25/12/2014

Noël... laïc ??

Nous voici à nouveau en période de fêtes synonyme de famille, de vacances, de détentes mais aussi de bienveillance et de paix (si, si). 

Sauf que cette année, ces rares moments de fraternité ont été pris en otage par celles et ceux qui ont décidé qu'il était désormais nécessaire de gommer les origines chrétiennes de Noël... tout en en conservant, bien entendu, son aspect ... mercantil. 

Plus de crèches,  plus de symboles religieux, seul le père Noël et surtout sa hotte pleine de cadeaux aurait encore le droit de cité.

 

Et comme cette nouvelle majorité bruyante que sont les  laïcs a décidé que toute les représentations, qui pourraient nous rappeler d'une manière ou d'une autre une religion quelconque, devaient disparaître de la voie et autres édifices publics, pourquoi persister avec des fêtes de Noël qui n'ont plus le droit d'avoir d'autre signification que... la surconsommation ? 

Pourquoi ne pas opter plutôt pour une journée des cadeaux (soutenue par les commerçants concernés) à une date plus propice aux achats et laisser, ainsi, cette population en voie d'extinction que sont les chrétiens célébrer la naissance de leur Jésus en toute ... intimité ? 

 

Car, visiblement notre culture bâtie sur l'histoire et les valeurs chrétiennes provoque des crises d'urticaire chez ceux qui, eux, savent ce qui est bon pour l'épanouissement de la population et qui se sentent donc le devoir de nous imposer leur si parfaite, parce que si laïque, ... vision du monde. 

Il est vrai, toutefois, que par les temps qui courent, célébrer l'amour de son prochain peut apparaître comme particulièrement... déconnecté de la réalité. Mais de là à jeter le bébé avec l'eau du bain... ??

 

Quoi qu'il en soit, je terminerai avec un verset biblique (désolé, c'est mon côté provocateur) mais aussi  avec un conseil aux croyants qui oseraient fêter Noël en y donnant un véritable sens : 

Surtout soyez discrets et faites profil bas afin que vos voisins laïcs ne se sentent pas agressés. Comme tous les intégristes, ceux-ci sont particulièrement intolérants... !

 

Joyeux Noël à tout le monde pareil ! 

 

 

"Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, paix sur la terre et bienveillance parmi les hommes!"(‭Luc‬ ‭2‬:‭14‬ S21)

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Commentaires

Vincent je suis tout à fait d'accord avec ton analyse et la fête de Noël dois être respecter pas tout de monde. N'importe leur origine ,,,,,,

Écrit par : Ducret | 25/12/2014

Il n'est pas juste, ce, sans racisme que croissent et se multiplient voiles burkas en même temps que nous sommes priés de faire disparaître tout signe religieux, tout "indice" appartenant à notre christianisme.

Voiles et burkas, si ces dames le souhaitent,si... "elles" le souhaitent, "toutes"?! mais en ce cas retour à l'ensemble de nos propres signes religieux chrétiens.

Sans se moquer du monde: voiles et burkas, signes de "laïcité"?!

Arrêtons de tordre les phrases" ("Heureux les pauvres "en esprit" car ils verront Dieu")! come moyen de dire ce qui n'est pas quand c'est et ce qui est quand ce n'est pas!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25/12/2014

Demandez aux anciens.

La représentation de crèches de Noël dans l'espace publique est une mode des Etats-Unis apparue dans les années 1950-60 sur les pelouses des quartiers résidentiels pour remplacer les nains de jardin partant en vacances pour l'occasion, et venue en France et en Suisse dans les années 70-80, d'abord comme animation de grandes surfaces commerciales. (Moins dans les contrées germaniques/nordiques où c'est Saint Nicolas qui s'y colle.)

Ceux qui s'en plaignaient à l'époque furent les générations d'avant-guerre, dont mes propres parents et grands-parents, catholiques, qui protestaient que "on fait dire au petit jesus n'importe quoi, y compris vendre des fromages, des saucissons, du vin et des matelas!"

En fait:

"Détrompez-vous! Pour l'apôtre Paul, comme pour à peu près tous les chrétiens des trois premiers siècles, Noël n'existait tous simplement pas. Ni le 25 décembre, ni à aucun autre moment. En fait, nul ne sait quand Jésus a vu le jour."

"A en croire le récit de l'évangile de Luc, puisque des bergers étaient dans les champs aux environs de Bethléem, cela aurait pu être au printemps, en été, ou en automne. Au IIIème siècle, certains élaborent de très savants calculs, qui n'intéressent pas grand monde, pour décréter que Jésus est né le 28 mars, le 19 avril ou alors le 20 mai. Noël en décembre ? L'idée aurait probablement fait sourire les chrétiens des premiers siècles. ..."

"Quand Calvin enguirlande les Genevois

"Toute populaire qu'elle était, la fête du 25 décembre n'avait donc aucun fondement biblique. L'argument suffit à Calvin pour la considlrer, avec les fêtes des saints, comme une invention papiste à écarter sans hésitation. Alors qu'il pr^che à Genève le 25 décembre 1550, il se fâche de voir « plus de peuple que d'habitude au sermon »."

" « Vous allez me dire que c'est Noël », dit-il en substance à ses auditeurs, « mais c'est là ce que croient les ignorants. Si vous pensez que Jésus Christ serait né aujourd'hui, vous êtes des bêtes enragées. » Les Genevois, qui avaient à l'époque la tête dure, se réunissent parfois à Noël pour festoyer au lieu d'aller travailler... quitte à encourir les blâmes embarrassés de la Compagnie des pasteurs. ..."

"Le grand essor de Noël: sapin, guirlande et Santa Claus.

Le XIXème siècle marque probablement le grand essor de Noël. Le sapin se répand dans tout l'Europe, on l'illumine de bougies, on envoi des cartes de voeux, les contes connaissent un succès populaire incontesté: on peut notamment penser au Christams Carol (Chant de Noël) de Charles Dickens, les santons de Provence gagnet toute la France (...) Le père Noël est de plus en plus actif : aux Etats-Unis, Santa Claus est si populaire que, dans les années 1930, Coca-Cola utilisera largement son image pour ses pubs. Au XXe siècle, en France (1962) et au Canada, il répondra même, grace à la complicité des postes, aux millions de lettres que lui envoient les enfants."

"Est-ce un souvenir réel ou une histoire à moitié inventée ? Un pasteur de Genève racontait jadis s'être arrêté en décembre devant une vitrine, peut-être celle d'unmagasin de jouets, où l'on avait arrangé une crèche. Une passante s'indigne à coté de lui: « Ces chrétiens, voilà qu'ils viennent fourrer leur Jésus jusque dans Noël! ...»

