30/09/2015

… entre bobos et fachos

 

Mais quelle triste campagne électorale, en dehors de l’incontournable crise migratoire, on dirait qu’aucun autre thème n’est jugé suffisamment important par les partis politiques et par ... l’opinion publique.


Même la pourtant si nécessaire et si urgente transition énergétique semble mise de côté. Oublié Fukushima, oublié la vétusté de la centrale nucléaire de Beznau (la plus vieille du…monde). aujourd’hui ce qui compte c’est de choisir son camp par rapport au traitement des migrants qui affluent sur l’Europe.

 

Le plus affreux c’est que les positions sont si tranchées et les justifications si manichéennes que la population se retrouve scindée en deux camps, visiblement inconciliables, avec d’un côté les « angéliques et naïfs bobos » et de l’autre « les pseudos lucides et obtus fachos ». Car c’est bien en effet  en ces termes méprisants que chaque camp décrit son adversaire. 

 

Autant dire que cette division de la population m'attriste et j’ai donc particulièrement hâte que la campagne électorale se termine. Je veux croire, en effet, que quand le peuple se sera exprimé, lorsque chaque parti saura quel pourcentage de la population le soutient, les tensions baisseront un tant soit peu et il sera alors à nouveau possible de dialoguer avec un tenant du camp adverse sans en arriver immédiatement à des insultes synonymes d’incompréhension.

 

Il est vrai que le sujet est complexe et qu’il n’y a pas des bonnes questions d’un côté et des mauvaises réponses de l’autre. Et ce d’autant que cette réalité n’est pas réservée à la Suisse mais bien partagée par le reste de la planète et plus particulièrement par l’Europe. Du coup, ceux qui pensent qu’il suffit de se barricader chez nous et d’observer nos voisins européens s’écharper face à cette invasion incontrôlable de migrants sont autant dans l’erreur que ceux qui persistent à affirmer que notre devoir de solidarité doit et devra toujours l'emporter sur toutes autres considérations. 

 

Bien sûr, on ne peut pas rester sans bouger, ni même sans se positionner. Encore faudrait-il qu’on puisse le faire en toute connaissance de cause, sans subir les délires d’une « fachosphère » plus active, méprisante et intolérante que jamais ni les justifications moralistes de celles et ceux qui ne comprennent pas, qu’à terme, leur approche pourrait bien déboucher sur une telle exaspération de la  population qu’il ne sera plus possible d’en contrôler les  conséquences… entres autres politiques.  

 

Malheureusement, à quelques deux semaines des élections fédérales, aucun discours apaisant et véritablement objectif ne se fait entendre. Chacun campe sur ses positions, aussi convaincu d’avoir raison que prompt à s’en prendre à ceux qui pensent différemment. Plus rien, ni personne ne semblent faire consensus. Dans  un pays comme le nôtre, qui tire sa force de la pluralité des opinions et d’un système politique basé sur les compromis, j’ai peur que cette polarisation soit un signe annonçant la fin de notre particularité.

 

Voilà pourquoi, il ne nous reste plus qu’à espérer qu’un événement  (ou une personnalité) suffisamment rassembleur finisse par émerger pour que nous parvenions à recoller les morceaux avant qu’il ne soit trop tard. 

 

Il en va de notre sacro sainte cohésion nationale !  

 



 

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20/09/2015

A l’impossible, nul n’est tenu !

Il fallait oser le dire et il l’a fait, je ne me rappelle plus de son nom mais je sais juste que c’est un professeur d'uni spécialiste reconnu des migrations. Et bien cet expert a émis l’avis le plus pertinent que j'aie entendu sur le sujet durant ces dernières semaines.
En effet, selon lui, il n’y a rien à faire par rapport à la crise migratoire que connait l’Europe et ce d’autant plus qu’un éventuel règlement de celle ci n’est….qu’un fantasme de politiciens.

Si je ne suis pas assez calé pour affirmer qu’il n’y a vraiment rien à faire, j'observe cependant que les dirigeants politiques préfèrent effectivement  rassurer une opinion publique plus tyrannique que jamais avec des promesses chimériques plutôt que d'admettre, avec lucidité et honnêteté, les impasses dans lesquelles nous nous trouvons. 

D'ailleurs, dans le genre c'est désormais l'opinion publique qui mène le bal, le Temps Présent de jeudi passé m'est apparu  assez parlant. Un reportage bouleversant nous expliquait, en effet, que désormais les juges sont si tétanisés par le traitement médiatique et l’exploitation populiste des crimes commis par des récidivistes qu’ils sont prêts à laisser des hommes enfermés «en attente d’amélioration» durant des années plutôt  que de prendre le risque (modéré) de se mettre à dos, une fois de plus, une population toujours plus avertie et intolérante.

