21/07/2016

À devenir fou

Cette fois ci c'est avéré, on est en train de devenir fous. Aujourd'hui 21 juillet 2016, c'est d'ailleurs ma seule certitude.

Bon j'ai toujours la foi mais en Dieu, pas en l'homme et comme à priori c'est ce dernier qui mène notre monde à sa perte, je ne sais plus trop en qui ou en quoi je peux encore espérer ? L'amour, l'amitié et la famille peut-être ?  

Non le problème c'est qu'on ne sait plus à qui se fier, rien que sur le Brexit, Nice et Erdogan, en quelques jours, on a vu, lu et entendu absolument tout et son contraire.

Déjà suivant leurs pays, leurs camps politiques et leur puissance financières les médias ont de plus en plus tendance à se contredire mais là, avec la prolifération des sites militants et autres réseaux sociaux, c'est plus de l’information objective qu’on reçoit mais bien une bouillie subjective dans laquelle on doit touiller pour tenter de saisir la réalité du monde dans lequel on vit.

Chacun y va de sa démonstration, de ses témoignages et de ses affirmations, chacun détient bien entendu la vérité et chacun est tellement convaincu de la stupidité de ses adversaires qu’il les accuse d'être soit manipulés, soit dans le déni.

Existe-t-il un média pour celles et ceux qui ne savent pas tout, qui s'interrogent et qui finissent par douter ? Il pourrait y avoir  un créneau à prendre, sauf qu'il semblerait que les gens préfèrent, au contraire, choisir leur camp. C’est vrai qu’en ces temps troublés, cela rassure de voir ses certitudes partagées par d'autres.

Sauf qu’au lieu d'être pour des idées, des partis, des valeurs, des projets ou même des leaders soit disant éclairés, ce qui me frappe c'est qu'aujourd'hui  toujours plus nombreux sont ceux qui choisissent plutôt d'être contre; contre les élites et/ou contre les médias, contre les musulmans, contre les religions, contre l'ordre établi, contre les nouvelles lois, contre les homosexuels, contre le capitalisme, contre les étrangers, contre les intellos, contre l'Europe, contre la mondialisation, contre la société, contre l'évolution ou encore (si, si, il y en a) contre la Liberté, bref contre tout.

Ok ! Mais on fait quoi avec ça ? A quel moment ces postures se révéleront constructives ?  

C'est vrai, ceci dit, qu'on ne pourra,  apparemment, jamais être tous d'accord sur quoi que ce soit. Longtemps on a pu espérer que la Paix susciterait cette unanimité mais il est apparu que c’était une chimère   ! 

Résultat on en est là, les terroristes terrorisent, les antagonismes sont toujours plus virulents, le manichéisme n’a jamais été aussi à la mode, le fossé de l'incompréhension entre le nord et le sud est en train de devenir une immense et profonde vallée et, comme si cela ne suffisait pas, on observe nos concitoyens qui peu à peu rejoignent leurs camps respectifs avec, on dirait, comme une sorte de besoin d'en découdre....

Bref, on devient fous, je vous dis !    

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07/07/2016

Quand le populisme tue (lentement) la démocratie.

Ça en devient désespérant, après la Hongrie, la Grèce, l’Italie, l'Autriche et nous bien sûr, c’est cette vieille et exemplaire démocratie britannique qui vient de nous faire la démonstration que  le populisme et la démocratie ne font décidément pas bon ménage. 

Sauf que l’un comme l’autre sont intouchables. La démocratie parce que c’est effectivement le seul système qui permet au citoyen d’exister en tant que tel et s’en passer consisterait à sombrer dans la dictature. Quant au populisme, même si les partis et autres politiciens qui ont compris à quel point cette manière de faire la politique était efficace mentent et jouent avec les émotions de la population, il n’en demeure pas moins que leur liberté d’expression est une valeur sacro sainte qui ne peut en aucun cas être revue à la baisse.

Nous allons donc au devant d’une période où ce sont ceux qui parviendront qui à nous faire peur, qui à nous faire rêver, celles et ceux qui sauront le mieux jouer avec les angoisses, la jalousie ou encore la cupidité qui l’emporteront lors des prochaines votations et autres élections.

Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à observer (par  exemple) messieurs Trump, Farage, Freysinger et consorts qui ont parfaitement intégré le concept et qui surfent donc sur l’air du temps. Plus ils sont virulents, grossiers, simplificateurs, démagos plus ils insultent les élites au pouvoir, plus leur popularité est grande. Peu importe qu’ils disent ou non la vérité et qu’ils n’apportent aucune véritable proposition, visiblement la promesse d’un grand chambardement suffit à les faire gagner.

Et si en Suisse, nous avons le privilège de voter suffisamment souvent pour connaître à peu près tout les pièges dans lesquels les populistes tentent (et parviennent) de nous faire tomber, que dire de nos voisins qui ne votent que tout les 4 ou 5 ans pour élire leurs députés et leur gouvernement ? 

Draguées à longueur d’année par des médias qui utilisent les mêmes grosses ficelles populistes, nous voici avec des populations qui, à force de se faire caresser dans le sens du poil, en arrivent à ne plus prendre en compte que leurs intérêts personnels et immédiats….

Vous ajoutez à tout cela, une crise migratoire sans précédent et vous vous retrouvez avec des citoyens effrayés, excédés et donc prêts à suivre n’importe quel beau parleur qui leur promettra de fermer les portes et les fenêtres à double tour pour que tout redevienne, comme avant…comme par enchantement.

Ben voyons ! Comme si c’était si simple.

C’est ça qui est fou d’ailleurs, plus le monde est complexe plus ils s’en trouvent pour  nous vendre des approches simplistes, plus ceux-ci sont populaires...

Bref, je ne vois pas trop de solution, si ce n’est par l’éducation et des encouragements à la réflexion, à la solidarité et à la dénonciation des discours les plus virulents. Plus que jamais un certain discernement n’est donc pas seulement souhaitable mais bien vital.

Faute de quoi, nos pays se replieront peu à peu sur eux même, nos frontières et nos esprits deviendront imperméables à la réalité du reste de la planète et il faudra alors nous attendre…au pire.  

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