Michel Grandjean,
Professeur d'histoire du christianisme à la Faculté de Théologie de Genève
http://www.epg.ch/applic/ge/WebDocs.nsf/bdedfca988b2db3c85256207004f45a9/b1fe127ca4b41e08c1257ad300320914/$FILE/VP%20décembre-janvier%2010-11.pdf


"Les crèches ressemblant à ce que nous connaissons font leur apparition dans les églises au XVIe siècle. Les jésuites en réalisent notamment à Prague en 1562, qui figurent parmi les plus anciennes connues."

"L’histoire de la crèche de Noël s’est poursuivie par l’apparition des crèches dans les familles, particulièrement à Naples, au XVIIIe siècle, dans les demeures aristocratiques. Elles reproduisent la vie quotidienne de Naples."

"En France, pendant la révolution, les représentations publiques étant interdites, la crèche de Noël apparaît dans les maisons. C’est alors l’origine de la crèche provençale qui s’inspire de la vie locale. Les artisans évoquent des personnages typiques de la région, du village ou des défunts de la famille. Ont ensuite été rajoutés les santons (petits saints en provençal) qui représentent des petits métiers connus : le meunier, le rémouleur, la lavandière, etc."

http://www.liturgiecatholique.fr/La-creche-dans-l-histoire.html

Écrit par : Chuck Jones | 25/12/2014

Je suis athée, comme mes parents, et ont fête noël sans problème et avec plaisir parce que comme vous dites ça fait parti de notre culture. L'aspect religieux ne nous offusque pas plus que l'origine chrétien de la chose.

Ceux qui veulent la peau de noël de sont pas les "laïcs" et vous le savez bien.

Écrit par : Eastwood | 25/12/2014

Eastwood : Non, je ne le sais pas et je serais donc curieux de savoir à qui vous pensez.

Vous lisant, parfois, j'ai bien ma petite idée mais franchement, j'espère me tromper....

Écrit par : Vincent | 26/12/2014

Merci Monsieur Strohbach pour cet article qui fleure si bon la réalité car ces laics font sans doute partie des gens qui commandent par Internet mais qui veulent voir travailler les vendeuses dans les grandes surfaces un lendemain de Noel
Niveau mentalité ça vole très bas dirait un ancêtre surtout quand on sait le ramdam mené en France pour contrer ce Maire coupable d'avoir mis une crèche dans un bâtiment Administratif
Ce qui devrait se généraliser car les discours du Pape fustigeant la Curie d'incapables tous trop carriéristes je ne sais pas pourquoi mais ce langage semble coller comme un gant à la peau d'humains qui eux ne dépendent pas du Vatican et qui sont légions dans notre si beau pays
Qui semblent de plus en plus souffrir d'Alzheimer ce qui confirme le chapelet des maux à venir à l'encontre de la Curie par le Pape
Il suffit d'entendre des discours de futuristes qui ont tellement peur qu'ils veulent tous nous faire reculer jusqu'en 1914 et seuls des gens atteints d'Alzheimer se cramponnent aux rideaux du passé
Quand aux nombreux Schizo eux continueront de freiner l'élan du peuple bien assis derrière leur écran sans se mouiller ,votant pour mieux semer la zizanie dont son victimes toutes les vendeuses de la Migros et Coop
Très bon 26 décembre pour Vous Monsieur

Écrit par : lovsmeralda | 26/12/2014

Avec Noël, on se trouve dans une sorte de noeud de paradoxes et la laïcisation de l'espace public n'en est qu'un élément.
Faut-il vraiment des crèches, pour affirmer le caractère chrétien de de Noël ?
De voir le Temple de la Fusterie si magnifiquement illuminé me semble malgré tout un signe très fort et cela, personne ne le conteste. L'église est bien au milieu du village !

Si on admet que la date du 24-25 décembre a été choisie pour supplanter la fête païenne du solstice, on est bien amené à admettre que le déferlement consumériste est le retour du refoulé, ou du moins le signe que la christianisation de ce moment -là ne dure pas jusqu'à présent.

Dans mon enfance, on expliquait la tradition des cadeaux comme l'imitation des Rois Mages. Ca avait une certaine crédibilité.
Le Père Noël était malgré tout une sorte d'intrus dans le tableau. Pour l'enfant, il n'était bien sûr pas imaginable de le chasser, il était plus que le bienvenu ! Et pourtant, c'est bien lui que nous devrions refouler, à présent !
Mon éducation protestante et mes origines nordiques font que la crèche ne faisait pas partie des Noëls de mon enfance.
A mes yeux, le mic-mac commercial fait davantage de tort à la fête chrétienne que l'absence de crèches.
Nous devrions chérir Noël et le fêter avec ferveur dans nos maisons et paroisses et être plus présents tout au long de l'année, pas seulement à Noël!
J'aime bien la tradition néerlandaise qui consiste à donner les cadeaux à St Nicolas et à garder à Noël son caractère chrétien. Je ne sais si les Néerlandais font des crèches, mais l'esprit de Noël me semble bien gardé avec ce découplement.

Écrit par : Calendula | 26/12/2014

"Vous lisant, parfois, j'ai bien ma petite idée mais franchement, j'espère me tromper...."
Vous devriez peut-être essayer d'aller fêter Noël en Arabie saoudite ? Peut-être que 1000 coups de fouets arriveraient à vous déniaiser un peu ? Mais je crains que vous ne soyez incurable...

Écrit par : Géo | 26/12/2014

Merci Calendula pour votre intéressant commentaire, c'est vrai que la tradition hollandaise me paraît particulièrement sage, elle me fait penser aux Espagnols qui, avec une certaine logique, distribuent les cadeaux à l'épiphanie.

Quant à Géo (et Eastwood ?), c'est bien ce que je pensais, ça aussi vous le mettez sur le dos d'une religion qui, parce qu'elle est actuellement totalement débordée par les terribles et inqualifiables méfaits de ses intégristes, serait la cause de tous les maux de nos sociétés. C'est vrai que tout est tellement plus simple ainsi...

Je ne sais pas si on peut retrouver des images de la dispute (au grand journal de C+) entre l'hyper laïque (que par ailleurs, j'apprécie) Natacha Polony et Tariq Ramadan au sujet des crèches dans les lieux publics. Qui défendait quoi, selon vous ? Vous qui êtes si doués, informés et tellement.... perspicaces.

Écrit par : Vincent | 26/12/2014

"Peut-être que 1000 coups de fouets arriveraient à vous déniaiser un peu ? Mais je crains que vous ne soyez incurable..."

