07/02/2015

Opinion publique versatile et manipulable !

S’il fallait vraiment une démonstration éclatante de la versatilité de l’opinion publique, l’incroyable remontée de la cote de popularité de François Hollande dans les sondages apparaît, pour le moins, comme révélatrice. 


Alors que celui-ci n’a fait que son devoir de président, alors qu’il s’est juste comporté avec la décence et la dignité inhérente à son rang, voilà que ces mêmes Français qui, en décembre encore, n’avaient de cesse de se moquer et de mépriser leur président (avec un acharnement et un manque de respect qui laisse, par ailleurs, songeur) sont aujourd’hui fiers de celui qu’ils ont élu en 2012. 


Tant mieux pour lui et tant mieux pour nos voisins s’ils ont soudainement moins honte du premier d’entre eux. N’empêche que cette foudroyante remontée dans les sondages apparait comme particulièrement surprenante. Comme si, du jour au lendemain, il était possible de changer si radicalement d’avis.


Et pourtant c’est ce qui s’est passé, l’opinion publique, choquée par les attentats du début de l’année, s’est soudainement métamorphosée. Pourquoi pas d’ailleurs ?  En soit, il n’y a rien là de blâmable, c’est juste spectaculaire


Soit, mais cette versatilité nous amène alors à nous interroger sur l’objectivité et le recul émotionnel nécessaires lorsqu'il s'agit de faire des choix politiques fondamentaux pour l’avenir.


Gageons, par exemple, que si (par malheur pour eux) les Français devaient eux aussi s’exprimer prochainement sur l’interdiction des minarets, le résultat de ce référendum serait d’au moins 80 % (ou de 95 % ?) en faveur de cette réglementation qui ne résoudrait pourtant absolument rien. 


Parions également que si le premier référendum des Verts Libéraux visant à accélérer la transition énergétique vers des sources d'énergies plus responsables avait eu lieu quelques semaines après le drame (toujours pas réglé d’ailleurs) de Fukushima, le peuple aurait sûrement massivement suivi ce parti sur la voie de la modernité. 


Bref !  Que cela provoque du bon ou du moins bon, c’est toujours périlleux de prendre des décisions importantes sous le coup des émotions. Cela parait évident lorsque cela touche nos vies privées ou professionnelles, sauf que dès qu'il s'agit de politique, peu nombreux sont les partis et les hommes politiques qui osent l’affirmer. Au contraire, la majorité d’entre eux préfèrent miser sur les sentiments et autres ... ressentiments de la population tout en flattant sa légendaire perspicacité  avec les résultats passés et futurs qu’on connait et qu’on… craint.


                                                            ***


Rien à voir ou presque mais dans le genre, comment prendre les électeurs pour des cons, c’est sans surprise qu’en jetant un coup d’œil sur les listes des candidats des prochaines élections municipales, on constate que nombreux sont les députés cantonaux qui y figurent. On a bien compris que c’est d’abord et surtout pour « tirer les listes » que ceux-ci se présentent dans leur commune. C’est de bonne guerre à condition que les électeurs sachent pertinemment qu’advenant qu’ils soient élus, la grande majorité d’entre eux démissionnera dans les mois suivants leur élection pour laisser leur place aux « viennent ensuite ». 

Du coup chacun fera bien comme il voudra, mais en sachant que certains ont déjà démissionnés plusieurs fois, autant éviter de leur donner cette peine en optant directement  pour celles et ceux qui siègeront ...vraiment. 

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