28/10/2015

Usine, Ordre & Discipline !

 

Mais quelle mouche a donc piqué Pierre Maudet ou plutôt quel lobby s’est montré suffisamment convaincant (ou menaçant) pour que le pourtant encore jeune magistrat PLR décide d’entrer en guerre avec la jeunesse genevoise en s’en prenant à l’Usine ?

 

Est-ce les propriétaires de bistrots qui souffriraient des prix raisonnables pratiqués par ce centre alternatif ?

 

Est-ce les commerçants voisins qui ont en marre des déprédations inhérentes à la présence de jeunes alcoolisés et/ou drogués dans le quartier ?

 

Est-ce des promoteurs immobiliers qui auraient des vues sur le quartier ?

 

Est-ce des fonctionnaires zélés qui sont bien décidés à faire respecter les dizaines de lois et autres règlements pondus annuellement par les autorités législatives ?

 

Est-ce Pierre Maudet et son parti qui ont décidés de se montrer à la hauteur des attentes d’une population toujours plus vieillissante et donc intolérante ?

 

Est-ce pour séduire cet électorat réac qui semble de plus en plus vouloir faire confiance aux populistes ?

 

Ou alors est-ce juste un power-trip bien calculé de notre brillant et ambitieux conseiller d’état ?

 

A mon humble avis, il doit s’agir un peu de tout ça. Toutes ces raisons se tiennent mais la question qui se pose est de savoir si, sans l’Usine, cela ne serait pas pire ? Parce que même si cette réalité semble indisposer un certain nombre de politiciens, il faudra bien que ceux-ci admettent qu’il y aura toujours des jeunes et qu’une bonne majorité d’entre eux ont besoin d’une certaine liberté pour s’éclater mais aussi (voir surtout) pour créer, grandir, s’affirmer et devenir des citoyens aussi brillants et impliqués que sont devenus, aujourd’hui, ceux qui, hier, ont permis à l’Usine d’exister.

 

Il est vrai qu’à l’époque l’UDC et le MCG n’existait pas et les élus d’alors possédaient une sagesse, une vision et une hauteur de vue qu’on peine à retrouver dans la classe politique d’aujourd’hui.

 

Ceci dit, organiser une manifestation de nuit (quand tout le monde est déjà bien allumé) et tagger toute une partie de la ville ne constitue pas une réponse particulièrement constructive et intelligente de la part des défenseurs de l’Usine. En ces temps de dérive de notre société à l’extrême droite, c’est même carrément se tirer une balle dans le pied et les répercussions de ces actes stupides pourraient bien se révéler plus graves que prévu.

 

Sauf que c’est des jeunes, que nous avons tous été jeunes et que nous devrions par conséquent être conscients que par définition ceux-ci ne possèdent pas (encore) le discernement nécessaire pour évaluer les conséquences de leur inconscience.

 

J’oserais dire tant mieux, car quelle société de demain pourrait nous préparer une jeunesse qui serait raisonnable, ordrée et disciplinée avant  d’être inconsciente, joyeuse et dissipée ?

 

L’avenir nous le dira vu que c’est apparemment la vision que Pierre Maudet, et tant d’autres, ont pour l’avenir de notre canton.

 

On se réjouit déjà !

 

 

 

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24/10/2015

Après dimanche, lundi !

 

Depuis dimanche, j’essaye de me rassurer en m’enthousiasmant pour la victoire du jeune, brillant et particulièrement progressiste Justin Trudeau au Canada.

Je me dis qu’il est encore possible d’envisager l’avenir sans ne penser qu’à prévenir, réguler, interdire et fermer les portes. D’autant que le Canada comme la Suisse fait partie de ces rares pays considérés,  à juste titre, comme exemplaires. Chacun avec sa particularité, ses soucis, ses impasses et ses défis mais aussi, mondialisation oblige, confrontés au même monde, injuste, religieux, violent, nationaliste et, cependant…. toujours plus interconnecté. 

 

Bref,  j’ai beau essayer de faire preuve du minimum vital d’optimisme, je n’arrive pas à me remettre des élections de dimanche passé. C'est vrai que j’ai toujours été mauvais perdant et là, une fois encore, c’est le parti qui me semble le plus dépourvu d’une véritable vision à long terme qui sort grand gagnant, plébiscité par pratiquement un tiers des votants.

 

Dieu soit loué, ils n’ont pas encore la majorité, mais pour combien de temps ?

 

Parce que le moins que l’on puisse dire c’est que ça fonctionne le populisme. Comment pourrait-il en être autrement lorsque dans la même phrase, on tente de nous convaincre qu’il serait certain que les Syriens réfugiés de guerre sont d’abord et avant tout des terroristes en puissance et que, comme personne d’autre n’ose le dire, c’est eux les populistes, plus lucides et loyaux que la moyenne, qui seuls peuvent nous protéger. Ben voyons ! C’est tellement facile de jouer avec l’émotionnel.

