16/01/2016

Les derniers humanistes

Pas de panique, j’ai bien compris que les personnalités qui représentent désormais le futur se nomment Donald Trump, Marion Maréchal Le Pen, Roger Köppel voir même… Céline Amaudruz (je sais ça fait peur).

Ils sont en effet l’incarnation de cette nouvelle extrême droite arrogante, convaincue de détenir les clés de l’avenir parce que parfaitement consciente que chaque jour qui passe la population est un peu plus facile à manœuvrer.

C’est donc bien ces populistes qui misent sans vergogne sur la peur et l’intolérance latentes chez chacun d’entre nous qui,demain, pourraient être en charge de notre destin.

Autant dire que je la sens mal et c’est pourquoi aujourd’hui, j’ai envie, pendant que c’est encore autorisé, de rendre hommage à Barack Obama et au pape François parce qu'ils m'apparaissent comme les derniers véritables humanistes « au pouvoir ».

Oups ! J’ai dit un gros mot.

En effet, aujourd’hui être humaniste, «droit de l’hommiste», pacifique, tolérant, indulgent, xénophile et pas (encore !) totalement islamophobe serait, selon les néo réacs qui sortent peu à peu du bois, la démonstration de cet angélisme irresponsable issu de Mai 68 source de tous les maux de nos sociétés occidentales.

Je sais, c’est pas mal simpliste comme raisonnement mais ce n’est pas moi qui le dit mais bien ceux qui affirment crânement que nous serions définitivement allé trop loin dans l'ouverture aux autres, la solidarité et le multiculturalisme.

Ah bon ?

Quoi qu’il en soit, c’est parce que le président étasunien actuel n’est (une fois n’est pas coutume) ni un vulgaire va t’en guerre, ni un manichéen certain de la supériorité incontestable de son pays ou de sa religion que nous pourrions bien regretter pendant longtemps l’approche pragmatique, modérée et éclairée de Barack Obama.

Bien sur, on peut avoir des regrets par rapport à ce dont on l’a cru capable et ce qu’il a réussi à faire. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé (et même, concernant l’ObamaCare, réussi) c’est juste qu’il a très vite eu la confirmation qu’aux Etats Unis quand ce n’est pas l’opposition qui fait systématiquement barrage ce sont les lobbys financiers, industriels et militaires (entres autres) qui savent comment imposer leurs volontés.

Alors oui, Guantanamo n’est toujours pas fermé, oui, il y a toujours plus d’armes en circulation aux USA et oui, l'éternel conflit Israélo-palestinien n’a pas évolué positivement durant les deux mandats d’Obama, n’empêche que le premier président noir de l’histoire nord-américaine a su nous rappeler que son pays n’est pas qu’un repaire de fondamentalistes évangéliques aussi obtus que belliqueux.

Quant au Pape François 1er, son règne n’est certes pas terminé mais comme en plus d'être exceptionnellement humble, éclairé, libre et sensible aux réalités des plus faibles (dont les réfugiés) celui-ci se permet de dénoncer les dérives du néolibéralisme et les délires nationalistes, chaque jour, j’ai peur d’apprendre la nouvelle de son assassinat.

Son approche humaniste, œcuménique, compatissante, généreuse et charitable (et donc si proche du message de Jésus) semble, aujourd'hui, définitivement trop utopique pour être audible dans un monde où l’égoïsme, l’individualisme et donc le rejet de l’autre gagnent tout les jours un peu plus de terrain.

Bref, si certains se réjouissent bruyamment de cette nouvelle ère qui s’annonce, vous me permettrez de mon côté d’être particulièrement pessimiste quant à l’état du monde que nous allons laisser à nos enfants, que cela soit au niveau écologique ou idéologique….

… Dieu sait si j’aimerais me tromper !

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Commentaires

"... Dieu sait si ..."
Il est malheureux que l'espoir d'un à avenir meilleur ne puisse plus se faire que dans une perspective divine ... surtout de la part d'un socialiste. Il est vrai aussi que c'est à l'activisme islamique que nous devons ce retour du religieux dans nos pensée et nos comportements, ce que les socialistes s'efforcent de nier par tous les moyens.
N'ayant ainsi plus le droit de critiquer les religions, puisque les faits nous obligent à mettre l'Islam (ou ses dérivés) en première ligne de cette critique, le seul recours qui reste c'est donc le retour à notre propre tradition religieuse, comme en témoignent l'hommage au Pape et la (apparemment bien innocente) invocation citée au début.

Écrit par : Mère-Grand | 16/01/2016

Merci Mère Grand pour votre commentaire, sachez toutefois qu'il est possible d'être un humaniste croyant (et donc d'espérer) sans pour autant avoir envie de se voir cataloguer comme "socialiste" juste parce que c'est tellement plus simple de mettre tout le monde dans une petite case bien définie.

Écrit par : Vincent | 16/01/2016

Vouloir préserver ses libertés et notamment refuser le retour a l'obscurantisme par l'islamisation de la société me classe donc automatiquement dans ceux qui sont manœuvré par "la peur et l’intolérance latentes". Il n'y a donc aucune argumentation objective ou factuelle possible puisque d'entrée vous me déniez ma liberté d'opinion, car ce ne sont que des tares tel que la peur.

