23/01/2016

J'aime pas l'UDC

(…) «L'UDC n'est pas le démon que vous décrivez… » (…)

Suite à ce commentaire de P. Jenny sous mon texte précédent, j’aimerais en quelques mots préciser ma perception de l’UDC. Celle-ci se résume en quatre points :

 

1) Le populisme
Cette manière très tendance de faire de la politique consiste à exploiter sans vergogne les carences, les frustrations et les émotions de la population.
Pour cela, tout est bon; du mépris pour les élites politiques, financières, judiciaires, intellectuelles, etc., à l’exploitation éhontée des faits divers significatifs, en passant par une simplification délirante de problèmes pourtant toujours plus complexes.
Résultat, alors que les populistes n’ont de cesse de démontrer qu’ils seraient les porte-paroles du peuple, il apparait qu’au contraire, en le manipulant, ils lui manquent totalement de respect.



2) Christophe Blocher et ses suivants
En visionnant «L’expérience Blocher » j’ai été particulièrement choqué de constater que ce monsieur, par ailleurs particulièrement doué en affaires, ne se remettra visiblement jamais d’avoir eu raison avant tout le monde sur l’Europe en 1992, mais aussi de n’avoir pas été capable d’être un conseiller fédéral à la hauteur de la très haute image qu’il semble avoir de lui-même. Depuis sa non-réélection, il est donc en phase « rancune tenace », chacune de ses actions paraissant destinée à se venger par tous les moyens possibles de ses adversaires politiques qui ont, il est vrai, un matin de décembre 2007, réussi le putsch parfait.
Ce tribun étant en plus le principal financier d’un parti qu’il semble considérer comme sa chose, autant dire qu’il est difficile d'exister derrière lui. Et si les plus âpres et autres provocateurs parviennent à se faire élire dans les diverses assemblées législatives de notre pays, lorsqu’il s’agit de trouver des hommes ou des femmes suffisamment éclairés pour siéger dans les exécutifs, cela devient nettement plus compliqué.

 

3) Les initiatives
Il est vrai qu'en termes d'initiatives démagogiques qui ne servent à rien d'autre qu'à donner de la visibilité aux partis qui les ont lancées, ĺ'UDC est souvent imitée mais jamais égalée.
En plus d'être le précurseur de cette nouvelle façon de communiquer, ce parti n'a de cesse d'innover et nous voilà, aujourd'hui, aux prises avec des initiatives qui apparaissent comme... inapplicables en vertu des conventions internationales et autres accords bilatéraux. Extra !
Si le but de l'UDC consiste bel et bien à isoler notre pays du reste du monde, celui-ci devrait bientôt être atteint...

 

4) Rejet des autres
C’est dû à mon éducation mais, selon moi, personne n’est en mesure d’être fier d’être Suisse. On peut, bien entendu, être fier de la Suisse et de ses réalisations, à condition toutefois de se rappeler que c’est grâce aux hasards du destin que nous avons vu le jour dans un des pays les plus riches de la planète.
Voilà pourquoi, ce besoin de passer par le peuple pour imposer continuellement des nouvelles contraintes afin de limiter toujours plus l’accès à notre pays à ceux qui n’ont pas eu notre chance, m’est totalement insupportable.
Non pas qu’il ne soit pas essentiel (aujourd'hui plus que jamais) de mettre des règles d’accueil en place. Mais pour cela, nous avons des élus fédéraux dont la tâche consiste à posséder les connaissances, le recul et la vision nécessaires pour agir avec sagesse et discernement.

 

Alors non, je ne décris pas un démon mais juste un parti qui sait habillement surfer sur l’air du temps tout en contribuant malheureusement à un inquiétant …nivellement par le bas.

 

 

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16/01/2016

Les derniers humanistes

Pas de panique, j’ai bien compris que les personnalités qui représentent désormais le futur se nomment Donald Trump, Marion Maréchal Le Pen, Roger Köppel voir même… Céline Amaudruz (je sais ça fait peur).

Ils sont en effet l’incarnation de cette nouvelle extrême droite arrogante, convaincue de détenir les clés de l’avenir parce que parfaitement consciente que chaque jour qui passe la population est un peu plus facile à manœuvrer.

C’est donc bien ces populistes qui misent sans vergogne sur la peur et l’intolérance latentes chez chacun d’entre nous qui,demain, pourraient être en charge de notre destin.

Autant dire que je la sens mal et c’est pourquoi aujourd’hui, j’ai envie, pendant que c’est encore autorisé, de rendre hommage à Barack Obama et au pape François parce qu'ils m'apparaissent comme les derniers véritables humanistes « au pouvoir ».

Oups ! J’ai dit un gros mot.

En effet, aujourd’hui être humaniste, «droit de l’hommiste», pacifique, tolérant, indulgent, xénophile et pas (encore !) totalement islamophobe serait, selon les néo réacs qui sortent peu à peu du bois, la démonstration de cet angélisme irresponsable issu de Mai 68 source de tous les maux de nos sociétés occidentales.

