24/09/2016

A l'impossible nul n'est tenu !

Ca y est, voilà que la fameuse votation du 9 février 2014 refait parler d'elle. Nous voilà plus que jamais emberlificotés avec cette initiative, aussi démagogique qu’inapplicable, lancée (et gagnée) par un parti populiste-nationaliste décidément bien irresponsable.

Il est vrai, ceci dit, que, comme nous le rappellent continuellement, non sans une fâcheuse arrogance d’ailleurs, les dirigeants UDC et leurs plus virulents supporters; à partir du moment où il s'est prononcé via les urnes, le peuple a toujours raison et il n’y a donc rien à dire ni à redire sur sa décision. Punkt schluss.

Peu importe le sujet, la pertinence ou encore l'applicabilité du texte qui nous est soumis, il suffit qu'une majorité décide de suivre le parti le plus riche du pays dans ses élucubrations démagogiques et nous voilà tous pris au piège. Nos instances politiques n’ayant alors plus d’autre choix que de tenter de traiter sérieusement des initiatives qui ne le sont pas.

Cette votation du 9 février constitue d’ailleurs une démonstration pour le moins spectaculaire du comment "nos" populistes arrivent à prendre la population suisse et ses élus en otage. Nous voici, en effet, coincés par une initiative qui, non seulement va à l'encontre des accords bilatéraux (que notre pays a pourtant librement signé .... après les avoir fait accepter par le peuple) mais qui, en plus, apparaît en l'état et après des mois de palabres, comme réellement inapplicable.

Du pain béni pour l'UDC qui peut alors profiter du trouble créé pour hurler au refus de se plier à la volonté du peuple souverain en n'hésitant pas à jouer les victimes d’un grand complot ourdi, entres autres et dans le désordre, par les partis traditionnels, le patronat, l'Union Européenne (?), la gauche, les élites ou encore les médias à la solde des premiers nommés, bien entendu! Rien que ça !?

Sauf que ce faisant, les populistes participent surtout à dénaturer notre système politique. Nos ancêtres géniaux qui ont pensé et mis en place cette merveilleuse démocratie directe doivent se retourner dans leurs tombes en observant à quel point, aujourd'hui, le fabuleux outil démocratique qu'ils ont mis dans les mains du peuple Suisse est dévoyé par un parti qui a visiblement décidé que son unique crédo consistait à surfer sur les peurs et les humeurs de la population.

Bref ! On n'est pas sorti de la Gasthof !

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17/09/2016

Crise de foi

Mercredi matin, j’ai assisté aux obsèques d’un garçon de 19 ans dont je connais la famille depuis toujours. Cette cérémonie, en présence d'un nombre impressionnant de jeunes, était comme vous pouvez l’imaginer, particulièrement bouleversante.

Un virage pris un peu trop à l’extérieur dans un chemin de campagne, une voiture qui arrive en face et voilà la vie de la famille de ce jeune scootériste totalement bouleversée. Sa sœur, ses parents, ses cousins, ses oncles, ses tantes, sa pauvre grand-maman, ses amis tous sont désormais marqués pour toujours par ce tragique destin.

Je me suis donc mis à prier pour que ceux-ci parviennent à trouver le courage et la force d’endurer cette terrible épreuve.
Sauf que, face à ce malheur, ma foi a pris un sacré coup, même que j’aurais bien voulu, comme d’autres amis avec lesquels j’ai échangé quelques mots sur le parvis de l’église, pouvoir moi aussi invoquer la malchance ou la fatalité.
Il se trouve toutefois que je fais partie de ceux qui croient qu'en définitive (Dieu soit loué !) tout a, quelque part, un sens.

Voilà pourquoi, alors que mon propos consiste à avouer que pendant que j’ai autant de difficulté à saisir en quoi la mort soudaine d’un jeune homme peut avoir un sens ? Comment des maladies mortelles peuvent être édifiantes ? Pourquoi le malheur semble se concentrer sur ceux qui le méritent le moins ? Bref, pendant que je doute sérieusement de la justice divine, je veux parallèlement espérer que quelques uns parmi ceux qui assistaient à cette cérémonie funèbre de mercredi matin auront été touchés par les paroles du curé et qu’ils parviendront, par conséquent, à se convaincre qu'effectivement leur frère, leur fils, leur neveu ou leur ami veillera désormais sur eux.... depuis là où il est.

N'est-il pas, en effet, apaisant et rassurant d'espérer, d'imaginer ou encore de rêver que ceux qui nous ont quittés sont là quelque part et qu'ils nous regardent aller avec bienveillance ?

Voilà pourquoi, mercredi matin, lorsque ma foi vacillait, j'aime croire qu’une petite flamme d'espérance s’est allumée chez celles et ceux qui en avaient tellement besoin.

