17/05/2016

L’exemple de The Voice !

Peut-être que je deviens sauvage toujours est-il que le week-end, c’est à la maison, loin du monde que je me sens le mieux. Si je dis ça, c’est juste pour me justifier d’avoir suivi l’émission The Voice sur TF1 ces derniers samedi.

Le problème avec cette émission c’est qu’elle commence super bien mais se termine… bizarrement.

En effet et même si son présentateur s’échinait à répéter « C’est le public qui a toujours raison », il apparait, au contraire, que (là aussi) la majorité peut se tromper, emportée qu’elle est par des raisonnements plus émotionnels que rationnels.

Pourtant « The Voice » débute avec cet excellent concept des auditions à l’aveugle voulant que c’est sur leurs voix uniquement que les candidats doivent être sélectionnés. Sauf que, paradoxalement, cette même émission se termine en laissant le choix du grand vainqueur aux téléspectateurs (et en particuliers aux téléspectatrices) qui finissent systématiquement par choisir le candidat le plus…«mignon».

Autant dire que je ne remets absolument par la victoire de «Slimane » en question, d’autant qu’en fonction du racisme grandissant ambiant, le fait de voir un jeune homme d’origine maghrébine plébiscité par les Français me semble plutôt rassurant.

Il n’en demeure pas moins que je me demande s’il ne faudrait pas plutôt laisser ceux qui savent décider à la place du bon peuple ?

Franchement pour la crédibilité d’une émission comme The Voice, je pense que ce serait une bonne chose*. Laisser, par exemple, aux coachs le rôle de jury nous permettrait peut-être de s’assurer que le vainqueur soit bien The Voice et  non pas The Cute 

 

Au niveau politique (suisse donc, vu qu’il y a que nous qui avons le privilège de guider le destin de notre pays en votant régulièrement) c’est certes un peu différent, quoi que....

En effet, même si nous n’avons  jamais été particulièrement progressistes, à ce jour, (notre situation économique est là pour le démontrer) on ne peut pas dire que le peuple ait commis des erreurs de jugements cruciales. On peut être d’accord ou non avec certaines décisions mais à quelques notables exceptions près, c’est quand même le plus souvent la voix de la sagesse qui l’a emporté, non ?

Le problème c'est qu’aujourd’hui, nous sommes face à une montée en force du populisme qui consiste, rappelons-le, à exprimer tout fort et de manière caricaturale ce que certains pensent tout bas. Autrement dit, à suivre l'opinion publique plutôt qu'à  lui montrer la voie...

Et si à ce jour, c’est, suivant les cantons et les périodes, entre 10 et 30 % de la population qui semble croire ceux qui se contentent de les caresser bêtement dans le sens du poil, demain, lorsque ces populistes auront suffisamment dénoncés, moqués et déstabilisé les élites de notre pays à grands coups de référendums divers et variés, il se passera quoi ?

Le charisme démagogique d’un Oscar Freysinger l’emportera t’il alors haut la main face aux compétences et à l’humilité d’un Didier Burkhalter ? 

J'en ai bien peur.

Après l’ »Ubersation » de nos sociétés, nous pourrions donc sombrer dans une «Voicisation ». 

 

On s'en réjouit déjà ! 

 

 

 

*: Si jamais pour ceux qui sont toujours prompts à me faire la leçon, j'ai bien intégré que, sans le vote du public, TF1 se verrait privé  de la manne engendrée par les milliers de votes par téléphone ou sms... surtaxés. 

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Commentaires

On ne vous a jamais trop entendu sur Uber, alors sur The Voice...
Faudra un jour vous décider entre la vision éclairée de ceux qui savent et la version sage du peuple qui est tout de même plus large.
Je vous entends régulièrement dénoncer le populisme, mais rarement nous montrer du doigt qui serait si sage qu'il mériterait notre confiance.
Mais bon, contrairement à vous, je n'ai eu aucune tentation pour suivre cette émission...
Pas plus que je ne fais d'illusion sur la capacité de nos élus à nous représenter valablement.

Écrit par : Pierre Jenni | 17/05/2016

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