09/01/2011

La désignation d'un ennemi comme outil politique

Il en est des islamistes comme des anti-musulmans primaires et autres fondamentalistes chrétiens voir même laïques, tous se distinguent par leur refus de se remettre en question. En effet, en permettant aux doutes de s’immiscer dans leur esprit, ils sont convaincus d’ouvrir la porte à ce qu’ils dénoncent justement chez les autres, le relativisme.

 

Je pensais à cela en lisant (sur un blog)  la réponse d’un intervenant qui me reprochait mon manque de lucidité quand je tentais d’expliquer que la peur et plus particulièrement la peur de l’étranger était le  véritable fond de commerce des partis et autres médias populistes. Selon ce monsieur (qui pour une fois sur un tel sujet était poli et respectueux), en fermant les yeux sur les actes des islamistes je faisais partie de cette clique de gens qui refusent d’accepter la réalité.

 

Sauf que mon propos traitait des étrangers et qu’une fois de plus c’est les islamistes qui ont été  mis en exergue par mon contradicteur. Cela démontre bien, à mon avis, ce besoin latent de bouc émissaire qu’on retrouve dans toutes les sociétés lorsque le moment est venu de faire face à ses propres limites, angoisses et frustrations. Le procédé est connu et si on sait où cela nous a conduit avec la peur du juif dans la première moitié du 20ème siècle, on se rappelle également que durant la deuxième partie de ce  siècle, ce sont les communistes qui représentaient l’ennemi à abattre. Et c’est d’ailleurs sur la peur, si peu rationnelle, de l’invasion de nos contrées par  ces derniers que de nombreux partis et hommes politiques se sont, à l’époque, fait mousser.

 

Et aujourd’hui alors que le grand méchant loup communiste n’existe plus, ce sont les musulmans qui semblent être devenu la nouvelle bête immonde à abattre. Même pas les islamistes, non les musulmans dans leur ensemble. Alors qu’il y a entre un musulman de base (et donc modéré) et un islamiste au moins autant de différences qu’entre un protestant libéral genevois et un pentecôtiste créationniste du fin fond de l’Oklahoma.

 

Mais au diable, les nuances, l’important c’est d’avoir un ennemi à stigmatiser et à mépriser.

 

Et comme par malheur, il semble qu’il existe en effet, une volonté dans certains pays musulmans d’éradiquer toutes autres religions, il devient certes aisé d’expliquer qu’après le Moyen Orient, l’Afrique et certains pays asiatiques cela sera, demain, l’Europe et l’Amérique qui seront convertis de gré ou de force par les méchants musulmans. Certains de ceux–ci n’hésiteraient d’ailleurs pas à, d’ores et déjà, miner depuis l’intérieur les pays occidentaux qui leur ont donné l’hospitalité.

 

Pratiquement mot pour mot,  les mêmes discours que ceux qu’on lisait autrefois sur les juifs et les communistes.

 

La question est donc de savoir si, cette fois-ci, nous serons enfin capables de faire la différence entre les problèmes réels (que personne ne peut nier) posés par quelques groupement islamistes fondamentalistes belliqueux et les fantasmes délirants de ces anti-musulmans primaires prêts à tout pour exister… politiquement.     

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Commentaires

Sur le communisme c'est plutôt les gauchistes de l'époque qui se sont fourré le doigt dans l'oeil, et ils ont le même élan de sympathie aujourd'hui pour l'islamisme, perçu comme un mouvement de résistance antimpérialiste... Ils se trompent encore d'ennemi... Ensuite tous les gens qui dénoncent à raison le caractère totalitaire de l'islam ne sont pas des "anti-musulmans" primaires, mais à force qu'on les stigamatise ils vont finir par le devenir...

"Anti-communisme primaire" est une terminologie caduc, le Communisme étant tout aussi néfaste voir plus dans les faits que le fascisme... On a jamais enetendu parler d' "antifascisme primaire", être opposé au fascisme devrait être une évidence, comme rejeter le communisme et l'islamo-fascisme...

Écrit par : Carlitos de Unamuno | 10/01/2011

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