Comme l'intelligence de Géo brille de mille lumières !! Ce n'est pas le cas ??

A une occasion précédente on lui a déjà fait remarquer cela et on a observé que l'intéressé à vivement apprécié. Alors on recommence ici, certains qu'il ne va pas manquer de beaucoup apprécier encore une fois de plus.

Écrit par : Zut | 26/12/2014

Moi je crois qu'au long ou fil des siècles on avance. Une route des réverbères qui sont des Lumières par "étapes" et que, peut-être l'étape du christianisme réverbère (il n'y avait pas que du mauvais, du trouble ou du suspect) peu à peu se dépasse, donc, non échec mais signe que nous avançons en attendant le ou un prochain réverbère... Un grand signe, un éminent mystique... (pourquoi pas musulman?) qui bouleversera l'islam, et pas seulement, pas seulement uniquement l'islam en ses effarants extrêmismes. Aller en avant toujours dépasser est le mot d'ordre des résilients. Or, aujourd'hui vu les duretés du temps, résilients nous le sommes tous ou tous appelés à la devenir.

Très Bons Vœux.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 26/12/2014

Zut@ Ciel, je sens que je vais craquer...
PS. Pourquoi certainS ? Cela englobe les autres trolls ?

Écrit par : Géo | 26/12/2014

Sous couvert de bons sentiments (on vous donnerait le bon dieu sans confession), vous avez l'art de casser du laïc.

Meilleurs voeux laïques.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 26/12/2014

« Sous couvert de bons sentiments (on vous donnerait le bon dieu sans confession), vous avez l'art de casser du laïc. » (Mme Ribordy)

Oui, c'est malheureusement ce qu'est devenu le débat publique, un tir-pipe.

Mais l'embuscade de notre hôte, M Vincent Strohbach, richement imagée à défaut d'être subtile, me suggère d'abréger ici pour ne pas être accusé de "prendre en otage" la faculté de penser des gens pour les obliger à "gommer" leurs croyances.

Écrit par : Chuck Jones | 27/12/2014

On souhaite que les auteurs de commentaires qui s'adressent plus particulièrement à quelqu'un précisent à qui ils s'adressent!

Le clergé n'est pas laïc. Les fidèles, si.

Les pasteurs protestants sont "consacrés" mais désormais s'il ne s'est rien produit de nouveau vu les réactions d'indignation leurs collaborateurs et collaboratrices directs, diacres, non. Toutefois concernant pasteurs et diacres on ne parle pas clergé.

Ce mot, "laïc" ne prête-t-il pas à confusion?

Ne vaudrait-il pas mieux privilégier voire dès l'école enseigner la libre pensée c'est-à-dire l'Art de penser par soi-même non seulement voire uniquement selon le ressenti d'autrui mais également à partir du propre ressenti des élèves?
Je tiens à le redire ici: interdire tout signe religieux judéo-chrétien tout en autorisant la prolifération des foulards, voiles ou burka ne tient pas... la rampe d'autant plus que chez nous foulards ou voiles se portent ou se sont portés par les religieuses chrétiennes qui ne connaissent pas, de jour comme de nuit, la vie conjugale des femmes mariées qu'elles soient de l'islam ou 'ailleurs. En résumé, si oui aux foulards, voiles ou burka à l'extérieur en ce cas oui à tous nos signes religieux... mais le visage dissimulé aux yeux vous regardant comme à travers des jalousies médiévales à ma connaissance non prescrit par le prophète Mohammed devrait retrouver au plus vite la lumière du grand jour comme il se produit à la sortie d'un tunnel...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 27/12/2014

Je n'ai évidemment rien contre les laïcs, c'est juste qu'à partir du moment où les tenants d'une idéologie majoritaire (hier les chrétiens, aujourd'hui les laïcs) en arrivent à vouloir imposer leurs façon de vivre à tout le monde que je m'inquiète pour nos libertés individuelles et collectives....

Par ailleurs, nous avons déjà bien assez de soucis avec des intégristes en tout genre et c'est donc pas la peine que les laïcs s'y mettent aussi....

Écrit par : Vincent | 27/12/2014

La laïcité bien comprise est censée garantir un traitement égal à toutes les religions. Il n'y a pas de religion favorisée par le pouvoir politique.
Du moment que la religion est du domaine privé, l'impression d'une inégalité de traitement n'a pas lieu d'être.
Le débat sur la présence de crucifix en classe en Valais est exemplaire à cet égard.
Lorsque des personnes "intégristes laïcs" ont demandé à ce que l'on renonce à ces crucifix, elles ont été vues comme irrespectueuses des traditions et racines catholiques du canton.
Je peux le comprendre, à un premier niveau. A un autre, je me suis demandé s'il était juste que le crucifix soit perçu comme un élément de décoration ou de folklore. Dans une école publique.
Heureuse de ne pas devoir prendre de décision moi-même, je me suis dit qu'il fallait suivre la loi.
Comme pour la crèche dans les locaux du Conseil Général de Vendée.
Après tout, la crédibilité des autorités en en jeu, si elles ne font pas respecter la loi.
Il ne me semble pas que ce soit de l'intégrisme, je le vois plutôt comme de la cohérence.

Écrit par : Calendula | 27/12/2014

@Myriam Belakovsky

« Il n'est pas juste, ce, sans racisme que croissent et se multiplient voiles burkas en même temps que nous sommes priés de faire disparaître tout signe religieux, tout "indice" appartenant à notre christianisme. »

Madame,

A moins que vous ne soyez représentante de l'Etat dans l'exercice de sa fonction, personne ne vous demande rien de tel.

Votre idée, votre conception, votre représentation, bref, tout ce que vous croyez savoir sur la "laïcité" est FAUX.

La "laïcité" est une caractéristique que l'on attribue à des corps de POUVOIR, PAS à des personnes.

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LA LAICITE POUR LES NULS !

Définitions

Commençons par le dictionnaire de l'Académie, 9ème édition :
(1)LAÏCITÉ n. f. XIXe siècle. Dérivé de laïc. Caractère de neutralité religieuse, d'indépendance à l'égard de toutes Églises et confessions.
- La laïcité d'un établissement d'instruction, d'une loi, d'une institution.
- La laïcité de l'État est inscrite dans la Constitution de la Ve République.

Pour l’Église, un laïc est quelqu'un qui n'appartient pas au clergé.

Avec l'émergence des états-nations, le besoin de rassembler sous la même drapeau des hommes de cultures différentes.
L’État se devait donc d'être indépendant des religions.
L'usage adopta les mots "laïque", "laïcité" pour se référer à ces principes.
Le mot "laïc", ainsi orthographié, garda son sens originel.

