08/12/2018

Pauvres Français !

Autant dire que je ne suis pas fan mais une chose apparaît chaque jour plus clairement, ce mouvement dit des gilets jaunes est d’abord et surtout une révolte des plus pauvres.

Visiblement il n’est plus possible de survivre avec des salaires équivalents ou proches du SMIC et les Français n’en peuvent plus de subir depuis plus de 40 ans une si constante diminution de leur pouvoir d’achat.

Ajoutez à cela un jeune président aussi volontariste qu’inexpérimenté et donc idéal pour attiser toutes les frustrations et voilà la France à nouveau en feu.

Extra !?!

 

Comme s’ils avaient besoin de ça nos si turbulents voisins. Certes c’est un pays magnifique, les gens y sont généralement affables et leur goût pour la bouffe, la qualité de vie et la culture ne peut que séduire mais politiquement c’est définitivement un pays ingouvernable.

Ceci dit et contrairement à nombre d’observateurs étrangers, en tant que Genevois on est tout sauf surpris. C’est en effet tous les jours que nous sommes confrontés sur nos routes aux côtés insoumis, querelleurs voir irresponsables de nos si indisciplinés voisins.

Les descendants des « irréductibles gaulois » ne sont, en effet, ni des « yes men » comme les anglo-saxons ni des travailleurs aussi ordrés et disciplinés que les germaniques et (selon moi en tout cas) c’est plutôt une qualité.

Quoi qu’il en soit, si personne ne peut sérieusement nous dire jusqu’où ce mouvement des gilets jaunes va aller, il n’en demeure pas moins qu’en prenant connaissance de la réalité économique d’un grand nombre d’entre eux, on réalise que (contrairement à leur pays qui reste une des destinations touristiques les plus populaires de la planète) celles et ceux qui occupent les ronds-points de France depuis bientôt trois semaines n’ont apparemment plus grand chose à perdre.

Alors même si on peut douter qu’il y ait vraiment quelque chose à gagner en prolongeant le chaos, on a bien compris qu’en fonction de leur soif de liberté et de fraternité et de leur rêve utopique d’égalité, on n’a pas fini d’observer nos fascinants voisins réitérer encore et toujours ces manifs, révoltes, émeutes, blocages et autres actes stupides de violence dont ils ont le secret.

Reste à savoir qui parviendra, cette fois ci, à surfer sur cette chienlit et à s’en extraire ? Ce n’est pas les opportunistes démagogues plus ou moins bien intentionnés qui doivent manquer, non ?

 

15:28 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook | | | |

25/09/2018

Mondialisation & nationalisme !

Je ne peux pas m’empêcher de trouver particulièrement utopistes celles et ceux qui ne cessent d’opposer le nationalisme à la mondialisation.

Comme si on avait vraiment le choix !

Visiblement ce n’est pas si clair pour tous mais dans mondialisation, il y a le mot monde et, que cela nous plaise ou non, il apparaît que le reste de la planète n’a pas attendu sur l’Europe pour s’imposer sur les marchés globalisés.

Il suffit d’ailleurs de vérifier où sont fabriqués nos vêtements, nos appareils électroniques et autres produits divers que nous consommons quotidiennement pour comprendre que le reste du Monde ne passe pas son temps à s’interroger sur les bienfaits ou les impasses de la mondialisation.

Libres cependant aux partis nationalistes populistes européens de prôner le protectionnisme et le grand retour des frontières, c’est juste que face à la puissance économique de la Chine, des Etats-Unis, du Brésil, de la Corée, du Canada, du Japon et de tous ces jeunes pays émergents cela équivaut, bêtement, à se tirer une balle dans le pied.

En effet, et on peut bien entendu le regretter, c’est bien sur une planète de plus en plus globalisée (où en tant que citoyens du monde, nous pouvons communiquer, acheter et vendre instantanément grâce à Internet) que nous devons tenter d’assurer une évolution à la hauteur de nos connaissances pour les générations suivantes.

Et que, demain, nous élisions les pires démagogues nationalistes ou des partis acquis au libéralisme, cela ne changera en rien la marche en avant des multinationales toutes puissantes pour qui plus les marchés sont morcelés plus ils sont insignifiants.

