27/02/2014

Les fachos sont de retour

On le savait pour Blocher, Freysinger et l’UDC mais maintenant c’est au tour de la Suisse dans son ensemble d’être considérée comme particulièrement visionnaire et donc exemplaire par les trop nombreux  partis d’extrême  droite qui pullulent sur la planète.

Extra ! Et dire qu’il s’en trouve pour en être fiers !

Car, ne nous leurrons pas, les prochaines échéances électorales européennes vont nous le démontrer, le repli sur soit, le rejet de l’autre, le nationalisme exacerbé, l’intolérance élevée au rang de dogme, le racisme ordinaire, l’antisémitisme, les discours antimusulmans primaires, etc. etc.  sont, aujourd’hui, particulièrement… tendances.

Tous ces bas instincts qu’on espérait définitivement relégués aux oubliettes par des systèmes éducatifs humanistes, des souvenirs douloureux et une mondialisation nous obligeant à nous tourner vers les autres sont, au contraire, désormais considérés comme cohérents parce qu’en réaction à  «cette  invasion d’étrangers » à « cette islamisation de la société » à «ce  laxisme généralisé » quant ce n’est pas  « cette décadence issue de mai 68 »… J’en passe et des pires.

Bref, les fachos sont de retour et il faut juste le savoir !

Il n’y aura du reste qu’à lire les inévitables insultes qui vont pleuvoir en réaction à ce coup de gueule pour réaliser que ceux qui, jusqu’il y a peu, n’osaient pas exprimer leurs horribles convictions, n’ont dorénavant plus peur de rien, ni de personne. Ils sont en effet convaincus d’être des visionnaires qui, par leur combat avant-gardiste, parviendront à "préserver nos sociétés du multiculturalisme ambiant et d’une paupérisation inexorables".

Mais le pire dans tout ça, c’est qu’on ne voit rien qu’on puisse y faire. Et ce, malgré les tentatives  des quelques médias qui n’ont pas encore totalement sombré dans l’abrutissement des masses et les différents appels aux secours d’intellectuels de moins en moins considérés.  

Non, j’ai bien peur que nous devions attendre que les extrémistes réacs arrivent au pouvoir et qu’ils se plantent  pour que, du coup,  leur vision démontre cruellement ses limites et que la majorité de la population se rende, alors, enfin compte que les réponses démagogiques, les solutions simplistes et les théories populistes sont aussi dangereuses qu’inefficaces.   

Mais d’ici là, il va falloir prendre le maquis et entrer en résistance !

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20/02/2014

Isolationnisme helvétique ?

 Apparemment, l’affirmation des positions et la polarisation du débat au sujet du résultat de la votation sur l’énième initiative anti-étranger de l’UDC ne sont pas prêts de se calmer, loin s’en faut.

Je me demande toutefois, comment ceux qui nous expliquent avec morgue et superbe que notre pays est suffisamment fort et indépendant pour avoir le privilège de n’en faire qu’à sa tête parviennent à faire fi de la réalité de notre planète ?

En effet,

-          Nos vêtements, notre téléphone, notre télévision, notre voiture, notre nourriture, etc. etc. sont produits (dans des conditions souvent limites, mais ça c’est un autre débat) un peu partout sur la planète

-          On apprécie de pouvoir être connecté via Internet au reste du monde

-          On travaille avec  des entreprises du monde entier (et on se bat même pour les faire venir chez nous)

-          On part en vacances dans les endroits les plus exotiques de notre planète

-          On passe régulièrement la frontière pour aller chez nos voisins

-          On participe aux Jeux Olympiques et autres « Mondiaux »  en affrontant des athlètes extraordinaires en provenance des 4 coins du monde

-          On aime et on consomme des « produits » culturels qui nous viennent d’un peu partout

-          Etc. etc. 

Bref, nous sommes, que cela nous plaise ou non d’ailleurs, totalement impliqués et  compromis dans la mondialisation et on aimerait au niveau politique (et donc aussi économique et social vu que tout est imbriqué) faire comme si nous étions suffisamment puissants et indépendants pour ne pas tenir compte des autres ?  

