16/10/2011

Tout sauf l’UDC *! Non aux charlatans !

Même si les vert’libéraux pourraient bien faire partie des gagnants dimanche prochain, si un suisse sur trois vote une fois de plus pour l’UDC pour moi cela sera un autre de ces dimanches noirs où je ne pourrais pas m’empêcher de m’interroger sur ce qui influence le peuple suisse.

 

Car qui peut, sérieusement, croire que notre pays pourrait demain échapper à la réalité d’une planète mondialisée ?

Comment des discours prônant le repli sur nous même, la fermeture et l’intolérance au nom d’un véritable aveuglement par rapport à la réalité de notre planète parviennent ils à séduire un peuple pourtant civiquement éduqué ?

 

Les ténors de l’UDC auront beau s’agiter et nous imposer des discours (et des affiches) dignes des pires propagandes, rien ni personne n’empêchera la globalisation de l’économie, ni l’émergence irréversible d’une population mondiale de plus en plus mélangée et donc… multiculturelle.

A moins bien sur, de parvenir à nous isoler véritablement  en fermant hermétiquement nos frontières et en stoppant du coup tout contact avec le reste du monde. Apparemment cette affreuse perspective ne semble pas effrayer tout le monde et ce d’autant que ce repli pourrait être considéré comme exemplaire par d’autres mouvements nationalistes qui sévissent un peu partout. Sauf qu’en plus de l’impact financier désastreux qu’un tel retour en arrière signifierait, ce choix de société ne pourrait à terme que déboucher sur des nouveaux conflits nationalistes….

 

Ceci dit, le problème n’est pas simple et si en tant que pays riche il est quelque part logique que nous attirions les convoitises, il n’est pas question de nous laisser détrousser par qui ce soit. Notre police se doit d’être de plus en plus efficace et notre justice suffisamment sévère pour décourager les pillards en tout genre. Mais pour cela il faut que nous organisions la défense de notre qualité de vie en toute sérénité et non pas sous la pression de partis qui ont simplement compris à quel point l’exploitation de la peur permet d’engranger des succès.

On me rétorquera qu’en se saisissant du problème de l’insécurité l’UDC ne fait que répondre à une attente de la population. Vraiment ? Je serais curieux de savoir si le sentiment de peur qui semble habiter nombre de nos concitoyens est induit par le témoignage d’un proche ou plutôt par ce qu’ils lisent et entendent quotidiennement dans les médias. Quoi qu’il en soit, comme l’écrivait Cervantes en 1600 déjà : « La faute n’est pas au public qui demande des sottises mais bien à ceux qui ne sont pas capable de lui servir autre chose »

 

C’est vrai, cependant, que nous sommes aux prises avec un extraordinaire changement de paradigme, le monde et nos repères changent si vite. Jusqu’il y a peu, nous étions un peuple prospère bien tranquille avec juste ce qu’il faut de présence étrangère pour exécuter les taches que nous jugions indignes et, nous voilà, en quelques années,

- cernés par une Europe qui se cherche péniblement,

- confrontés à l’émergence économique de pays aux cultures si éloignées de la nôtre

- aux prises avec la présence d’immigrants adeptes de religions inintelligibles pour nos esprits cartésiens

- débordés par l’arrivée massive d’individus mus par un besoin vital de grappiller, par tous les moyens possibles, les miettes de notre richesse.

Pas facile dans ces conditions de rester calme, serein et responsable, de ne pas se laisser emporter par le chant populiste des sirènes UDC.  70 % environ des citoyens suisses (qui votent !) semblent pourtant en être capables. C’est rassurant mais en même temps, aussi lucide que soit la majorité de la population suisse, elle n’en est pas moins divisée par des idéologies différentes. Résultat, il se pourrait bien que l’UDC (un des partis d’extrême droite les plus virulent au monde) soit dimanche prochain considéré, une fois encore, comme le grand gagnant des élections en Suisse.

 

Lorsqu’on sait que notre pays est (encore !?) considéré par la grande majorité des habitants de notre planète comme exemplaire, il y a de quoi frémir….

 

 

 

*et ses génériques bas de gamme que sont la Lega, le MCV, le MCG etc.

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Commentaires

Les charlatans sont certainement et à coup sûr ceux qui ose franchir l'impensable....s'attaquer à un animal sans défense. N'ayant pas la possibilité de museler complètement l'UDC depuis 4 ans, on va toucher au symbole! Vous devriez vous plaindre de ce pas supplémentaire dans l'ignominie plutôt que d'essayer de culpabiliser les 30% et plus de votants qui ont le bon sens des réalités et qui vont le faire savoir dans les urnes le 23 octobre prochain.

Écrit par : Corélande | 16/10/2011

Les amis des animaux suisses allemands ont eu une excellente idée.
De plus, il semblerait que ce Zotti aurait des moeurs assez particulières...