Il est vrai que ce libre échangisme, souvent sauvage d’ailleurs, ne peut en aucun cas être considéré comme la panacée. Car si dans un premier temps la mondialisation peut permettre l’émergence d’une classe moyenne et surtout l’enrichissement d’un tout petit nombre de nantis, il n’en est pas moins vrai que beaucoup trop nombreux sont ceux que la globalisation des marchés laisse au bord de la route.

Il n’empêche, qu’en l’absence d’un plan B réaliste et responsable (qui est encore à inventer donc), il apparaît pour le moins difficile d’imaginer que, demain, ce système économique cosmopolite voulu et défendu depuis des années par des puissances économiques, financières et industrielles omnipotentes (dans la main desquels mangent les dirigeants politiques) puisse être véritablement remis en question. Et ce uniquement parce que quelques conservateurs réactionnaires estimeraient que cette voie sur laquelle s’est engagée (plus ou moins volontairement, certes) la planète entière (ou presque) serait en opposition avec les valeurs traditionnelles de leurs pays respectifs.

Bref tout ça pour dire que sauf une véritable détermination à opter pour un aberrant repli sur soi (et donc, quelque part vers une autarcie... à la vénézuélienne) dont on a de la peine à imaginer qu’elle puisse être approuvée par la population, j’ai bien peur que pour les pays de la vieille Europe en particulier, l’heure ne soit pas trop aux choix mais bien à l’adaptation au monde qui nous entoure.

Et pour cela, n’en déplaise aux adeptes du chacun pour soi, il est évident que ... l’union fait encore et toujours la force.

 

07:08 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

28/05/2018

Solidarité ou Liberté ?

Dieu que cette votation sur la modification de la loi sur les jeux d’argent est intéressante. Tout y est; le vice qui paie pour la vertu, une confrontation parfaitement inégale entre un ultra libéralisme mondialisé symbolisé par Internet et des sociétés d’utilité publique régionales et donc ce choix déchirant entre la Solidarité et la Liberté.

 

Car si la prostitution est considérée comme le plus vieux métier du monde, il apparait que depuis toujours les hommes ont également adoré parier. Que cela soit sur des combats (entre humains et/ou entre animaux), sur des concours d’adresse ou de vitesse; les jeux et les paris qui y sont associés ont toujours été considérés comme pratiquement aussi essentiels à l’existence que notre pain quotidien. « Panem et circenses » (du pain et des jeux) disait-on déjà aux temps de l’empire Romain.

 

Une fois cette réalité admise, reste alors à prévenir les dérives de ce qui peut vite devenir un vice mais aussi à s’organiser pour que les gains importants qui découlent du jeu profitent à la communauté. C’est ce que notre pays est parvenu à mettre en place depuis des années et cela semble contenter une grande majorité de nos citoyens.

De là à convaincre (comme la nouvelle loi le prévoit) les sociétés de jeux en ligne étrangères (sûrement désireuses de conserver leur clientèle suisse à haut pouvoir d’achat) de se conformer aux règles et usages de notre pays, cela semble plutôt mal parti.

 

Nous sommes en effet au 21ème siècle sur une planète où l’économie est toujours plus globalisée et où nous communiquons, achetons, vendons, apprenons, jouons et partageons avec le monde entier en quelques clics...

En fonction du caractère immuable des jeux d’argents, ceux-ci n’échappent évidemment pas à l’avidité de ces milliers d’entrepreneurs qui ont compris que, désormais, l’avenir du « business » est bien là, dans ce monde virtuel en perpétuelle expansion.

D’ailleurs la technologie évolue tellement vite qu’il suffira de faire sortir ces jeux d’argent étrangers par la porte pour que, demain, ils parviennent à rentrer par la fenêtre ou par la cheminée.

 

Cette situation signifie-t-elle alors la fin de la Loterie Romande ?

Est-ce qu’il va falloir mettre un terme au financement des clubs de sports, des troupes de théâtres, des artistes et autres associations qui survivent grâce à cette société d’utilité publique ? Cela se pourrait bien même si, en derniers recours, Dieu soit loué, c’est bien le citoyen/consommateur qui décide quels types de produits il veut consommer.