Je sais, c’est pas mal simpliste comme raisonnement mais ce n’est pas moi qui le dit mais bien ceux qui affirment crânement que nous serions définitivement allé trop loin dans l'ouverture aux autres, la solidarité et le multiculturalisme.

Ah bon ?

Quoi qu’il en soit, c’est parce que le président étasunien actuel n’est (une fois n’est pas coutume) ni un vulgaire va t’en guerre, ni un manichéen certain de la supériorité incontestable de son pays ou de sa religion que nous pourrions bien regretter pendant longtemps l’approche pragmatique, modérée et éclairée de Barack Obama.

Bien sur, on peut avoir des regrets par rapport à ce dont on l’a cru capable et ce qu’il a réussi à faire. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé (et même, concernant l’ObamaCare, réussi) c’est juste qu’il a très vite eu la confirmation qu’aux Etats Unis quand ce n’est pas l’opposition qui fait systématiquement barrage ce sont les lobbys financiers, industriels et militaires (entres autres) qui savent comment imposer leurs volontés.

Alors oui, Guantanamo n’est toujours pas fermé, oui, il y a toujours plus d’armes en circulation aux USA et oui, l'éternel conflit Israélo-palestinien n’a pas évolué positivement durant les deux mandats d’Obama, n’empêche que le premier président noir de l’histoire nord-américaine a su nous rappeler que son pays n’est pas qu’un repaire de fondamentalistes évangéliques aussi obtus que belliqueux.

Quant au Pape François 1er, son règne n’est certes pas terminé mais comme en plus d'être exceptionnellement humble, éclairé, libre et sensible aux réalités des plus faibles (dont les réfugiés) celui-ci se permet de dénoncer les dérives du néolibéralisme et les délires nationalistes, chaque jour, j’ai peur d’apprendre la nouvelle de son assassinat.

Son approche humaniste, œcuménique, compatissante, généreuse et charitable (et donc si proche du message de Jésus) semble, aujourd'hui, définitivement trop utopique pour être audible dans un monde où l’égoïsme, l’individualisme et donc le rejet de l’autre gagnent tout les jours un peu plus de terrain.

Bref, si certains se réjouissent bruyamment de cette nouvelle ère qui s’annonce, vous me permettrez de mon côté d’être particulièrement pessimiste quant à l’état du monde que nous allons laisser à nos enfants, que cela soit au niveau écologique ou idéologique….

… Dieu sait si j’aimerais me tromper !

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07/01/2016

Rire de tout !

Ce n’est pas le meilleur jour pour l’affirmer mais je n’ai jamais été très fan de Charlie Hebdo même si la majorité des dessins qui figurent dans cet hebdomadaire ont quand même tendance à me faire rire.  C’est juste le côté idéologue de ce journal qui m’amuse nettement moins.  

Dieu sait si pourtant j’apprécie l’humour sous toute ses formes, aussi absurde soit-il. Comme beaucoup de personnes de ma génération, j’ai commencé, durant mon adolescence, par m’éclater en lisant Hara Kiri, puis c’est des journaux comme Fluide Glacial ou encore l’Echo des Savanes qui me faisaient particulièrement marrer. Aujourd’hui c’est les gros gags bien lourdauds de l’équipe de Groland sur Canal + que je préfère. Chacun ses goûts.   

Attention, je ne dis pas qu’on ne peut pas faire de l’humour tout en faisant passer des messages politiques et/ou sociaux, c’est juste que tout le monde n’est pas forcément capable d’être à la foi drôle et engagé. Coluche, par exemple, y parvenait d’une façon remarquable, mais il reste, selon moi, une exception. Et c’est donc parce que j’ai souvent eu l’impression que l’équipe de Charlie Hebdo était d’abord militante avant d’être drôle que je lis que très rarement ce journal.

Ceci dit, l’éternel débat consiste à savoir si on peut, ou pas, rire de tout. Ma réponse est claire, non seulement on peut mais (si on aime rire ce qui, Dieu soit loué, n’est pas une obligation) on doit. Aucun sujet n’est tabou, ne serait-ce que parce qu’à partir du moment où il y aurait des intouchables, rire des autres constituerait alors une véritable discrimination.

Il est vrai que nous avons tous des sujets sur lesquels nous sommes plus particulièrement sensibles, sauf que dans ce cas, c’est à nous d’éviter les médias qui pourraient faire de l’humour sur ces sujets et non pas à ces derniers de devoir tenir compte des sensibilités diverses.

Je comprends parfaitement, toutefois, que certains puissent être choqués. Comment, par exemple, les familles des victimes des attentats de Paris pourraient avoir envie d’en rire, advenant le cas que certains oseraient faire de l’humour sur ce sujet ?  Je ne tomberais pas dans la psychologie à deux balles en affirmant que justement cela leur ferait du bien d’être capable de prendre un peu de distance mais il n’en demeure pas moins que le rire permet bien souvent de ne pas… pleurer.

