31/01/2015

Mésopotamie.com

Impressionnant et édifiant le dernier reportage de Temps Présent sur l’état islamique. On croit avoir tout vu, tout lu, tout entendu et on réalise qu’il y a encore tellement d’informations (que les médias traditionnels semblent avoir jugé impropres à une diffusion massive) qui nous ont échappé. Nous voilà, alors, confrontés à une réalité encore plus complexe et inquiétante que tout ce qu’on pensait pourtant avoir compris.

 

Personnellement, ce qui m’a  troublé, c’est de réaliser que les territoires annexés par l’état islamique sont situés entre ces deux fleuves que sont le Tigre et l’Euphrate et donc en… Mésopotamie. Cette région si singulière considérée comme le berceau de l’humanité, que cela soit à cause de son histoire si riche, de sa  fertilité extraordinaire ou encore de tout ce qu’on lui doit. A commencer, excusez du peu, par  les inventions de… la roue et de….l’écriture !!

 

Et comme, je suis ouvert à croire à tout sauf au hasard, je m’interroge sur cette réalité voulant que cela soit justement de là où notre civilisation est née que surgissent aujourd’hui des hommes qui semblent prêt à tout pour revenir aux mœurs, agissements et coutumes du… moyen-âge.

 

Toujours est-il que, le siècle dernier, lorsqu’André Malraux a prédit que le 21ème serait spirituel ou ne serait pas, je ne sais pas s’il s’imaginait déjà que les religions seraient totalement débordées par leurs intégristes mais je ne pense pas qu’il ait pu prévoir que les guerres traditionnelles entre états seraient remplacées par des opérations terroristes, menées tout azimut, par des fondamentalistes religieux abreuvés par des réseaux sociaux eux-mêmes issus d’un monde virtuel nommé Internet.

 

Parce qu’il ne faut pas se leurrer, nous vivons bel et bien une période charnière de notre histoire. L’avènement du Web (que j’ai pourtant toujours voulu considérer comme l’émergence d’un espace de liberté d’autant plus enthousiasmant qu’aucune gouvernance de celui-ci n’apparait envisageable) a provoqué cette fameuse fracture numérique qui est en fait d’abord et avant tout une fracture générationnelle. Celle-ci m’est apparue comme particulièrement déroutante, hier soir lorsque j’ai entendu des jeunes s’interroger sur les dissemblances (qu’ils prennent pour de la censure) entre les informations qu’ils trouvent sur Internet et celles qui sont diffusées sur la bonne vieille télévision de leurs parents. J’ai alors réalisé l’ampleur de cette fracture et surtout la difficulté à la réduire.  

 

Quoi qu’il en soit, les nouvelles générations ont compris que quelques soient leurs passions, leurs fantasmes, leurs frustrations, leurs questionnements, etc. etc., ils ne seront jamais seuls, ils trouveront toujours sur Internet des « camarades » aux gouts identiques. Cela peut être amusant et très enrichissant lorsqu’il s’agit de partager ses préférences culturelles ou encore sexuelles, mais cela le devient nettement moins lorsque que l’espace virtuel est utilisé pour diffuser de la propagande pour des égarements et/ou des causes pouvant aller jusqu’à l’appel au….retour de la barbarie.

 

Voilà  pourquoi, aujourd’hui je  ne peux m’empêcher de trembler en constatant que c’est en Mésopotamie, là où a été inventé l’écriture que sévissent ceux  qui semblent avoir parfaitement bien compris les atouts, l’invincibilité et la toute-puissance de ce nouveau moyen d’expression et de communication qu’est Internet.  

 

J’ai l’impression d’observer un serpent qui se mord la queue !

 

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16/01/2015

Autocritique et remise en question sont demandées de toute urgence !

 

 Ils s’appelaient Israël (!) et Diane,  je ne  sais pas ce qu’ils sont devenus mais en ces jours difficiles, je ne peux pas m’empêcher de penser à ces deux évangéliques intégristes qui œuvraient il y a quelques années au sein de l’organisme venant en aide aux jeunes de la rue de Montréal qui m’employait.

 

Ces deux-là revenaient de loin (familles dysfonctionnelles, misère sociale et intellectuelle, addictions diverses, etc.) et ils avaient enfin trouvé, par leur conversion, un cadre, des compagnons de route, des normes et autres justifications bibliques. Ils entendaient donc bien ne pas laisser le doute (synonyme à leurs yeux de chute) s’immiscer dans leur esprit enfin apaisé. Toute tentative de remise en question provoquant, chez eux,  des réactions virulentes voir parfois violentes. Enfermé dans  leur petite boite de certitudes, ils étaient  tout simplement incapables de voir la vie autrement qu’à travers le prisme prescrit par des « pasteurs » irresponsables en quête de nouveaux « moutons à  sauver ».

 

Comment ne pas faire le rapprochement  avec ces jeunes des banlieues livrés à eux même et convaincus d’avoir enfin trouvé des vraies réponses à leurs multiples problèmes (discrimination, mépris,  manque  de considération, avenir bouché, etc.)  dans les discours intégristes de ces pseudos imams qui leur font miroiter un monde où, comme par enchantement, leur vie (et même leur mort !) prendrait  enfin un sens ? Pour eux également, le  doute signifie la chute voir… la trahison.

