27/03/2014

Trop c’est comme pas assez !

Lettre à ma fille qui va voter pour la première fois !

 

Le 7 avril prochain, tu vas, pour la première fois de ta vie, avoir le droit de voter, en l’occurrence, il va s’agir des élections du Québec, ton pays qui n’en est pas vraiment un.

Je t’accorde qu’entre un Parti Libéral à la botte du Canada anglais et un Parti Québécois qui a du tomber dans le pire populisme pour enfin retrouver des couleurs, le choix équivaut à choisir entre la peste et le choléra.

Bien sûr tu pourrais voter pour la gauche, mais tu le sais mieux que moi, voter pour la gauche en Amérique du nord, cela ne sert à rien. Les américains sont visiblement restés bloqués sur la guerre froide et opter pour les gauchistes consiste donc, pour 98 % d’entre eux, à soutenir …. Staline.

Mais alors quoi ? Ma pauvre, ça commence mal.

Sache toutefois que même si je ne pense pas que le Parti Québécois soit le parti qui vous l’apportera, je persiste à penser que la meilleure chose qui pourrait arriver aux québécois cela serait de parvenir, un jour (tu es jeune, tu as le temps) à former  un véritable pays.

Parce que, vois-tu, pas assez de nationalisme, c’est comme trop, c’est malsain.

Tu vois ici en Europe, on est plutôt dans la phase (prions pour que cela ne dure pas trop longtemps !) du trop de nationalisme, pas seulement en Suisse ou les partis qui l’emportent sont ceux qui prônent le rejet des autres et le repli sur soit mais également en France, en Hollande, en Italie, en Autriche et je ne te parle pas des ex-pays de l’Est et de la Russie où c’est pire.

Il apparait, en effet, qu’être trop nationaliste, c’est se transformer en supporters, c’est perdre toute objectivité et donc faire preuve d’une mauvaise foi qui serait risible, si elle n’était pas accompagnée de la haine des autres et même d’intentions belliqueuses.

Pourquoi, dans ses conditions, prôner l’existence de ce sentiment au Québec ? Parce que vois-tu, être nationaliste (supporter) c’est aussi partager collectivement des victoires et des défaites, c’est la conscience que rien n’est possible sans une certaine solidarité, c’est faire fi des difficultés pour faire avancer ce  qui rassemble. Bref, c’est  former une communauté, un pays, ton pays en l’occurrence.

Voilà, tu feras bien (comme toujours) ce que tu voudras mais sache qu’à partir du moment où vous serez une majorité à avoir compris que l’indépendance du Québec n’est pas juste un gadget politique mais bien une réalité viscérale dans le cœur de la grande majorité des québécois de souche mais aussi dans celui des personnes qui, comme toi, ont appris à aimer ce qui n’est encore qu’une province francophone isolée dans une Amérique du Nord anglophone, il arrivera fatalement un moment où l’Histoire se fera. J’espère sincèrement que tu pourras alors non seulement la vivre mais, qui sait, y participer….

D’ici là, attention avec le nationalisme, c’est un concept enthousiasmant mais dangereux… à manier avec précaution donc !    

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14/03/2014

LA VOITURE C'EST DÉPASSÉ !

Je n’ai pas retenu son nom mais l’autre jour en page 2 de la Tribune de Genève j’ai été choqué par le « coup de gueule du  genevois » qui s’énervait contre le nouveau conseiller d’état en charge de la mobilité parce qu’à son grand étonnement, aucune mesure pro voiture n’avait encore été prise par celui-ci.

Soit ce monsieur porte des œillères et il n’est donc pas au courant qu’il n’y a plus aucune grande ville digne de ce nom qui n’a pas définitivement opté pour les transports en communs et la mobilité douce au détriment de la voiture, soit comme beaucoup de genevois d'ailleurs, il fait partie de ces gens qui estiment qu’au nom de nos libertés, il faut absolument continuer à prioriser les transports individuels.

Peut-être est-ce dû à la présence annuelle dans nos murs d’un des plus important salon de l’auto de la planète mais il semblerait que les genevois soient, en effet, particulièrement accros à leur voiture. Comme les américains certains semblent préférer passer des heures dans les bouchons que quelques minutes dans les transports en communs. C’est bizarre mais c’est la réalité.

Voilà pourquoi on ne peut que continuer à espérer qu’avec le temps,  Genève va enfin devenir une ville qui, à l’image de Zurich, Berlin, Madrid ou encore Lyon, proposera à sa population et aux touristes qui nous visitent, des moyens de transports aussi accessibles que modernes et efficaces.

Cela devrait aller de soit, sauf qu’à Genève, dès qu’on parle de mobilité, tout ce qui parait normal et logique ailleurs semble particulièrement problématique et source  de conflits. J'en veux, par exemple, les réactions totalement disproportionnées qui ont suivi les changements d’organisation des TPG. Bien sûr on n'a entendu les habituels râleurs que quelques semaines, le temps que chacun s'habitue à ces nouveaux horaires et parcours. N'empêche que cette modernisation a contribué à coûter sa place à la conseillère d’état en charge du dossier. Oui, oui, je sais, elle n’a pas particulièrement brillé au niveau de la communication mais quand même, c’était beaucoup d'énervement pour une démarche par ailleurs nécessaire.

