24/06/2016

Le jour de gloire des europhobes



Le moins que l’on puisse dire c'est que ceux qui se félicitent bruyamment depuis ce matin de la victoire du camp du Brexit au Royaume Uni n’ont pas la victoire modeste. Ceux-ci peuvent désormais affirmer haut et fort tout le mal qu’ils pensent de la communauté européenne en ayant l'impression d'être moins seuls.

C'est bien entendu dans le camp des populistes qu’on triomphe avec la plus mauvaise foi. Voilà que tout ceux qui, à juste titre se sont inquiétés des conséquences d’une sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe, sont montrés du doigt et moqués. Pascal Decaillet en tête (qui s’en prend avec sa hargne prétentieuse habituelle autant à la RTS qu’au rédacteur en chef de la Tribune de Genève) chacun y va de sa diatribe anti élite, de ses explications subjectives et autres conclusions simplistes.

Visiblement pour ces gens là, le grand soir est arrivé. L’Europe mise à mal devrait finir par tomber et chaque pays pourra alors, à nouveau, sombrer dans ce nationalisme belliqueux et égoïste que certains semblent tant regretter.

Que les autres partis europhobes d'Europe, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et les autres pays émergents se réjouissent autant qu'eux de ce morcellement de notre continent ne semble interpeller personne.

Visiblement cela passe au dessus de nos commentateurs démagos trop heureux de voir leurs étranges convictions partagées par 52 % des britanniques.

Quoi qu’il en soit, ça pourrait bien être une fois de plus les plus démunis qui subiront les conséquences de la crise économique que pourrait provoquer cette triste journée, mais de ça aussi nos populistes n’en n'ont rien à cirer.

L’Europe vient de subir une défaite et il n’y a que ça qui compte….

Sympas les mecs !

19:40 | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je retrouve dans votre billet tout ce qui fait que je fuis la politique et ces discours.

C'est caricatural, manichéen, partisan jusqu'à la cécité.

Comme chez Thierry Apothéloz, ce sont les mêmes poncifs; la fermeture, le nationalisme etc.
Mais il ne vous viendrait jamais à l'esprit, que le manque d'écoute et l'arrogance de cette union européenne, incapable de se remettre en question est à l'origine de ce rejet ?
Je ne suis pas UDC, nationaliste, passéiste ou que sais-je ?
J'ai été un fervent partisan de l'Europe et des valeurs qu'elle prétendait représenter, pour en être un farouche opposant aujourd’hui.

La raison pourrait être résumée par son fonctionnement antidémocratique (valeur sensée représentée cette vieille Europe)
Aujourd'hui je ne triomphe pas, j'espère simplement que ce séisme fasse évoluer la collaboration intra-européenne de manière sensée et constructive.

Il n'y a pas que Décaillet, il y a une excellente analyse critique de Jean Noël Cuenod, une autre un peu décalée mais profonde et savoureuse de Jean Dominique Michel.

Mais vous préférez les éternelles diatribes politicardes et partisanes vis à vis de vos adversaires et voisins, et pour mieux suivre ce courant vous remettez une couche d'angoisse sur le futur.

C'est ça vos valeurs d'ouverture au monde ? ils se résument au triomphe de Décaillet ?

Écrit par : aoki | 24/06/2016

Pas besoin de se féliciter "bruyamment", surtout quand on n'y est pour rien. Par contre, à lire votre dépit, alors là, oui! J'ai envie de crier de joie! JOIE! JOIE! JOIE! Vous êtes tellement prévisible. Quand à la crise économique, à d'autres! Les pays qui se portent le mieux en Europe: la Suisse, la Norvège, l'Islande (qui revient pourtant de loin), le Danemark, la Suède, le RU. Ils sont soit en dehors de l'empire européen, soit n'ont pas adhéré à la monnaie commune. Alors vos prévisions, elles ne valent pas un pet de lapin. Et bientôt une autre bonne nouvelle: l'éclatement du RU! Les "unions" s'est fait pour avoir une fin.

