27/03/2015

Être dupe…. ou pas !

 

Je ne vois pas en quoi l'avènement de partis et groupements politiques de type FN, UDC, Podemos, Tea Party, Syriza, MCG et autres Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo ne peut être compris autrement que comme la terrifiante conséquence d'un inexorable abrutissement des masses. 

Expliquer à qui veut bien l'entendre que les politiques sont invariablement des incapables et que tous les problèmes peuvent être réglés en claquant des doigts ne constituait pas un discours vraisemblable, il y a encore quelques années. Aujourd'hui plus tu tiens des théories simplistes, plus tu promets que tu vas mettre au pas les élites (financières mais aussi culturelles, médiatiques, et intellectuelles) rien qu'en haussant le ton, plus ils s'en trouvent pour te croire.

Non, je ne méprise pas le peuple, bien au contraire, je le respecte suffisamment pour penser qu'il mérite beaucoup mieux que la bouillie médiatique et les promesses démagogiques qui lui sont servis quotidiennement par ceux qui ne considèrent la population que comme des parts de marchés (et/ou des électeurs) à conquérir par tous les moyens. 

La faute n'est donc pas au public qui demande des sottises mais bien à ceux qui ne sont pas capables de lui proposer autre chose.....

Ce n’est pas moi qui le dis, c'est Cervantes (via Don Quichotte) qui avait déjà tout compris…. il y a plus de 500 ans !

 

Quoi qu’il en soit, sauf un changement de paradigme, dont je ne vois pas trop ce qui pourrait le provoquer, on peut craindre que les  populistes n’aient pas fini d’embarquer les foules.

 

C'est hallucinant, ça fait peur mais c'est bien la réalité du monde dans lequel nous vivons.

 

C'est alors aux citoyens qui ne sont pas dupes de savoir s'ils préfèrent surfer sur le phénomène (et… en profiter !) ou tenter de le combattre...

 

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22/03/2015

Victor

Il s’appelait Victor, on se détestait et on s’insultait. Il dédaignait mes propos, mes questions, mes convictions, je détestais son racisme, son mépris des musulmans, sa haine des juifs et la totalité de ce qu’il affirmait.

Ça avait commencé juste après les attentats du 11/09/01. Les blogs n’existaient pas encore mais il y avait des forums mis à disposition par des médias ou des privés. On s’y retrouvait pour des véritables bagarres rangées entre « pseudos ».  Personne n’aurait eu l’idée saugrenue de mettre son vrai nom, notamment à cause des horreurs qu’on s’échangeait.

Les principaux points d’achoppement était le 11/09 et ses produits dérivés (Etats-Unis, Al Qu’Aïda, G.W.Bush, Ben Laden, Wolfowitz, Saddam Hussein, etc. etc.) et chacun défendait ses convictions avec autant de hargne que de persuasion. Tout le monde était convaincu d’avoir raison et donc que ceux qui ne voyaient pas les choses de la même façon ne pouvaient être que des ignorants ou des collabos mais, dans tous les cas, ils représentaient les ennemis qu’il fallait contrer avec tous les arguments possibles, même les plus insultants, même les plus grossiers.

Dieu sait, s’il y avait à boire et à manger dans ces forums sauf, qu’étrangement un petit groupe d’intervenants a fini par en ressortir, en particulier parmi les intervenants du forum du site du journal « Voir«  (genre de GHI  culturel distribué gratuitement le jeudi dans toute la région de Montréal). On  se détestait, on s’insultait mais on se retrouvait si régulièrement qu’un intervenant a eu l’idée insolite de tenter de nous réunir dans un café branché du centre-ville. 

Autant dire que je n’étais pas prêt à ça, mes ressentiments étaient trop exacerbés et vu tout le mal que je pensais de Victor en particulier,  je n’avais pas du tout envie d’avoir à faire à lui. Mais peu à peu, les rencontres se sont faites de plus en plus régulières et j’ai profité  de l’absence annoncée de Victor, pour finalement m’y rendre. Dire que je m’y suis fait des copains seraient exagéré mais cela m’a donné l’opportunité de rencontrer des gens particuliers avec, bien souvent, un parcours de vie différent et donc édifiant.  