Par ignorance et plus communément par mauvaise foi (un comble), le mot est trop souvent détourné de son sens.


Ce que la laïcité n'est pas:

- Une idéologie. La laïcité est un principe constitutionnel, et c'est une attitude de neutralité et d'acceptation de l'autre.
- Une religion. Il n'y a pas d'église ni de temple laïque !
- Un athéisme. Un prêtre peut être parfaitement laïque (respect du principe précité) sans être laïc (puisqu'il appartient au clergé).
- Un anticléricalisme. Cela n'empêche pas, bien sûr, de s'opposer à toute intrusion de la religion dans la politique.
- Le dénigrement systématique d'une religion et de ses pratiquants.


Laïque, pas laïque...

La laïcité est un gage de cohésion sociale, du "bien vivre ensemble".
Pour savoir si un acte accompli au nom de la religion - ou de la laïcité - est laïque ou pas, il convient de se demander :
- S'il ne s'oppose pas aux lois de la République.
- S'il ne porte pas atteinte aux droits d'autrui.


Bien vivre ensemble à table.

Si les Églises ne doivent pas s'immiscer dans les affaires de l’État laïque, l’État laïque n'a pas le devoir de se soumettre, comme il lui est interdit de soumettre quiconque à des rites alimentaires religieux. Ainsi, l'Etat n'a pas à fournir d'alternative pour de la nourriture qui n'aurait pas été consacrée.

Néanmoins, si l'Etat laïque entend remplir la même mission pour tous, il lui incombe de reconnaître les différences entre les religions qu'il décide de pourvoir, et d'offrir des alternatives minimum à chacune d'elles, au risque de voir les croyants de religions non-pourvues devenir dépendantes d'autres d'instances se substituant à l'Etat.


Espace public

Rien ne justifie l'interdiction de restaurants halal ou casher, comme de mosquées, de temples ou de synagogues et de leur architecture propre (minarets). Aucun ne porte atteinte à la liberté de circuler, ni à toute autre liberté.
Toute construction religieuse doit néanmoins se conformer aux règles sur les constructions en vigueur, telles que la hauteur maximum.


Tranquillité publique

Rien ne justifie l'interdiction de l'appel à la prière et la déclamation des prières par la voix du muezzin, depuis son minaret.
Néanmoins, les dispositions concernant la Tranquillité Publique (Recueil systématique genevois, rs/GE) demeurent. A savoir:
- Toute diffusion parlante ou musicale, transmise au moyen d’un appareil quelconque sur la voie publique ou de manière à être entendu de la voie publique est interdite.
- Sont notamment interdits, de 21 h à 7 h, quel qu’en soit le lieu,
- - les cris, vociférations, appels et sonneries.
- - La sonnerie des cloches pour les services religieux

Rappelons que, la prohibition des bruits ou excès de bruit s’étend, dans les limites du présent règlement, aussi bien à ceux qui prennent naissance sur le domaine privé qu’à ceux qui prennent naissance sur le domaine public.


Prier ou pas, mais en paix.

Rien ne justifie non plus l'interdiction de prier dans le domaine public.
Cependant, toute forme de prosternation rituelle, constituant de par sa nature une entrave à la circulation, est interdite sur les chaussées, les trottoirs et les bâtiments de l'Etat. Rappelons que, à Genève, il y a la loi sur la circulation!

La prosternation est par contre permise dans le reste du domaine public, sous réserve que celle ci se déroule à l'abri de la vue du public, ou en enceinte extérieure fermée, dans le cadre d'une manifestation dûment autorisée par l'Etat.

Ainsi, seules les conditions réglant la prosternation requièrent une modification de l'actuelle legislation.

Écrit par : Chuck Jones | 27/12/2014

@Calendula

« La laïcité bien comprise est censée garantir un traitement égal à toutes les religions. »

"Equitable", et non "égal".

Un "traitement égal" signifie: ce que j'applique à la chrétienté, je l'applique aussi à l'Islam. Par exemple, le calendrier des jours fériés.

Vous conviendrez que cela pose un certain nombre de problèmes si je demande aux musulmans ou aux juifs d'adopter un calendrier essentiellement basé sur les fêtes chrétiennes.

Écrit par : Chuck Jones | 27/12/2014

@Calendula

« Lorsque des personnes "intégristes laïcs" ... ».

Naaaaaan!!!

(ragnangnangnaménervvvv...)

Des "Laïcistes"!

Écrit par : Chuck Jones | 27/12/2014

@Vincent

« ... à partir du moment où les tenants d'une idéologie majoritaire (hier les chrétiens, aujourd'hui les laïcs) en arrivent à vouloir imposer leurs façon de vivre à tout le monde que je m'inquiète pour nos libertés individuelles et collectives »

Et exactement lesquelles, de ces libertés individuelles et collectives, les LAICISTES menacent-ils ?

Écrit par : Chuck Jones | 27/12/2014

Chuck Jones@ Le texte sur la laïcité que vous citez n'est pas valable en Suisse :
"Rien ne justifie l'interdiction de ....leur architecture propre (minarets)"
Juste une loi fédérale...

et quand on invoque "Toute construction religieuse doit néanmoins se conformer aux règles sur les constructions en vigueur, telles que la hauteur maximum." pour s'opposer à une construction de minaret (avant la votation), les juges se font un plaisir (ils sont devenus juges pour cette raison...) de vous opposer la liberté religieuse, comme à Soleure en son temps...

Écrit par : Géo | 28/12/2014

@Chuck Jones,

Merci pour le très bon extrait de "Laïcité pour les nuls". D'où viennent les précisions pour Genève ? ( ne pas oublier qu'en Suisses, les cantons de Neuchâtel et de Genève sont les seuls à avoir la laïcité dans leur constitution.)

Vos précisions de vocabulaire sont tout à fait pertinentes.

Surtout la première : "égal" n'est pas correct, votre exemple est parfait.
Et c'est véritablement là que réside la question qui fait mal, bien plus qu'une crèche placée à plus ou moins mauvais escient.
Faut-il garder, dans des calendriers officiels, les fêtes religieuses chrétiennes et /ou traditionnelles, qui ont perdu leur sens ou dont on a oublié l'origine ? Faut-il en rajouter d'autres, de nouvelles ?
" Le Jeûne genevois" ou " Le Jeûne fédéral" sont de bons exemples.

