07/06/2016

Fier d'être genevois !

Rien de tel qu’une matinée passée à donner un coup de main au "Samedi du Partage" pour se convaincre que non tout les Genevois n’ont pas été convertis par l’idéologie du moment voulant que la tolérance et la solidarité seraient devenus des valeurs parfaitement irresponsables. Seules compteraient désormais nos frontières et la façon de tenter (vainement !) de les rendre imperméables….

Dieu soit loué, la majorité ne pense pas (encore ?) ainsi  et c’est donc avec joie, bonheur et satisfaction que j’ai, cette année encore, constaté à quel point les Genevois sont, au contraire, particulièrement généreux.

Quant j’écris genevois, je pense en l'occurrence aux clients de Balexert samedi matin passé. Peu importe leurs lieux d’origine et leurs cultures, qu’ils soient d'Avully, du sud de l’Europe, de l'est, d’Afrique, d’Asie, de Plan-les-Ouates, cathos, musulmans ou encore sikhs, tous donnent sans compter avec un naturel qui, à chaque fois, m’épate.

Et pourtant les aliments et autres produits de premières nécessités récoltés dans les grands magasins du canton sont destinés aux organismes sociaux de première ligne, ceux-là même qui viennent au secours des plus mal pris, dont un grand nombre ne sont donc pas d'ici. Les genevois le savent parfaitement mais visiblement cela ne les dérange pas, même que certains en tiennent compte en  offrant des produits typiques de certaines régions lointaines.

Bon il est vrai aussi, qu’une fois n’est pas coutume, samedi je n’ai pas eu droit au râleur aigri de service qui  se croit obligé de justifier son refus de partager en arguant que de toute façon si c’est pour donner à des étrangers qui viennent chez nous pour nous piquer nos boulots et imposer leur religion, le geste le plus lucide consiste à ne pas… "créer d'appel d'air" (!?). 

Non, ce qui me frappe à chaque fois (et ma manie de cataloguer les gens en fonction de leur look en prends un sale coup) c’est qu’il est impossible de prédire qui va se montrer solidaire ou pas. Il n’y a absolument aucun profil type du donateur. Autant, par exemple, un baba genre altermondialiste peut passer tout droit en nous ignorant ostensiblement, autant un couple de bourges (Madame avec son sac Hermès et Monsieur avec ses mocassins à glands) peut arriver avec un grand sourire et un cornet rempli à raz bord. Autant ça peut être le contraire. 

Les plus sympas restant, toutefois, les jeunes familles qui, en plus de donner, prennent le temps d’expliquer à leurs enfants pourquoi et à qui, ils le font. Cela m’a valu la question attendrissante d’une toute petite fille aux grands yeux qui, en me tentant un paquet de riz, m’a demandé "tu es un pauvre toi monsieur ?"

Bref, je ne sais pas si les « Samedi du Partage » ont assez de bénévoles ou s’ils en cherchent, mais, quoi qu’il en soit, je ne saurais que trop recommander cette activité. En effet, observer à quel point les Genevois sont bienveillants, c’est non seulement rassurant mais cela permet également de relativiser l’impact de ces discours aussi égoïstes que xénophobes, plus audibles que jamais...

Il n’en demeure pas moins que si un certain calvinisme nous rend parfois un peu frileux, on peut se demander si ce n'est pas aussi  grâce à cet apparentement que ceux qui vivent à Genève sont si charitables ? 

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