Et puis un jour, il y a eu le message d’un intervenant pour nous expliquer que Victor était gravement malade et même condamné et qu’avant de mourir, il avait émis le désir de pouvoir rencontrer ses partenaires virtuels avec lesquels, ils passaient des longues heures (Victor était omniprésent sur les forums) à débattre.  

Là encore, je n’étais pas très chaud. « Ouf, un facho de moins » avait en effet été ma première réaction à l’annonce de sa mort imminente. Je n’en suis pas très fier, mais on était en guerre, il y avait eu des mots, des insultes, des insinuations, des postures, des affirmations décrites comme vérité que je ne pouvais pas laisser passer ni mettre de côté.

Toujours est-il que j’y suis allé, j’ai rejoint cette équipe d’allumés dans une cabane à sucre du nord de Montréal. Ils étaient presque tous là et au bout de la table trônait une sorte de monstre qui avait dû être énorme mais qui n’était plus qu’une sorte de vieille baleine toute ridée, recouverte de boutons blancs et autres vergetures purulentes, le tout surmonté d’une énorme tête rousse ornée d’une épaisse moustache en forme de guidon de vélo. Un morse échoué me suis-je dit en apercevant Victor.

Celui-ci m’a immédiatement interpelé avec un accent québécois à couper au couteau :


C’est toi Diego ? (c’était mon pseudo de l’époque)

 …..

Enfin 

…..

Tu ne t’es pas rendu là pour m’achaler,  Ostie ?

….

Ramène-toi,  j’ai quelque chose à partager avec toi !


Avant que j’aie eu le temps de dire quoi que ce soit, il m’avait emmené à l’extérieur et allumé un joint qu’il m’a tendu après y avoir tiré quelques taffes.

D’abord tous les deux puis avec les autres intervenants réunis cet après-midi glacial de fin d’hiver, nous avons parlé de tout, de la vie, de la maladie, de nous mais surtout de beauté, beauté de la nature, beauté des femmes, beauté de la musique, etc. etc.  A aucun moment, nous n’avons abordé les sujets qui fâchent, à aucun moment je me suis souvenu que les hommes et les femmes avec lesquels je passais cet après-midi merveilleux étaient, en fait, mes ennemis virtuels.

Ce n’est qu’avec le recul et la mort de Victor, survenue quelques semaines plus tard, que j’ai réalisé que  ce n’était pas les êtres humains cachés derrière leur pseudo (et/ou leur image publique) que je combattais mais bien leurs idées plus ou moins bien relayées par un personnage virtuel créé pour ça….

Sacré Victor, tu m’auras au moins appris cela et du coup je ne t’oublierai  jamais. Tu vois, aujourd’hui, plus de 14 ans après, je te rends même hommage, qui l’eut cru ?

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14/03/2015

Monsieur Decaillet, je ne vous comprends pas.

J'aurais préféré répondre à vos textes et articles directement sur votre blog mais comme, une fois encore, vous avez décidé de ne pas publier mon dernier commentaire (où, il est vrai, je vous confonds intentionnellement avec ces populistes que vous défendez avec autant d'acharnement que de persévérance), c'est via mon blog que j'aimerais vous affirmer que votre position m'échappe totalement.

En effet, je ne vois pas en quoi l'apparition d'un clivage entre les communes genevoises les plus populaires et celles plus bourgeoise peut constituer une nouvelle réjouissante.

Je ne comprends pas votre intérêt à soutenir les populistes contre les partis traditionnels, droite et gauche confondus (comme ils le sont d'ailleurs dans la plupart des exécutifs). 

En quoi ceux-ci auraient à ce point mal agi pour que vous leur préfériez des hommes  (et quelques rares femmes aussi) aussi incapables de respecter les institutions et ... leurs opposants que de tenir des propos autres que parfaitement ... démagogiques  ?

Autant un éventuel soutien à une proposition tierce (même d’extrême droite, même populiste) peut, à la rigueur, être compréhensible en France où gauche et droite ont successivement failli à la tâche, autant chez nous (où notre pays, cantons et communes sont prospères) votre désir de grand chambardement m'apparaît particulièrement surprenant voir même suspect.

