11/08/2016

Dopage et respect

Beau gosse peut-être mais pas très malin le nageur français Camille Lacourt. On veut bien qu’il se soit exprimé sous le coup de la frustration mais il n’empêche qu’accuser ceux qui l’ont battu d'être dopés, c’est non seulement tout petit mais c'est surtout se tirer une balle dans le pied. Pas que le dopage n’existe pas, au contraire, c’est juste que s’il y en a qui devraient se faire discrets sur le sujet, c’est bien les sportifs eux-mêmes.

Mais peut-être que tous n’ont pas encore compris que la suspicion est désormais partout, que de moins en moins nombreux sont les spectateurs convaincus que les sportifs carburent à l’eau claire et que, par conséquent, compétitions après compétitions, le sport de haut niveau est en train de perdre sa crédibilité. 

Même si pour les citoyens lambda que nous sommes, il subsistera toujours un doute quant à la réalité et surtout à l’ampleur du dopage dans le sport.

Ce qui est certain c'est que cela ne m’empêche absolument pas de savourer à leur juste valeur les compétitions sportives qui se déroulent ces jours à Rio. Le dopage, c’est bien simple, je n’y pense  jamais. Ce n’est pas que j’ai décidé de me mettre la tête dans le sable, c’est juste que je suis trop accaparé par l’intensité, le suspens et la qualité du spectacle proposé pour me laisser distraire.

Toujours est-il que c’est soit on embarque derrière Camille Lacourt et on sombre dans la méfiance, les dénonciations  et les règlements de compte et, du coup, le sport professionnel pourrait bien disparaitre dans les années à venir. Soit on persiste dans le statu quo et l’hypocrisie générale actuelle en ne s’intéressant (à peine) qu’aux cas particulièrement spectaculaires. Soit tout le monde est vraiment décidé à lutter contre le dopage et ses fâcheuses conséquences et alors, des mesures radicales doivent être prises, des athlètes radiés à vie et des compétitions purement et simplement annulées en attendant que le problème soit réglé.

Peut être pourrions nous, alors, observer la disparition des moralistes, rabat-joie, pisse-froid et autres donneurs de leçons toujours si prompts à dénoncer les écarts de ceux qui (après des milliers d'heures d'entraînement et de progression truffée d'obstacles et de tentations diverses) sont parvenus (eux !) à atteindre les sommets. 

Quoi qu’il en soit, il apparaît, une fois de plus, qu'il y a clairement pire que les sportifs professionnels  (tricheurs, millionnaires, arrogants ou… pas).  A commencer par ceux qui s'estiment en droit de leur…  manquer de respect.

 

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