03/12/2014

Droit d’initiative, tant que le ridicule ne tue pas….

Ça en devient ridicule ! Voilà désormais qu’un groupe de citoyen veut lancer une initiative pour annuler le résultat du vote du peuple sur une autre initiative.

 

Le pire c’est qu’il en a le droit et on se réjouit d’entendre ceux qui estiment qu’il ne faut surtout rien changer à notre système démocratique défendre le droit des initiant à proposer au peuple… l’annulation de ses choix précédents.

 

Il est vrai qu’on commence à s’habituer aux initiatives délirantes ; chaque semaine ou presque c’est un autre parti, un autre groupe de pression, un autre lobby ou encore un rassemblement quelconque de citoyens qui lance (où qui menace de lancer) sa nouvelle initiative, aussi inapplicable, égoïste et absurde soit elle.  

 

Et comme il apparait que la plupart du temps ces initiatives finissent par aboutir, on est alors en droit de se poser des  questions sur la clairvoyance de ces citoyens qui semblent prêts à signer tout et n’importe quoi lorsqu’ils sont abordés par une charmante et jeune militante… à la sortie de la Migros.

 

Mais le problème n’est pas là, le vrai souci c’est le traitement, que dis-je, l’agression, que subit notre si merveilleux système démocratique de la part de celles et ceux qui, convaincus de leur bon droit, n’ont de cesse de le dévoyer.  

 

Et comme oser écrire ce qui précède équivaudrait (selon nos donneurs de leçon de service)  à remettre en question les droits fondamentaux du peuple suisse, nous assistons à un combat (un peu ridicule d’ailleurs) entre ces populistes qui ont tout misé sur la démagogie et l’émotionnel  et les quelques politiciens, journalistes et citoyens qui osent se faire les défenseurs d’une démocratie directe telle qu’elle a été à l’époque conçue et réfléchie par nos si avertis et perspicaces ancêtres.

 

Quoi qu’il en soit, je veux croire, que demain il sera difficile d’échapper à un véritable débat sur l’avenir du système démocratique suisse au sein d’une société toujours plus médiatisée mais, paradoxalement, de moins en moins correctement et objectivement informée sur les véritables enjeux de société.

 

Voilà pourquoi, je pense qu’il est grand temps de lancer….. une initiative sur les limites des initiatives.

 

Non, je plaisante mais je n’en suis pas moins intimement convaincu que c’est désormais aux partis politiques d’oser se saisir de la question en commençant (idéalement) par  leur autocritique quant à  l’utilisation (parfois honteuse) qu’ils font aujourd’hui de notre formidable démocratie directe.

 

Une fois cette exercice (pas gagné d’avance, il est vrai) terminé, il sera alors temps pour nos chambres fédérales (quitte à demander l’approbation finale du peuple) de se mettre d’accord sur qu’il faut conserver et sur ce qu’il faut adapter pour que, demain, nous puissions à nouveau être fiers de nos extraordinaires (parce qu’exceptionnels) appels  à la sagesse populaire pour prendre des décisions éclairées sur des…véritables questions !

 

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Commentaires

On pourrait aussi voir cela d'une perspective inverse: une initiative qui passe à 50.3%, c'est peut-être une erreur qui pourrait être corrigée.

Écrit par : Déblogueur | 03/12/2014

"On pourrait aussi voir cela d'une perspective inverse: une initiative qui passe à 50.3%, c'est peut-être une erreur qui pourrait être corrigée."

Mauvais perdant, très mauvais perdant! On a l'habitude.

En tant que démocrate, je n'ai rien contre une initiative pour annuler une initiative. Mais ça marche dans les deux sens ou seulement dans un sens, le sens des mauvais perdants?

Maintenant pour corriger le tir sur ce coup-là, il faut être très naïf. Puisque pour passer une initiative a besoin de la double majorité. Et les cantons alémaniques ne vont pas se dédire. Ni le Tessin. Donc allons-y gaspillons des sous pour cette inutilité de mauvais, très mauvais perdants.


On voit aujourd'hui clairement que Vincent est un anti-démocrate.

Merci pour vous être ainsi dénoncé.

Écrit par : Johann | 03/12/2014

Mais cela fait bien longtemps que vous voyez ce que vous voulez où vous avez envie de le voir Johann....

Écrit par : Vincent | 03/12/2014

Vous parlez de François Longchamp qui exclu les recours aux initiatives ou référendum dans sa partition des budget entre canton et communes ?

Écrit par : Corto | 04/12/2014

@Vincent Strohbach entièrement de votre avis et de nombreux citoyens affirment à haute voix stop à ces initiatives qui font voter 4 fois par année alors qu'avant on votait moins avec des résultats qui eux étaient tangibles , durables et surtout réalistes
très belle journée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 04/12/2014

Et si on décidait qu'une initiative doive recueillir non pas un nombre X de signatures mais un %tage de la population, comme c'est le cas à Genève depuis l'adoption de la nouvelle Constitution ? Cela limiterait certainement le nombre d'initiatives lancées, car il était beaucoup plus difficile d'obtenir 100'000 paraphes lorsque le droit d'initiative a été élaboré (fin XIXe ?) qu'aujourd'hui.
Peut-être faudrait-il lancer une initiative pour changer cela ?

Écrit par : vertlib | 06/12/2014

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