Est-ce dans le but de pouvoir exercer (avec un certain talent, il est vrai) encore longtemps vos activités de polémiste, de donneur de leçon et de distributeur de bons mais surtout de mauvais points que vous avez décidé de soutenir ceux qui apparaissent comme les moins aptes à  appréhender  les subtilités de la politique où, contrairement à ce qu'ils affirment, rien n'est jamais simple, ni évident, ni tout blanc, ni tout noir ?

Bref, encore une fois, je ne comprends pas à quoi vous jouez. 

Et si vous n'aviez pas autant d'expérience de la politique, je ne ferais même pas attention à vos propos, mais comme tel n'est pas le cas, je me permets de m'interroger publiquement (sans illusion quant à une éventuelle réponse de de votre part cependant) sur votre soutien (plus ou moins équivoque) à la politique du ...pire. 

En m'excusant pour ma curiosité, je vous souhaite un beau dimanche. 

VS

NB : Si votre réponse consiste à dire que non, vous exercez votre travail de journaliste en toute objectivité, vous m'en voyez rassuré mais je vous encourage, toutefois, à vous interroger sur ma perception d'autant que je sais celle-ci partagée par un grand nombre d'observateurs... 

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13/03/2015

Semaine contre le racisme

En temps normal,  je n’aurais même pas remarqué cette affiche qui fleurit chaque année dans les rues de Genève pour nous annoncer la « Semaine contre le racisme ». Sauf que là, non seulement elle m’a sauté aux yeux mais surtout cette manifestation m’est parue plus importante que jamais même si elle est probablement… moins urgente que celle qui aura lieu l’année prochaine.

Pour autant, d’ailleurs, que cet événement  continue à être organisé car il apparait de plus en plus clairement que nous sommes face à une évolution impitoyable de la société où le rejet de l’autre est  en train de remplacer ces valeurs, aujourd’hui désuètes, que sont la solidarité et la compassion.

Il est vrai qu’à chaque fois que l’homme a été confronté à une crise il a cherché à désigner des coupables et donc des ennemis à mépriser. L’important étant d’avoir quelqu’un à qui imputer tout ce qui ne va pas. Ici  à Genève, c’est les frontaliers qui, une fois de plus, sont la cible de nos populistes, ailleurs (mais également chez nous, rassurez-vous !) c’est encore et toujours les juifs mais aussi  les musulmans, les élites, les réfugiés, les riches, l’Europe, les bobos, les gouvernements, les patrons, les écologistes, etc. qui sont montré du doigt.

Peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse de cette  détestation qui permet, apparemment (?) de se sentir …tellement… meilleur.


L’autre soir, ma compagne se moquait gentiment de Madonna à qui elle reprochait un discours de «Miss  Monde » lorsqu’elle affirmait vouloir « la paix dans le monde ». C’est vrai que cela  peut faire sourire, sauf que la question est de savoir combien de temps encore il sera possible de tenir ce genre de lieux communs. A quand des peoples revendiquant ouvertement leurs luttes contre les étrangers et les… pacifistes ?  Ces discours pullulent déjà dans nombre de sites internet, essais pseudo modernes, médias et autres blogs néo-réacs. De là à penser qu’ils vont devenir la norme….

Personnellement, le seul aspect positif que j’y vois c’est que cela pourrait pousser les derniers défenseurs de ces droits de l’homme, si décriés  ces  temps-ci, à se regrouper pour mieux entrer en résistance. Puisse alors les religions qui, à leur façon, prônent l’Amour et la Liberté, être légitimement considérées comme des facteurs d’unité et de fraternité ! C’est en tout cas à ce maigre espoir que je  tente de me raccrocher.

 Et ce d’autant plus que ce qui motive mon cri du cœur d’aujourd’hui, c’est l’effroi que j’ai ressenti en prenant  connaissance des commentaires (d’amis, d’amis !) sur Facebook par rapport à la nomination de Monsieur Tidjane Thiam à la tête du Crédit Suisse.  Tout à coup  j’ai eu l’impression de vivre au fin fond de l’Amérique profonde d’avant M. Luther King ou encore en Afrique du sud au temps l’apartheid.