 

Vous me permettrez toutefois de douter que cette méthode consistant à surfer sur les angoisses des citoyens, à flatter ceux-ci en leur faisant croire qu’ils décident tout en les poussant à mépriser les élites et autres institutions soit particulièrement respectueuse. En partant du postulat que nous serions manipulables à merci, les populistes ne nous prennent-ils pas, avant tout, pour des cons ??

 

Quoi qu’il en soit, ne venez pas me dire que, pas du tout, l’UDC serait juste représentative de notre humeur du moment. Parce que oui, sa victoire correspond parfaitement avec l’ambiance frileuse et paranoïaque des temps qui courent, mais posons-nous la question de savoir qui est parvenu à nous foutre la trouille ?

 

N’est-ce pas à cause de toutes ces votations sur des sujets plus anxiogènes que porteurs de visions que le discernement, la stabilité politique et la sage assurance qui étaient les principaux  atouts de notre pays ont été peu à peu remplacés par de l’inquiétude, de la méfiance, du rejet…et donc cette curieuse frilosité ?

 

Quoi qu’il en soit, lundi,  le Canada, qui devrait pourtant  s’y  connaitre en frilosité, vient de son côté de l’Atlantique de porter au pouvoir un futur premier ministre qui tient un discours pragmatique, d’ouverture, de Liberté et d’investissements complètement décalé par rapport à ce qu’on entend en Europe.

 

Franchement, si j’étais un  investisseur voir une organisation internationale je me demanderais, si la feuille d’érable n’est pas en train de devenir plus sexy et garante d’avenir que la croix suisse qui,  toujours plus isolée, pourrait bien devenir le symbole d’une belle et riche… nécropole.

 

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14/10/2015

Rackettés !

 

C’est l’histoire d’un restaurateur genevois qui a eu la malencontreuse bonne idée d’organiser spontanément, cet été, par une belle journée de canicule, un petit concert improvisé avec quelques musicos présents sur sa terrasse cet après-midi là.  

 

C’est le mot spontanément qui pose problème. Ici à Genève comme partout en Suisse d’ailleurs,  tout doit être prévu à l’avance, organisé, réglementé avant d’être, finalement, autorisé…ou pas.  

 

Pour ne pas s’en être souvenu, notre restaurateur a reçu, il y a quelques jours, un beau courrier de l’Etat accompagné d’une amende suffisamment démesurée pour décourager celui-ci de  toute autre initiative …spontanée.

 

C’est juste une anecdote, malheureusement assez banale, mais comment ne pas la mettre en parallèle avec le message que le procureur a fait passer à la population en décidant pratiquement unilatéralement  (pourquoi les députés n’ont-ils pas leur mot à dire sur un sujet qui touche toute la population ?) d’augmenter, que dis-je, de démultiplier le montant des amendes ?

 

En principe, c’est uniquement ceux qui ne respectent pas les lois qui seront les victimes de ce méchant tour de vis. Sauf qu’à force de racketter les seuls coupables qui sont solvables, c’est finalement un nouvel impôt qui nous est infligé par ce magistrat pas… si libéral que ça.  

 

Il est vrai que les augmentations d’impôts comme les baisses de prestations (mêmes minimes) n’étant politiquement pas envisageables, il faut bien trouver des cochons de payant et dans ce rôle, rien de tel que les citoyens qui ont le malheur d’enfreindre les lois.

 

Parce que finalement, c’est quand même bien à cause de leur infraction qu’ils doivent payer, non ?  Qu’ils se comportent en citoyens responsables, ordrés et surtout bien disciplinés et ils ne s’acquitteront alors « plus » que leurs impôts réguliers, de la TVA… et des surtaxes sur le tabac, l’alcool et l’essence.

 

N’empêche qu’à force d’être considéré comme les vaches à lait du canton, de nombreux citoyens sont de plus en plus portés à se retourner vers ceux, populistes en diable, qui surfent sur leurs frustrations pour exister. Ceux-ci n’ont aucune solution à proposer et si demain, par malheur, ils devaient se retrouver au pouvoir, on n’ose même pas imaginer à quelle sauce nous serions mangés. D’ici là (Prions pour que cela ne nous arrive jamais !) ils ont beau jeu de pointer du doigt les dérives d’un Etat qui semble décidemment prêt à tout pour remplir ses caisses.

 

Rien de très nouveau sous le brouillard genevois me direz vous, sauf qu’avec cette augmentation du montant des amendes, on réalise encore mieux à quel point on vit dans un canton qui, sous couvert de protéger nos libertés, ne se lasse pas d’encadrer celles-ci toujours plus sévèrement, juste pour se financer.