Cette merveilleuse ue qui s'en est prise elle, effectivement, aux plus démunis: les Grecs. Pour les enfoncer plus bas que terre. Mais là, Vincent, il a rien à dire.

Alors encore JOIE! JOIE! JOIE! à la lecture de son dépit!

Écrit par : Johann | 24/06/2016

52% de démagos et 48% de gens responsables. Justement responsables...

Écrit par : norbert | 25/06/2016

Vincent, je reprends une de vos expressions:

"Quoi qu’il en soit, ça pourrait bien être une fois de plus les plus démunis qui subiront les conséquences de la crise économique que pourrait provoquer cette triste journée..."

Je ne savais pas que l'Union Européenne veillait sur les plus démunis et qu'elle pourvoyait aussi...!

Avant l'Union Européenne, il y a toujours eu l'Europe et la Grande-Bretagne tout comme chaque pays d'Europe a toujours existé. En quittant le club - la GB l'a montré aujourd'hui - il y a eu zéro mort et zéro cataclysme.
Les Europhiles et les spéculateurs ont tremblé mais pas la Terre!

Le fait de se retirer du club malgré les menaces et les intimidations, prouve que l'autodétermination d'un peuple ne se négocie pas face à une pincée d'eurocrates malhonnêtes qui s'auto-protègent avec des versets grotesques et scélérats (car ces imposteurs le sont, ils l'ont été dans la gestion de leur propre pays avant de s'enrôler comme mercenaires dans l'intouchable commission qui prend des pouvoirs disproportionnés et sans aucune légitimité).
Que les gouvernements leur fassent confiance en leur confiant le coffre et les grandes affaires de leur pays m'émerveille toujours - la naïveté et la cupidité ne sont pas incompatibles.

En claquant la porte de l'Union Européenne, porte de la forfaiture et du Goulag, la Grande Bretagne a recouvré "presque" toutes ses libertés. Par exemple, être associée au commandement suprême de l'OTAN sans avoir l'obligation de contribuer financièrement selon les règles de l'UE, ni devoir lui en rendre des comptes. Reprendre ses vieilles traditions de commercer avec la Russie et la chine en ignorant les injustifiables sanctions. Continuer à soutenir les Américains dans toutes leurs guerres de destruction ou de leur tenir tête. Sélectionner les candidats à l'immigration sans les reproches des 27 autres hypocrites... Bétonner sa place financière et son paradis fiscal (au diable l'OCDE) etc.

Quel pays, ayant courbé l'échine si bas, se risquerait à lui faire la leçon?

On peut adhérer ou détester la politique de la Grande Bretagne, mais on peut surtout admirer la force de son amour pour l'indépendance, sa conscience de ce que vaut concrètement la souveraineté. La souveraineté est une immense propriété en usufruit inchiffrable.

C'est peut-être la force populaire de cette indépendance d'esprit qui fait mal aux observateurs définitivement inféodés à la dictature Bruxelloise, ces adhérents frustrés et refoulés, incapables d'imagination pour de nouveaux projets, ces mythomanes qui croient en leurs histoire négative et qui mènent le monde vers la mort économique, socio-culturelle et humaine.

Le Brexit aura permis à ce pays d'éviter le total dépeçage de leur peuple. Le réflexe populaire est comme l'instinct de survie.
Pascail Décaillet a raison de parler de survie. Chaque pays est doté de cet instinct, il lui suffit de l'utiliser le moment venu, juste avant d'être anéanti. Aujourd'hui, c'est le moment, l'UE a été au service de l'Allemagne et à travers elle, au service des USA. l'UE s'est gravement appauvrie, elle n'a plus rien à lui apporter sinon à cautionner sa réputée puissance de transmission des ordres en provenance de l'Amérique. Les membres de l'UE se saignent et meurent à petit feu, ce n'est pas son problème, mais à aucun d'entre eux il ne leur vient pas à l'esprit ce sursaut salutaire de s'arracher de la tribu pour se refaire et reprendre son destin en main.