Je veux bien croire que cela soit le fantasme de celles et ceux qui, nostalgiques, regrettent le temps  où « tout était tellement mieux ». Sauf qu’au risque de choquer ces derniers, il y a un moment où il faudra bien admettre que oui le peuple est souverain, que oui nous sommes un pays particulièrement libre et que nous comptons bien le rester (hors d’une Europe qui échouera ou réussira sans nous),  il n’en reste pas moins que nous sommes un acteur économique comme les autres (peut-être même un peu plus performant) dans ce marché globalisé et que la mondialisation a donc des implications  chez nous aussi. Résultat, non nous ne pouvons pas faire comme si le reste du monde n’existait pas.

Du coup c’est quoi l’idée ? On prend uniquement ce qui nous rapporte et fait notre affaire  et on rejette tout ce qui pourrait nous obliger à un minimum de coopération et même (soyons fous) de… solidarité internationales ?

Cela semble le vœu  de beaucoup et on se demande alors si l’utopie n’aurait  pas changé de camp, à moins qu’il s’agisse là uniquement d’une inconscience nationaliste ô combien aventureuse.

Toujours est-il que nous n’avons pas le choix, nous couper du monde serait tout simplement irresponsable et c’est donc en tant qu’acteur de cette mondialisation qu’il nous faut envisager de faire quelques…. concessions.

Oups, j’ai dit un gros mot !

Désolé !!

  

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14/02/2014

Ok, on va faire avec !

Woaw quelle semaine !

Comme quoi une initiative qu’on pensait simplement pouvoir cataloguer dans le dossier toujours plus gros des « initiatives émotionnelles destinées à faire parler du parti qui l’a lancée » peut devenir par son résultat (pas si surprenant que ça d’ailleurs) une véritable affaire d’état et même créer un buzz au niveau international….

Du coup il paraitrait que certains proposent de revoter, personnellement, j’en ai entendu parler que par ceux (celui !) qui hurlent contre cette idée saugrenue. Certes, il faut, à mon humble avis, revoir notre système politique pour éviter de nous tirer d’autres balle dans le pied, mais pour le moment, si on n’est pas capable d’accepter et de prendre acte des décisions du peuple souverain, c’est qu’on a rien compris à ce qui fait la force et la grandeur de notre pays.  

Bref ! Aujourd’hui, nous devons, toute honte bue, faire avec…..

Et pour commencer, il faudrait déjà que tout le monde se calme, les perdants bien sur qui doivent admettre (même si c’est difficile à avaler) que le temps est au repli sur soit et à la montée des nationalismes et que la solidarité internationale était un beau rêve visiblement aussi utopique que « passé date ».

Quant aux vainqueurs, il faudrait qu’ils se rappellent que leur option est passée de justesse et que la moitié de la population n’est donc pas (encore ?) aussi convaincue qu’eux  que notre pays est assez fort pour se permettre de se la jouer solo….

Il est vrai que la situation n’est pas simple et que tout n’est pas rejeter dans les arguments des uns comme des autres. D’autant que cette polarisation des positions et ce côté manichéen (très étasunien) voulant qu’il y aurait d’un côté les bons patriotes et de l’autres les méchants angéliques ( !)  ne correspond  absolument pas à qui nous sommes….

Il est donc grand temps de se « rabibocher » mais pour cela, il faudrait éviter de sombrer dans le simplisme, la démagogie,  les invectives et les provocations.

Sauf que, pour le moment, on patauge en plein dedans !    

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10/02/2014

Enième vote anti-étranger

 Il faut bien que ça sorte, quelques heures après le résultat, je suis conscient que mes propos sont plus dictés par la frustration qu’autre chose, mais bon, une fois de plus,  une initiative misant uniquement sur l’émotionnel l’a emporté, comment,  par conséquent, ne pas réagir, moi aussi, avec émotion ?

C’est d’abord la réalité géographique de cet énième vote anti-étranger qui m’irrite. On constate en effet que moins les populations sont confrontées aux étrangers, plus elles sont éloignées des grandes villes de notre pays, plus elles ont voté en faveur d’une initiative qui va, quoi qu’on entende ce matin, à l’encontre des intérêts de notre pays.

Mais c’est également l’arrogance des vainqueurs qui difficile à supporter. Comment, en effet, rester de marbre face aux certitudes de ceux qui viennent nous expliquer que refuser cette initiative c’était perdre notre liberté, se coucher devant l’Europe ou encore soutenir « une paupérisation globale, une réduction du pouvoir d'achat, une perte totale de la qualité de vie » … Rien que ça, alors que nous avons jamais eu autant besoin de main d’œuvre étrangère, alors que la circulation de la main d’œuvre a conforté notre situation économique.