Personnellement, je ne voudrais pas changer le statut quo. Imaginons simplement supprimer des jours de congé : quel lever de boucliers ! En introduire de nouvelles, mais qui ne concerneraient qu'une faible minorité de la population ? Je me souviens des discussions compliquées, lorsqu'on a voulu rendre le Premier Août férié ... ( C'était une entrave à la liberté du commerce. Et de nos jours, la tendance serait plutôt à vouloir ouvrir les magasins et à faire travailler 7j/7 et 24h/24.)

Votre deuxième remarque: ne vous énervez pas ! Ca n'en vaut pas la peine. Vous avez vu mes guillemets ? Je ne les ai pas mis par hasard.

Cela étant, vous avez le droit absolu de vous énerver. Qui serai-je pour vous l'interdire ?!

Écrit par : Calendula | 28/12/2014

Chuck Jones : Merci pour vos précisions et autres informations.

Nous serons (j'espère) d'accord sur le fait que "vos Laïcistes" désirent supprimer toutes traces évoquant les religions dans la sphère publique et ce, si j'ai bien compris, pour ne pas mettre en avant une religion plutôt qu'une autre.

Cela part sûrement d'un bon sentiment, sauf qu'avant d'en arriver là, il faut tenir compter du contexte régional et politique mais surtout, il faut admettre qu'une grande partie de la population n'est pas prête pour ce qui est présenté comme une évolution et qui est surtout considéré (à tort ou à raison) comme une remise en cause de nos valeurs.

Pires certains en profitent pour nous expliquer qu'il s'agirait là, de tentatives d'une religion d'en remplacer une autre...

Alors, en attendant que les "laïcistes" aient définitivement réussi à discréditer nos religions et même nos croyances au nom de leur vérité axée sur le rationalisme et la science, laissons les crucifix et autres crèches là où ils sont !
En dehors de quelques "laïcistes" forcenés, ses symboles ne dérangent personne... non ?

Écrit par : Vincent | 28/12/2014

"ses symboles ne dérangent personne... non ?" Très honnêtement, je me demande pourquoi certains implantent d'immenses croix un peu partout dans la nature.
Sur les églises, dans les cimetières, aux croisées des chemins peut-être. Mais je me souviens d'un propriétaire de chalet dans la région de Gryon qui avait mis une croix sur son chalet, qui dominait toute la région, et l'avait illuminée. On avait vraiment l'impression que la région était sous la domination du Ku Klux Klan. Vraiment très sympathique, cet esprit de Noël...

Écrit par : Géo | 28/12/2014

Géo : C'est vrai que c'est particulier (et même, selon moi, de mauvais goût) mais en même temps si je comprends bien, il s'agissait d'une maison privée.

Et alors là, si on commence à prescrire ce qui peut ou pas figurer dans les propriétés privées, on n'est pas sorti de l'auberge...

Qui décidera et au nom de quoi ???

Écrit par : Vincent | 28/12/2014

Bien d'accord avec vous. Mais les maisons privées peuvent se voir de loin. Qu'auraient dit les gens de cette région si cela avait été une croix gammée ou une faucille et un marteau ? Hmmmm ?

Écrit par : Géo | 28/12/2014

Vincent Strohbach, vous êtes comme Jean-Noël Cuénod, vous parlez d'une certaine ouverture d'esprit alors que vous mettez les deux pieds contre le mur pour empêcher une évolution des religions tournée vers le privé, vers l'intime.

Lors d'un article de M. Cuénod sur l'interdiction des crèches, ce dernier s'élevait contre cette proposition et demandait à ce que les libres-penseurs, les agnostiques, les athées se taisent. Je reconnais tout de même qu'il publie les commentaires des personnes qui se réclament de cette catégorie-là. La liberté d'expression est sauve.

Quant à vous, vous ne pratiquez pas de censure, je pense, mais vous dites que les laïcistes... (vous utilisez ce terme consciemment, comme tous les mots finissant en "iste" islamiste)...laissent les crucifix et les crèches là où ils sont.

Ce n'est pas avec ce genre d'arguments tournés vers le passé que vous faites avancer le schmiblick. Pour faire progresser le sujet, il faut des idées, se lancer des défis et éviter l'endoctrinement. Il faut vous "déprogrammer". Les Religieux ne vont pas du tout aimer ça, eux qui ont si habilement, si insidieusement, si sournoisement subtilisé votre conscience.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 28/12/2014

Noëlle Ribordy : mais quel procès d'intention alors que je voulais juste ouvrir le débat en donnant mon humble avis.

Quant aux "laïcistes" cela serait d'après un message plus haut de Chuck Jones la bonne manière de parler des laïcs, n' y voyez donc aucun mépris !

À vous lire cependant, j'ai peur que vous fassiez justement partie de ces quelques laïcs dont je me permets de dénoncer une intolérance digne des pires intégristes religieux. Ce qui me paraît quand même pour le moins anachronique...

Quant à ma conscience, ne vous inquiétez pas pour elle, ma foi est aussi sincère que libre et je veux croire que vous êtes capable de l'accepter sans la juger !

Écrit par : Vincent | 28/12/2014

Je ne doute pas que votre foi est aussi importante que ma liberté de penser, c'est la raison pour laquelle je ne me permets de vous juger.

Il est admis que l'intolérance est en chacun de nous quelle que soit sa conviction. Cela dit un des principes d'un bon laïc est de ne jamais juger l'autre. Selon la "laïcité pour les nuls", les règles sont claires et bien définies et il serait bon de les apprendre pour "le bien vivre ensemble".

Écrit par : Noëlle Ribordy | 28/12/2014

Madame Ribordy,

Comme Monsieur Strohbach vous juge d'"une intolérance digne des pires intégristes religieux" et comme les pires intégristes religieux sont en train d'égorger, de décapiter et de réduire en esclavage des milliers de personnes, je me demande quel crime vous avez commis pour mériter cette comparaison.


Monsieur Strohbach,

Je connais un prénommé Vincent qui de manquera pas de dénoncer votre intolérance, voire votre haine contre les "laïcisites".

Le laïcisme serait-il une nouvelle religion?

Combien de personnes tuées au nom de cette religion, urbi et orbi?

Écrit par : Charles | 28/12/2014

Charles : Bon, soit c'est moi qui me suis mal exprimé (et donc mal fait comprendre) soit c'est vous qui comprenez ce que vous avez envie de comprendre, soit c'est les deux mais ce qui est certain c'est que de la haine pour les laïcs, je n'en ai absolument pas et que, par ailleurs, je n'ai jamais parlé d'autre chose que d'intolérance.

Rien à voir bien entendu avec ces illuminés qui utilisent les religions pour justifier leur barbarie.

