24/04/2014

Choisir son camp ?

Je ne sais pas s’il faut les appeler des bobos, je ne sais pas si c’est tous forcément des utopistes naïfs mais il est vrai que les populations des grandes villes de notre planète ont de plus en plus tendance à partager (entres autres….) les mêmes valeurs.  

La question est donc de savoir si nous (vu que j’en fais partie) méritons pour autant le mépris exprimés par quelques campagnards mais surtout par ces fameux nouveau réacs qui, parce qu’ils ont le vent en poupe, estiment pouvoir se gausser de ceux qui ne partagent pas leur combats.

Oui et c’est effectivement paradoxal, nous sommes peut-être plus sensibles à l’environnement que la moyenne, oui, parce qu’il s’agit de nos voisins, nous sommes plus ouverts aux étranger et donc au multiculturalisme. Oui, nous croyons que la voiture n’est plus le symbole de l’avenir et que la qualité de vie passe d’abord par l’accès à la culture et aux loisirs.

So what ? (Parce qu’on est en polyglotte en plus…   ; - )

Doit-on pour autant supporter les sarcasmes et le mépris de ceux (et ils sont de plus en plus nombreux, en particulier sur ces blogs d’ailleurs) qui ont décidé une fois pour toute que l’ouverture au monde, l’aspiration au bien-être et même un certain style de vie étaient les symboles d’une société élitiste, décadente et déconnectée de la réalité.

Parce qu’être xénophobe, vengeur  et répressif  c’est être beaucoup plus réaliste peut-être ?  

Comme toujours la vérité doit se trouver dans le juste milieu.

Car  même si c’est pourtant ce que je fais (pour être plus clair)  depuis le début de ce texte, il n’y rien de plus ridicule que de généraliser, les citadins ne sont pas tous (loin s’en faut) des bobos tolérants. Quant aux ruraux et autres banlieusards , il faudrait également éviter de les considérer dans leur totalité comme des réacs stupides.

Malheureusement, nous vivons dans une société où il semblerait qu’il soit beaucoup plus simple de mettre les citoyens dans des petites cases. Chacune avec ses caractéristiques, ses héros, ses ennemis, ses médias, ses icones  et ses manières d’appréhender la réalité.  

Peut-on, dans ses conditions, envisager d’évoluer, de grandir, de changer ? Avons-nous encore le droit d’être Libre de prendre ce qui nous plait et de rejeter ce qui nous débecte sans avoir l’impression d’être un traitre ou un collabo ?

Bref, avons-nous le droit de refuser d’être catalogué ?

J’aimerais croire que oui, mais cela me semble de plus en plus difficile. Car comme l’exprimait si bien le grand intellectuel  G.W. Bush Junior, l’homme qui a donné au manichéisme ses lettres de noblesse :

-          Soit on est avec les justes et bons soit on est contre

 

Autrement dit :

 

-          Soit on est un xénophobe réaliste, soit on est un humaniste irresponsable

-          Soit on est de gauche soit on est de droite

-          Soit on est un croyant qui s’est fait laver le cerveau soit on est un athée lucide

-          Soit on est un capitaliste consumériste soit on est un baba cool dégénéré

-          Etc. etc.

Bref, il semblerait que dorénavant, nous allons de plus en plus devoir choisir notre camp ... une fois  pour toute. 

Mais quelle belle évolution !  

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16/04/2014

Hommage aux politiciens !

Loin de moi l’idée de sombrer dans l’idéalisme voir pire l’idolâtrie de nos femmes et hommes politiques, il n’empêche que chaque fois (et c’est donc plusieurs fois par jours !) qu’ils sont attaqués, dénoncés, critiqués, insultés, méprisés, etc. etc. j’ai envie de venir à leur secours.

Non pas parce que je suis convaincu qu’ils font tout juste, qu’ils sont suffisamment libres d’agir en faveur du bien commun, ni même qu’ils soient tous compétents. C’est juste qu’en ces temps d’individualisme élevé en véritable dogme, je ne peux cacher mon admiration pour celles et ceux qui, quelques soient leur motivation et leurs convictions, s’engagent dans la vie publique en sacrifiant leurs temps, leurs carrières professionnelles et même de leurs vies de famille pour prendre en charge la gestion de nos villages, villes, cantons, pays et même continents.

D’autant que, qu’à l’instar du sport professionnel, pour quelques rares exceptions qui parviennent au sommet et qui voient donc leurs efforts récompensés, la grande majorité de nos politiciens ne connaitront jamais l’ivresse du pouvoir. Celui-ci (quant il n’est pas suffisamment partagé) rendant visiblement fou ce n’est d'ailleurs pas plus mal…

Quoi qu’il en soit, j’aimerais par ce petit texte, une fois n’est pas coutume, rendre hommage à la classe politique : Merci Mesdames, merci Messieurs les politiciens, c’est grâce à vous, à vos sacrifices et à vos combats que nos sociétés évoluent et s’organisent pour nous assurer une certaine qualité de vie.