Mais pour en revenir à la crise des migrants, vu que cela semble être un des sujets sur lequel les Suisses qui votent vont devoir se positionner, il est évident que s'il existait une véritable solution crédible, parce que pragmatique et acceptable par la majorité, ça se saurait. Les leaders politiques ont beau s’égosiller pour promettre un règlement de la situation, aucun ne détient le moindre soupçon de solution ! 

Tant que le fossé entre les pays riches et les pays pauvres, entres les pays laïques et les pays soumis à l’obscurantisme religieux, entre les pays en paix et les pays en guerre, bref, tant qu’il y aura autant de différence au niveau de la qualité de vie entre nous, "riches" occidentaux et eux, pauvres du tiers monde et autres réfugiés de guerre, personne ne pourra empêcher ceux-ci de venir tenter de grappiller quelques miettes du gâteau de notre prospérité économique. Qu’ils parviennent à entrer par la porte, la fenêtre, le soupirail ou la cheminée, les migrants sont prêts à endurer toutes les humiliations méprisantes pour essayer d'avoir droit, eux aussi, à une vie décente. 

Sauf qu’il semblerait qu’une grosse partie des populations européennes  ne soit pas prête à partager. On peut en comprendre les raisons, d'autant que, pour beaucoup (particulièrement dans les ex-pays communistes) la vie est rude. N'empêche qu'il apparaît que plus les citoyens sont instruits et aisés moins ils rejettent ceux qui n’ont pas eu la même chance qu’eux. 

Bon d’accord, la Suisse fait un peu exception mais n'est-ce pas là l'histoire de notre pays ? Dans  l’ensemble on est plutôt solidaires et généreux, sauf que depuis une vingtaine d’années, l’immigration est prise en otage par un parti particulièrement puissant et doué pour la provocation et donc pour... la communication. Du coup ça donne parfois l’impression que le seul moyen de «Rester Libre » consisterait à se barricader chez nous.

Dieu soit loué, sauf surprise, le 18 octobre prochain plus des deux tiers des électeurs devraient avoir la sagesse de choisir des projets d'avenir et des porteurs d'espoirs différents, pas parfaits certes mais un tant soi peu plus... réalistes.

Tant qu'ils ne tentent pas de nous convaincre qu’ils sont capables de régler la crise des migrants...

 

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11/09/2015

Le temps des choix !

Voilà c'est (presque) fini, les vacances s'achèvent avec cette arrière goût de mélancolie, mais aussi avec la satisfaction d'en avoir profité au maximum. Peut-être aurais-je dû encore plus lâcher prise en oubliant mon smartphone à la maison et en n'allumant pas les TV présentes dans chaque chambres d'hôtel. À priori je n'en suis pas (encore ?) capable.

Du coup après les lectures de bouquins, de guides et ... de menus de restaurants, entre succulents  repas, lézardage et autres découvertes de lieux magnifiques, j'ai quand-même suivi les parcours victorieux de Federer et Wavrinka mais aussi ceux, si tragiques, des milliers de réfugiés qui fuient leur réalité pour venir se buter sur la nôtre...

Celle d'une Europe plus divisée que jamais entre ceux qui estiment que notre devoir consiste à accueillir d'abord et... à réfléchir comment ensuite et ceux qui, convaincus qu'il faut au contraire ériger des murs, semblent presque autant mépriser ces milliers de familles et d'individus en errance que les "naïfs humanistes" qui veulent les secourir. 

Autant dire qu'en Italie, j'étais au premier rang pour observer ce phénomène où  chacun s'estime rageusement plus légitime que l'autre. 

Des paroles m'ont cependant particulièrement touchées, proférées par un homme au courage hors du commun mais qui est paradoxalement  de moins en moins audible chez nous où la laïcité est devenue le dogme ultime; Francesco, comme ils l'appellent ici, "Il Papa". 

En l'entendant expliquer que les églises qui refuseraient d'accueillir des réfugiés devaient alors êtres considérées comme des... musées, je n'ai pas pu m'empêcher d'y voir une métaphore de nos riches sociétés occidentales.

Toujours prêtes  à s'indigner et dénoncer l'intolérable un peu partout, elles sont aujourd'hui directement soumises à une situation incontrôlable et elles se retrouvent donc à devoir se positionner clairement quant à savoir s'il vaut  mieux s'ouvrir ou se refermer, évoluer ou stagner, être solidaires ou solitaires, compatissants ou rigides, nationalistes ou mondialistes....

L'heure est, par conséquent, venue de faire des choix. Cela sera sans doute douloureux, source de conflits et de divisions mais nous en sommes là, il y a un moment où il

n'est plus possible de se défausser. 

À nous de savoir si nous préférons imaginer nos sociétés de demain en optant pour l'approche du pape François ou celle de ...Viktor Orbán ?

 

 

 

 

 

 

 

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