Les laïcs, même les plus virulents, n'en sont pas là, loin s'en faut, pourvu qu'il en soit toujours ainsi .....

Écrit par : Vincent | 29/12/2014

@ Noëlle Ribordy et Charles

En quoi la foi empêcherait-elle le libre penser (comme le bien manger)?
En cours de route, de vie, le mot foi me tracassait en son sens "adhésion" terme cher à Karol Wojtyla. Puis vint par Aurobindo l'expression "certitude ultime" pour la foi mais comme ici-bas, façon de parler en regardant une carte du ciel, comme tout change tout le temps nous y compris, nos cellules, il me sembla que l'inconnu à chaque instant, l'imprévisible nous stimule... un peu comme des êtres qui avanceraient en direction d'une montagne. ouf! ils y sont. Arrivés de nuit. Au lendemain matin, stupeur, une nouvelle montagne au loin se dresseraient et ainsi de suite: montagnes autant d'étapes... Mais les croyants aujourd'hui, les chrétiens ne passent pas leur temps à attaquer athées ou laïcs: quelle est la peur qui incite les athées ou adeptes de la laïcité (forme nouvelle de... religion?)! à attaquer la foi("fondée sur des fables")! Que fondées sur des fables? Les églises: en ces vingt siècles combien de prisonniers accompagnés moins mal traités (Vincent de Paul) malades soignés, indigents habillés, nourris, logés (abbé Pierre) enfants instruits, égayés en leurs loisirs ainsi qu'accueillis en camps de vacances, etc.?! Théâtre, musique, kermesses, fêtes variées, excursions, maisons pour les week-ends et vacances à l'intention de ceux qui n'ont pas les moyens de quitter leurs quartiers jamais? Œcuménisme (en attendant mieux)!
Il faut reconnaître que ce que Jésus demanda aux disciples ainsi que ce pourquoi il se disait "envoyé"; cet "engagement a été tenu et continuera à l'être sans pouvoir pour autant changer le cœur de chacun.
Le pape présent... par le simple fait qu'il est pape est déjà salué par quelqu'un qui a prétendu que les croyants ont un problème: "paperon"!
Pape donc...: préjugé, obsession, idée fixe d'un tel et de tels détracteurs! Pape François dont ne saurait assez apprécier le discours à la curie romaine (au cas où ce discours aurait passé inaperçu voir le blog de sœur Claire-Marie Jeannota).

L'interdiction des signes religieux est-elle en soi une invitation à la culture indispensable, incontournable de la tolérance?

Pourquoi éternellement parler au passé du pire concernant les formes de croyances, l'Inquisition, etc., plutôt qu'être, vivre et penser au présent lequel peut selon ce que nous voulons en faire être un véritable "présent"! un don.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 29/12/2014

@Calendula

« Votre deuxième remarque: ne vous énervez pas ! Ca n'en vaut pas la peine. Vous avez vu mes guillemets ? Je ne les ai pas mis par hasard. »

Oui. J'avais bien compris "à prendre avec des pincettes" (avec un certain degré de relativité...). Evidemment, que "Chuck fumant devant son écran", c'est une image, mais j'admets avoir délibérément omis les guillemets parce que le ressentiment à l'origine des critiques adressées aux "laïcistes" n'est pas feint.

Ce ressentiment existe, est partagé, et véhicule un réel sentiment de dépossession et de haine, qu'il est bien trop courant aujourd'hui de rencontrer, tous les jours, partout, dans les médias, dans les débats, dans la rue, dans les commerces, en famille, ***à la moindre frustration***.

Maintenant, je peux encore concevoir, que les gens ont des limites de tolérance, et lorsque ces limites sont répétitivement, quotidiennement éprouvées et dépassées, des individus pètent les plombs et déversent leur accumulation de haine sur ceux qu'il leur est le plus facile à accuser, à tort ou à raison (cela étant sans importance), et à atteindre.

Mais peut-on admettre que des gens ressentent des frustrations et les accumulent sur la base de faits infondés, imaginaires ou inventés pour les manipuler ? Quelle perte de temps, d'énergie, d'efforts, de patience, de délais, d'intelligence à s'affronter, à percer des murs d'hypocrisie, à défendre ou faire valoir des fausses causes, des causes dont les raisons sont elles-même fausses, ou dont l'intérêt n'est que purement dogmatique ou psychologique, l'obstination à vouloir faire porter la même taille à tout le monde.

La question de fond pour la société est: combien de temps encore à essayer de faire sauter un éléphant à travers le chas d'une aiguille ?


@Geo
« "Rien ne justifie l'interdiction de ....leur architecture propre (minarets)"
Juste une loi fédérale... »

Merci pour ce rappel de la tolérance encadrée serrée helvétique.
De quoi stimuler l'Islam de Suisse à affimer son identité propre d'un coup de Swiss-Touch: un beau clocher musulman en lieu et place de minaret.


@Calendula
« D'où viennent les précisions pour Genève ? »

Recueil systématique genevois (rs/GE)

http://www.ge.ch/legislation/
Sections C 4 et F 3.

« Faut-il garder, dans des calendriers officiels, les fêtes religieuses chrétiennes et /ou traditionnelles, qui ont perdu leur sens ou dont on a oublié l'origine ? Faut-il en rajouter d'autres, de nouvelles ?
" Le Jeûne genevois" ou " Le Jeûne fédéral" sont de bons exemples. »

Mon avis ?

Au niveau fédéral, seule la fête nationale est inscrite dans la constitution: le 1er août

Fêtes séculières, aujourd'hui jours fériés au niveau fédéral: Nouvel-An, Vendredi-Saint, Lundi de Pâques, Jeudi de l'Ascension, Lundi de Pentecôte, Noël

Ces jours fériés sont partagés par la plupart des pays européens.
MAIS, deux jours fériés pourraient être substitués, les fêtes relatives étant célébrés un dimanche dans certains pays européens: Jeudi de l'Ascension, Lundi de Pentecôte.

Jours fériés cantonaux de commémoration: indépendance (NE), fête du travail (GE), plébiscite (JU), restauration (GE)...

Jours fériés cantonaux genevois pour la célébration de fêtes séculières: jeûne genevois.

D'autres cantons en Suisse ont d'autres jours fériés en plus.
p.e. AG: 2 jan, Fête-Dieu, 15 aoüt (Assomption), 1 nov (Toussaint), 8 Déc (Immaculée Conception), 26 Déc.

Ainsi, à Genève, il serait possible de supprimer 3 jours fériés destinés à célébrer des fêtes séculières et les célébrer le dimanche, et remplacer ces jours fériés par autant de jours de congé que les pratiquants de religions non-séculières peuvent consacrer à la pratique de leur religion.