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09/09/2016

Mal barré

C'est vraiment parce que son rédacteur en chef a été un merveilleux compagnon de voyage que je ne transfère pas le GHI directement de la boîte aux lettres à la boîte à papier.
Parce que "son" éditorialiste, militant populiste, qui nous explique partout et tout le temps comment il faut penser, m'irrite de plus en plus. Cette semaine voilà que notre conservateur de service nous affirme que la libre circulation ne serait qu'un dogme libéral qui précipiterait les plus pauvres de nos concitoyens (dont il ferait partie) vers la précarité.

Ok sauf que, même si tout le monde (ou presque) s'en fout, cette libre circulation a tout de même permis aux plombiers polonais, aux maçons portugais et autres entrepreneurs (et mendiants aussi) des pays de l'est de hausser leur niveau de vie. Je ne sais pas vous mais moi ça me rassure de savoir que nos voisins ne crèvent pas de faim. Quant on voit déjà le nombre de miséreux qui nous arrivent d'Afrique et du Moyen-Orient, on se dit que, Dieu soit loué, les ex-victimes du communisme s'en sortent un peu mieux.

Comme les entreprises suisses d'ailleurs, certes pas toutes, certains secteurs d'activité sont effectivement particulièrement touchés par la libre concurrence mais il n'empêche que, quand vous vous promenez dans notre magnifique pays, lorsque vous comptez le nombre de grues, lorsque vous tombez sur des petites usines disséminées dans ces villages jurassiens, fribourgeois, schwytzois, appenzellois, etc., lorsque vous admirez la qualité (l'esthétisme ça ce discute) des maisons, des lotissements, des immeubles ou encore de nos impressionnantes infrastructures, lorsque vous prenez la peine d'observer la modernité du parc automobile, lorsque vous voyez des villages, des villes, des régions se développer de façon spectaculaires vous n'avez pas vraiment l'impression qu'il n'y a qu'une toute petite élite qui profite de notre croissance. Bien au contraire....

Bien sûr, on a connu mieux et comme le démontrait un excellent reportage de Temps Présent l'autre soir, si une grande partie de nos anciens ont une qualité de vie extraordinaire, ça s'annonce nettement plus compliqué pour les nouvelles générations et en particulier pour les plus jeunes d'entre nous.

Alors ok, ça marche un petit peu moins bien et on doit (quelle horreur !) partager un chouia de notre immense richesse. Il nous faut même parfois sacrifier une parcelle de notre sacro-sainte autonomie parce que, que cela nous plaise ou non, nous sommes situé au beau milieu d'un continent qui, de son côté, tente tant bien que mal de s'organiser en se donnant des règles communes.

On peut alors comme semble le vouloir l'UDC et ses supporters rejeter celles-ci en bloc, radier toutes les conventions bilatérales sur lesquels nous nous sommes entendus (et que peuple Suisse a, dans sa grande sagesse, voté) et devenir ainsi une sorte de fosse au milieu de l'Europe.

Cela devrait contenter ce tiers des Suisses qui semblent toujours plus convaincus que l'isolationnisme représente l'avenir.
Reste à savoir si nos entreprises, notre jeunesse, notre économie et notre secteur touristique ne finiront pas par pâtir de cette régression, mais de cela nos populistes n'en ont cure, seule notre parfaite indépendance semble compter à leurs yeux.

C'est leur choix et on verra combien de temps ils l'assumeront mais d'ici là, de grâce qu'ils cessent de nous victimiser, c'est ridicule; nous sommes un des pays où la qualité de vie y est la meilleure au monde et ce n'est donc ni demain, ni jamais que nous ferons pleurer qui que ce soit sur notre sort, aussi pathétiques que puissent être les larmes de nos intellos d'extrême droite.

Mais il est vrai que chez ces gens là, on ne pense que national, le reste du monde n'existe pas et la solidarité internationale, la compassion et l'entraide ne sont donc que des gros mots proférés par des "bisounours" parfaitement déconnectés de la réalité.

Car aujourd'hui être lucide et responsable, c'est être intolerant, protectionniste, xénophobe, démagogue et simpliste. C'est donc fermer nos frontières à double tour pour pouvoir enfin être, à nouveau, .... entre nous.

De R. Duterte à V. Orban (déjà élu aux Philippines et en Hongrie) en passant par Trump & Le Pen (ça ne saurait tarder) Blocher et les multitudes de partis populistes-nationalisme dans le monde, tous semblent s'en tenir aujourd'hui à cette vision pour le moins étriquée du monde.

Vous me permettrez (j'espère !?) de trouver cela particulièrement régressif et dangereux.

 

 

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