La première victime collatérale du Brexit, sera probalement l'Allemagne, le pilier économique sur lequel les membres de l'UE croyaient reposer. Pour ne pas subir un tel fardeau, il se peut que l'Allemagne voudra se dégager de cette Union factice pour ne pas avoir à assumer un tel partage des richesses tant réclamé (le fameux transfert jamais appliqué). Il lui restera à réduire sa voilure, à se barricader derrière un nouveau Mur Berlinois et recomposer son empire à partir des quelques états de l'ex-URSS. Ce sera l'Union Européenne de l'Est. Ce sera la concurrence acharnée avec la Grande Bretagne. Et les autres bon élèves de l'ex-UE finiront de se déchirer dans la précarité.

Écrit par : Beatrix | 25/06/2016

Étrange réaction a une décision démocratique (enfin une, dans l’UE des bureaucrates). Ceci dit, bien que préférant le brexit, je ne m'en enthousiasme pas trop sachant que comme tous changements il y aura des gagnants et des perdants, y compris des situations personnelles difficiles.

Maintenant si le non l'avait emporté, je ne me serait pas permis un billet aussi demago et haineux comme le votre.

Un peu d'ouverture d'esprit svp, et voyons ce que ça peut amener de positif comme changements.

Écrit par : Eastwood | 25/06/2016

Vous avez raison aoki, d'habitude je me donne quelque jours avant de réagir, sauf que là, c'est l'Euro de foot et je vais être très occupé ces prochains jours..... Du coup ma réaction est effectivement un peu trop émotionnelle et pas forcément très réfléchie....

D'autant que je ne suis pas, paradoxalement, un hyper fan de la communauté européenne, en tout cas sous sa forme actuelle qui, il est vrai, est loin d'être une réussite.

C'est juste qu'à ce jour, je n'ai pas aperçu l'ombre d'un projet alternatif européen et comme l'unité de notre continent est la seule situation qui nous permettra de ne pas être bouffé tout cru, j'ai beaucoup de peine avec ceux qui se réjouissent, non sans un certain mépris d'ailleurs, du début de la fin de ce qui a été une belle utopie.

Et quand, en plus, j'observe que c'est une fois de plus les populistes qui critiquent sans rien proposer, c'est vrai que ça m'enrage.

Quant aux éventuelles conséquences, je n'invente rien, je ne fais que répéter ce que disent depuis hier matin des gens plus calés que moi, tant mieux s'ils se trompent....

Voilà, maintenant vous m'excuserez mais là je pars pour St-Etienne, soutenir la Nati !

Vive l'Euro !

Écrit par : Vincent | 25/06/2016

Cher Monsieur,

Je ne défends ni la droite ni la gauche mais seulement la vérité. Comme la très grande majorité des gens, il y a bien des choses que vous semblez totalement ignorer sur ce sujet. L'UE n'est qu'une partie d'un projet beaucoup plus grand. Je vous conseille donc vivement de lire cet article qui présente un livre du Prof. Dr. P. Hillard, auteur qui ne se base que sur des faits avérés et cite toujours ses sources, preuves à l'appui. Avant de critiquer lisez tout, puis, si vous n'êtes pas convaincu, verifiez par vous-même ce qui est dit!

http://www.voltairenet.org/article164176.html

puis, après avoir tout lu, lisez ce billet sur un autre blod TdG, qui en est en partie une confirmation:

http://continentpremier.blog.tdg.ch/archive/2016/06/22/une-premiere-le-passeport-unique-africain-lance-en-juillet-p-277160.html

Le mal n'est pas toujours là où l'on croit!

Bien cordialement,

Jean Derville

Écrit par : Jean Derville | 25/06/2016

Pas calais.

Écrit par : snobbish | 25/06/2016

"Et quand, en plus, j'observe que c'est une fois de plus les populistes qui critiquent sans rien proposer, c'est vrai que ça m'enrage."