 

Difficile, dans ces conditions, d’imaginer la pacification de ces banlieues/ghettos où, depuis plusieurs générations, des femmes, des hommes et des enfants d’origine magrébines sont  parqués, ostracisés, méprisés, combattus, emprisonnés, abandonnés, etc. etc.

 

 

 

A mon humble avis, les solutions, en admettant qu’elles existent, ne peuvent, dans un premier temps  en tout cas, ne provenir que de la communauté musulmane. C’est donc aux leaders musulmans les plus instruits, les plus charismatiques, les plus sages et donc les plus pacifique qu’il incombe de discréditer autant les discours des imams intégristes à la recherche de chair à canon que ceux des  antimusulmans primaires qui, aujourd’hui plus que jamais, pullulent un peu partout. Les deux s’appuyant paradoxalement sur quelques sourates prises hors contexte et une compréhension partielle et partiale du coran pour déclarer l’Islam définitivement incompatible avec la démocratie et la liberté.

 

Certes la communauté musulmane est divisée, diverse et peu habituée à l’unité mais elle n’en a pas moins le devoir de se ressaisir rapidement, il en va de la vie de ses propres enfants. Sans une efficace reprise en main par des véritables leaders (dont on attend impatiemment l’émergence) leur religion continuera, en effet, à être prise en otage par ceux qui n’ont de cesse de la dénaturer au nom de combats aux intentions pour le moins douteuses.

 

Encore faut-il, que ces futurs « réformateurs » puissent compter sur le soutien et une approche renouvelée * de leur religion et de leurs valeurs de la part des français dit de souche.  Là encore, ce n’est pas gagné, loin s’en faut.

 

Quoi qu’il en soit,  je veux croire, moi aussi, que la première semaine de janvier 2015  n’aura pas servi à rien et qu’elle marquera le début d’une véritable et sincère autocritique, tant des français musulmans que judéo chrétiens. C’est le préalable obligatoire pour que, demain, ceux-ci  parviennent enfin à former une seule communauté, cette fameuse France black, blanc, beur que certains, en 1998 dans l’euphorie ambiante, ont brièvement cru… apercevoir.  

 

17 ans après, alors qu’il n’en subsiste rien, il ne nous reste donc plus qu’à prier pour que cette belle utopie puisse enfin devenir réalité. Et vite parce que désormais, il n’y a plus d’autres choix possibles, si non, ça sera vraiment la guerre civile !  

 

 

 

 

 

* A quand une série TV populaire basée sur la vie, le fonctionnement et les valeurs d’une famille de musulmans français pratiquants ? Avec (par exemple) Jamel  dans le rôle du père intransigeant. Histoire que les téléspectateurs, en particulier les plus jeunes, apprennent à connaitre et à respecter les  différences…..

 

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10/01/2015

Tous Charlie ou l’affirmation de nos libertés !?

En fait, j’avais tout faux, je croyais sincèrement qu’on était en train de sombrer dans le politically correct anglo-saxon et qu’il y avait, par conséquent, des sujets sur lesquels il ne fallait plus plaisanter, des personnes dont on ne pouvait pas se moquer, des religions qui étaient intouchables et donc plein de blagues et de moqueries interdites.

 

J’avais visiblement tout compris de travers lorsque, lors de mon bref passage en politique, on m’avait indiqué que toute attaque « ad hominem » était proscrite, que toute allusion  aux valeurs devaient être évitée et que toute les remises en question de l’ordre établi seraient systématiquement balayées…

 

Bref, j’errais dans un délire paranoïaque en osant m’interroger (entre autre sur ce blog) sur les attaques incessantes contre nos libertés individuelles et collectives.

 

Mais ouf, depuis deux jours, tout cela n’est plus qu’un mauvais  souvenir, tout est, à nouveau, permis, on peut et même on doit rire de tout, la dérision, les caricatures et même les provocations sont fortement conseillées parce que si… salutaires.  

 

Autrement dit : « Tout le monde est Charlie » !

 

Mais comment ai-je pu en douter ? 

 

Certes, je savais qu’il existait là-bas à Paris, un dernier bastion de bobos post soixante huitards et altermondialistes qui tentaient, vaille que vaille, de résister à l’envahisseur en maintenant à flot une revue dont le but était de défendre coûte que coûte (quitte à en mourir !!) nos libertés au nom de la laïcité. Mais on disait l’avenir de ce journal compromis parce qu’il était de plus en plus difficile de résister aux attaques et aux insultes des toujours plus nombreux et virulents néo-réacs qui étaient en train de prendre le pouvoir.

 

Et voilà que ceux qui, mardi passé, n’étaient que des gauchos irresponsables plus ou moins fréquentables sont devenus des martyrs, des exemples et surtout les symboles de nos valeurs occidentales tellement supérieures parce que véritablement basées, elles, sur une indiscutable compréhension  du mot LIBERTE.

 

Bref, si ces trois derniers jours ne présageaient pas du pire, si tant de victimes (innocentes et/ou en lutte)  n’y avaient pas perdu la vie, si ce nouveau clash  ne risquait pas d’empirer les relations entre les français dit de souches et les autres, si les musulmans  ne pourraient pas, demain, être encore plus stigmatisés, si cette aliénation collective spontanée ne puait pas autant l’hypocrisie, on aurait presque envie d’être…optimiste !

 

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