraire, de suivre bêtement le peuple dans ses élucubrations, il serait préférable qu’un certain populisme nationaliste, démagogique, simpliste et mensonger ne triomphe pas le 8 novembre prochain.

Histoire d’avoir quelques mois de répit….

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Commentaires

Je veux bien, mais qui est responsable de l'accession au pouvoir de tous ces personnages ? Les "masses" incultes ou naïves ou ceux qui n'ont pas su les rallier à une vision plus intelligente du monde ? Car si ce sont les premiers, il n'y a plus que les dictateurs éclairés en qui mettre notre espoir ... si j'ose employer ce terme.

Écrit par : Mère-Grand | 19/10/2016

Bonne question Mère-Grand, même si c'est toujours la même lorsqu’on parle des populistes…

Ceux-ci existeraient donc uniquement par défaut, parce que les autres n'auraient pas été capables. C’est un peu simpliste et généralisateur mais Ok !

Il faut toutefois se rappeler qu’il n’y a pas si longtemps les partis (en particulier de droite) recrutaient parmi les hommes d’affaires et autres entrepreneurs les plus brillants, ce qui avait comme avantage d’assurer une certaine qualité et des véritables compétence parmi le élus. La gauche faisait d’ailleurs à peut prêt la même chose avec les avocats de l’ASLOCA ou encore des syndicalistes en fin de carrière. Ca valait ce que cela valait mais il faut bien admettre (qu’à droite en tout cas)cette manière de faire appartient désormais au passé.

Voilà pourquoi, nous nous retrouvons désormais trop souvent avec des gamins aux dents longues, sûrement compétents et même parfois brillants mais qui manquent cruellement du recul et de cette hauteur de vue inhérente à une certaine expérience.

Bref, tout ça pour dire que, compétents ou non, nous avons les politiciens que nous méritons…. Et c’est bien pour cela que je suis régulièrement effrayé en observant ces grandes gueules charismatiques aux discours simplistes, sont ils vraiment à notre image ??

Écrit par : Vincent | 19/10/2016

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