Bien sur, en tentant de faire le bonheur des uns, vous avez des grandes chances de faire le malheur des autres. C’est d’ailleurs là, toute la difficulté et la beauté de votre implication. Savoir faire la part des choses pour que les conséquences de vos actes permettent à la fois d’avancer tout en évitant des conséquences trop fâcheuses.

Bref, la politique c’est tout un art, l’art de séduire d’abord, l’art de convaincre ensuite puis, enfin, l’art de faire des omelettes en cassant un minimum d’œufs. Parce que pour chaque œuf cassé, vous devez être conscients que tant les journalistes que les citoyens donneurs de leçons vous attendent aux contours.

Combien de fois, j’ai eu envie d’envoyer un message à un journaliste ou encore à un blogueur pour leur dire

-          Puisque cela parait si facile, puisque visiblement vous avez tout mieux compris que tout le monde, pourquoi, vous ne vous engagez pas dans la vie politique ?

Mais non, c’est tellement plus facile de critiquer, tellement plus aisé de voir un verre d’eau à moitié vide plutôt qu’à moitié plein, tellement plus simple de s’accrocher à son point de vue en étant convaincu de détenir La vérité.

Sauf que la politique, même si l’avènement des populistes pourrait bien me démentir, c’est justement l’inverse, c’est être capable d’accepter qu’on ne possède pas forcément tous les éléments d’un problème et qu’il est donc nécessaire d’écouter les différents points de vue avant d’agir !  Mais c’est aussi être rationnel, pragmatique, volontariste, courageux, intègre,  etc. etc. Bref, c’est tout sauf évident et il faudrait donc toujours s’en rappeler avant de se permettre de… juger !  

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10/04/2014

Du respect, svp !

Entre la violente bagarre entre parlementaires ukrainiens en début de semaine, les sifflements et autres huées des élus de droite lors du discours de Manuel Valls à l’assemblée nationale française mardi dernier, les insultes et « verres d’eau » qui pleuvent lors des séances du grand conseil genevois, il faut bien constater que l’exemplarité et le respect sont des valeurs qui sont en voie de disparition.

La question qu’il faut se poser, c’est pourquoi ? Comment des institutions qui sont pourtant censées représenter le pouvoir et donc une certaine forme d’autorité, peuvent être aujourd’hui si  bafouées ?

Bien sûr, une grande partie de la faute en revient aux politiciens eux-mêmes. Visiblement nombreux sont ceux qui ne sont pas capables du respect minimum qu’ils doivent pourtant à l’assemblée au sein de laquelle, ils siègent. Et ce n’est d’ailleurs pas parce que  la grande majorité d’entre eux arborent fièrement une cravate ou un tailleur pour donner l’impression d’être respectable que l’habit fait  le moine. Au contraire, bien souvent on les aimerait un peu moins élégants et un peu plus pertinents….  

Malheureusement, nous vivons dans une société où la forme a largement pris le dessus sur le fond, c’est donc aujourd’hui les plus grandes gueules, ceux qui sont les plus culottés, les moins respectueux et donc les plus arrogants qui vont l’emporter.  Peu importe l’éducation, l’éthique et le savoir vivre, aujourd’hui, il faut se montrer insolents et provocateurs pour se faire remarquer…. par les médias.

Parce qu’il est là le nœud du problème. Regardez qui sont les chouchous des médias et vous comprendrez vite que ceux-ci ne s’intéressent guère aux hommes et aux femmes politiques (aussi brillants et instruits soient-ils)  qui sont  humbles et polis. Et comme par ailleurs, les journalistes sont tellement conscients du pouvoir ahurissant (sans la responsabilité qui va avec d’ailleurs) qu’ils possèdent,  on en arrive à des scènes surréalistes où des politiciens chevronnés qui ont sacrifié leur vie à la cause publique se voient  traiter comme des vulgaires clowns (à qui on a bien voulu accorder quelques secondes  de parole) par des gamins à peine sortis des études. J’ai,  d’ailleurs, à ce propos, le souvenir effarant d’un Nicolas Sarkozy en pleine campagne électorale et donc condamné à répondre avec le sourire aux questions graveleuses et débiles d’un jeune con portant le titre ronflant de « chroniqueur ».  

Bref, dans ses conditions, il me parait pour le moins utopiste d’exiger de nos politiciens qu’ils se montrent à la hauteur de la tâche ô combien ardue et compliquée pour laquelle, ils ont été élus. A partir du moment où ils sont méprisés par tout le monde (ou presque),  comment leur demander  d’être capable de montrer l’exemple en faisant, entre autres, preuve de respect les uns vis-à-vis des autres ?

Résultat, des écoles aux assemblées législatives, de la rue aux plateaux de  télévision, le respect semble être devenue une valeur ringarde et passée date.

Pas sur que cela soit de très bonne augure…..

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