 

C’est donc face à ces dilemmes que les Suisses font face;

Est-ce que cette Solidarité nationale organisée autour des jeux d’argent est trop essentielle à notre qualité de vie pour être remise en question ou est-ce que cette façon d’encourager une certaine élévation intellectuelle et physique serait malheureusement devenue .... anachronique ?

 

Faut-il défendre coûte que coûte cet ultime bastion de Liberté qu’est Internet ou plutôt, là aussi, y imposer des limites (comme en Chine !!) des règles, des taxes, des lois, des frontières et ... Dieu sait quoi d’autres ?

 

 

 

Personnellement mon cœur balance et je vais donc continuer à prendre connaissance des arguments en provenance des deux camps en sachant qu’il suffira d’une simple phrase particulièrement sensée, d’une explication concise, d’une comparaison évidente ou encore d’un argument convaincant mais pas envisagé pour que finalement je me décide.

 

Autant dire, du coup, que les commentaires ouverts ci-dessous sont plus que jamais les bienvenus……

07:06 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

15/01/2018

No Billag : La mue pas la mort

Non seulement, nous allons, une fois encore, devoir voter sur une initiative particulièrement difficile à appliquer advenant que cette attaque frontale contre la RTS soit acceptée par le peuple mais, qui plus est, nous nous retrouvons face à des initiants parfaitement incapables d’apporter de véritables arguments autres qu’un sordide besoin de ... vengeance. Il apparait en effet que seules leurs vieilles rancunes contre ces « maudits médias gauchistes » motivent ces derniers à exiger la fin du financement public de nos chaines nationales de TV et radio.

 Ils auront beau affirmer le contraire, le but de cette initiative consiste bel et bien à clouer définitivement le bec de toute cette engeance de «  bobos bien-pensants » qui aurait si mal informé et diverti la population depuis des années. Oui, je sais c’est aussi court que subjectif comme argument, sauf que voilà, de nos jours, il n’y a visiblement pas besoin de beaucoup plus pour lancer une initiative....

 

 

Ceci dit, personne de sérieux ne contestera qu’il est effectivement grand temps de « dégraisser le mammouth ».

N’importe quel entrepreneur qui a travaillé pour la RTS sait que les pires contraintes administratives de l’Etat apparaissent comme des banals contre temps par rapport aux tracasseries bureaucratiques tentaculaires de la RTS.

Quant au nombre de personnes qui y travaillent, on veut bien que la RTS joue un véritable rôle social (comme le faisait, à l’époque, les grandes banques et autres régies publiques) en procurant un emploi à un maximum de personnes, sauf que depuis quelques années les télévisions privées régionales démontrent quotidiennement qu’il est possible de produire des émissions de qualité avec des moyens financiers et humains juste… incomparables.

Par ailleurs, il est vrai aussi qu’en tant que service public la RTS a le devoir d’être représentative, elle ne peut pas faire comme si les 30 % d’individus qui font confiance à l’UDC (allez comprendre pourquoi !?) n’existaient pas. L’idée n’est pas de demander à notre service public de sombrer lui aussi dans la surenchère démagogique mais bien d’assurer un temps de parole proportionnel aux différentes forces politiques en activité. Pour cela un décompte précis et public des interventions politiques n’apparait pas trop difficile à mettre en place.

 

 

Quoi qu’il en soit, il est fondamental que le peuple suisse ne succombe pas à cette provocation contre nos institutions, il en va de l’unité de notre pays. Il suffit, en effet, de prendre connaissances des échanges musclés et pas trop respectueux entre les pro et les anti « No Billag » sur les réseaux sociaux pour comprendre que si le but des initiants était de diviser la population en deux camps apparemment irréconciliables, ils y sont parvenus.

Ne serait-ce qu’à cause de cela, il est à souhaiter que les Suisses se mobilisent pour que le camp du « No Billag » soit le grand perdant au soir du dimanche 4 mars prochain.

 Il sera alors temps d’envisager, un peu plus sereinement, la nécessaire et inévitable mue de nos médias publics....

07:14 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (27) | |  Facebook | | | |