M.Vincent Strohbach je vous suggère de lire le cahier publié par Vigousse sorit de presse il y a quelques jours, Il porte le titre :

l'UDC en 7 leçons.

Écrit par : Jolivet F.H. | 16/10/2011

Je ne m'inquiète pas trop de l'UDC, il y a quand même 70% de gens qui sont opposé à cette extrémisme, et de ce fait vont s'opposer à ce parti.

En dehors des néco-faschiste et xénophobes, dans ces 30%, il y a des gens qui se sentent exclu du système, ou qui ne trouve pas un parti à leur convenance, je pense au PLR qui ne donne plus confiance.
Vous avez, en tant que vert libéraux, avec le PBD, peut-être la possibilité de récupérer non seulement des PLR, mais des UDC modéré qui ne peuvent pas s'associer au côté obscur de l'UDC. En tant que démocrate, je l'espère.

Écrit par : roket | 16/10/2011

Si on enlève l'UDC de l'échiquier politique cela signifie la dérive totale. Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Les portes grandes ouvertes. La société mondialisée. World culture. Tout le monde à raison. Chacun a droit à son exception religion oblige. Plus de sentiment nationaliste. Plus de colonne vertébrale. Le monde parfait quoi. Mais ce monde là il a un prix, il ne suffit pas de l'appeler de ses voeux mais il faut être prêt à en payer le prix et c'est là que le bas blesse. 70 % des suisses rève de ce monde mais sont ils prêts a payer ? A l'UDC on ne joue pas avec nos valeurs et on ne promet pas ce que l'on est pas prêt à donner. 30 % des suisse sont honnêtes avec eux-mêmes et avec leurs concitoyens et j'espère qu'il y en aura plus le 23 octobre.

Écrit par : L' Amer Royaume | 16/10/2011

@L'Amer Royaume :
La World Culture ? Mais vous nagez déjà en plein dedans, comme la grande majorité de la population d'ailleurs, vous ne pensez pas qu’il est un peu tard pour vous en inquiéter ?
Quant aux sentiments nationalistes, qui semblent si importants pour vous, je crois que la mondialisation aurait plutôt tendance à les renforcer. Ne serait-ce qu’en fonction d’un besoin légitime de nous regrouper autour de valeurs, de traditions et autres rites qui nous sont propres. On peut même rêver que ceux-ci séduisent les étrangers qui vivent dans notre pays...

Non, moi ce que je reproche à l’UDC et en quoi, je me permets de traiter ce parti de charlatan, c’est ces discours qui nous expliquent qu’en portant aujourd’hui l’UDC au pouvoir, il serait possible demain de vivre à nouveau une société identique à celle d’hier. Selon moi, ces propos tiennent purement et simplement de la supercherie.

@Corélande :
Mais de quel animal vous nous parlez ?

Écrit par : Vincent Strohbach | 17/10/2011

Cher Vincent, je suis en désaccord avec toi sur un point, la globalisation n'est pas ineluctable. Le nouvel ordre mondial des année 40 ne l'était pas non-plus, bien que beaucoup semblaient le penser. Se protéger économiquement et physiquement (frontières, taxes, contrôles) n'est pas interdit, ils le font tous, Chine et USA en tête, et "protectionnisme" n'est pas un gros mot mais un moyen comme un autre pour des citoyens de se protéger. Pour moi, le Vert¨libéral doit être responsable, je ne me sens pas Vert-néolibéral, ce serait un oxymore.

Écrit par : Claude-Alain Chollet | 17/10/2011

M. Chollet, assimiler la globalisation à la peste brune, c'est se mettre au niveau de Blocher qui compare l'Union européenne au nazisme. La globalisation n'est pas forcément néo-libérale, et de fait est inéluctable dans la mesure où
1) elle correspond au sens de l'histoire et reste le seul moyen de permettre aux 3/4 de l'humanité d'accéder peu à peu à des niveaux de vie décents.
2) fermer les frontières conduit à la régression économique et à la guerre, cela s'est toujours passé comme cela. Nazisme et fascisme sont d'ailleurs nés des protectionnismes issus de la 1ère guerre mondiale, comme 14-18 était né des protectionnismes ressurgis à la fin du XIXème siècle.
La globalisation n'est d'ailleurs en aucun cas l'absence de règles, mais au contraire la mise en place d'un système coordonné de règles acceptables par tous et visant à réduire les déséquilibres et fondamentalement les injustices. Ce qui freine sa mise en place, c'est précisément les égoïsmes nationaux.

Écrit par : Philippe Souaille | 17/10/2011

On est d'accord sur le fond, il faut des règles communes, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui et cela même en Europe, d'où leurs soucis aujourd'hui, demander à un allemand de travailler jusqu'à 65-67 ans pour payer la crise de ceux qui prennent leur retraite à 55 ans voir avant, c'est aussi un problème. Avoir des contraintes de productions plus volumineuses qu'un botin de téléphone dans l'agriculture suisse et laisser entrer des produits qui ne respectent pas la première ligne, c'est un scandale. Le sens de l'histoire .... c'est plutôt une roue qui revient toujours au point de départ à un moment ou un autre et parfois revient en arrière.