 

La question est donc de savoir jusqu’où cela va aller ? Peut-être sera-t-il bientôt plus simple de nous expliquer ce que nous avons encore le droit de faire plutôt que de nous pondre des lois, des prescriptions et autres centaines de règlements divers et variés mentionnant tout ce qui est interdit et… combien ça coûte de ne pas y penser en permanence.

 

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09/10/2015

Plutôt contre que pour !

 

Je ne sais pas ce qui m’a pris mais voilà que mardi soir, je me suis laissé embarquer à regarder  la séance du conseil municipal de la Ville de Genève. La chicane du jour portait sur l’engagement de 25 nouveaux pompiers. 


C'est bien simple c'était  la caricature de tout ce que je reproche à la politique, ou plutôt au… parlementarisme.


En effet,  même si  en fonction de la réalité de notre monde, cette dualité semble désuète il n’en demeure pas moins qu'avec les (3 ou 4 ?) autres téléspectateurs qui ont réussi à tenir le coup, on a assisté encore une fois  au sempiternel (et tellement convenu) duel droite gauche où chacun accuse l’autre d’avoir les pires intentions...


C’est d’ailleurs, entres autres, pour cela que j’ai arrêté la politique. A part quelques notables exceptions, les personnes que j’y ai croisé semblaient plus désireuses de s’en prendre aux valeurs et aux personnalités du camp d’en face plutôt que déterminées à  faire valoir celles de leur propre bord.  Et encore, j’étais dans un parti dit du centre, je n’ose même pas imaginer le manichéisme ambiant dans les partis clairement positionnés à droite ou à gauche de l’échiquier politique.


Toujours est-il que mardi soir, c’était, en plus, le monde à l’envers avec une majorité de droite qui a réussi à imposer à la minorité de gauche l’engagement de 25 nouveaux fonctionnaires. Ce faisant, la droite s’amusait, visiblement follement, à provoquer leurs vis-à-vis de gauche en leur expliquant qu’ils étaient tout à fait dans leur droit de refuser l’engagement de nouveaux pompiers mais qu’ils devraient alors l’assumer. Quant à la gauche, elle enrageait en constatant que la droite profitait de sa majorité pour faire voter des dépenses hors budgets qui en, d’autres temps (nous sommes en campagne électorale ne l’oublions pas) n’auraient jamais passés.


Résultat c’était la cacophonie et surtout la démonstration d’une certaine incurie. D'autant que plus le débat avançait, plus les arguments des uns et des autres devenaient provocateurs et méprisants et donc, de moins en moins rationnels et constructifs. Pauvres pompiers, à aucun moment, il n'a été question des défis et autres difficultés auxquels ils doivent faire face. Ridiculiser ses adversaires, c'est tout ce qui comptait.

 

 

Du coup, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à une scène qui m’a particulièrement marqué dans le film de J.S. Bron,  « L’Expérience Blocher ». Il y a en effet un moment assez effrayant où l’on voit le tribun UDC sortir furax d’une réunion en expliquant que désormais, l’UDC va lancer des initiatives dont le but consistera à embarrasser ses adversaires devenus, suite à son éviction,  ses ennemis. On sait où cela nous a mené….


Bref, une fois de plus il apparait que pour nombre de politiciens et autres militants il faut d'abord être contre avant d'être pour. Chacun dans son camp il est en effet de bon ton d'être avant tout; contre la gauche, opposé aux verts, méprisant avec l'UDC ou encore injurieux envers le PDC 


Ok mais si j'ai envie d'être pour, de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, de prendre ce qu’il y a de mieux un peu partout,  je fais quoi ?


Pas de la politique ce qu’il y a de sûr !


 


 

 

 

 

 

 

 

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01/10/2015

Le ridicule ne tue pas mais il peut faire mal…

Mort de rire, j'étais mort de rire en découvrant les passeports suisses dépassant de la poche des jeans de Céline Amoudruz et d'Yves Nidegger sur l’exaspérante affiche UDC qui a envahi un bon tiers des emplacements publicitaires à louer du canton.

C'est qu'ils en mettent du pognon dans la communication à l'UDC !

 

Un peu trop même, quelques économies leur auraient permis de se passer du génie des publicistes et autres graphistes qui ont eu l'idée "vormitable" de déguiser une banquière et un avocat genevois en... paysans suisses.

 

On l'a bien compris c'est ce dernier adjectif qui compte, au point que des brillants créatifs ont jugé bon d'en rajouter une couche en insérant un passeport rouge à croix blanche à l’étonnante panoplie rurale de ces deux candidats au Conseil d'Etat. Des fois qu'à cause de leur blondeur commune, on les prenne pour des Suédois…  

 

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