@Vincent

« Nous serons (j'espère) d'accord sur le fait que "vos Laïcistes" désirent supprimer toutes traces évoquant les religions dans la sphère publique et ce, si j'ai bien compris, pour ne pas mettre en avant une religion plutôt qu'une autre. »

Bon, du tact, de la finesse ...
Monsieur Vincent ... vous semblez avoir bien compris le mécanisme, mais mal compris ce qui est en jeu ...


« ... supprimer toutes traces évoquant les religions ... »

Pas "traces", mais "signes ostentatoires".

Ostentatoire: Qui révèle de l'ostentation.
Ostentation: Affectation qu'on apporte à faire quelque chose, étalage indiscret d'un avantage ou d'une qualité, attitude de quelqu'un qui cherche à se faire remarquer.

Porter une croix en pendentif, dissimulée sous un vêtement, n'est pas ostentatoire, même si vous venez à remarquer une chaîne autour du cou de votre interlocuteur.

Porter la même croix par dessus, c'est ostentatoire.

Porter un maillot avec l'inscription bien visible "I luv Jesus", c'est ostentatoire.

Porter la kippa, à moins de la dissimuler sous une moumoute, c'est ostentatoire. Car la kippa a bien pour fonction d'affirmer une identité religieuse.

Porter un kufi n'est pas le signe d'une appartenance religieuse. Le kufi est une pièce d'habillement commune, à la fonction identique d'un couvre-chef, et que l'on porte en Afrique, au Moyen Orient, et en Asie. Ce qui distingue le kufi du couvre-chef occidental, qui entretient l'idée d'une signification religieuse du kufi, c'est les coutumes du port du couvre-chef qui sont différentes dans les pays du kufi et en occident, et le fait que les hommes musulmans prient la tête coiffée, que ce soit d'un kufi ou d'un couvre-chef à l'occidental.

Une seule exception à l'obligation de dissimuler: le port de l'alliance ou bague de marriage, dont la tradition remonte bien avant l'émergence des religions contemporaines.


« ... supprimer toutes traces évoquant les religions dans la sphère publique ... »

Cela n'a pas de sens.
Si le thème des religions appartient à la "sphère publique", l'anti-thèse de la "sphère privée", c'est qu'elles sont donc ouvertes au *** débat public ***. Quel sens donner à vouloir "supprimer toutes traces" dans ce qui est admis ouvert au débat ?

Vous semblez confondre "sphère publique", "espace public" ...

"Espace public": c'est l'espace imaginaire, englobant le domaine public et le domaine privé, dans lequel évolue le public et dans lequel celui-ci est exposé aux idées véhiculées par des tiers, ou à toutes les idées réelles ou imaginaires que peuvent inspirer la perception du comportement de tiers. En gros, l'espace public englobe tout l'espace géographique auquel s'étendent la vue, l'ouïe, l'odorat (l'exposition publique), et tous les médias (l'affichage, la presse, la télé, la radio, internet), dont l'accès n'est pas explicitement réservé et activement gardé.

... et "domaine public":

rs/GE
https://www.ge.ch/legislation/rsg/f/rsg_l1_05.html

"Constituent le domaine public :
a) les voies publiques cantonales et communales dès leur affectation par l’autorité compétente à l’usage commun et dont le régime est fixé par la loi sur les routes, du 28 avril 1967;
b) le lac et les cours d’eau, dont le régime est fixé par la loi sur les eaux, du 5 juillet 1961;
c) les biens qui sont déclarés du domaine public en vertu d’autres lois."

La laïcité dans l'espace public:

Au désarroi possible de certains, la laïcité n'a vocation à réglementer ni le public, ni "l'espace public", ni le "domaine public", mais les devoirs des différents pouvoirs constituants l'Etat (fédéral, cantonal, communal), et leur administration:

- le devoir de légiférer en tenant compte des spécificités de chaque ethnie ou religion reconnue dans un pacte (contrat social multi-culturel) laïque, pour l'intégration républicaine et la cohésion sociale;

- le devoir de définir des dispositions d'équité laïque pour l'application républicaine (uniforme, égale) des lois, établies pour motifs culturels (religieux ou ethnique) exceptionnels dûment reconnus, selon les principes du pacte laïque, en respect du droit constitutionnel;

- le devoir d'accueillir le public dans des lieux dépourvus de toute référence religieuse, par des représentants eux-mêmes dépouillés de tout signe d'appartenance religieuse, à l'exception des alliances et de leur port;

- le devoir d'appliquer la loi selon les dispositions d'équité laïque pré-citées.

Accessoirement, la façon d'accueillir les administrés n'influence en rien le droit de l'Etat de détenir, d'entretenir et de présenter des biens à caractère religieux dans ce qui constitue son patrimoine historique, quelle que soit l'importance de la représentation de la religion dans ce patrimoine, toutes proportions historiques gardées, même si certaines religions contemporaines sont absentes de ce patrimoine pour ne pas avoir contribué à l'histoire de l'Etat.


« ... pour ne pas mettre en avant une religion plutôt qu'une autre. »

"Mettre en avant", c'est très ambigü. Ca peut vouloir dire:
- promouvoir une religion
- favoriser une religion parmi d'autres
- donner la préférence à une religion parmi d'autres

Promouvoir une religion ?
Le prosélytisme, il est évident que cela n'est pas le rôle de l'Etat.
Lire impérativement à ce sujet:
http://www.genevefamille.ch/N181451/a-t-on-le-droit-de-faire-du-proselytisme-en-suisse.html


Favoriser une religion parmi d'autres ?
Donner la préférence à une religion parmi d'autres ?

Et pourquoi pas favoriser une race pendant que nous y sommes ?
Naturellement exclus.

Sérieusement, si dans certaines situations exceptionelles, par exemple pour régler des problèmes de discrimination, l'Etat peut être amené à prendre des mesures exceptionelles temporaires, comme favoriser ou préférer des personnes de certaines communautés parmi d'autres, évidemment ce n'est pas à titre de compensation, mais pour mieux comprendre et rapporter la discrimination. Rien ne justifie par contre la généralisation de cette préférence ou son extension à des tâches de routine.


« ... la population n'est pas prête pour ce qui est présenté comme une évolution et qui est surtout considéré (à tort ou à raison) comme une remise en cause de nos valeurs. »

Permettez moi de me répéter, il me semble vous avoir déjà posé la même question, exactement quelles valeurs ?


