19/12/2015

Esprit de Noël

Alors que certains se réjouissent de la montée de la droite dure à travers l’Europe, du retour en force de ces principes que sont l’ordre, la discipline et l’intolérance et donc de la déchéance de ces affreuses valeurs bobo humanistes héritées de mai 68, il n’est pas inutile de se souvenir que la dernière fois que les populistes et autres réacs xénophobes en tout genre ont eu autant le vent en poupe, c’était dans les années 30…

Quoi qu’il en soit, n’en déplaise à ceux qui semblent si satisfaits par cette situation, personne ne peut nier que cette année 2015 se termine dans une ambiance pour le moins morose...

Alors qu’on devrait pourtant se réjouir que la conférence COP21 ait débouché sur un compromis en guise d’accord qui semble, c’est inédit, plus ou moins convenir à tout le monde et qui devrait, si tout va bien, permettre de prévenir les conséquences du réchauffement climatiques à défaut de pouvoir freiner celui-ci.

Sauf que pendant ce temps :

- V. Poutine nous fait une démonstration de la toute puissance de son armée en Syrie. Il est vrai qu’à partir du moment où il a éliminé, un à un, tous ses contradicteurs intérieurs il n’y a plus que sur la scène internationale où il peut encore montrer ses muscles.

- D. Trump, encouragé par les sondages, n’a visiblement plus de limite en termes de provocation, de racisme et de xénophobie. Visiblement, son discours sans nuance séduit toujours plus l’américain moyen et il est donc en train de devenir un véritable exemple pour tout les populistes de la planète. Cool !

- La famille Le Pen a entre autre très bien compris le concept, et c’est désormais une grande partie des français, désespérés par les faillites successives de la gauche et de la droite, qui semblent vouloir donner une chance à une formation politique dont les limites sautent pourtant aux yeux.

- En Suisse aussi, notre opulence et le cocon social dont tout le monde (sauf les fonctionnaires genevois) semble pourtant conscient n’empêche pas 30 % des votants de soutenir un parti qui a, lui aussi, fait de l’intolérance sous toute ses formes son cheval de bataille.

Et comme, en plus (comme si cela ne suffisait pas) l’inconséquence des interventions militaires occidentales dans les pays du Moyen Orient et de l’Afrique a fini par provoquer l’émergence d’un mouvement terroriste particulièrement barbare se réclamant de l’islam, non seulement, nous sommes désormais à la merci des exactions de commandos d'illuminés drogués mais nous assistons, du coup, à une vague sans précédent d’islamophobie dont une des conséquences pourrait bien être une radicalisation progressive de ceux qui en subissent concrètement les conséquences.

Bref, difficile dans ces condition d’aborder les fêtes avec un esprit de Noël bien positif, même si on se dit, qu’il faut profiter que l’Europe est encore (plus ou moins) en Paix pour jouir de la vie, de nos familles, de nos amis, du privilège que nous avons de pouvoir voyager, fêter, bien manger, rire, partager, etc. etc.

Il n’empêche qu’aujourd’hui plus que jamais, c’est à tous ceux qui refusent de sombrer dans cette dérive rétrograde proposée par l’extrême droite, à ceux qui osent dire non à ce frein brutal de notre évolution, qu’il incombe d’entrer en résistance.

Pour cela, pas question de faire la morale à qui ce soit, mais juste de continuer à espérer en l'humain et affirmer qu’il ne peut y avoir de justice sociale sans une certaine éthique… morale. Aussi démodé que cela puisse paraître !

Joyeuses fêtes !

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06/12/2015

Nos collègues les frontaliers

Incroyable mais vrai, il aura fallu un fort intéressant reportage de Temps Présent sur les frontaliers, pour que, jeudi soir, pour la première fois, j’entende E.Stauffer affirmer quelque chose d’intéressant.

Selon le leader populiste « il se trouvera toujours parmi les millions de chômeurs français, un candidat mieux formé, avec des meilleurs diplômes et plus d’expérience que les candidats genevois". Résultat, si ses résidents n'y trouvent plus d’emplois, notre canton devrait se préparer à une « véritable crise sociale». Pas faux !

Quoi qu’il en soit, le reportage de TP nous l'a confirmé, c’est bien les employeurs qui profitent (plus ou moins décemment) de la concurrence entre une main d’œuvre suisse sérieuse, formée mais chère et une main d’œuvre étrangère tout aussi formée mais prête à travailler plus pour un salaire moindre, en sachant parfaitement que celui-ci sera toujours deux fois plus élevé que ce qui se gagne ailleurs.

Bref, ce n’est pas les frontaliers qui trouvent du boulot en Suisse qu’il faut blâmer mais bien celles parmi les entreprises qui profitent indûment de la situation. D'autant que, crise aidant, ce phénomène pourrait bien s’accentuer avec, effectivement, le risque que celui-ci ne finisse par coûter nettement plus cher à notre canton que les bénéfices à court terme engrangés par les patrons les plus irresponsables ou les plus … en difficulté.

