10/04/2015

Amiante, Malbouffe : Même combat ?

 

En deux soirs (vive la télévision publique !), je suis tombé sur une émission sur les méfaits de l’amiante et une autre sur ceux des OGM. Rien à voir me direz-vous, si ce n’est que le moins que l’on puisse dire c’est que ces deux fléaux ne sont pas combattus avec la même énergie.

 

Je devrais plutôt dire avec la même hystérie lorsqu’il s’agit de l’amiante. Loin de moi l’idée de nier la dangerosité de ce produit (j’ai connu personnellement un homme dont le métier consistait à isoler des conduites dans des raffinerie avec de l’amiante, qui est mort… d’amiantose) mais de là, à tomber dans la rigidité et l’excès de zèle qui caractérisent (trop souvent) les fonctionnaires en charge de veiller à la suppression progressive de toutes les présences possibles d’amiante, il y a un pas que seule des administration (par définition, psycho rigides) osent franchir.

 

Sans oublier que la détermination de la présence (ou non) d’amiante et le désamiantage sont devenus les nouvelles vaches à lait du secteur de la construction et que certains semblent, donc, bien décidés à faire fortune en exploitant à fond le filon.

 

Entendons-nous bien, je ne remets rien en question, je m’interroge seulement sur la différence de traitement entre un produit avec lequel, il faut vraiment être en contact direct et régulier (et encore) pour mettre sa santé en péril et cette pléthore d’aliments plus ou moins contaminés par des produits chimiques en tout genre que nous ingurgitons quotidiennement.

 

Et si notre société a (enfin) décidé de s’attaquer au premier, il semblerait que pour notre alimentation, il faille encore attendre d’autres reportages édifiants et surtout la démonstration concrète (c’est-à-dire des cas médicaux incontestables) de l’irresponsabilité ahurissante d’une certaine industrie agro-alimentaire avant que nous en arrivions à réaliser que petit à petit, sans vraiment nous en rendre  compte, nous sommes en train de nous faire, bêtement et simplement, … empoisonner.

 

Il n’y a d’ailleurs, rien de plus révélateur de la scission de notre société en classes sociales distinctes que l’alimentation. En effet, si tout le monde est en mesure de comprendre à quel point c’est vital de manger des fruits, des légumes, de la viande et autres produits finis les moins traités possibles, tout le monde (loin s’en faut) n’est, malheureusement, pas en situation financière, de se nourrir uniquement avec des produits de qualité aussi savoureux que saints pour la santé.  Résultat, ce sont les personnes et en particulier les familles les plus modestes qui subissent les principales conséquences (et Dieu sait si elles sont nombreuses) inhérentes à l’absorption régulière de produits saturés de gras, de sucre, de sel, d’additifs, d'émulsifiants, de colorants, d’OGM et autres pesticides en tout genre.  

 

Faut-il pour autant souhaiter l’arrivée des flics de la bouffe qui viendraient nous pondre des règlements aussi tordus que touffus pour nous indiquer ce qui est  bon et  ce qui ne l’est pas ? Evidemment que non, à condition cependant, de pouvoir compter sur l’hypothétique « auto régulation » de l’industrie agroalimentaire.

 

La balle est donc dans son camp, dans celui des producteurs, comme dans ceux des grossistes et des distributeurs. A eux d’essayer de résister au lobbying particulièrement agressif des vendeurs d’OGM et de produits chimiques tout en étant en mesure de servir, prévenir et informer correctement les consommateurs.

 

D’autant qu’il ne semble pas que cela soit si compliqué de réaliser qu’à force de jouer avec le feu, les producteurs et vendeurs de malbouffe pourraient bien finir par se retrouver dans la même situation que feu l’industrie de l'amiante : abandonnés, dénoncés, condamnés, voir même (pour certains…) ruinés suite à divers procès pour …. « mise en danger de la vie des consommateurs » !!

 

D’ici là,… Bon appétit pareil !

 

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