16/11/2013

OISEAUX DE MAUVAISE AUGURE ?

Non contents d’avoir gagné les élections, voilà que nos populistes locaux sont depuis une semaine en quête de respectabilité. D’abord en se fâchant tout rouge en s’entendant traiter de parti d’extrême droite puis en se demandant publiquement pourquoi la presse les maltraite.

Selon moi, ce qu’ils doivent comprendre c’est qu’en dehors des nombreux dérapages  provoqués par leurs élus et leur chef, c’est surtout l’idée qu’ils représentent ce qu’est devenu la politique qui provoque ce rejet ô combien compréhensible.

En effet, comment ne pas s’inquiéter de cette dérive voulant que c’est finalement un parti qui a passé la dernière campagne à crier son ras le bol, à stigmatiser les frontaliers et à s’en prendre aux institutions et autres « élites » sans jamais rien proposer qui est parvenu à l’emporter ? Est-ce que cela signifierait  qu’il n’est plus possible de se faire entendre de la population en tenant des propos rationnels et qu’il faut donc absolument sombrer dans l’émotionnel pour exister ?

Ailleurs d’accord mais pas chez nous ! Pas en Suisse, pas à Genève !

Jusqu’il y a peu, nous étions, en effet, considérés comme le pays à la démocratie exemplaire. Ce petit état du centre de l’Europe qui démontrait au monde entier  que des citoyens habitués à voter et donc à débattre et comprendre la complexité de la politique finissaient par être plus « sages » que leurs gouvernants en acceptant ou en refusant des nouvelles lois en fonction de l’intérêt général et d’une vision à long terme.

Lors de mes années à l’étranger combien de fois je n’ai pas été fier d’expliquer notre système politique, la manière dont fonctionne notre armée de milice, l’indépendance des cantons  par rapport au gouvernement fédéral, la possibilité pour tout citoyen de se faire entendre en faisant passer qui des pétitions, qui des initiatives, qui des référendums ou encore en se faisant élire ?

Ce système est d’ailleurs tellement bon qu’il a permis à notre pays d’occuper (malgré son exiguïté et sa population restreinte) une place enviée tant au niveau des libertés individuelle que de la démocratie, de la qualité de vie et de l’économie.

Et puis, catastrophe ! Quelques membres influents d’un parti agrarien en quête d’une nouvelle identité ont, tout à coup, réalisé (peut-être en observant les résultats  d’une certaine presse dite de boulevard ?) que finalement il suffisait d’exploiter les bas instincts (peur, jalousie, envie, cupidité, voyeurisme, égoïsme, individualisme, etc. etc.)  de la population tout en se disant à son écoute pour devenir en quelque mois le parti à la mode,  celui qui engrange succès après succès.

Résultat ; aujourd’hui,  tout le monde (ou presque) s’y est mis, à gauche comme à droite.

J’aimerais me rassurer en étant convaincu que ce populisme n’est qu’une mode, sauf que les résultats implacables des élections à Genève - magnifique et opulente ville de Paix, de Liberté et d’ouverture au monde dont sont issus tant  d’hommes qui ont marqué la planète par leur humanisme -  sont    pour me rappeler qu’il n’est pas déraisonnable de s’inquiéter…..

Et c’est donc surtout pour cela que je ne supporte pas nos populistes locaux (et fédéraux), je les vois comme des oiseaux de mauvaise augure……

 

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Commentaires

Je trouve que vous vous répétez !

Dommage !

Écrit par : Christophe | 17/11/2013

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