11/02/2011

Sécurité = Attention aux charlatans !

De retour d’un petit séjour à Barcelone, ville réputée dangereuse entre toutes, je ne peux m’empêcher d’avoir de la  peine à prendre au sérieux les différentes  « propositions » (le mot est fort) des partis politiques qui ont fait de la sécurité leur cheval de bataille pour les élections municipales. Comme si tous les mécontentements liés à l’insécurité pouvaient être réglés, chacun dans son coin, en quelques mesures plus démagogiques que rationnelles.

D’abord au risque de me fâcher avec certains, je constate que la peur est un sujet particulièrement vendeur sur lequel tant les partis que les médias populistes se font mousser. Je veux bien admettre que l’insécurité a effectivement augmenté dans notre ville  mais il est vrai également qu’avant les vols et autres brigandages se retrouvaient dans la rubrique des chiens écrasés alors qu’aujourd’hui ces mêmes méfaits font (bien trop souvent hélas) la une couleur des tabloïds. Comment s’étonner après cela que les gens aient peur ?  

Ensuite, même si cet aspect énerve les uns et fâche les autres, j’ai bien peur qu’il faille admettre que ce qui se passe dans les grandes villes de la planète soit, quelque part, à considérer comme une fatalité. Je sais ce mot choque mais à moins de prôner (comme certains) un isolement complet accompagné d’un réveil des nationalismes belliqueux et racistes dans une Europe à nouveau divisée, il est clair qu’avec la différence toujours croissante entre les régions qui s’enrichissent et celles qui sont de plus en plus pauvres, les villes les mieux nanties vont continuer à attirer leur lot de mal lotis prêts à tout pour survivre. Est-ce que ce cela justifie pour autant  qu’un citoyen genevois se fasse vandaliser par des voyous aussi pauvres et ostracisés soient-ils. Evidemment que non ! Sauf que, que cela nous plaise ou non, c’est ça aussi la réalité de la planète mondialisée sur laquelle nous vivons. 

Doit-on pour autant hurler avec les loups ou encore courber l’échine face à des problèmes qui nous dépassent ? Bien sûr que non, mais à condition d’être lucide et conscient que ce n’est pas avec des slogans qu’on fera bouger les choses. Ces problèmes d’insécurité, relativement nouveaux pour nous, sont connus depuis bien longtemps par le reste du monde et s’il y avait une solution miracle cela ce saurait. D’autant que dans l’ensemble, à Genève comme ailleurs, les lois existent, les forces de polices sont formées et compétentes et les politiques sont (pour le moins !) conscients du problème.

Du coup, on se demande si la manière la plus pragmatique d’aborder l’insécurité ne consiste pas à d’abord garder son sang froid puis à procéder, en toute transparence, à des choix éclairés en termes de priorité.  A partir du moment où lorsque vous arrivez tant bien que mal à sortir un malfaiteur par la porte, il y en a deux qui entrent par la fenêtre, ne faut-il pas, en effet, se concentrer sur ceux qui sont les plus dangereux ? Ne devons nous pas protéger en priorité nos enfants et nos anciens ? Certains combats ne sont –ils pas perdus d’avance ? D’autres ne sont-ils pas devenus complètement passé date, pour ne pas dire ringards ? La sécurité de nos concitoyens mérite t’elle que d’autres actions de police, par ailleurs plus rentables, soient sacrifiées ? etc. etc.

Oser poser ce genre de question en misant sur les lois et autres interdits existants et en admettant qu’il n’y a pas forcément de solution locale à un problème global n’est-ce pas là une approche un tant soit peu plus réaliste que les déclarations fracassantes qui surgissent d’un peu partout en ces temps de campagne électorale ?

Même si ce n’est pas très tendance, je veux y croire !

07:10 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.