Et voilà, la possibilité de dialogue s'arrête là avec les ceux qui bêlent désespérément leur appropriation exclusive et auto-proclamé de l'ouverture et de la tolérance jusqu’à devoir s'auto-enfermer dans l'aveuglement pour avoir l'illusion que la réalité est en ligne avec leurs espérances.

Écrit par : Eastwood | 16/01/2016

@Vincent
C'est un malentendu. Je croyais que vous étiez socialiste, ce qui n'est évidemment pas une tare, et que vous aviez abandonné, comme la plupart l'ont fait, la part d'anticléricalisme qui était autrefois nécessaire pour lutter contre l'influence, souvent catastrophique du point de vue humaine, de l'Eglise, catholique surtout. Cet anticléricalisme que ce parti ferait bien de muer en un combat plus vif contre l'influence, bien plus pernicieuse encore, puisqu'elle conjuge la défiance (mépris, haine, etc.) contre les femmes avec la barbarie des punitions de l'Inquisition d'autrefois.
P.S. A part cela je n'ai rien contre les croyants qui n'utilisent pas leur foi pour asservir, humilier ou exclure les autres. Surtout s'ils la pratiquent avec la discrétion qui sied à toute conviction ou croyance personnelle et intime, qui comporte la part de danger inhérent à ce qui se réfère à un absolu.

Écrit par : Mère-Grand | 16/01/2016

Eastwood c'est me faire un bien vilain procès d'intention qu'affirmer que je nierais votre liberté d'expression...

Vous pouvez au contraire penser ce que vous voulez et l'exprimer ici....

D'ailleurs je ne fais rien d'autre en étant plus, effectivement, au niveau du constat que des solutions

En même temps, je ne sais pas trop à quoi pourrait servir mes éventuelles modestes propositions (en supposant que j'en aie) face à ce nouveau paradigme

Écrit par : vincent | 16/01/2016

@ Vincent,
Relisez Mère-Grand au lieu de lui répondre et vous comprendrez.

Écrit par : norbert maendly | 17/01/2016

Les derniers humanistes....aux dernières nouvelles ont les abat aux fusils sur les terrasses des cafés, comme n'importe qui de nos jours!

Écrit par : Corélande | 17/01/2016

N.Maendly : je lis et relis le commentaire de Mere-Grand mais je ne vois pas ce que je dois comprendre. Si vous pouviez éclairer ma lanterne ! Merci

Écrit par : Vincent | 17/01/2016

Vincent, je comprends mieux pourquoi vous ne faites pas, ou plus, de politique. Votre discours est inclassable. C'est d'ailleurs sur ce fonds que les verts lib' ont tenté leur percée.
Vous dénoncez simultanément l'ultralibéralisme incarné par le PLR et le conservatisme de l'UDC tout en vous distanciant de la gauche.
Il semble donc difficile de travailler proactivement à un monde meilleur dans le domaine politique. Vos contributions se limiteront toujours à relever ce qui ne va pas sans pouvoir proposer un chemin, une direction, qui donne envie.
Je trouve ça dommage et dommageable car nous avons besoin de voir une lumière au bout du tunnel.

Écrit par : Pierre Jenni | 20/01/2016

Je suis désolé de vous décevoir P.Jenny mais de grâce oubliez mon bref passage chez les Verts Lib !

Celui-ci n'a fait que me confirmer que je ne suis définitivement pas fait pour la politique, ne serait-ce que parce que je me sens effectivement trop indépendant pour me lier à un parti qu'il soit de gauche, de droite ou même du centre.

Je me contenterais donc de continuer à partager mes inquiétudes, mes constats et autres coups de cœur tout en étant parfaitement conscient des limites de l'exercice....

Écrit par : Vincent | 20/01/2016

Je suis passé par là...
Mais si les meilleures volontés démissionnent il faudra se résigner à pester sans espoir de voir le monde évoluer.
Nous faisons tous de la politique. Vous le premier par votre engagement sur les blogs. Qui d'ailleurs parle presque toujours, directement ou non, des positions politiques des diverses tendances.
L'UDC n'est pas le démon que vous décrivez. Au sein de chaque formation il y a des hommes et des femmes aux sensibilités aussi diverses que les vôtres.
Ils tentent, tant bien que mal, de participer à la chose publique en rejoignant un parti qui est au plus proche de leurs convictions.
Et le système partisan est, malheureusement encore pour pas mal de temps, celui que nous avons choisi pour nous faire représenter par les élus.
L'aventure des Verts lib' m'a enthousiasmée, mais c'est une erreur qui provoque la dilution des voix lors des divers scrutins. Ces petites formations sont condamnées à relativement court terme.
Pour en revenir à l'UDC qui vous horripile tant, je pense qu'elle seule a le pouvoir de faire barrage à la fuite en avant du capitalisme financier. Encore faut-il qu'elle règle ce problème en interne entre sa faction agrarienne et son aile libérale. Si possible sans recommencer l'erreur du PBD qui suit les mêmes travers que les Verts lib'.
Alors voilà, je dis ça, je ne dis rien, mais vous pourriez peut-être envisager de participer à ce monde meilleur, que vous appelez presque désespérément dans chacun de vos billets, en utilisant avantageusement les forces en présence.

Écrit par : Pierre Jenni | 20/01/2016

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