Autant en rire, dit-on parfois, c’est bien vrai même s’il y a des moments où tout humour sur un sujet douloureux peut-être compris comme de la provocation. C’est d’ailleurs ce que reproche tout ceux qui, un jour, se sont sentis blessés, voir persécutés par cet irresistible besoin de l’homme de décompresser en optant pour la dérision.  

Donc oui, on peut rire de tout mais, comme le disait Pierre Desproges (qui s’y connaissait en humour noir), pas avec n’importe qui. L’humour comme la foi ou encore la peur est une sensation intime et personne n’est donc en mesure de donner des leçons sur ce sujet….

 Et c’est donc pour prévenir toute généralisation  que je terminerais ce texte avec un peu de… mon humour : 

 

 

 

riredetout.jpg 

 

 

 

 

 

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05/01/2016

Londres, par exemple…

A l’image de la trilogie « Le Siècle de Ken Follett » qui, l’été passé, m’a permis de relativiser les différents conflits que nous traversons ces temps, rien de tel qu’un petit séjour à Londres pour apaiser le citoyen genevois (inquiet face au grand retour de l’extrême droite) que je suis. 

Bien sur Genève et Londres n’ont pas grand-chose à voir, ne serait-ce qu’en fonction du nombre d’habitants de la capitale anglaise qui correspond à peu près à la population de la Suisse pour une superficie similaire à celle du canton de Fribourg. 

N’empêche que Londres m’est apparue comme l’éclatante démonstration qu’il est possible de posséder des transports en commun et des forces polices exemplaires, tout en encourageant des projets immobiliers hors du commun et en s’assumant comme une ville de culture, touristique et …multiculturelle. 

Ceci dit, je suis conscient que tout n’y est par rose, que là-bas aussi la pauvreté frappe celles et ceux qui n’arrivent pas à s’accrocher aux wagons d’un capitalisme presque aussi sauvage qu'aux Etats-Unis. 

Toujours est-il que, cette fois ci encore, j'ai été frappé par le dynamisme, la tolérance et le mélange des races de cette ville définitivement fascinante

Voilà pourquoi, alors que chez nous, certains se sentent autorisés à affirmer qu’il nous faudrait continuer à croire en l'efficience des frontières, il apparaît qu’à Londres ce débat semble depuis longtemps dépassé, la réalité ayant supplanté les discours  de ceux qui pensent qu’il serait possible d’échapper à  la mutation inexorable de l'humanité.   

N’en déplaise à ces derniers, en quelques jours à Londres, j’ai eu affaire à des caissières radieuses portant le voile, des serveurs efficaces français et italiens, des chauffeurs de bus aussi fiables que noirs, un hôtelier pakistanais souriant et une restauratrices empressée chinoise. J’y ai aussi croisé des couples improbables (avec ou sans enfant) formés d’asiatiques et d’arabes ou encore d’indiennes et de rouquins. Quant aux langues, je les ai presque toutes entendues, du russe au brésilien en passant par l’italien, l’espagnol, l'allemand, le japonais, le chinois, le français (partout, tout le temps) et même … l’anglais. 

Bref, à l’image de Toronto, New-York ou encore Berlin et Singapour, la mixité sociale, raciale et religieuse de Londres m’est apparue comme une réalité plutôt positive et surtout (par les temps qui courent) encourageante. 

Il semble, en effet, toujours plus aisé pour une grande majorité des citadins (!) de la planète (qui se côtoient déjà quotidiennement sur les réseaux sociaux mais aussi sur les divers sites touristiques du globe grâce aux mêmes compagnies low-coast) de pouvoir adopter un style de vie nomade en adéquation avec une économie et une culture toujours plus globalisée. 

Ceci n’empêchant pas, bien entendu, ceux qui le désirent de mettre toute leur énergie dans la préservation des rites et autres traditions locales.  A en croire la composition des fanfares typiquement anglaises qui défilaient lors de la parade londonienne du 1er janvier, les plus traditionalistes ne sont pas forcément ceux à qui on pense en premier... 

Quoi qu’il en soit, je n’idéalise rien, je n’affirme pas qu’il n’y a qu’une seule voie possible, je me demande simplement comment les partis populistes et ceux qui les soutiennent parviendront à éviter que le pays ou encore la culture qu’ils défendent ne soient pas, eux aussi,  pris dans ce tourbillon qui semble sans limite de la mondialisation ambiante. 

Tout n’y est certes pas parfait mais des villes dynamiques et tolérantes où les habitants finissent par se mélanger  me semblent toutefois nettement mieux armées pour envisager l’avenir que celles qui pratiquent la discrimination ! 

Ou bien ? 






 
NB : Bonne année 2016 à tout le monde et en particulier à mes amis (et éventuels ennemis) … blogueurs !

 

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