Ils proposent la souveraineté de leur pays. Enragez donc, mais cette rage vous fait délirer. En fait vous de supportez pas que ceux que vous appelez les "populistes" gagnent une élections. C'est tellement facile de faire des amalgames et d'insulter ceux qui ne pensent pas comme vous.

Écrit par : Johann | 25/06/2016

En tant que Suissesse, je n'avais pas de position arrêtée sur le Brexit, ni pour ni contre.
Après tout, que sais-je réellement de la situation au Royaume Uni ? Etait-il plus mal loti que les autres nations européennes à l'intérieur de cette grande usine à gaz ? J'aurais tendance à penser que non, puisqu'il a obtenu beaucoup d'aménagements de toutes sortes.

Il m'a également semblé que les Britanniques avaient réussi à attirer beaucoup d'entreprises et de financiers, grâce à un grand dynamisme économique, malgré leur appartenance à l'UE.

Ainsi, un pays qui s'en sortait plutôt bien, en comparaison d'autres, a pris l'initiative de la sortie, par référendum. Je pense que c'est le signe d'une maturité démocratique. Ce référendum est d'une logique limpide, en tout cas à mes yeux helvétiques. (Je ne prends pas en considération les astuces de campagne électorale, les promesses et menaces, que le citoyen doit savoir décrypter.)

En fin de compte, c'est l'idéal de la liberté et de la souveraineté qui a prévalu, sur fond de ras-le-bol de l'immigration d'Européens. C'est vraiment intéressant pour nous autres, car nous allons pouvoir observer, grandeur nature, comment se passe une sortie de l'UE.
Cela va représenter une très longue séquence, qui va s'étaler sur plusieurs années.
En Suisse, nous savons qu'il est compliqué d'obtenir tout ce qu'on veut de l'UE, les négociations ne sont pas faciles.
On est souverains et libres, certes, mais face à un gros bloc, cela ne pèse pas lourd. Les rapports de force jouent généralement en faveur du plus fort, qui arrive à calculer, quelle perte est la moins défavorable à long terme. Nous aimons l'histoire de David et Goliath, mais elle ne se réalise pas toujours dans la vraie vie.

Comme les Suisses, les Britanniques sont des diplomates subtils et je pense et espère qu'ils vont finir par s'en sortir sans trop de dégâts.

Les trois aspects qui pourraient tempérer ma joie, si je me trouvais dans le camp pro-Brexit en tant que citoyenne britannique, sont les suivants :

- Monsieur Farage est revenu sur la promesse d'injecter dans le système de santé britannique les millions versés à l'UE. Quelles autres promesses passeront à la trappe ?

- Le risque de la remise en cause de l'appartenance de l’Écosse et de l'Irlande du Nord au Royaume Uni.

- La fracture entre l'électorat jeune ( si j'ai bien compris, à deux tiers favorable à l'UE) et plus âgé.

Je n'essaye même pas de comprendre les implications économiques et financières, car plus calés que moi n'y arrivent pas à ce stade !

Le Brexit est un acte courageux, collectif et démocratique. Il y a un côté jubilatoire dans la prise de risques et dans cette sortie des ornières ronronnantes.
Les Britanniques ont désormais la lourde responsabilité de démontrer que non seulement le peuple a eu le dernier mot, mais qu'il comprend toute la portée des choix qu'on lui propose et qu'il a la sagesse de choisir des leaders clairvoyants.

Écrit par : Calendula | 25/06/2016

" je pars pour St-Etienne, soutenir la Nati ! "

Comment, vous! Vous allez hurler avec les nationalistes et autres chauvinistes! Vous mélangez avec les populistes! Incroyable! Dans le fond je vous avais mal jugé.

Bon, j'espère que la "nati" va perdre. Cela vous évitera un second déplacement.

Écrit par : Johann | 25/06/2016

Les commentaires sont fermés.