Écrit par : Claude-Alain Chollet | 17/10/2011

Salut Claude Alain, merci de participer à ce petit débat. Je te rassure tout de suite, constater (et même regretter !) le côté inéluctable de la mondialisation ne signifie pas que je suis un adepte du néo-libéralisme, loin s'en faut.

En effet, comme tu l'expliques très bien, pour protéger les citoyens et les PME locales, cela prend des règles communes entre autre par rapport à un certain protectionnisme en particulier pour l'agriculture. Sauf que pour que des règles soient valables et surtout appliquées, il faut le plus grand consensus possible et on en est malheureusement très loin.

Quoi qu’il en soit, une chose est certaine, ce n’est en tout cas pas avec une politique du cavalier seul comme le prône l'UDC qu’on va pouvoir améliorer les choses.

Écrit par : Vincent Strohbach | 17/10/2011

En tous les cas, votez et faites voter UDC autour de vous !
Le seul rempart contre le socialisme !

Écrit par : Victor Winteregg | 17/10/2011

En effet, ces partis ont le don de poser les bonnes questions, mais n'ont pas (toujours) les bonnes réponses. Mais méfions nous de la pensée unique. En 1992, j'étais alors un jeune homme et de mes nombreux amis, à cet âge on en a beaucoup :-), j'étais le seul à être ouvertement contre l'adhésion à la l'EEE, anti-chambre de la CEE. Aujourd'hui, de ces mêmes amis, je n'en connais pas un seul qui se dit ouvertement pour l'Europe. De dire qu'un mouvement est inéluctable, c'est déjà de l'idéologie, cela n'a rien de scientifique. Toute personne qui marche sait qu'elle peut tomber. un obstacle, de la glace, etc il en est de même pour les sociétés civiles. Un tsunami, une sécheresse, un attentat, une crise mondiale sont des événements qui ne sont pas prévus et pourtant ils arrivent . Certaines grandes civilisations ont disparu pour diverses raisons pas toujours très clairs parfois évidentes. Ce qu'on peut admettre, c'est qu'il y a aujourd'hui dans le monde un mouvement d'indignés qui gagne du terrain. Qu'il n'a aucune raison d'être chez nous pour la raison très simple que s'ils étaient assez nombreux, ils feraient une initiative populaire et la gagneraient. Donc, en réalité, nous avons de la chance et même une chance assez unique au monde de pouvoir agir directement. Ne galvaudons pas ça sur le bucher des idées préconçues. Il ne faut pas affronter ces mouvements extrémistes en leur laissant le champs libre mais en occupant le terrain et je dis à ceux qui veulent bien l'entendre que je ne les laisserai pas seul face à la mondialisation mais que des réponses pragmatiques et modérée peuvent avoir de bien meilleurs résultats qu'un mur érigé à nos frontières. Que la sécurité est l'affaire des tous (comme l'écologie d'ailleurs). Que moins on les citera, moins on leur fera de la pub, car finalement, c'est de cela qu'il s'agit, ils l'ont compris et engrangent à chaque fois qu'un idéologue s'en plaint. La phrase en dessus de mon commentaire est déjà assez édifiante. Je suis à des années lumières de la pensée marxiste, mais la gauche fais partie du pays et je n'ai pas l'intention de vivre d'un côté du rempart et laisser les autres de l'autre côté. Cela n'a aucun sens.Il faut composer.

Écrit par : Chollet Claude-Alain | 17/10/2011

Le chemin de l'histoire n'est pas plus linéaire que l'évolution. Il est rempli de culs de sacs, de chausse-trapes et de retours en arrière, mais sur la durée, il progresse et dans un sens très clair. Parce que la technologie et le savoir humain l'y conduisent.
La Mondialisation n'est pas un empire qui s'agrandit, ce fut la grossière erreur des Etats-Unis de le croire. Elle est la voix au chapitre accordée à TOUS les pays du monde. Ce qui fait que de décideurs uniques que nous étions, ici en Suisse, au sommet du bien-être occidental, nous devons apprendre à partager pouvoir et richesse.
Les contraintes des paysans suisses sont certes énormes, mais ils bénéficient aussi des murs protectionnistes les plus hauts du monde (avec le Japon), tandis que les produits suisses ont l'ambition de s'exporter partout le plus librement possible. Cette forme de double langage ne peut pas durer éternellement. L'occident a certes des droits à faire respecter, il n'est pas question de se laisser marcher dessus, mais pour l'heure, c'est encore lui qui profite le plus.
Nous avons des atouts, mais ce n'est pas en élevant des murs que nous les mettrons le mieux en valeur, c'est en affinant nos avantages, en faisant en sorte qu'ils soient encore meilleurs.

Écrit par : Philippe Souaille | 17/10/2011

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