Le souci c’est donc de savoir comment faire comprendre aux genevois qu’en ville (en tout cas), la voiture c’est dépassé ? Priorité doit bien sûr être donnée aux commerçant et autres entrepreneurs qui ne peuvent pas s’en passer, mais pour les autres; des voyageurs de passages aux pendulaires (surtout) sans oublier, bien entendu, les habitants du centre ville (à qui il faudra du coup laisser les places de parking) il faut que les  choses soient clairement dites ; en ville, la voiture c’est fini, f. i. n. i.  !  

 

Il en va de notre capacité à demeurer une ville moderne et... modèle.

Il apparaît en effet qu’aujourd’hui,  pour  assurer une qualité de vie décente aux citadins qui ont droit, comme tout le monde, à un air respirable et à un environnement adapté à leur mode de vie,  les communautés urbaines doivent obligatoirement encourager la prolifération des rues piétonnes, des transports en communs, des parkings en périphérie et des incitations à utiliser  tous les moyens de déplacement non polluants disponibles, que cela soit la marche, les trams ou encore les vélos, les segway, les deux roues électriques, les vélib, le chemin de fer (CEVA), etc.etc.

Bien sur, l’utilisation de ces « nouveaux » moyen de transport ne doit pas devenir une obligation, chacun doit rester libre de son choix de transport, en sachant bien, toutefois, que désormais la voiture individuelle aura tout sauf la… priorité.

Ce changement de paradigme devrait en faire enrager certains, mais autant qu’ils s’énervent sur leur vélo plutôt qu’au volant de leur 4x4, ils seront toujours moins dangereux
…  

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06/03/2014

DEMOCRATIE DIRECTE EN DANGER

Le 9 février nous l’a démontré de façon ô combien limpide, mais on l’avait observé depuis un certain temps, notre démocratie directe est en danger. Même si ce n’est pas ce magnifique et unique atout démocratique qui est en cause mais bien la manière de s’en servir.

Les statistiques sont éclairantes, le nombre d’initiatives populaires soumises au peuple suisse a explosé dans les 20 et même les 10 dernières années.  Mais c’est surtout le but qui a changé, d’outil démocratique de contrôle des institutions, notre extraordinaire démocratie directe est devenue une machine de propagande dont usent et  abusent les partis politiques.

D’ailleurs lors de mon bref (mais édifiant) passage en politique, quelle n’a pas été ma surprise d’entendre mes collègues déclarer qu’il fallait absolument trouver un thème porteur pour lancer une initiative cantonale car la récolte des signatures était le meilleur moyen d’aller à la rencontre de la population.  C’est donc une réalité, peu importe l’initiative et le sujet qu’elle traite, pourvu que son thème soit  vendeur.

Résultat, et la dernière initiative anti-étranger de l’UDC du 9 février nous l’a bien démontré, alors que le but d’une initiative était, à son origine, de permettre de régler des problèmes, aujourd’hui, c’est  au contraire  la mise en application des initiatives qui nous amène des nouveaux problèmes.

Dans le genre dérive, difficile de faire mieux !

Surtout que si notre système continue à être pris en otages par les partis politiques et autres groupes de pression, non seulement nous allons devoir voter,  de plus en plus souvent sur tout et son contraire mais,  il va arriver un moment où notre pays ne sera plus dirigé qu’en fonction des humeurs de l’opinion publique. Et quant on sait à quel point dans nos sociétés médiatiques, il est aujourd’hui facile de jouer avec les émotions de la population, cette dérive pourrait vite se révéler catastrophique.

Et ce même si j’entends déjà les hurlements de celles et ceux qui viendront m’expliquer que c’est ça la Suisse, c’est ça notre démocratie directe, c’est le peuple qui  sera toujours le plus sage. Je voudrais bien, sauf que malheureusement l’opinion publique n’a pas forcément toujours raison, l’opinion publique est versatile et manipulable car elle a tendance à réagir en fonction de sa réalité immédiate en manquant bien souvent de recul et de vision.

Pas que les gens soient stupides, loin de là, mais nous sommes tellement  embrouillés par la surabondance d’informations (et de désinformations) en tout genre qu’il  nous  est de plus en plus difficile de faire la part des choses, de garder la tête froide et  de voter en toute connaissance de cause et  donc en toute objectivité.

Bien sûr, nos élus ne sont pas infaillibles, bien sûr il est  rassurant de savoir qu’en cas d’errements ou de dérives, le peuple est souverain et qu’il aura toujours le dernier mot. Sauf que celui-ci ne sera audible et crédible qu’à partir du moment où il conservera un caractère exceptionnel !

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