« Pires certains en profitent pour nous expliquer qu'il s'agirait là, de tentatives d'une religion d'en remplacer une autre... »

Remplacer à quel statut (ou à quelle position pour les footeux) ?
Conféré par qui ?
Depuis qu'il est devenu laïque, l'Etat ne se mèle plus de religion.
Un statut social, alors ? Lequel ? Avec quels privilèges ?
Comme lorsque les catholiques ont remplacé les protestants, à Genève, la Rome protestante, berceau du Calvinisme ?
Ca a dû être un sacré carnage, non ?
Non ? Y'a pas eu de carnage ?
Mais ca a bien été un évènement historique, non, comme la chute de Constantinople ?
Imaginez un peu si Rome devenait un jour protestante ... quel patacaisse!
Au fait, c'est arrivé quand? Que les catholiques soient devenus majoritaires et Genève soit devenue catholique ?
Et ca se comémore à quelle date ?


« Alors, en attendant que les "laïcistes" aient définitivement réussi à discréditer nos religions et même nos croyances au nom de leur vérité axée sur le rationalisme et la science ... »

Monsieur Vincent, excusez du peu, votre accusation est stupéfiante!
Le laïcisme n'est PAS une religion, ne véhicule aucune dogme, aucune vérité et ne fait aucune référence au rationalisme ou à la science.
Le seul message du laïcisme est son principe fondamental: il est dans l'intérêt respectif de l'Etat et de TOUTES les religions de séparer la religion et l'Etat.

De toute évidence, vous confondez "laïcistes" et "athéistes".
Vous attribuez aux laïcistes le discours d'athéistes dogmatiques.

Et comment le laïcisme discrédite "vos" religions et "vos" croyances ?
Vous ne pouvez porter une telle accusation sans explication.

De plus, je conteste avec véhémence votre appropriation "des religions" qui dépossède un nombre significatif de croyants qui affirment leur soutien à la laïcité.


« ... laissons les crucifix et autres crèches là où ils sont ! En dehors de quelques "laïcistes" forcenés, ses symboles ne dérangent personne... non ? »

Reste à savoir où ils sont posés et si c'est bien leur place.
Vous ne laissez pas le balai-chiotte au milieu du couloir d'entrée, quand même ?

D'abord, il convient de déterminer si ces objets sont du domaine du folklore (de la culture) ou du sacré.
Pour cela, le test de la décoration de ce lieu de haute inspiration: les toilettes.
Si l'objet, accroché au mur au dessus du rouleau de papier à coté du miroir Coca-Cola, ou installé sur l'étagère à coté de la pile de vieux numéros de Elle, Lui, Géo, Le Matin-Dimanche, Zemmour, remplit effectivement l'espace vide, c'est que c'est bien du folklore.
Si par contre vous vous dites qu'en cas de fausse manoeuvre, ca serait moche si le petit Jésus dans sa créche, ou le grand Jésus sur sa croix venaient à tomber dans la cuvette, c'est que c'est du sacré.

Si c'est du sacré, ca n'a donc rien à faire ni dans les toilettes, ni dans une vitrine au milieu des chocolats, ou à l'entrée d'un pub servant de la Bière de Noël. Mais ça, ce n'est pas la laïcité qui le dit.

La laïcité ne s'intéresse qu'à l'Etat et ses représentants, et ne dit rien de ce quoi doit ou ne doit pas faire l'individu chez lui, ou le vendeur de chocolats, ou le taulier de pub, s'abstenant résolument de s'immiscer dans le domaine privé

Par contre, les religions, elles ont bien un terme pour décrire ce qui ne doit pas être fait avec des objets sacrés: la profanation.

Ce qui soulève LA question fondamentale suivante:

Est-ce bien du ressort de l'opinion publique, de vous, de profanes, de décider de la pertinence d'exposer des symboles religieux en dehors de lieux du culte ou de chez soi ?

Une chose est certaine, ceux qui reconnaissent en ces symboles religieux un caractère sacré ne peuvent qu'approuver l'interdiction d'exposer ces symboles religieux, en particulier ceux de leur propre religion, dans des lieux publics non-consacrés.

(Incidemment, le poisson, symbol chrétien, c'est un poisson de mer ou d'eau douce ?)


@Noelle Ribordy

« Lors d'un article de M. Cuénod sur l'interdiction des crèches, ce dernier s'élevait contre cette proposition et demandait à ce que les libres-penseurs, les agnostiques, les athées se taisent. Je reconnais tout de même qu'il publie les commentaires des personnes qui se réclament de cette catégorie-là. La liberté d'expression est sauve. »

M Cuénod a parfaitement raison sur ce point, sauf qu'il s'est peut-être mal exprimé.
Dans sa démarche intellectuelle, il comprend rapidement que l'avis de gens pas, ou indirectement concernés, ne répond pas à la question et ce qui est en jeu: la sacralité et les rapports de la société avec la sacré, en particulier le sacré des autres.

Son but n'était pas de censurer ceux qu'il cite, mais il a compris que leur nature les poussant à rejeter le symbolisme, une très grande majorité d'entre eux seraient favorables à l'interdiction.

Il était certainement plus interessé par les réponses de ceux contre l'interdiction, et surtout par les raisons qui auraient été invoquées.

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Erratum:

Dans un de mes commentaires précédents, j'ai écrit:

« La prosternation est par contre permise dans le reste du domaine public, sous réserve que celle ci se déroule à l'abri de la vue du public, ou en enceinte extérieure fermée, dans le cadre d'une manifestation dûment autorisée par l'Etat. Ainsi, seules les conditions réglant la prosternation requièrent une modification de l'actuelle legislation. »

Ce que j'ai oublié de préciser, c'est que cette condition d'adapdation de la législation genevoise n'est spécifiée, non pour satisfaire aux principes de la laïcité, mais à celui des bonnes moeurs dont on voit la présence dans certains articles de la législation actuelle, par exemple:

F 3.30.03 Règlement sur les bains publics (RBains)

Art. 1 Baignades au lac
Sauf dans les bains publics autorisés, il est interdit dans la commune de Genève ainsi que sur le quai de Cologny, en amont de Genève-Plage jusqu’à la fin du plan d’eau affecté au ski nautique, et partout où des écriteaux le prescrivent, de se baigner dans les lieux exposés à la vue du public.

Écrit par : Chuck Jones | 01/01/2015

"Pas de démocratie sans séparation de la religion et de l'Etat."

Celui qui dit cela dans la video ci-dessous devrait vous ébahir:

https://www.youtube.com/watch?v=sB99SSpDQd8

Écrit par : Chuck Jones | 02/01/2015

Les commentaires sont fermés.