Malheureusement, il se trouve un parti populiste, toujours le même qui, sous prétexte de prévenir une situation moins favorable, a joué une fois de plus sur la xénophobie latente et sur les peurs d’une partie de la population pour parvenir à ses fins qui sont, on s’en doute, moins pragmatiques que bêtement idéologiques et …. électoralistes.

On connait, en effet, la sensibilité des opinions publiques au sujet de l’immigration, on sait la délectation avec laquelle les partis et les médias populistes jouent avec les peurs d’une population rendue inquiète par la mondialisation, la crise, la hausse de la criminalité, l’exploitation éhontée des faits divers, etc. etc.

Bref, le ver est dans le fruit depuis longtemps et, aujourd’hui, que cela soit chez nous ou ailleurs dans le monde, il n’est pas trop difficile de prévoir la réaction de l’opinion publique face à la « problématique » des étrangers. C’est d’ailleurs devenu le pain béni de tous les partis xénophobes qui pullulent sur la planète et dont, à notre grande crainte, nous n’avons pas fini de subir les méfaits.

Sauf que contrairement au reste de la planète, la population suisse a, elle, l’opportunité d’officialiser par les urnes ses états d’âme.

Du coup on se dit que c’est bien beau la démocratie directe, mais si désormais, on ne l’utilise plus que pour exploiter les bas instincts de la population,  il va peut-être falloir à en repenser les règles, non ?  

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01/02/2014

Paranoïa branchée !

J'en peu plus, maintenant c'est même avec des proches que j'en arrive à m'engueuler au sujet du thème ô combien récurent et branché dit du ...péril musulman.

Mais c'est bon là ! Ça suffit !

Libres à ceux qui en ressentent le désir de fréquenter les sites internet qui pullulent sur le Web, pour nous expliquer, images et/ou discours délirants à l'appui, qu'en plus de provoquer des souffrances (que personne ne peut nier) dans les pays islamistes, la charria serait, en plus, en passe (allez savoir comment ?) d'être petit à petit introduite dans nos démocraties occidentales.

Ben voyons !

Que des "journalistes" * ou pseudos intellectuels en fassent leur beurre, après tout pourquoi pas, tout le monde doit bouffer et la peur étant définitivement le produit phare du moment, pourquoi celle visant une religion si différente ne ferait-elle pas aussi recette ?

Sauf qu'à force de taper sur le même clou, c'est des personnes qu'on pensait pourtant imperméables à toute propagande qui viennent nous expliquer que oui, les droits de l'homme et plus particulièrement les droits des femmes sont aujourd'hui, à Genève comme à Montréal ou à Bruxelles, menacés.

Ah bon !?
Et par qui ?
Au nom de quoi ?

Aucune initiative populaire, aucune interpellation parlementaire, ni même le moindre article revendicateur n'existent pour étayer ces délires paranoïaques, mais peu importe, il suffirait de "suivre l'actualité" et d'aller "voir sur internet" pour se transformer en quelques clics en combattants acharnés pour la Liberté "au nom de nos valeurs"....

Je ne dis pas, évidemment, que le statut des femmes musulmanes ne doit pas évoluer, en particulier dans ces pays où cette religion fait office de référence culturelle unique.. mais chez nous, il est où le soucis ?

Faut il donc vraiment (pour autant qu'elles existent) tenir compte des éventuelles revendications d'illuminés intégristes absolument pas représentatifs de leur communauté ? Sauf si on veut, pour des raisons qui m'échappent, apporter de l'eau au mouvement anti-musulman, la réponse est bien entendu négative.

Malheureusement, il semblerait que l'homme a toujours eu besoin d'avoir des ennemis bien définis à combattre, alors après les juifs puis les communistes au siècle passé, aujourd'hui, trahis par les velléités belliqueuses d'islamistes aussi illuminés que minoritaires, ce sont les musulmans dans leur ensemble qui servent de boucs émissaires à nos sociétés occidentales.

Résultats : Non seulement les gens deviennent fous avec ça mais en plus cela pousse un certain nombre de musulmans modérés à se radicaliser en réaction à l'ostracisme dont ils sont de plus en plus victimes.

Dans le genre, comment se tirer une balle dans le pied, difficile de faire pire..

VS



* chez nous c'est Mireille Valette qui s'y colle, avec délectation ... apparemment !

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