N’empêche (si j’ose me permettre d’aborder ce sujet délicat) qu’il apparait qu’en dehors des plus de 50 ans et des victimes d’une conjoncture difficile dans un secteur d’activité spécifique, il se trouve, parmi les sans emploi, des femmes et des hommes qui sont bêtement et simplement pas assez compétents, formés et/ou fiables pour espérer obtenir un vrai travail. Encouragés par les populistes, ceux-ci auront beau reporter leurs frustrations sur les frontaliers, il n’en demeure pas moins que même sans la concurrence de ces derniers, ils n'apparaissent pas capables d’être suffisamment efficients pour gagner leur vie. C’est triste, c’est dû à des facteurs familiaux et/ou sociaux et je ne me permets donc aucun jugement, c’est juste qu’il s’agit là d’une réalité qu’aucun politicien ne semble vouloir assumer car cela équivaudrait à traiter une partie de la population… d’incapables.

Le souci, c’est que le nombre de ces personnes qui, chez-nous, ne doivent pas représenter plus de 5 % de la population n’augmente pas ou, en tout cas, pas trop. Quelque soit le pays, il est des misères sociales dont, il est est aussi difficile de s'extraire que de ne pas en faire subir le poids à sa descendance...

Bref, on n’est pas au bout de nos peines et la pression est désormais sur les milieux économiques qui doivent absolument traquer les employeurs les plus véreux tout en gardant un œil sur ces départements RH qui maîtrisent mieux les CAP que les CFC.

Un réflexe "régionaliste" sans contrainte serait donc une bonne chose, à condition que nous restions suffisamment loyaux pour ne pas nous en prendre bêtement à celles et ceux qui, finalement, ne sont coupables que d'être parvenu à dénicher un travail bien payé... là où il y en a.

N'en déplaise aux populistes, les insultes, les provocations et le mépris n’ont donc absolument pas lieu d’être.

D'autant que je ne sais pas vous, mais moi j'adore le côté épicurien de mes collègues frontaliers...

 

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01/12/2015

Le meilleur, qui d’autre ?

Peut-être bien que Thomas Aeschi est d’abord et avant tout le candidat de Christophe Blocher. C'est vrai celui-ci donne  l’impression d’être aussi ambitieux que conscient de ses capacités. Il n’en reste pas moins que sa carrière et ses études l’attestent, nous avons à faire à un homme particulièrement doué, bardé de diplômes des meilleures universités du monde, qui a fait ses preuves dans le privé  et donc à priori, un candidat parfaitement apte à obtenir le job de 7ème conseiller fédéral de notre si beau et si riche pays.

D’autant qu’il s’agit de remplacer une Evelyn Widmer Schlumpf qui laissera à beaucoup de monde (en dehors des banquiers et des UDC) le souvenir d’une conseillère fédérale particulièrement bosseuse et clairvoyante. 

Alors quitte à devoir subir un UDC de plus au C.F. autant que cela soit le plus brillant d’entre eux. Aussi hyper actif et néolibéral puisse t'il être.

Ceci dit, en dehors de son choix de parti, je n’ai rien contre Guy Parmelin, il paraitrait même qu’il serait sympa. Grand bien lui fasse, mais visiblement, même lui paraît surpris de se retrouver, sur le ticket final de UDC. Dimanche soir au TJ on avait l’impression qu’il était conscient que le costume de conseiller fédéral est un peu trop grand pour lui. 

Mais bon, on lui doit quand même l’éviction d’Oskar Freysinger ! Comment aurions nous pu, en effet, assumer de voir l'idole des identitaires et autres islamophobes du monde entier devenir un jour président de notre pays? Sans parler que cela aurait été la fâcheuse démonstration qu’en Suisse aussi la roublardise, l'hypocrisie, la manipulation et le narcissisme permettent d’arriver au sommet de l’Etat. Bonjour l’exemple ! 

Quant au léguiste Norman Gobbi, je ne vois pas trop comment l’UDC qui veut légitimement récupérer son siège perdu il y a 8 ans à cause de l’arrogance de Christophe Blocher pourrait, tout à coup laisser celui-ci à un tessinois qui n’est même pas issu du parti. Pourquoi pas, Roger Golay du MCG, tant qu’à rire (jaune)…. ? 

Quoi qu’il en soit, cela me rassure de savoir que les conseillers fédéraux seront choisis par les élus fédéraux jugés suffisamment compétents pour représenter la population de leur cantons (et leurs lobbys respectifs)  plutôt que par une opinion publique bernée quotidiennement par des populistes de tout poil qui sévissent avec toujours plus de virulence.

Toujours est-il que par les temps (difficiles) qui courent, quelque soit le parti, c’est plus que jamais des esprits les plus performants et visionnaires dont nous avons besoin  pour guider notre pays vers un avenir à la hauteur de ce nous sommes aujourd'hui. N'en déplaise à ceux pour qui des critères régionaux et  linguistiques apparaîtraient  plus importants.  

On s’en fou que nos conseillers fédéraux soient disponibles pour les médias, agréables de contact, trop ou pas assez charismatiques, sympas ou tristounets, bourbines ou romands. Les femmes et les hommes appelés à siéger au C.F. doivent simplement être les plus compétents mais aussi et les plus bosseurs parmi les 246 personnalités que le peuple suisse a élu. Ça semble pourtant évident, non ?

Parce qu’un Ueli Maurer au Conseil Fédéral, ça va (enfin, si on peut dire…) mais deux bonjour les dégâts...

13:38 | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |