25/02/2011

Trop, c’est comme pas assez !

Je ne sais pas si vous avez vu le dossier consacré à Genève par le magazine Le Point et intitulé :

GENEVE

UNE SANTE INSOLENTE 

Je n’ose pas imaginer les réactions qu’un tel dossier sur la ville de Montréal aurait pu produire. Tous les médias en auraient parlé, le journaliste auteur de l’article aurait été invité sur tous les plateaux de TV et de radio dans le but de lui soutirer quelques compliments supplémentaires, bref ça aurait été le gros « buzz » pendant une semaine. Comme à chaque fois qu’on parle d’eux dans le monde nos amis québécois en auraient fait trop, beaucoup trop.

Alors qu’à Genève, tout le monde s’en fou, Le Point publie un article qui encense notre canton, personne (ou presque) n’en parle. Je veux bien qu’on soit d’une humilité légendaire et que quelque part, à la différence des québécois, on s’en fou de ce que les français peuvent bien penser de nous, mais quand même. Gageons que si cet article avait dit du mal, il s’en serait trouvé quelques uns pour le relever. Toujours est-il que comme à chaque fois qu’on dit du bien de Genève, on n’en fait pas assez, nettement pas assez.

Sauf que trop,  c’est comme pas assez ! C’est malsain !

Pareil pour le nationalisme ; ce n’est pas un hasard si au Québec,  ils vivent en fonction du regard des autres (et en particuliers des français), c’est parce qu’en tant que pays, ils n’existent pas. En effet, dans leur grande majorité les québécois francophones se sentent encore colonisés par les anglophones et en tant que tel ils ne s’identifieront jamais au Canada. Et comme, malheureusement, le Québec nation libre et indépendante n’existe pas, on constate les dérives qu’amène ce pas assez de nationalisme.

Alors que chez nous, le nationalisme semble plus que jamais avoir le vent en poupe. L’UDC ne cesse de nous le marteler, nous sommes tellement les meilleurs qu’il nous faut nous replier sur nous même en ne percevant les autres que comme des dangers potentiels. Hier encore dans la Tribune de Genève, le toujours aussi suffisant Yves Nidegger ne semblait absolument pas enclin à, comme le reste du monde, se réjouir de la liberté retrouvée des peuples nord-africains qui ont vécus des années terribles sous le joug de dictateurs sanguinaires. Non, seule la possible et encore hypothétique arrivée massive de réfugiés en provenance des ces pays semble le préoccuper. D’autant que selon lui, ceux-ci seraient « probablement des prisonniers ». Pardon ? Ca veut dire quoi probablement ?  Soit c’est effectivement des anciens prisonniers et le conseiller national le sait et il peut l’affirmer sans détour. Soit, il n’en sait rien et du coup il s’abstient de laisser croire à la population suisse qu’elle sera, demain, envahie par des brigands.

Sauf que là encore, lorsqu’il est temps de faire peur à la population suisse pour se faire mousser politiquement, l’UDC n’a visiblement pas peur d’en faire trop, beaucoup trop !

Trop c’est comme pas assez, je vous dis ! Malsain mais aussi dangereux !

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