15/01/2018

No Billag : La mue pas la mort

Non seulement, nous allons, une fois encore, devoir voter sur une initiative particulièrement difficile à appliquer advenant que cette attaque frontale contre la RTS soit acceptée par le peuple mais, qui plus est, nous nous retrouvons face à des initiants parfaitement incapables d’apporter de véritables arguments autres qu’un sordide besoin de ... vengeance. Il apparait en effet que seules leurs vieilles rancunes contre ces « maudits médias gauchistes » motivent ces derniers à exiger la fin du financement public de nos chaines nationales de TV et radio.

 Ils auront beau affirmer le contraire, le but de cette initiative consiste bel et bien à clouer définitivement le bec de toute cette engeance de «  bobos bien-pensants » qui aurait si mal informé et diverti la population depuis des années. Oui, je sais c’est aussi court que subjectif comme argument, sauf que voilà, de nos jours, il n’y a visiblement pas besoin de beaucoup plus pour lancer une initiative....

 

 

Ceci dit, personne de sérieux ne contestera qu’il est effectivement grand temps de « dégraisser le mammouth ».

N’importe quel entrepreneur qui a travaillé pour la RTS sait que les pires contraintes administratives de l’Etat apparaissent comme des banals contre temps par rapport aux tracasseries bureaucratiques tentaculaires de la RTS.

Quant au nombre de personnes qui y travaillent, on veut bien que la RTS joue un véritable rôle social (comme le faisait, à l’époque, les grandes banques et autres régies publiques) en procurant un emploi à un maximum de personnes, sauf que depuis quelques années les télévisions privées régionales démontrent quotidiennement qu’il est possible de produire des émissions de qualité avec des moyens financiers et humains juste… incomparables.

Par ailleurs, il est vrai aussi qu’en tant que service public la RTS a le devoir d’être représentative, elle ne peut pas faire comme si les 30 % d’individus qui font confiance à l’UDC (allez comprendre pourquoi !?) n’existaient pas. L’idée n’est pas de demander à notre service public de sombrer lui aussi dans la surenchère démagogique mais bien d’assurer un temps de parole proportionnel aux différentes forces politiques en activité. Pour cela un décompte précis et public des interventions politiques n’apparait pas trop difficile à mettre en place.

 

 

Quoi qu’il en soit, il est fondamental que le peuple suisse ne succombe pas à cette provocation contre nos institutions, il en va de l’unité de notre pays. Il suffit, en effet, de prendre connaissances des échanges musclés et pas trop respectueux entre les pro et les anti « No Billag » sur les réseaux sociaux pour comprendre que si le but des initiants était de diviser la population en deux camps apparemment irréconciliables, ils y sont parvenus.

Ne serait-ce qu’à cause de cela, il est à souhaiter que les Suisses se mobilisent pour que le camp du « No Billag » soit le grand perdant au soir du dimanche 4 mars prochain.

 Il sera alors temps d’envisager, un peu plus sereinement, la nécessaire et inévitable mue de nos médias publics....

07:14 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (27) | |  Facebook | | | |