Visiblement, ici chez nous en Suisse, terre de liberté, de paix et d’accueil, pour de (trop) nombreux de citoyens, il est parfaitement inconcevable qu’un homme de couleur puisse posséder les compétences (et donc bénéficier d’un salaire en conséquence) nécessaires pour diriger une entreprise de cette importance. Sa future présence à la tête du C.S  est alors  jugée au mieux comme une « farce incongrue », au pire comme une « provocation irresponsable » …..

Si, si, il faut se rendre à l’évidence, nous en sommes bien là. On a pourtant tenté de grandir et d’évoluer et, à un moment, j’ai même pensé qu’on  y était arrivé mais, allez savoir pourquoi, on est en train de retomber en arrière et rien ne semble pouvoir freiner notre chute.

Pas même, j’en ai bien peur,  la semaine contre racisme qui s’en  vient…….  

 

www.semainecontreleracisme.ch/fr/programme/geneve/22

 

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01/03/2015

Hommage d'un pessimiste à un humaniste !

Je n'arrive plus a lire et pourtant, Dieu sait si j'aime ça !

Je ne sais plus sur quoi écrire, ce n'est pas les sujets qui manquent, au contraire il y en a beaucoup trop.
Je ne parviens pas à me concentrer sur un seul thème et ça me prend la tête. 
 
Et puis, alors que j'aimerais être léger et constructif, à chaque fois ou presque, ça sort tout croche !
En fait à la fin quand je me relis,  je réalise à quel point, je suis d'abord et surtout inquiet, pessimiste, limite prophète de malheur !
Visiblement j'ai encore plus peur du monde que nous allons laisser à nos enfants que ce que je pensais.
 
Il est vrai qu'avec l'avènement spectaculaire de Daech, du dérèglement  climatique, des populistes et de Poutine (je m'arrête là avant de vous faire une liste) il n'y a pas de quoi être particulièrement confiant. 
 
Certes, chaque génération a ses soucis mais là, nos pauvres enfants et petits enfants, j'ai bien peur qu'ils morflent sévère. Même chez nous les privilégiés de la planète, ici en Suisse. C'est que les catastrophes naturelles et les nuages nucléaires ça ne tient pas trop compte des frontières.... 
 
Autant dire qu'aujourd'hui, il est trop tard (et la conférence de Paris n'y changera probablement rien) pour prévenir les fléaux climatiques qui nous menacent, c'est pourtant pas faute de visionnaires et autres lucides en tout genre qui, depuis des années, se sont époumonés à sonner l'alarme...
 
Apparemment la croissance économique, notre qualité de vie et la nécessité de ne pas remettre en question l'ordre établi sont considérés comme plus importants que l'avenir de celles et ceux  qui nous suivront. Dans le genre génération d'égoïstes, l'histoire se souviendra de nous...
 
Quoi qu'il en soit, je n'en suis pas moins conscient que la vie est belle, que la nature est magnifique et que les relations humaines peuvent être riches en petits et grands bonheurs... Alors pourquoi autant de pessimisme ? 
Je préfèrerais tellement être capable de voir le verre à moitié plein et de relayer toutes (et elles sont nombreuses) les actions et autres propositions constructives dont j'ai connaissance....
 
Allez je l'avoue, mon objectif c'est d'être capable, un jour, d'arriver à la cheville de celui qui,depuis des années, me fascine parce qu'il est parvenu (3 fois par semaine) a être aussi pertinent que... drôle.
Pas certain, toutefois, que j'en sois capable et si je ne ressentais pas ce besoin (parfois pressant) de m'exprimer publiquement, je ferais comme celui qui, durant 40 ans, a enchanté, instruit mais aussi irrité ses milliers de lecteurs, comme Pierre Foglia*  (qui, lui, l'a amplement mérité) ... je lâcherais l'affaire.  
 
 
 
 
*  chroniqueur  et polémiste au journal La Presse / Montréal  http://www.lapresse.ca/chroniqueurs/pierre-foglia/ qui a annoncé ce samedi qu'il était désormais à la retraite.
Une de ses particularités étant d'exprimer ses coups de cœur et ses indignations à la première personne du singulier, c'est bien uniquement et exceptionnellement pour lui rendre hommage que je m'y risque dans ce texte qui se veut un (très) modeste hommage. 

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